TOMBE D'UN VENDEUR D'HUILE
Sculpture latine, en creux, des premiers siècles chrétiens,
Voilà une pierre sépulcrale décorée tout à la fois d'une petite maison, d'un tombeau où l’on a dressé un mort en haut d'un escalier, d'un chandelier à sept branches ou à sept lampions, et d'une balance. C'est probablement la tombe d'un épicier ou d'un vendeur d'huiles et d'aromates. La petite maison serait sa boutique; dans cette boutique, il pesait avec ses balances les parfums nécessaires pour embaumer les morts, et l'huile qui alimentait les lampes funéraires ou les lampes des vivants.
Üne autre tombe est ornée d'un compas à branches courbes, d'un compas à branches droites, d'une équerre,
* Cette pierre est gravée dans Bosio (Rom. sotterr. p. 302); on paraît la croire du v° siècle, parce que Stilicon est nommé dans l'inscription qui en décore le haut. Outre les quatre objets reproduits sur notre planche, il y à encore un gros poisson, une espèce de dauphin. De ce poisson on tirait l’huile qui se vendait dans la boutique, qui se pesait avec la balance et qui se brülait dans la lampe allumée pour le mort.
d'une règle, d’un peloton de ficelle, d'un niveau muni de son fil à plomb, d'un marteau, d'un ciseau, d'une gouge; c'est évidemment la tombe d'un architecte. Avec le premier compas, comme avec le pistolet d'aujourd'hui, l'architecte embrasse les courbes, avec le second il trace des cercles; avecl'équerre il dessine les lignes droites, avec la règle il mesure les petites longueurs, et il a le fl pour les longueurs considérables; il met d'aplomb avec son niveau, il dégrossit la pierre avec son marteau , il la sculpte avec son ciseau, il la fouille avec sa gouge.