QUEM - VIDES - EST
Qu'est-ce que cela veut dire ? L'épigraphe est presque énigmatique. S'agit-il du cimetière paroissial de l'église de Sainte-Cécile ? C'est possible, mais je ne le pense pas : ce souvenir ne pouvait avoir d'importance que par suitedeladisparition du cimetière. Il faut remonter plus haut dans l'histoire. Ce cimetière ou plutôt polyandrion a été organisé par sainte Cécile après son mariage, dans la maison qu'elle habitait. Sainte Praxède et sainte Pudentienne en avaient fait autant dans leur propre maison. La pieuse tradition se continuait sans interruption à l'endroit des martyrs et elle a sa source dans les Actes mêmes de sainte Cécile : « Turcius Almachius, Urbis praefectus, sanctos Domini fortiter laniabat et inhumata jubebat eorum corpora derelinqui. Tiburtius vero et Valerianusad hoc vacabant quotidie ut preciosas martyrum facerent sepulturas et eleemosinis et pietatibus insistentes. Interea, ut solitum, bonos odiunt mali et indicant universa Almachio quae per eos Dominus circa egentes ageret, vel quam
1. Populus a ici le sens de plebs, que Du Cange définit : « Fidèles, qui episcopo vel sacerdoti proprio subsunt ; dicecesis, parcecia, districtus episcopi vel sacerdotis. »
3îconograpl)te tie sainte Cécile*
studiose quos ille occidi jusserat sepelirent, tenti ab apparitoribus Almachio prsesentantur ; quos Almachius his protinus aggressus est verbis : Cum vos nobilitatis titulus clarissimos fecerit nasci, cur per nescio quam superstitiosam sectam infelices vos et dégénères exhibetis ? Nam facultates vestras vos audio in nescio quas viles personas expendendo consumere ac pro sceleribus suis punitos cum omni gloria tradere sepulturae : unde datur intelligi quod conscii vestri sint quibus pro conjuratione honestam traditis sepulturam. » (Bartolini, p. 44-46.) Ainsi, il est arrivéqu'après leurconversion Valérien et Tiburce s'employèrent à donner la sépulture aux chrétiens que martyrisait Almachius et que, pour ce motif, ils furent arrêtés et cités au tribunal du préfet de Rome. Ils ne pouvaient nulle part plus librement exercer cet acte de charité que dans leur maison et, comme l'initiative leur vint de Cécile, le cimetière prit son nom.
De ce cimetière restait un fragment de mosaïque qui a disparu, mais que j'eusse été très curieux d'examiner. En effet, il suppose un cimetière fermé, une salle pavée de petits cubes de marbre, comme on en voit encore dans la maison du sénateur Pudens, à Sainte-Pudentienne, où il y eut aussi un cimetière analogue (*). Tout cela est d'un haut intérêt pour l'hagiographie.
2. L'église de Sainte-Cécile au Transtévère, comme il résulte des Actes, fut la maison même où mourut la jeune vierge : «Cui (Sancto Urbano papae) dixit (Caecilia): Adhuc triduanas mihi poposci inducias ut... hanc domum meam inaeternum ecclesiae nomini consecrares... Domum autem ejus in aeternum sanctam ecclesiam suo nomine consecravit. » (Bartolini, p. 83-84.) Ces paroles méritent une attention particulière. Sainte Cécile, en disant domum meam,