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PORTRAITS DE DIEU LE PÈRE

Dans les premiers siècles de l'église, jusqu'au xu°, on ne voit pas de portrait de Dieu le père. Sa présence ne se révèle que par une main qui sort des nuages ou du ciel. Cette main s'ouvre en entier et lance quelquefois des rayons de chaque doigt, comme si c'était un soleil vivant, pour ainsi dire. Ces rayons expriment la grâce, les faveurs que Dieu répand sur la terre. Le plus souvent cette main est bénissante et présente les trois premiers doigts ouverts, tandis que le petit doigt et celui qui lui est contigu restent fermés”. Dans la planche suivante, la main est rayonnante et bénissante tout à la fois.

* I faut toujours observer da direction des doigts. La bénédiction grecque diffère , à quelques égards, de la bénédiction latine; une bénédiction grecque sur une image latine , et réciproquement, offrirait done un grand intérêt historique.

52. —7 MAIN DIVINE RAYONNANTE , ET 4 NON: NIMBÉE: Miniature grecque du x° siècle.

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La gravure est prise sur un manuscrit grec, et la bénédiction ne se fait pas avec les trois premiers, doigts ouverts, comme dans l'église latine, mais avec l'index ouvert, le grand et le petit doigt courbés, tandis que le pouce se croise sur l’annulaire pour former un chi (X). C'est la bénédiction grecque ’.

* Bibl. royale, Psalterium cum. fiqunis, grec, n° 139. — À l'Histoire du nimbe, p.102,

ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE. 209 On reconnaît à cette main la main de Dieu, parce qu'elle tend à Moïse les tables de la loi, parce qu'elle arrête le bras d'Abraham, qui va sacrifier Isaac, parce qu'elle apparaît au moment où Jésus-Christ baptisé et transfiguré entend cette voix qui part du ciel :« Celui-ci est mon fils bien aimé, dans lequel jai mis ioutes mes complaisances. » C'est donc seulement à cause du sujet historique, et non par un attribut caractéristique ; qu'on doit de pouvoir affirmer que cette main est bien celle de Dieu le père, et n'appartient pas à l’une des deux autres personnes divines, à un ange ou à quelque saint.

Néanmoins, très-souvent encore, un caractère distinctif vient s ajouter à celui que l'on tire de l'histoire, pour empécher qu'on ne confonde cette main avec celle d’un ange ou d'un saint, si ce nest avec celle du Fils-ou du Saint-Esprit. On a vu en effet, dans les prolégomènes ’, que le nimbe crucifère distinguait Dieu de toutes ses créatures: tout personnage orné de cet attribut, et sauf les très-rares exceptions et

nous avons noté le nimbe transparent de cette belle Nuit (NYE), qui a une tournure tout à fait antique; le voile semé d'étoiles qu'elle arrondit au-dessus de sa tête, et le flambeau qu’elle renverse, parce qu'elle est ennemie du jour, complètent cette allégorie. Le prophète Isaïe est placé entre cette personnification de la nuit et celle de l'aurore. L'Aurore ou le Point du jour (Opôpos) est un petil génie, un enfant de quatre ans environ, à peu près nu, qui tient un flambeau allumé, debout et non renversé. Le prophète est à la fin de la nuit et au commencement du jour ; la Nuit est donc grande, et le Jour petit et à sa naissance. La nuit, qui éclaire d’une lumière d'emprunt, a moins de force que le jour, qui s’éclaire et s’échauffe à la lumière directe du soleil; la Nuit est donc une femme ici, et le Jour un homme, comme le genre des mots qui les nomment est féminin pour l’une et masculin pour l’autre. Ce tableau remarquable est la traduction par la peinture des divers passages où Isaïe raconte la puissance de Dieu et la mission qu'il en reçoit : « Ecce Dominus Deus in forlitudine veniet, et brachium ejus dominabitur. » (Cap. xz, v. 10.) — « Dabo in solitudinem cedrum, et spinam et myrium, et lignum olivæ; po- « nam in deserto abietem, ulmum et buxum simul. » (Cap. xLr, v. 19.) — « Ut sciant hi, «qui ab ortu solis et qui ab occidente, quoniam absque me non est : ego Dominus et « non alter. Formans lucem et creans tenebras. » (Cap. xLv, v. 6 et 7.) © Nimbe, pages 41-68.

