SI
mit dans la bouche de Marie, un jour qu'on l'avait représentée sans TËnfant Jésus t
Cw sine prnlc iimi viv jiinyt.<? PhtfferCf quœto^ Me sine me potiitt, qmm sine prvle, velis (1).
La Sainte Vierge demande qu'on la peigne plutôt sans elle-même, si la chose est possible, que sans son Fils, comme si elle était aussi inséparable de ee fils que d'ellemême.
 ces autorités, sans doute fort respectables, on lyoute des raisons plausibles.
Marie, dit-on, doit porter son Fils dans ses bras pour attester que, seule parmi les filles des hommes, elle fut digne de donner le jour à un Dieu, et que seule aussi, à l'exclusion de toutes les autres femmes, elle porta un Dieu dans ses bras (3).
La maternité divine de Marie ayant été le principe el
(1) Jacques Bidi i nijn a rendu la même pens<'>c en ces termes: « Debuerant pingi ]mrr hac, matcrqiir tabcUaj Verum ca pin^^cndis ]>arvîi duûbus eral« .
£rgO bonus nnlo ;:('nilrifcin jiictor omîsso
Cum tcmore oa |Mi j ingerc, mater ait :
Absque mco, quicunique voles me pîngcrc nato, Me sine me potius pingc; dolebo minus ! •> Lib. 1. Epigr>, n. Kl, apud ZicgcLb., loc. cit.
(S) « Si quœras natum car natris dextera gcsiat? Sola fuit tanto mtinere digna parons.
Non poUiit mater majore monere fungi ; Altéra non potuit dextera ferre Deum. »
Apnd Ziigelb., toc. cir*
le bul de toutes les grâces qu'elles a reçues, et en partîeulier de son Immaculée Conception, la mère doit toujours
porter les insijsînes de sa maternité.
Maigre ces autorités et ces raisons, je pense que, dans rimage de l'Immaculée Conception, la Sainte Yîergedoit paraître sans TEnfant Jésus. Voici les motife de mon opinion.
D abord, il n'est pas vrai de dire que l'iconographie chrétienne proscrit les images de la Sainte Vierge où rËnfant Jésus ne figure pas. Les images de la Sainte Vierge, que Ton trouve en grand nombre dans les catacombes de Rome, ne représentent pas TEnfant Jésus. Celles où il ligure sont excessivement rares. Je n en ai vu qu'une seule au Musée chrétien du palais de Latran à Rome; il n*en existe pas beaucoup d'autres. Les ouvrages deBoslo, Aringhi etBoldetti renferment un grand nombre d'images de ]a Sainte Vierge sans son Fils.
Ce fait a été constaté par de savants archéologues. Le célèbre Boldetti, dans ses observations sur les cimetières des martyrs, ne signale que deux images de la Sainte Vierge où Tenfant Jésus se trouve. « Dans une ebapelle de îa partie supérieure du cimetière de Calliste. ditril, qui est d'une belle architecture, et ornée de peintures variées, on remarque, entre autres figures, la Sainte Vierge à genoux avec l'ange qui lui annonce le mystère de Flncamadon du Verbe; et puis la Sainte Vierge assise avec l'enfant Jésus dans les bras, auquel les trois rois mages vieiiueut offrir leurs cadeaux (i). »
il) «ps nna capell* delb parte snperiore 4el eînieterio dî Calisto di
Et plus loin, foisant la description d'nii disque de Terre
trouvé dans les catacombes, où la Sainte Vierge est assise sur une grande chaise portant l'eufant iésus, chaussé, et avec l'auréole, et recevant rbommafe de l'un des trois rois, il dit que dans les anciens cimetières on trouve beaucoup d'images de la Sainte Vierge; mais il ajoute aussitôt : t« Cependant les images de la Sainte Vierge portant l'enfant Jésus ne sont pas nombreuses : on ne commença a multiplier oeUesHïi qu'après le Concile d'Éphèse, pour réfuter rhérésiè de Nestorius, en démontrant la maternité divine de la Sainte Vierge qu i! niaii : iiéaimioins on en trouve qui sont antérieures à celte époque -y el parmi elles il faut compter ce disque de verre que nous avons trouvé teint de sang dans le tombeau d*un martyr du cimetière deCalli8te(i). »
buonu c ^ :irc!ut<'ttiira. . . vd firnata di varie pitture, si osserv a, tra le hhvc lijiurc, la Vcrgine iuginocchiata con l^iii^a-lo in attn animnziarle il misteru délia Incarnazionc de! Verbo. La nicdesima \'i i';;iiie sudenlc col sanlo Bambino in braccio, ed i trf santî Rc Mai^i che al mcdcsiuio offeriscono i loro donativi. • Boldt tti. Ossfrvazioni liopra i eimeteri de* SS, Martiri, 1. I*', c. 5, paj;. 2i. lioma il -20.
