Pages 485-486. Il les attribue au « treizième siècle
Mais on peut objecter qu'elle a été retouchée, de façon à en rendre la lecture suspecte et que le style général n'est nullement celui du XIe siècle naissant ('). Je supposerais plutôt la suppression des deux CC, qui fixaient peut-être l'exécution par Bonizzo, à l'an 121 1, ce qui serait acceptable.
Comme saint Urbain est ici chez lui, c'est sa vie que l'artiste a voulu retracer en face de celle du Christ (2) et sainte Cécile s'y trouve incidemment, par suite des relations qu'elle eut avec ce pape. La mise en scène comporte six tableaux doubles, répartis, au chevet, à droite et à gauche du Sauveur, assis comme juge suprême entre deux anges et les chefs du collège apostolique, saint Pierre et saint Paul, bénissant à la manière grecque et tenant le livre de sa doctrine.
1. Saint Urbain distribue des vêtements aux pauvres (3). Ces mêmes pauvres lui conduisent Tiburce et Valérien. « Caecilia
1. M. Rohault de Fleury tient pour le XIe, mais les raisons qu'il produit ne suffisent pas à me convaincre. Il avoue que les peintures sont « fatiguées par des restaurations qui rendent fort difficile l'appréciation de leur âge» et que « certains archéologues regardent cette date (de 101 1) comme apocryphe, se fondant sur la restauration des peintures auxquelles semble s'appliquer cette importante inscription.» (L'Evangile, t. I, pag. 16-17.) La crucifixion avec l'insciiption est gravée au tome II, pi. LXXXIX, fig. 1.
La date de 1011 est déclarée d'une « authenticité très douteuse », parce qu'elle a « été repeinte, » par M. de Lasteyrie, à la suite de Rumohr et Crowe et Cavalcaselle (Gaz. arch., 1883, p. 104).
Faut-il lire Bonizzo frater, Bonizzo fecit ou encore Bonizzo ojffert? La question est assez ardue.
2. Les sujets, en partie gravés dans VEvangile de Rohault de Fleury, sont : l'Annonciation, la Nativité, l'Annonce aux bergers, la Vision de l'étoile, l'Adoration des Mages, le Massacre des Innocents, le Songe de saint Joseph, la Fuite en Egypte, la Résurrection de Lazare, l'Entrée triomphale à Jérusalem, la Cène, le Lavement des pieds, la Condamnation par Pilate qui se lave les mains, le Portement de croix, la Crucifixion, l'Ensevelissement, la Descente aux limbes, la Visite des trois Maries au sépulcre, l'Apparition à Madeleine et la Majesté.
3. « Almachius... thesauros Cœciliae requisivit. Cui Urbanus : Ut video, plus te ad saeviendum in sanctos ducit cupiditas quam cultus deorum, thésaurus Casciliae per manus pauperum cœlos conscendit. » (Leg. aur., P- 342).
3)conograpl)te be mainte Cécile.
dixit (Valeriano) : Vade in tertium milliarium ab Urbe, via quae Appia nuncupatur ; illic invenies pauperes a transeuntibus alimoniae petentes auxilium; de his enim mihi semper cura fuit etoptime hujus mei secreti sunt conscii. Hos tu dum videris, dabis eis benedictionem, dicens : Caecilia me misit ad vos ut ostendatis mihi sanctum senem Urbanum, quoniam ad ipsum habeo ejus sécréta mandata quae perferam » (p. 15-17).
— «Tune Valerianus perduxit fratrem suum ad papam .Urbanum » (p. 42).
2. Saint Valérien, présenté par sainte Cécile, reçoit, nu, le baptême des mains de saint Urbain, assisté de deux diacres. Son nom est inscrit dans son nimbe, suivant une coutume persistante dans l'art italien (v)hLEK(ianus.) « Tune B. Caecilia dicit ei (Valeriano) : Si consiliis meis acquiesças et permittas te purificari fonte perenni» (p. 14).
— « Dicit ei Valerianus : Et quis erit qui me
purificet ? Respondit ei Caecilia : Est
senior qui novit purificare homines » (p. 14- 15). — « Tune sanctus Urbanus baptizavit eum » (p. 21).
3. Sainte Cécile regarde par la porte entrouverte et elle aperçoit, au ciel, un vieillard, à cheveux et barbe blancs, ailé, qui déroule un phylactère; puis, Tiburce, agenouillé nu devant saint Urbain, assis, qui le baptise par infusion. « Tune Valerianus perduxit fratrem suum ad papam Urbanum, cui cum narrasset universa quae fuerant dicta vel facta, gratias referens Deo, suscepit Tiburtium cum omni gaudio et baptizans eum, secum esse praecepit quoadusque albas deponeret, quem perfectum doctrina sua per septem dies Christo militem consecravit (1). Tantam deinceps gratiam consequutus est Domini ut et angelos Domini videret ■quotidie » (p. 42-43).
1. Cette consécration fait allusion, ce semble, au sacrement de confirmation.
L'identité de l'ange est établie par ses ailes, mais la barbe qu'il porte et sa chevelure blanche le transforment en vieillard, ce qui est contraire à toutes les données iconographiques. L'artiste a donc réuni dans un seul type deux traits, essentiellement différents et il suppose que Tiburce a pu jouir aussi de l'apparition de l'apôtre saint Paul, car on peut croire que c'est lui, étant considéré l'enseignement spécial du livre qu'il tient à la main et qui est extrait de ses épîtres. « Subito ante faciem ipsorum (saint Urbain et saint Valérien) apparuit senior, indutus niveis vestibus (I), tenens titulum (2) in manibus, aureis literis scriptum: quem videns Valerianus, nimio terrore correptus, cadens in terram, factus est quasi mortuus. Tune senior elevavit eum, dicens : Lege hujus libri textum et crede, ut purificari merearis Tune Valerianus respi-
ciens cœpit intra se légère. Scriptura autem tituli haec erat : Unus Dominus, una fides, unum baptisma; unus Deus et Pater omnium, qui super omnia, et in omnibus nobis est (3). Cumque hoc infra se legisset, dicit ei senior : Credis ita esse ? An adhuc dubitas? Tune Valerianus voce magna clamavit, dicens : Non est aliud quod verius posset credi sub coelo. Cumque haec dixisset Valerianus, ille senior ab oculiseorumelapsus est»(p.20-2i).