‹ Iconographie de sainte CécileChapitre 27 sur 37 · De Saint-Laurent, Guide de Pari chrétien, tome II, P · texte numérisé non relu

De Saint-Laurent, Guide de Pari chrétien, tome II, P

dans la mosaïque Pascalienne; double tunique, dans la fresque de Raphaël, à la Magliana; robe et manteau, selon le type habitue], qui se complique généralement d'une ceinture et, exceptionnellement, d'un collier de perles, dans le tableau de Jules Romain, d'une aumônier e, pour exprimer sa charité, dans les belles peintures murales du Dominiquin, et de boucles d'oreilles, à la catacombe de Saint-Calixte.

Je repousse, comme indécente et contraire à l'histoire, la nudité de la poitrine, que je constate, dans la galerie Barberini, sur un tableau de Lanfranc.

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3. Musicienne, sainte Cécile chante, en s'accompagnant d'un instrument de musique. Le chant est exprimé par la bouche ouverte, dans le tableau de Lanfranc et, au XVIIe siècle, sur une statue en stuc de Sainte-Marie du Peuple et une fresque de Saint-Charles

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ai Catinari; ou encore par les livres notés, qui gisent à ses pieds, sur le tableau de Raphaël, ou le papier de musique qu'elle tient à la main, comme à Saint-Charles.

Les instruments sont très variés : violon (Sainte-Marie-de-la-Paix, fresque de 1614), harpe (tableau de Lanfranc et statue de l'église des Boulangers, XVIe siècle), guitare (Saint-Charles ai Catinari). Le préféré est \ orgue, qui reparaît presque constamment. Elle le tient sur son bras (fresque de 1560. à Saint-Martin), s'y appuie (Sainte-Mariede-la-Paix, 1614), touche son clavier, pendant que sa main gauche met en mouvement le soufflet (paliotto du XVIe siècle, à Sainte-Marie-au-Transtévère), ou encore, elle le laisse tomber de ses mains, comme dans le tableau de Raphaël, parce que, dédaignant la musique terrestre, elle écoute celle que font les anges au ciel.

Sainte Cécile cultiva-t-elle réellement la musique? Nous n'avons aucun document à cet égard. L'écrivain anonyme des Recherches la suppose musicienne, parce que le chant et la musique instrumentale, dit-il, faisaient partie de l'éducation des dames romaines. Mais il est certain que l'idée qui a prévalu provient d'une fausse interprétation de ce passage des Actes, répété dans l'office : « Venit dies in quo thalamus collocatus est et, cantantibus organis, illa in corde suo soli Domino decantabat, dicens : Fiat cormeum et corpus meumimmaculatum ut non confundar. » Or le sens obvie et naturel est celui-ci : Le jour de ses noces, pendant que résonnaient les instruments de musique, la vierge chrétienne s'isolait de ce concert profane et demandait à Dieu de conserver sa pureté d'esprit et de corps, empruntant pour cela un verset du psalmiste ('). Le concert, au repas des noces,

1. L'auteur des Recherches explique que, pendant ce repas, se chantaient les « vers fescennins », qui étaient extrêmement licencieux.

se voit dans le panneau de Cimabué, empreint de tant de dignité et de raison. La pensée n'est pas encore venue d'interpréter autrement et d'altérer un texte si clair par lui-même. Je soupçonne le XVe siècle d'être coupable de l'erreur, si largement accueillie ensuite. Le verbe decantabat a été pris à la lettre : de là les saintes Cécile chanteuses et, comme précédemment il y a cantantibus organis, on a supposé l'accompagnement du chant par un instrument quelconque, souvent à cordes pincées, comme la guitare et la harpe ou frottées, tel que le violon, mais généralement par l'orgue, en traduisant littéralement un mot qui, à l'origine, avait une acception beaucoup plus étendue (').

1 . La Revue de musique sacrée ancienne et moderne ( Paris, Repos, 1869, p. 89-91), contient une notice de M. A. Merle, intitulée Sainte Cécile. J'y trouve les renseignements suivants :

«Le Mercure de l'année 1732, publia un article dans lequel il examinait quels pouvaient être les titres qui avaient décidé les musiciens à prendre pour patronne sainte Cécile. Cet écrit, qui date de cent trente-deux ans, est intitulé : Lettre à M. H... chanoi7ie de Péglise cathédrale de***. Après avoir constaté et relevé plusieurs erreurs historiques, il prétend combattre des habitudes prises à grand tort, en contestant à sainte Cécile son éducation, ses talents, tout en un mot, sauf la palme du martyre; et tout en la laissant dans le ciel parmi les bienheureux, il interdit désormais aux peintres de lui mettre des instruments de musique entre les mains, et aux musiciens de la célébrer comme ayant aimé, protégé ou cultivé leur profession

« Lorsqu'au siècle passé plusieurs évêques français réformèrent le bréviaire de leur diocèse, la légende de sainte Cécile, et par conséquent l'antienne Cantantibus organis, fut impitoyablement retranchée; ce qui n'empêcha pas toutefois la fête de se conserver, lorsque des associations de musiciens jugeaient à propos de faire chanter une messe en l'honneur de leur patronne. Il existait même, dans certaines églises, des fondations de prix pour le meilleur motet ou hymne à la louange de sainte Cécile. Au Mans, ainsi qu'à Evreux, le concours s'annonçait et se jugeait à peu près comme pour les prix académiques. Après avoir exécuté l'hymne dans la cathédrale, on décernait à l'auteur une médaille d'argent, portant d'un côté l'effigie de la sainte, et de l'autre les armes du chapitre. Cet usage provenait vraisemblablement d'une fondation bien plus ancienne

<i Un personnage grave écrivait dans des mémoires que, revenant de Rome en 1709, il passait dans une ville des États pontificaux où se trouvait une église de Sainte-Cécile. C'était un dimanche soir : Y étant entré, il trouva le

39conograpl)te tie mainte Cécile.

Ce principe posé, quand on eut admis sans conteste que sainte Cécile musicienne s'était exercée à la fois à l'art du chant et de l'instrumentation, la conclusion logique et pratique fut que les musiciens pouvaient et devaient la choisir pour patronne. Sous le pontificat de S. Pie V, s'établit à Rome une confrérie que Grégoire XIII, à la sollicitation de Palestrina,érigea canoniquement. Dans les premières années du XVI Ie siècle, la pieuse association se mit sous le triple patronage de sainte Cécile, de la sainte Vieree et de saint Grégoire le Grand. On la connaît sous le titre à' Académie de Sainte- Cécile ('); elle a sa chapelle dans l'église de Saint-Charles ai Catinari et sur la dalle qui clôt son caveau funèbre est gravée cette touchante inscription :

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