erreurs signalées, et résultant ou de l'ignorance ou de la négligence de l'artiste, est infaïlliblement une des trois personnes divines. Or, souvent cette main est appliquée contre un nimbe partagé par une croix grecque: donc elle désigne l’une des trois personnes de la Trinité. Si, d'ailleurs, le Fils et le Saint-Esprit sont présents, il n'y a plus de doute; c’est bien la main de Dieu le père. La planche suivante montre le baptême de Jésus’. Le Christ est dans les eaux et le Saint- Esprit, en forme de colombe, descend sur sa tête; Dieu le père met hors du ciel constellé sa main droite, pour traduire aux yeux les paroles de l'Évangile : «Celui-ci est mon fils bien aimé.» Il n'y a pas de doute, cette main est et ne peut être que celle de Dieu le pére.

53.-—— MAIN DE DIEU LE PÈRE, NI RAYONNANTE, NI NIMBÉE, MAIS ENTIEREMENT OUVERTE. Miniature latine, 1x° siècle.

Par analogie, toutes les fois qu'on voit sortir du ciel une main

! Ce dessin vient du manuscrit Liber precum, Bibl. roy. suppl. lat. 641.

ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE. 211 bénissante où rayonnante, quand même les autres personnes divines seraient absentes (ce qui arrive fréquemment) et quand même le nimbe croisé ne la caractériserait pas, on peut être sûr que cette main appartient réellement à Dieu le père. Ainsi donc, de même que le nom de Jésus-Christ se résume dans une ou deux lettres, J. C. de même la figure totale de Jéhovah se résume dans une partie de son COrps, dans sa main. La main est une espèce de monogramme à l'usage des sculpteurs et des peintres.

Jusqu'au xrr° siècle, cette main représente exclusivement le Père; mais, dans la seconde et la troisième. période de l'art chrétien, pendant le règne du gothique et de la renaissance, même alors que le Père est figuré, soit en buste, soit en pied, la main se voit encore de temps en temps;.elle persiste jusqu au xvu' siècle. Elle se montre avec plusieurs variétés, qui sont plutôt archéologiques que chronologiques; car, à la même époque ,-ces variétés se produisent toutes à peu près.

Cette main est donc ou: bénissante et ouverte de deux, de trois doigts seulement, suivant les exemples donnés par les planches 20 et 52 ; ou donatrice, ouverte entièrement et laissant tomber de chaque doigt des rayons de grâce, comme à la planche 22, et comme on en verra d'autres variétés plus complètes à l'Histoire de Dieu le fils; ou donatrice et bénissante à la fois, à moitié ouverte et rayonnante, comme à la planche 52. Cette main est sans attribut, surtout aux époques qui se distinguent, soit par l'absence, soit par la rareté du nimbe; ou bien elle se pose sur un nimbe qui est ordinairement divisé par des croisillons, comme le nimbe de la tête même, mais que, soit par oubli, soit par ignorance, on voit sans croisillons quelquefois. L'absence du nimbe est constante dans les fresques des catacombes, les anciens sarcophages et les

plus vieilles mosaïques. Le dessin 52, donné plus haut, offre la nain sans nimbe: ici la main est sur un nimbe cruciféère !.

54. — MAIN DIVINE APPLIQUÉE SUR UN NIMBE CRUCIFÈRE. Sculpture italienne du xn° siècle, au portail de la cathédrale de Ferrare.

Dans la série des mosaïques, il n'est pas rare de voir le commencement du bras attaché à la main. C’est ce qu'en blason on appelle dextrochère ou sinistrochère, suivant que cette main, unie au bras, est droite ou gauche. |

Le dessin qui suit présente une main divine inscrite dans une couronne qu'elle tend à Jésus ; l'enfant divin est dans les bras de sa mère”.