(4) Anche ne, i tempi remoti la pietà de' fedcii mostrossi affettuosa a questa gran Kcgin.i del cicio col propagarnc il suo culto raedtante le sagre imagini... ISoii perù cosi frequenti sono quelle chc si ravvisano col Bambino neiseno, perché in que^fîî j^uiça cominciarono a moltiplicarsi le suc pitture dopo il coiiciiio Kl<.-«iiio coulio i dogmi delP impio Nestorio, pcr dinotarc con esse la maternitù di Diodalsacrilego contrasiatalc. TuUa volta pur se ne tnn aint délie futtc anche prima, c fra le qualc puu aiinoverar^i questa del nostro vetro da me rilrovato nr\ cinietero di Calisto, tinlo di sanguc, collocalo al sefiolchro di un luai la e. n lioldelU, ibid., 1. c. 39, pag. â03i — Dans tes anciens temps la Sainte Vierge ne portait
« Dans Torigine, dit M. Rio, oh représentait ia Sainte
Vierge assez ordinairement debout la main sur la poitrine et les yeux levés vers le ciel. Ce ne fut guère que vers le commeoeement du cinquième siècle, après le Conelle d'Éphèse, tenu en 43i, qu'on la peignit assise sur un trdne, avec l'enfant Jésus sur ses bras ou sur ses genoux (1). »)
Si les premiers chrétiens , qui comprenaient si bien le symbolisme de la foi et des mystères, ont peint Marie sans TEnfant Jésus , pourquoi proscririons-nous cette image aujourd'hui? S'ils ont ftit, dans certaines circonstances, al)straction de lu malemité divine de la Sainte Vierge, pourquoi ne pourrions-nous pas le faire maintenant, surtout lorsque les règles de l'iconograpltie le rédament?
Certes, il est plus d'un mystère où doit figurer la Sainte Vierge, et où son Fils ne peut point paraître sans i|naehronisme, sans contre-sens.
Peut-on, par exemple, figurer TEnfant Jésus dans les bras de la Sainte Vierge, lorsqu'on représente celle-ci montant au temple à l'âge de troit» ans?
Peut-on placer l'Enfant Jésus dans les bras de Marie, lorsque Fange Gabriel lui annonce Fincarnatlon du Fils de Dieu?
pas toujours l'eiifanl Jcsus pcndjuil Tailcfralion des niagos. (Jiumpini. dans SCS Vtù/a iiiuuimetitu, tom. I*', pag. 200 et 208, reproduit et explique une vieille uiosaï(|HL' de Ruvcduc où l'cufant Jésus ksI placé assis sur une espèce de trône pour recevoir Padoration des nicigcs, peudiiiil ({ue su Sainte Mère se lient à ses cotés.
(1) De l'art chrélim, etc., par X.-V. Rio, i. p. iH. Paris, 183().
Peut-on moiurer l Eutaui Jésus dans les breis de Marie, lorsque celle-ci monte au ciel le jour de son assomptîon glorieiise ; alors que Jésos n'est plus enfant, mats règne
triomphant dans le séjour bienheureux, où ii uUeiid sa Mère?
Nouv cela n'est point permis, cela n'est point possible* En règle générale donc, on ne doit point placer TËnfant Jésns dans les bras de sa Sainte Mère, chaque fois que
l'on représenle un mystère qui est indépendant de la présence du Fils de Dieu, soit par l'époque où il a été opéré, soit par les attributs qui lui sont propres.
Or, tel est sans contredit le mystère de llmmaculée Conception qui a été opéré avant la naissance de TEnfant Jésus, et même avant que cette naissance eût été annoncée.
A la rigueur, la présence de TËnfant Jésus dans une image de llmmaculée Conception de la JSaInte Vierge
constitue un anachronisme et un eontre-sens.
Que dire maintenant des statues et des images où l'Enfant Jésus figure?
U est permis de croire que les souTerains Pontifes, en les approuvant, n*ont pas eu Tintention de représenter le mystère de Tlmmaculée Conception d'un manière rigoureuse et exclusive, mais de rappeler, avec cette prérogative de la Sainte Vierge^ d'autres privilèges qu'elle tenait de la bonté divine. A Tépoque où rimmaeulée Conception était un objet de controverse, et où l'Eglise ne voulait pas se pronom er. il était fort sage d approuver les statues de Marie qui rappehiieni plusieurs mystères à la fois.
Mais ai^ourd'hui que llmmaculée Conception a été
rangée. parmi les dogmes de foi, on doit s'aitacher à représenter ee mystère d'une manière exacte, rif;onreuse, et éviter tout confusion.
Dans l'image qne Sa Saintelé Pic IX a donnée aux Évêques, comme dans la médaille de Flmmaculée Conception frappée en id55v par ordre d* Alexandre Y II, l'Enfont Jésus ne figure pas. Le Saint^iége autorise donc, par son exemple, l'opinion que nous venons d'exposer et et de défendre.
iir.
L'emploi de^ Anges, comme allribiU du mysiprc de rimmaculée Coneeplion, doit être sobre et bien entendu.
Signalons d'abord remploi qu'il faut éviter, et disons en»tite comment ou i)cut faire intervenir ces esprits bienbeureux.
