COULEUR DE L'AURÉOLE
Puisque le nimbe et l'auréole sont l'efflorescence lumineuse de la tête et du corps, la couleur qui les anime dans les monuments figurés et peints doit être celle de la lumière ellemême. On peut donc surprendre ce fait sur les mosaïques, les fresques, les vitraux, les miniatures des manuscrits et les tapisseries historiées. Mais la lumière est. versicolore; comme l'eau, elle se teint de couleurs diverses, suivant les objets qui l'entourent et qu'elle reflète, et suivant sa propre intensité. Les étoiles, source de la plus vive lumière, scintillent bleues, violettes, rouges et blanches; le rouge cerise et le rouge blanc sont des degrés de lumière très-appréciés des physiciens. D'ailleurs, la lumière se décompose dans le prisme en sept éléments principaux qui, en se combinant, multiplient les nuances à l'infini. La gloire, jouissant des propriétés de la lumière, devait donc comme elle varier de couleur, depuis le bleu foncé jusqu'au blanc le plus vif. Ausst les auréoles et les nimbes sont tantôt bleus, tantôt violets, tantôt rouges, tantôt jaunes et tantôt blancs. Mais de tout temps le jaune, la couleur de l'or, a été regardé comme la plus précieuse, la plus noble et souvent comme la plus éclatante des couleurs; l'or,
son type, était considéré comme de la lumière solidifiée. De là, très-ordinairement, les nimbes et les auréoles, surtout les nimbes et les auréoles de Dieu, sont colorés en or et en jaune. De là les représentations du soleil, qu’elles soient antiques ou modernes, sont colorées en jaune; ordinairement le soleil est jaune quand toutefois, et pour un dessein particulier, il n’est pas rouge. Homère dit qu Apollon a la chevelure d'or; Phébus le blond ou le doré est aussi populaire que la blonde Cérès. La couleur donnée aux nimbes est quelquefois symbolique, comme le prouve le nimbe noir, nimbe en deuil, attribué au traître Judas; mais souvent aussi elle est purement hiérarchique. Puisque le nimbe, par sa forme, était un ingénieux et puissant moyen de hiérarchie, la couleur devait venir en aide à cette forme. En voici un exemple. La bibliothèque publique de Strasbourg possède un magnifique manuscrit, déjà cité”. Ce grand ouvrage, si on en croït la tradition, a été écrit et peint par une abbesse du couvent de Sainte- Odile en Alsace, qui s'appelait Herrade. C'est une encyclopédie de toutes les sciences connues et pratiquées au moyen âge, et qui fait pressentir l'admirable Miroir universel de Vincent de Beauvais. Vers la fin de ce manuscrit, est peinte la cour céleste, tout le paradis. En haut est le Christ, nimbé en or et couronné de même. Puis arrivent neuf ordres de saints, entremêlés d'anges et ainsi disposés : les vierges”, les apôtres,
* Page 52, note 4.
* Notez que les Vierges, les dernières partout ailleurs, comme on le voit aux cathédrales de Paris, de Reims et de. Chartres, sont ici en tête de la sainte hiérarchie, immédiatement après Dieu, et avant les apôtres et les martyrs. On sent bien que ce manuscrit a été composé par une religieuse et pour un couvent de religieuses. C'est ainsi qu'au portail de la cathédrale de Paris, dans cette grande église d’une ville où l'intelligence a toujours eu le pas sur toutes choses, on a mis les confesseurs ayant les martyrs, ce qui est un anachronisme et, de plus, une exception curieuse à la pratique constante de
ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE. 169 les martyrs, les confesseurs, les prophètes, les patriarches, les continents, les mariés, les pénitents. Les quatre premiers ordres, les plus élevés de tous, portent le nimbe doré. Les prophètes et les patriarches, ces saints de la vieille loi, et qui n'ont connu la vérité qu'imparfaitement et à travers des métaphores, ont le nimbe en argent. Les continents sont nimbés en rouge. Les mariés portent le nimbe vert, et les pénitents jaunâtre et légèrement nuancé. Ainsi voilà bien la couleur employée comme moyen hiérarchique; elle se dégrade à mesure que l'on descend des ordres supérieurs à l'ordre le plus bas placé et après lequel 11 n’y a plus de saints, mais seulement de simples hommes.