* Cette main donne la bénédiction latine et non la bénédiction grecque. Chez nous, la direction des doigts ne semble pas symbolique, tandis que chez les Grecs l'index s’allonge comme un 1, le grand doigt se courbe comme un C, ancien sigma des Grecs, le pouce et l'annulaire se croisent pour faire un X, et le petit doigt s’arrondit pour figurer un C. Tout cela donne IC-XC, monogramme grec de Jésus-Christ ( Înoo9C XpiorôC ). — Cette main, sculptée dans un tympan de la cathédrale de Ferrare, semble appartenir par sa position à un personnage à terre, et qui bénirait, du haut de sa grandeur, des individus placés plus bas. Page 56, pl. 20, nous avons donné une main dont la position est toute différente, et qui descend du ciel au lieu de monter de terre. Au portail occidental de la cathédrale de Sens, une main divine, appliquée sur un nimbe crucifère, descend également du ciel et bénit, du sommet de la voussure, tout un cordon de martyrs qui montent, à droite et à gauche, le long des branches de l'ogive.

* Vetera monimenta, IF parte, pl. 53, mosaïque qu'on voit dans l’église de Sainte-Marie-la-Neuve (S. Maria-Nova), et qui date de 848. Bosio (Rom. Sott, p. 133) a fait graver Dieu qui tend de chaque main une couronne à deux saints.

55.— MAIN DIVINE TENDANT UNE COURONNE À JÉSUS ENFANT. Mosaïque latine du 1x° siècle.

Cette couronne, que le Père offre à son Fils, Dieu la donne encore aux hommes de bien; c'est la couronne de vie dont il récompense la vertu. Dans le manuscrit d'Herrade est figurée une échelle morale qui-va de la terre au ciel; au sommet, au dernier échelon, la main de Dieu, qui est dans les nuages, tend une couronne triomphale à la Vertu, à la Charité qui a vaincu tous les obstacles et qui touche au ciel. Dans Herrade, Dieu récompense la vertu humaine; dans la mosaïque latine, il rend hommage au dévouement divin, au sacrifice de Jésus.

Depuis la naissance du Christ jusqu'à son retour dans le ciel après sa résurrection, la main du Père dirige, bénit et soutient les pas du Fils. Lorsqu'au baptême de Jésus par saint Jean une voix descend du ciel et dit : « Celui-ci est mon fils bien aimé,» on aperçoit une main, la main du Père. sortir des nuages, pour traduire aux yeux et par l'art les paroles qui viennent d'être prononcées ‘. Au jardin des Oliviers, lorsque le Sauveur abattu par une tristesse surhumaine s'écrie : «Mon Père, détournez de moi ce calice , » une main sort du ciel, la main du Père, qui bénit son fils et le console”. Lorsque sur la croix Jésus, prêt à mourir, Jette à son Père ces paroles désespérées : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-

* Voyez le dessin 53, p. 210.

? C’est ordinairement ainsi qu'est représenté ce sujet ; mais dans Notre-Dame de Paris , à la clôture du chœur, le Père montre la main et la tête entières.

vous abandonné! » on aperçoit se dessiner, sur le sommet de la croix, une main qui bénit, et qui est la main du Pére!. Enfin, lorsque Jésus remonte au ciel après sa passion et tenant en main sa croix de résurrection, son père lui tend la main droite et l'aide en quelque sorte à s'élever. Ce dernier sujet, fréquemment reproduit dans les manuscrits à miniatures ”?, est expliqué par ces deux vers d'Alcuin, placés précisément sous une Ascension peinte °:

« DexTERA quæ Patris mundum ditione gubernat «Et Natum cœlos proprium transvexit in altos. »

Ces mains divines jouent un grand rôle, non-seulement dans les monuments figurés, mais dans les textes eux-mêmes. Saint Marc d'Athènes, ermite en Lybie, meurt au 1v° siècle; l'âme du bienheureux est portée au ciel sur une nappeblanche, et la elle est prise par la grande main de Dieu, qui la place en paradis *.

