JÉSUS DANS UNE AURÉOLE CIRCULAIRE
Sceau en argent du mont Athos.
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Certainement ces auréoles, si diverses et si splendides dont on relève la personne du Christ, sont remarquables de beauté ; cependant elles ne peuvent servir encore à le faire distinguer
« tundi scuti pinguntur, quia divina protectione ut scuto muniuntur ; unde ipsi cantani « grâtulabundi : Domine ut scuto voluntatis. .…... » ( Hortus deliciarum. )
® Ceci est la représentation du sceau dont le gouvernement du mont Athos marque tous ses actes. Ce gouvernement s'appelle épistasie ; il est composé de quatre moines nommés épistates, élus chaque année, au mois de mai, par tous les couvents de la montagne sacrée. Un secrétaire perpétuel complète cette autorité annuelle. Toutes Îles délibérations de ce pouvoir électif ne sont exécutoires qu'après avoir été scellées du sceau de l'état. Ce sceau est en argent et coupé en quatre parties égales ; chaque épistate est dépositaire de l’une de ces parties. Quand la délibération est prise, les épistates déposent sur une table leur quart de sceau, en guise de boule. Le there prend mr quatre parlies et les réunit au moyen d’une clef ou d'une vis à queue dope il est le àépositaire. Il noircit, à la fumée d’une bougie, ce sceau ainsi recomposé, etil en Do le papier sur lequel il a écrit la délibération. Puis il divise le sceau, rend son quart à chacun des délibérants et garde la clef pour lui. C'est ainsi que fut scellée in ia si que les épistates me délivrèrent, au mois d'octobre 1 839; pour me recommander aux différents monastères que j'allais visiter. À la circonférence de ce sceau , on lit en grec eten turc: SCEAU DE L’ÉPISTATE DE LA COMMUNAUTÉ DE LA SAINTE MONTAGNE. Les quatre épistates, par
suffisamment. Aïnsi, plus haut, nous avons vu un Christ du Campo-Santo enveloppé d’une auréole ovoïdale et assis sur un arc-en-ciel !. La- circonférence de l’auréole et l'intérieur de l'arc sont rayés d'une foule de lignes et brodés comme un riche vêtement. La tête du Christ elle-même lance des rayons avec tant de force quelle les pousse hors du champ de l'auréole. Et cependant, malgré l'attention évidente d'honorer spécialement Jésus et de montrer sa gloire, on ne peut, à ces caractères, le distinguer, non-seulement de Dieu le père, mais même de sa mère, une simple créature. Effectivement, sur la même fresque du Campo-Santo, où est figuré ce Christ si lumineux, est peinte la Vierge tout aussi éclatante que son fils. Marie est assise sur un arc-en-ciel; elle est entourée d'une auréole ovoïdale, et elle rayonne à la tête absolument comme le Christ. Le champ de l'arc, la circonférence de l'auréole, le nombre et la force des rayons égalent ce quon voit dans l'image du Fils de Dieu. |
l'unanimité de leurs délibérations , sont considérés comme un seul individu. Ce sceau représente la Vierge et l'Enfant Jésus. Tout le mont Athos est dédié à Marie. Les femmes et même toutes les femelles des animaux sont éxclues du mont Athos ; iln'yaetiln’ya jamais eu que des hommes. On y voit des troupeaux de boucs, de moutons , de chevaux et de mulets ; les dindons et les coqs abondent dans certains couvents; mais iln'y a ni chèvres ni brebis, ni juments, ni mules, ni dindes, ni poules. Cependant ces moines, si ennemis des femmes, ont mis leur gouvernement sous la protection d’une femme , de la Vierge ; presque tous les monastères sont dédiés à la Vierge et à tous les événements de la vie de Marie. Les deux premiers couvents sont dédiés, l’un à la nativité de Marie, l’autre à son entrée dans le temple de Jérusalem. Le dernier, celui qui est au fond de la péninsule athonite, est consacré à la mort ou à l'assomption de Marie. Ceux des couvents, qui ne sont pas tout entiers sous la protection de Marie, renferment une, deux ou trois églises qui lui sont dédiées. Le mont Athos a voulu se soustraire à la femme, et cependant la montagne entière , les habitations et les églises, les moines et leurs actes sont gouvernés et protégés par une femme. Il n'y a pas une seule fête de la Vierge, depuis sa nativité jusqu’à sa mort et son couronnement, qui ne soit célébrée avec pompe dans tout le mont Athos. La religion grecque a porté le culte de Marie plus loin encore que l'Église latine. * Pianche 67, page 268.