Ajoutons que cette hiérarchie de couleurs pourrait bien, dans les idées du moyen âge, S'allier en même temps au symbolisme. La plus éclatante couleur c'est l'or, et ici elle se donne aux plus grands saints. L'argent, couleur de la lune qui est inférieure au soleil, mais sa compagne toutefois, devait venir après; puis le rouge ou le feu, attribut de ceux qui luttent contre la passion, et qui est inférieur aux deux métaux de l'or et de l'argent, au soleil et à la lune, dont il est une simple émanation; puis le vert, qui symbolise l'espérance et qui peut convenir aux personnes mariées ; enfin le jaunûtre, couleur équivoque, moitié blanche et moitié jaune, couleur altérée et qui se donne à des saints, pécheurs autrefois, mais qui ont pu se réhabiliter et s’ÉCLAIRER un peu aux yeux de Dieu par la pénitence. C'est de la hiérarchie et du symbolisme ; c'est, en quelque sorte, le système rendu visible de l'émanation hindoue. |
l'art chrétien. Ces troubles dans 1a hiérarchie sacrée, ces hérésies de l'art, pour ainsi dire, doivent être signalées avec soin ; car il y a des conséquences historiques et morales à en tirer.
On a dit que la couleur attribuée aux nimbes et aux auréoles était symbolique quelquefois et non pas toujours. Il ne faudrait pas, en effet, chercher constamment un sens dans la couleur ets’exagérer l'importance qu'elle pourrait avoir, car il est facile de prouver qu'elle ne signifie rien la plupart du temps. Voyezles fresques de Saint-Savin. Dieu y est représenté un assez grand nombre de fois, soit avec le nimbe seulement, soit avec le nimbe et l'auréole tout ensemble. Eh bien, le champ du nimbe est tantôt rouge à croisillons blancs, tantôt rouge à croisillons jaunes, tantôt jaune à croisillons verts, tantôt Jaune à croisillons rouges, tantôt jaune à croisillons bleus, tantôt bleu foncé à croisillons bleu clair. Le champ de l’auréole, jaune à l'une, est verdâtre à deux autres. Chercher un sens mystique dans ces couleurs diverses, c'est se fatiguer puérilement; on
peut tout au plus reconnaître que le jaune et le rouge dominent dans ces auréoles, et que le jaune est la couleur de l'or, tandis que le rouge est celle du soleil et du feu; voilà tout.
DIEU
Dieu est un pur esprit, invisible, mais présent partout. Dieu est éternel et immense, infini en durée comme en étendue. Il est souverainement puissant, souveraimement bon, souverainement intelligent. Unique en essence, triple en personnes, Dieu est le créateur, le maître et le modérateur de tout.
Telle est, suivant le dogme chrétien, la définition de l'Étre suprême, ou de la cause première de ce qui existe. Cet être invisible, l'art l'a fait voir dans des images et des statues ; cet être immense, l'art l'a réduit à des dimensions finies. Sous la volonté de l’homme, cet esprit a pris un corps, cet éternel a vécu dans le temps. Nous allons parler de sa représentation peinte, ciselée ou sculptée par les artistes chrétiens aux différénts siècles de notre ère; nous allons décrire les divers portraits que les ‘sculpteurs et les peintres nous ont laissés de l'image qu'ils se faisaient de Dieu.
Ünique en substance, indivisible en nature, Dieu, disonsnous, est triple en personnes. C'est la réunion de ces trois personnes ou hypostases qui constitue la divinité dans sa plénitude parfaite; DEus TrRINUS uNuS, a dit Lactance dans un langage orthodoxe et concis ”.
* La philosophie antique, par l'organe de Platon, dans le Timée, avait déjà dit: « L'unité est divisée en trois et la trinité est réunie en un.» Dante ajouta : «Cet un et deux et trois qui vit toujours et règne toujours en troïs et deux et un, non circonscrit et qui circonscrit toute chose. » (Divine Comédie, Paradis, chant xrv.)
À chaque personne divine le dogme chrétien attache un nom différent et des fonctions particulières ; l’art, de son côté, a revêtu ce nom d'une figure spéciale, a représenté ces personnes et caractérisé ces fonctions par des attributs distincts.
