‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopt̀eres inédits (volume 3)Chapitre 13 sur 68 · I IV · texte numérisé non relu

I IV

.\(]rolis Spimfera.

AgrotSs Spisiifpra, Hb.

389. — Tr., VI, 1" part., p. 382, et Sup., p. 24. — Gn., Ind., p. 241. — Bdv., 830. — Herr.-Sch., 24. — Gn., V, p. 265. — Stgr. Cat. 157.

(PI. 112, fig. 1 et 2.)

La chenille de cette Âgrotide n’a rien de tranché ; elle rentre pour la forme et la couleur dans celles du plus grand nombre. Elle est médiocrement allongée, cylindrique, d’un argileux chaud tirant sur le jaunâtre en dessous, avec le premier segment surmonté d’une plaque écailleuse rectangulaire, testacée. Les lignes qui sont assez apparentes et continues, se présentent ainsi : la vasculaire est fine, géminée et brune ; la sous-dorsale est large, légèrement ondulée et brune, couleur qui se fond en dessous ; la stigmatale est fine et blanchâtre. On voit en outre un liseré clair et continu qui surmonte les stigmates ; ceux-ci sont gros, ovales, noirs et cerclés de brun. La tète est de couleur testacée et marquée de deux traits bruns perpendiculaires. Les pattes écailleuses sont brunes, les dix autres concolores. Les trapézoïdaux, bien indiqués en brun, sont, sur le dernier segment, surmontés de poils courts.

Cette chenille ne parait pas très-rare aux environs de Barcelone. On la trouve la nuit au pied des graminées dont elle ronge les feuilles préférablement aux racines. Pendant le jour, elle se cache soigneusement dans le sable où elle demeure jusqu’à la nuit close. Elle se métamorphose dans la terre après avoir formé une coque molle.

Le lépidoptère, qui doit avoir deux éclosions, paraît la première fois vers la fin d’avril.

INSECTE PARFAIT

C’est une des Agrotis les plus caractérisées par ses dessins bruns et tranchés. Sur un fond de couleur de bois, on voit, en outre des

Î22 chexîf.lp:.; et lépiooptthes tnédîts.

deux taches ordinaires bordées de brun, une tache claviforme trèsallongée, bmne, entourée de noir en tout sens, éclairée de jaunâtre à son point de départ et finissant en pointe aiguë. Les ailes inférieures sont d’un blanc pur, teintées de roussâtre cà la frange du côté interne.

Cette espèce n’arrive que très-lentement dans les collection':. Elle doit voler en Provence, «la chose est supposable; mais jusqu’à ce jour, il n’est pas prouvé qu’elle fasse partie de la faune française.

VAgr. Spinifi ra a été rapportée de la Sicile pour la première fois ; puis retrouvée au raidi et au nord de l’Espagne.

Aga’otîs P«ta (1>, IIb.

255. — Tr., III, p. 32, et Sup., p. 213. — God., II, p. 243, pl. 67, fig. 7. — Gn., Ind., 24Î. — Gn., V, p. 266. — Stgr., Gat. 153.

(Pl. 112, fig. 3 et 4 )

Elle est médiocrement longue, à peine atténuée postérieurement, d’un verdâtre obscur, passant à l’argileux en dessus, avec une plaque écailleuse brune sur le premier anneau, partagée au sommet par un sinus blanchâtre. La ligne vasculaire, fine et brune, se voit à peine, mais les deux autres sont très-bien marquées, principalement la sous-dorsale; celle-ci est large, très-ondulée, d’un vert foncé, fondue inférieurement; la stigmatale est ondulée, continue, plus claire que le fond. La tête est cordiforme, testacée, largement maculée de noirâtre sur les bords. Les stigmates sont grands, ovales, d’un noir luisant, et accompagnés de chaque côté d’un gros point foncé. Les

(1) Puta, déesse romaine qu’on invoquait pour la taille des arbres. Du verb? putare, émonder, couper.

Agrolis Piifa. -123

trapézoïdaux ont cela de remarquable que la première paire est à peine visible, tandis que la seconde est grande, noire et luisante. Toutes le^ pattes sont concolores.

J'ai rencontré cette chenille à toute sa taille, à la lin de février, aux environs de Cannes, sous les plantes basses, à moitié enfouie dans le sable; je l’ai nourrie de graminées. Peu de jours après elle s’est transformée dans la terre, après avoir formé une coque molle. L’insecte parfait m’est éclos à la fin d’août, entre huit et neuf heures du soir.

INSECTE PARFAIT

Nous n’avons guère en France que la Var. Lignosa, de Godard (îl, pl. 67, fig. 5 et 6), La Piita, Bdv., fcon., pl. 81 {Renitens, Hb., 715-H7), paraît être la race de la Provence, de l’Espagne, de fltalie ; à Florence, je l’ai remarquée en plusieurs exemplaires au muséum entomologique.