"Entre autres exemples, voyez un vitrail du xr1°,. peut-être du xr° siècle, qui orne la galerie absidale de Saint-Remi de Reims. Le saint Jean. à nimbe surmonté de deux héliotropes , page 32, pl. 3, vient de ce vitrail. M. du Sommerard possède un émail du x1r° siècle, représentant Jésus en croix; au sommet de la croix, comme au vitrail de Reims ; une main paraît, la main de Dieu le père, qui témoigne ainsi de sa présence à la mort de son fils. Cette main est sans nimbe et,sans rayons. Cette présence est. plus manifestement exprimée par une miniature des Heures latines du xiv° siècle, ms. 459 de la bibl, S'-Genev. Là, au crucifiement, le Père éternel se montre dans les nuages et en buste. C'est un vieillard à longue barbe et à longs cheveux; il est entièrement bleu comme les nuages qui l'entourent, et comme le ciel, du haut duquel il assiste à la mort de son fils.

? Un manuscrit de la Bibliothèque royale, suppl. lat. 648, du xr° siècle, présente Jésus s’envolant au ciel, les mains et les bras tendus. Jésus, qui a le nimbe crucifère, regarde la main droite de son Père , quile bénit en ouvrant les trois premiers doigts. Dans le bas sont les apôtres et la vierge Marie, auxquels deux anges, qui sont entre ciel et terre, disent certainement : « Viri Galilæi, quid statis aspicientes in cœlum ? Hic Jesus «qui assumptus est a vobis in cœlum, sic veniet quémadmodum vidistis eum euntem «in cœlum.» (Act. Apost. cap. 1, v. 11.)

* Voyez dans Baluze ( Miscellanea, IV° vol.) les différents vers composés par Alcuin pour expliquer les miniatures d’un manuscrit carlovingien.

* Bolland, Mars, IF vol. Vie de saint Marc.

ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE. 215 Saint: Eucher, évêque de Lyon au v° siècle, dit que par la main de Dieu on désigne la puissarice divine”. C'est ainsi que la main de justice indique la puissance royale; l'idée est la même dans l'ordre religieux que dans l'ordre civil. Saint Prosper d'Aquitaine parle aussi de cette main de Dieu qui fait et modèle Jod, comme un sculpteur modèle une statue. Il semble, en ellet, que ce motif provienne de l'Ancien Testament; car, dans une foule de passages bibliques, il est question de cette main qui fait toutes choses, qui est l'expression dela puissance souveraine”, qui façonne l'homme comme un potier l'argile“. Au début de sa vision, Ezéchiel dit : « Je regardai, et voilà qu'une main me fut envoyée; elle tenait un livre qu'elle déroula devant moi, et qui était écrit en dedans et en dehors”°.» Enfin, dans le chant sublime du Libera, qui est la suprême et dernière prière de l'Église pour ceux qui ne sont plus, le mort s'écrie: «O mes amis, vous du moins, ayez pitié de moi, parce que la main de Dieu m'a touché.» C'est pour la même raison et par le mênfe symbolisme que le bras a représenté Dieu, et que cette partie a figuré la puissance divine tout entière. Quand on voit ce bras dessiné sur nos vitraux, dans les miniatures de nos manuscrits, dans l'amortissement de nos ogives, on se 1 Liber Formularum spiritualium, cap. 1. « Per on Domini ipsius potestas de- «monstratur. » ; * Exposition des Psaumes, ps. exvirr, au mot Jod. * «Omnia hæc manus mea fecit et facta sunt omnia, cujus summa potestas. » {Isaïe, cp LXVI, V. 2.) «Sicut lutum in manu figuli, sic vos in manu mea, domus Israel.» (Jérémie, chap. xvitr, v. 6.) * Ezéchiel, chap. 11, v. 9 : « Et vidi, et ecce manus missa ad me, in qua erat involutus «liber, et expandit coram me, qui erat scriptus intus et foris.» Au chap. vur, v. 1 et5, Ezéchiel dit encore : « Et cecidit ibi super me manus Domini Dei. — Et emissa simili- «tudo manus apprehendit me in cincinno capilis mei; et elevavit me spiritus inter ter-

«ram et cœlum. »

* « Miseremini mei, vos saltem amici mei, quia manus Domini tetigit me. »

rappelle ce passage du cantique chanté par la vierge Marie en présence de sa cousine Élisabeth : « Dieu a déployé la puissance de son bras; il a dissipé les orgueilleux, renversé les orands, élevé les petits. Enfin tous ces textes de l'Ancien et du Nouveau Testament semblent se résumer dans ce motif que la peinture des églises grecques offre si fréquemment, et qui représente les âmes des justes, petits êtres humains nus, priant à mains jointes, dans la grande main de Dieu. Cette main sort des nuages; après avoir été prendre sur la terre ces âmes des justes, elle les remonte au ciel, dans le paradis ?.