Lorsqu'on représente la Sainte Vierge lout entourée d'Anges, on figure plutôt sa royauté dans le ciel que son Immaculée Conception sur la terre. Marie n*esi devenue Reine des Anges qu'après son assomption. II y a donc ici
méprise évidente.
Un artiste a représenté dans l'image de i Immaculée Conception un seul Ange, o^rrani à Marie un bouquet de Ils, symbole de la pureté et de rinnocence.
C'est une faute, non-sciileiiieiil parce que ce symbole est insutlisant cl même obscur dans ces circonstances, mais encore parce que celte manière de faire intervenir l'Ange a trop d*analogie avec le mystère de Tannonciation
et avec Timage historique de ilmmacuiéc Conception, où l'Ân^ parle à sainte Aime. 11 faut éviter cette eeitfusioii d'attributs.
Un autre artiste a dessiné huU Anges autour de la Sainte Vierge Immaculée.
Ou se demande. pourquoi huit Anges, plutôt que deux^ duq, sept, onze, ete« ? Quand on néglige le nombre mystique de neuf, qui rappelle les neuf ehœurs des Anges, ou celui de trois dont neuf csl le mulliple (trois fois trois font neuf), on tombe dans l'arbitraire; c'est là une faute.
Mais peut^tre les hiut Anges ont<ils été placés là pour signifier les huit béatitudes? L'idée ne serait guère heu* reuse.
Depuis quand représente-l-on les Iniil béatitudes par des Anges ? Pour les personnifier, de jeunes vierges conviennent beaucoup mieuxi; elles conviennent même exclusivement. Les huit béatitudes sont décrites dans FEvangile comme des prérogatives unies à des vertus que rhomme exerce sur la terre, etque les Anges ne peuvent pas exercer dans le ciel. Par exemple : Heureux ceux çttt pleurent. Heureux ceux qui soni mUérkordieux, Heureux ceux qui souffrent pereéeuUm pour la jueHee.
Les huit béatitudes sotu convenablement figurées par des personnages terrestres, mais point du tout par des esprits célestes.
Ajoutons que ces béatitudes n'ont aucim rapport avee rimmaculée Conception de Marie.
Dans ce mystère, la Sainte Vierj^c upparaiUiu iiioiiient de sa création, et les huit béatitudes supposent Tage aduite, Texercice des vertus- chrétiennes.
Ces béalitudes su[)posent des mérites acquis: la Sainte Vierge^ au moment de sa conception, n'en a pu acquérir aueun.
Ce n'est donc pas dans ce mystère que l'on peut rappeler les dons de Dieu, qui sont des récompenses : on doit se i>orner à indiquer les grâces infuses. A ce titre il eût beaucoup mieux valu représenter, autour de la Vierge sans tache, les vertus théologales et cardinales qui sont répandues dans Tâme fidèle avec la grâce, que les huit béatitudes qui sont la récompense des vertus exercées sur la terre.
Ces béatitudes constituent done ici un hors-d'œuvre et même une anomalie.
Mais comment Tartistc fera-t-il iulerveoir les saints Anges?
Quli les place aux pieds de Marie, et autour d'elle, mais de manière qu'elle paraisse dominer ces esprits bienheureux. Que les Anges ne s'élèvent point au-dessus
ni autour de sa téte; niais qu'ils volent autour de ses pieds, et ne s'élèvent point plus haut que ses bras. On fera allusion ainsi à hi croyance antique qui atteste que, dès le moment de sa création, Marie a été supérieure aux
Anges, en grâces et en sainteté. La supériorité spirituelle de Marie sur les Anges sera signifiée ainsi par sa pose corporelle.
Que trois sentiments respirent dans l'attitude, les
gestes, et, si c'est possible, jusque dans les traits des Anges qui entourent la Vierge Immaculée, 1 admiration, la joie et le respect.
Quelle dut être leur admiration à la vue de l'œuvre
inagniOque de Dieu, tirant du néaai la plus sainte et la plus parfaite des créatures !
Quelle dut être leur joie lorsqu'ils virent que cette Vierge Immaenlée apparaissait dans le monde, commeraulore de id iédeniptîon et de la sanctification des hommes, destinés à occuper bientôt au plus haut des cieux les trônes des anges déchus ! La sainteté parfaite de cette heureuse créature leur inspira, sans doute, un profond sentiment de respect et de vénération. Qui sait si Dieu, qui ordonna aux Anges d'adorer son divin Fils lorsqu'il l'introduisit dans le monde, ne leur ordonna point de vénérer la Mère du Verbe incamé, lorsqu'il la créa?
Que ces Anges, au nombre de neuf ou de trois, représentent les neuf chœurs des Anges : ce nombre mystique est essentiel.
On a mis quelquefois dans la main des Anges des bouquets de fleurs, symboles des vertus infuses de Marie. Cet emblème est tolérable. quoique un peu recherché.
Quani aux palmes et aux couiouik s, je crois qu'elles ne peuvent avoir ici qu'une signitication ou équivoque ou impropre; et je les bannirais de l'image de l'Immaculée Conception de Marie.