ANGELA BELLA
IIANINA BELLA.
Rosabella et Belladona semblent avoir pris leur nom de ces faïences italiennes. Ce sont des belles confondues, par un mot unique mais composé, avec la femme, beauté abstraite, et avec la rose.
J'en passe, comme on dit, et des meilleures, car la liste est fort longue. Dans toutes ces belles femmes, plusieurs, comme Faustine et Flora, qui n'étaient pas des modèles de chasteté, pourraient faire un double emploi avec les amoureuses qui escortent le char triomphal dont il est question plus haut. On remarquera cependant que toutes sont là uniquement ])our leur beauté , et que l'on a pris à tâche d'inscrire des femmes vertueuses dans cette liste, comme Gassandre, Camille, Lucrèce, Virginie, Béatrice, Marguerite, Angèle. Madeleine s'y trouve, mais Madeleine repentie. Aux stalles de la cathédrale d'Ulm, des statues en bois vraiment magnifiques oITront toute une rangée de belles femmes, mais de belles femmes saintes. Ainsi, Anastasie, Marthe, Madeleine, Agnès, Odile, Dorothée, Catherine, Barbe, Marguerite, Ursule, Cécile, Elisabeth , Walburge. Elles sont précédées des belles femmes de l'Ancien Testament, et notamment de Rébecca et de Rachel. Sur une banderole qui accompagne le buste de Réhecca. on lit : plella decoha NiMis. Sur celle du buste de Rachel, est gravé : tu DECORA FACiE ET vENUSTO ASPECTU. Ce sont en cflét deux admirables jeunes filles, chefs-d'œuvre de l'art et de la nature. Ces sculptures datent de la fin du xv'' siècle (d/|G9-l/|.7/i).
Le moyen âge, on le voit, n'était pas insensible à la beauté de la femme. Dans la cathédrale de Strasbourg, on voit également une rangée de belles femmes
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saintes sur les vitraux de la grande nef, qui datent du XIII* siècle. Les preuses, que Ton aime à mettre en regard des preux, sont des femmes remarquables par leur valeur et leur beauté tout à la fois, comme Esther et Judith. Un manuscrit de la bibliothèque de l'Arsenal *, du xiii" siècle, dit en parlant de Judith :
Cler ol le vis et la char blance Comme la noif '•' desor la brance.
Voilà des autorités suffisantes, et il serait facile de citer d'autres faits encore, pour nous absoudre de demander une procession, la plus longue possible, des plus belles femmes de l'antiquité, du moyen âge et des temps modernes : femmes historiques, comme Lucrèce; femmes poétiques, comme la Béatrice du Dante; femmes allégoriques, comme Psyché. Pour présidente ou directrice de ce cortège immense, nous n'hésiterions pas à proposer Vénus elle-même, en qui se résume la beauté universelle.
Je demande aux lecteurs de ne pas trop s'effaroucher de voir si fréquemment Vénus et l'Amour dans tout cela. Ils savent qu'aux xii% xiii% xiv* siècles, les amours de Pyrame et Thisbé, de Virgile, d'Aristote, de Lancelot et de Genièvre se sculptaient jusque dans le sanctuaire des cathédrales. De ce côté, un Opéra a