56. — LES ÂMES DES JUSTES DANS LA MAIN DE DIEU. Fresque grecque du xvirr° siècle.

Aux xr° et xiv° siècles, Dieu le père ne se contente plus de faire paraître sa main ou son bras; il montre sa figure d'a-

* «Fecit potentiam in BRAGHIO suo; dispersit superbos mente cordis sui. Deposuit potentes de sede et exaltavit humiles. » — S. Luc, chap. 1, v. 51, 52.

* Ce dessin est tiré d’une fresque de Salamine, qui est dans l'église du grand couvent. « Animæ justorum in dextra Domini. » — Ces peintures de l’église principale du grand couvent de Salamine nous ont fourni plusieurs dessins , bien qu'elles datent seulement de 1735, parce qu'elles résument parfaitement le système de la peinture byzantine. D'ailleurs la Grèce, depuis le x1° ou le xr1° siècle, est restée stationnaire dans son art, en sorte que des peintures du xvin° siècle ont encore une grande valeur archéologique. Une inscription, que j'ai relevée, dit que Georges Marc, de la ville d'Argos , a fait ce

bord , ensuite son buste, enfin sa personne entière. Le voici montrant sa face hors du ciel ou des nuages !.

97. — FIGURE DE DIEU LE PÈRE SOUS LES TRAITS DE SON FILS. Miniature française, x1v° siècle.

Mais alors il n'a pas encore de physionomie à lui, ni de traits qui lui soient propres. I faut qu'une inscription, il faut que le sujet représenté déclarent que c'est bien Jéhovah et non pas Jésus, autrement, en vertu des raisons développées plus haut, on le prendrait pour son fils; car il en a l'âge, le costume, l'attitude et l'expression. Comme son fils, et ce qui lui convient moins bien, il porte le nimbe crucifère, le nimbe marqué de la croix où Jésus est mort. Dans Saint-Saturnin de Toulouse, au soubassement du sanctuaire, on voit un bas-relief en marbre représentant le Père éternel enfermé dans une auréole ovale et perlée sur les bords. C'est bien le Père, car il est accompagné d'un chérubin, autour duquel est gravée cette inscription : «Ad dextram Paris cherubin stat cuncta potentis. » Or ce Père, à la droite duquel se tient le chérubin, est complétement imberbe, comme le Fils dont nous avons déjà donné des exemples”. Il porte à la tête un nimbe crucifère, et dont peintures en 1735, avec le secours de trois de ses élèves. Aujourd'hui l'école d'Argos est éteinte, et presque tous les peintres chrétiens de la Grèce se sont réfugiés au mont Athos.

* Manuscrit de la Bibliothèque royale, xrv° siècle, Heures du duc de Berry, folio 65. La scène représente Jésus-Christ au Jardin des oliviers ; Dieu le père met sa figure hors

des nuages et apparaît à la victime céleste pour la consoler.

* Pages 37, 53 et 54, pl. 8, 17 et 16.

la branche transversale est marquée de &, w '; il a de la douceur dans les traits, de la bonté dans la physionomie; il est entouré des quatre attributs de ses évangélistes, et tient un livre où sont écrits ces mots de l'Évangile, ce salut qu'il adressait à ses apôtres : «Pax vobis. » C'est en tout point le Jésus-Christ que nous voyons sur les anciens sarcophages, sur les vieilles fresques des catacombes et sur les plus anciennes miniatures des manuscrits. Comment donc accorder ces attributs et ces caractères avec l'inscription qui déclare que ce Dieu est le Père et non le Fils? Cette personne divine de Saint-Saturnin a beaucoup d'analogie avec le jeune Dieu que nous donnons ici, et que nous ne pouvons dire avec certitude être Dieu le père plutôt que Dieu le fils.

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