La première personne divine s'appelle le Père, la seconde le Fils, la troisième le Saint-Esprit. Toutes trois ont été représentées, soit isolément, soit ensemble, par les artistes. Il convient donc de les étudier d'abord une à une, et de tracer à part l'iconographie de chacune d'elles; puis de les réunir sous un même chef, dans un même chapitre, sous le nom de Trinité.
DIEU LE PÈRE
Dans ses rapports avec l'homme, dans l'histoire, Dieu le père s’est manifesté très-souvent. Il est bien vrai que le Père, toutes les fois qu'il s'est révélé, révélait en même temps le Fils et le Saint-Esprit; cependant certains actes lui sont attribués à lui plus spécialement qu'aux deux autres personnes. Toute action où se montre principalement l'énergie divine, qui correspond à ce que nous appelons la force ou la puissance, est faite par le Père; les deux autres énergies, qui correspondent à l'amour et à l'intelligence, semblent revenir de préférence au Fils et au Saint-Esprit.
Historiquement, c'est plus volontiers dans l'Ancien Testament, dans la Bible proprement dite’, que le Père se manifeste; tandis que le Fils se révèle dans l'Évangile surtout, et que le
* Dans le cours de ce travail, on l’a déjà vu, nous avons donné le nom de Bible à l'Ancien Testament et celui d'Évangile au Nouveau. Rigoureusement il faudrait entendre par Bible la réunion de tous les livres sacrés, aussi bien ceux du Nouveau Testament que ceux de l'Ancien; mais nous avons préféré nous servir du langage vulgaire et réser-
ver le nom de Bible exclusivement aux livres canoniques de l'Ancien Testament.
ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE. 173 Saint-Esprit apparaît tantôt dans l’un et tantôt dans l’autre. On peut dire que la Bible renferme spécialement l'histoire de Dieu le père, et l'Evangile l'histoire de Dieu le fils.
Ainsi le Père crée le ciel et la terre, les plantes, les animaux et l’homme. C'est lui qui reçoit loffrande d’Abel et rejette celle de Caïn, qui punit les hommes par le déluge, renverse les projets des constructeurs de Babel, appelle Abraham à la foi, donne à Moïse les tables de la loi, guide les Hébreux dans le désert et les dirige vers la Judée, combat des ennemis de son peuple choisi, inspire les prophètes et les juges, donne la sagesse à Salomon et la vertu à Ézéchias: C’est lui qui inflige la captivité aux Juifs et leur rend ensuite la liberté; lui enfin qui envoie l'archange Gabriel annoncer à la vierge Marie qu'il l'a élue pour être la mère de son fils.
L'Ancien Testament est donc véritablement le théâtre où Dieu le père déploie toute sa puissance. C'est Jéhovah qui est déclaré créer le monde. Les deux autres personnes de la Trinité apparaissent à peine. On soupçonne leur présence dans plusieurs phrases, surtout au « Faciamus hominem ad «imaginem et similitudinem nostram';» mais ces expressions ne sont pas toutes à l'abri-de la: controverse. D'ailleurs le Père est nommé:et nommé seul dans une multitude de passages très-clairs et très-explicites. Le Père règne à peu: près sans partage dans l'Ancien. Testament : il parle, il se montre, il agit, il punit, il récompense; il converse: avec Adam, Cain, Noé, Abraham, Moïse, avec les rois, avec les prophètes; 1l est avec eux, au milieu d'eux. On le sent, on l'éntend, on le voit partout; chaque verset en parle.
Dans le Nouveau Testament, au contraire, Dieu le Père sefface presque complétement et recule au dernier plan: on
© Liber Genesis, cap. 1, v. 26.
174 INSTRUÜCTIONS.
le voit à peine, on ne l'entend presque pas. La scène entière semble envahie par son fils. Deux fois 11 parle dans le lointain pour dire, au baptême et à la transfiguration de Jésus- Christ, «Celui-ci est mon fils bien-aimé dans lequel j'ai mis mes complaisances ‘;» puis il semble rentrer dans un silence absolu. Quand le Christ lui crie, à son agonie de sang, «Mon père, éloïgnez ce calice de moi”, » ce n'est pas Dieu, mais un ange qui vient le fortifier. Lorsque, clouée à sa croix, la victime divine sécrie, «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné” ! » pas un mot de consolation ne descend du ciel. Dieu le père garde le silence, et les anges eux-mêmes se taisent. Voilà ce qu'enseignent, à la première lecture, les textes sacrés, le sens littéral des livres saints.
Les artistes, fidèles à l'histoire plutôt qu'au dogme abstrait et raisonné, l'ont ainsi compris, au moins à la fin de la période gothique; dans toutes les scènes de l'Ancien Testament, ils figurent Dieu le père, à l'exclusion, en quelque sorte, du Fils et du Saint-Esprit. Cependant c'est à la fin du xrv° siècle seulement, c'est aux xv° et xvi° principalement, que les sculpteurs et les peintres ont ainsi représenté le Père; car dans | les siècles antérieurs il se passe un fait étrange, que l’archéologie confirme par beaucoup d'exemples et qui mérite explication. |
Que le Fils, le Père et le Saint-Esprit concourent ensemble aux mêmes actes et se manifestent tous-les trois en même temps dans les diverses histoires de l'Ancien Testament, on le conçoit, puisque la Trinité est indivisible dogmatiquement et que toute œuvre faite par l'une des trois personnes est faite col-
* Saint Matthieu, chap. 111, v: 17; chap. xvn, v. Let 5. * Saint Marc, chap. x1v, v. 36.
* Saint Marc, chap. xv, v. 34.
ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE. 175 lectivement par les trois à la fois. Maïs, du moment qu'on ne représente qu'une seule personne, cest le Père, à.ce qu'il semble, qu'il faudrait montrer à la Création !, comme c'est le Fils qu'il faut montrer à la Passion, et le Saint-Esprit à la Pentecôte. Représenter le Fils tout seul créant Adam et Eve est un fait extraordinaire. Historiquement. cest un anachronisme: car le Fils, qui est Jésus-Christ, n'était pas encore né. Cependant rien n'est plus fréquent que de voir Jésus prenant la place de son père et créant le monde à lui seul, commandant à Noé de construire l'arche, arrêtant la main d'Abraham qui est sur le point de sacrifier Isaac, parlant à Moïse du sein du buisson ardent.
De plus, lorsque c'est peut-être Dieu le père qu'on a voulu représenter conversant avec Abraham, Moïse, les prophètes et les rois, on a semblé craindre de le faire voir en entier et on n'en a montré qu une petite partie, la main, par exemple, quelquefois la face, plus rarement le buste, presque jamais le corps entier”. Ainsi, ou le Fils remplace son père dans les œuvres faites par ce dernier, ou l'on ne montre du Père que le moins possible; ou bien le Père est absent, ou il est presque entièrement voilé, on pourrait peut-être dire sacrifié. Ge sont deux faits parallèles et presque identiques. Mais avant que d'en chercher l'explication, il convient de les prouver par liconographie, et de démontrer premièrement que Jésus-Christ prend la place de son père dans les œuvres dont le Père est plus spé-
* Nous nous plaçons ici au seul point de vue historique ; car, dans un instant, il sera prouvé par la théologie qu'il faudrait mettre le Fils où les artistes du xv' siècle et de la renaissance ont mis le Père.
* Sur les sarcophages du Vatican et les fresques des catacombes, les plus anciens monuments figurés du christianisme, on ne voit jamais autre chose du Père éternel que
la main sortant des nuages. Voyez Rom. Sotterr. passim, surtout pages 45, 59, 95, 231, 339, 363 et 367 de l'édit. ital. Rome, 1632.
cialement l'auteur; secondement que le Père, si toutelois c'est lui qu'on a voulu représenter, ne révèle sa présence que par une main, un bras, une face, le reste étant invisible.
Et d’abord Jésus-Christ se représente à la place du Père.
Dans le chapitre qui sera consacré, après celui-ci, au fils de Dieu, on dira à quels caractères d'âge, de physionomie, de costume, d'attitude, d'attributs on le reconnaît; quil suffise d'énoncer ici que Jésus se montre sous deux formes complétement distinctes. Ou bien, comme sur les anciens sarcophages, sur quelques fresques de la Grèce, dans quelques sculptures de notre pays influencées par le génie byzantin, il est jeune, imberbe, adolescent de quinze à dix-huit ans, pieds chaussés de sandales et rarement nus, longs cheveux tombant sur les épaules, sans nimbe !; ou bien, comme 1l se montre le plus ordinairement, surtout dans nos contrées, il est âgé de trente à trente-trois ans, époque de sa mort, avec la figure allongée, da barbe fine et courte, les cheveux mi-longs et divisés sur le front, la physionomie douce et mélancolique, le nimbe partagé par une croix, les pieds nus, la robe et le manteau longs. À voir ces deux figures consacrées qui se donnent au Christ, on ne peut sy tromper et le confondre avec une autre personne. D'ailleurs, non-seulement la figure est un caractère qui sert à le distinguer, mais encore assez souvent son nom est écrit à ses pieds ou autour de sa tête, soit en entier, soit en abrégé, soit en monogramme.
Or une foule de monuments, qui représentent la Création et toutes les scènes de la Bible où Dieu le père est acteur et auteur, montrent non pas le Père, mais le Fils reconnaissable et à sa physionomie hiératique, et à son nom peint ou gravé.
* Voyez plus haut, page 43, pl. 17, et page 44, pl. 18, deux portraits de Jésus im-
‘hi
berbe; le premier est chaussé de sandales.
ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE. 177 H'est constant que sur une multitude de sarcophages en marbre blanc, qui datent des premières époques du christianisme , du 1v° au vi siècle, Jésus-Christ est représenté jeune et imberbe, comme on ‘vient de dire. On ne peut douter que ce: ne soit bien Jésus, car il s'agit, dans les sujets que portent les sarcophages, de la résurrection de Lazare, de la guérison de laveugle-né et du paralytique, de la multiplication des pains, de-da conversation avec la Samaritaine ; de l'entrée triomphante dans Jérusalem , de la comparution devant Pilate, de la prédication aux apôtres ; or celui qui ressuscite, guérit, multiplie, parle, triomphe, comparaît, prêche, c'est ce jeune homme imberbe dont nous parlons, c'est Jésus en adolescent. Mais sur les mêmes monuments sont sculptés, ordinairement à gauche, des sujets parallèles aux précédents, qui sont à droite. On y voit Dieu condamnant au travail Eve et Adam, parlant à Noé, arrêtant le bras d'Abraham, donnant sa loi à Moïse; et ce Dieu, c'est toujours le jeune adolescent imberbe qui ressuscite Lazare et envoie ses apôtres prêcher dans l'univers. Ce Dieu, cest le Fils qui prend la place de son pére.
Le dessin 32, page 100 (Dieu imberbe, de qui Éve et Adam reçoivent un agneau et des épis), représente précisément ce jeune homme divin, sans barbe, à longs cheveux tombant sur le cou, aux pieds chaussés de sandales; Dieu y condamne Adam à labourer la terre, qui portera des épis semblables à ceux dont il lui donne une gerbe, et Eve à filer la toison de l'agneau qu'il lui présente. Ce dessin est tiré d’un sarcophage ab Vatican:
On pourrait croire peut-être que ce Dieu qui parle à x Éve et à Adam est Dieu. le père, bien qu'on pût s'étonner à bon droit de voir cet ancien des jours, comme l'appellent la Bible et les Grecs (0 TALIOG TOY nIAEpE ), à peine sorti de l'enfance : on pourrait croire que; suivant en cela la pratique des anciens
Grecs, les premiers chrétiens ont représenté Dieu le père ou Jéhovah, jeune: et sans barbe, pour caractériser la divinité immuable qui ne vieillit jamais, et qui vit dans une Jeunesse éternelle. Mais le dessin suivant} ne laisse aucun doute : c'est bien Jésus-Christ qui préside à la création «et à toute l'histoire génésiaque ; car là Dieu est représenté créant Adam, le premier né (‘Adhu 6 æeslomaaslos), et ce Dieu n'est autre que le Christ, comme son nom FC XC,; écrit dans‘ le champ de l'auréole circulaire d’où il semble s'élancer, en fourmt la preuve *.