C’est la Var. Radius, Haw., que nous prenons dans le Lyonnais et dans l’Ardèche; mais elle est assez rare. On se la procure en chassant la nuit sur la bruyère fleurie en août et septembre. Cette race n’est pas étrangère à la Provence, où elle a été rencontrée, le 2 mai 1869(1) par notre collègue, M. de Mimont, dans l’Estrel, butinant en plein soleil. Ce fait, du lépidoptère éclos alors, prouverait qu’il a deux générations, ou peut-être bien que cette fiadms, Haw., pourrait être distincte de la Puta.

La fig. 255, de Hubner, et celle de Godard, pl. 67, fig. 7, avec large espace subterminal ochro-argileux, représenterait le type, qui est sans doute inconnu en France.

(1) Je lis dans les notes manuscrites de feu Donzel qu’il a pris la Radius, à Hyères, le 30 avril.

Ag-F®tîs Fatialica, IIb,

704. — HetT.-Sch., 456. — Gii., V, p. 262. — Stgr. Cat., 195. — Berce, IIÎ, p. 129. = Heidenreichi, Germ., Faun., îns., Eiir., 22, t. XIV. = Incurva, H. -S., 591, fig. 2, î . — Bellier, Ann. Soc., Fr., 1859, pl. 5, fig. 6, ? .

(PI. 112, lig. 5 à 8.)

Elle est, dans sa jeunesse, d’un fauve clair, couleur qui, cà la 3® mue, passe au chamois foncé. Parvenue à son entier développement, au commencement d’août, époque où M. Rodolphe Zeller me l’a envoyée de Celerina, cette larve est cylindrique, mais atténuée aux deux extrémités , vermiforme , plissée, d’un verdâtre très-foncé, presque noir, et recouverte, à partir du 4" segment, de gros points noirs luisants. On ne voit, chez cette larve, d’un aspect particulier, aucune des lignes ordinaires. La tête est petite, d’un Jaune rougeâtre, marquée de deux traits noirs perpendiculaires, séparés par un gros point central également noir. Le i" anneau est recouvert d’une large plaque écailleuse noire et luisante. Le 2" et le 3'’ segments sont partagés au centre par une rangée transversale de points noirs luisants, lesquels aboutissent de chaque côté à la stigmatale. La plaque du dernier anneau, qui est d’un brun foncé, se termine en pointe. Les pattes écailleuses sont jaunâtres, avec le dernier article noir ; les dix autres pattes sont assez courtes, avec la couronne brune. Les stigmates sont ovales et entièrement noirs et luisants.

Cette curieuse chenille vit dans les Alpes, â une hauteur considérable. M. Zeller, qui l’a découverte, je crois, me mande qu’il ne l’a rencontrée jusqu’à ce jour que « sur la montagne de Muotlas, à

Agrolis Falidica. 125

2,367 mètres, à deux lieues de Celerina, et spécialement dans une localité exposée en plein midi. »

Elle se cache, me mande M. Zeller, sous les pierres plates entourées de gazon, où elle forme des galeries en soie et en terre qui lui servent de retraite pendant le jour, un peu à l’imitation de la chenille de VHelioshobus Hirta, et d’où elle sort la nuit pour manger.

M. Zeller ne peut assurer que ce soient plutôt les racines que les fouilles de graminées qui servent de nourriture à cette chenille. Notre collègue pense cependant qu’elle ronge de préférence les racines.

Dans ces hautes régions couvertes de neige pendant neuf mois, la croissance de la chenille de Fatidica, pendant le rapide été qui y règne, est des plus promptes. Cependant M. Zeller suppose qu’une partie des chenilles doit passer deux hivers à l’état de larve , par la raison, dit-il, qu’on trouve en même temps sous les pierres, l’insecte parfait au repos, la chrysalide et la chenille à ses divers âges. L’état léthargique dure de quinze à dix-huit jours.

« L’insecte parfait ? ne devant avoir que des ailes courtes, et comme à moitié développées, sa chrysalide se reconnaît de suite par sa forme obtuse et gonflée ».

INSECTE PARFAIT

Le est une des plus belles Agrotis, mais ce qui ajoute à l’intérêt qui s’attache à celte espèce, c’est la 9 , dont les ailes très-courtes sont impropres au vol. Cette î présente des variétés si remarquables qu’on serait tenté, au premier abord, de voir en elles autant d’espèces séparées. Ainsi, la fig, 456, de M. Herrich-Schæffer paraît aussi différente de la fig. 591, du même auteur, que cette dernière semble ' s’éloigner de la fig. 592 de cet iconographe. Ce dernier numéro représente la même Fatîdica 2 que celle qui a été figurée par M. Bellier, sous le nom de /mir m, H. -S. (Ami. Soc. ent., Fr., 1859, pl. 5, fig. 6.) Suivant M. Zeller, la Fatklica 2 de nos Annales entornologiques représenterait le type. Celle que je figure diffère de

ce dernier et des variétés connues, par les contours plus anguleux, des quatre ailes, et par les lignes et dessins accentués des supérieures.

Cette superbe Agrotide a été primitivement rapportée de la Russie méridionale.

Eversmann, dans ses Noctuelles de la Russie, nous dit, p. 238, que la Fatidica habite les provinces du Volga méridional et le gouvernement d’Orembourg.

Obs. Avant que M. Bellier eût rencontré cette espèce aux environs de Larché, le 20 août 1858, feu Donzel, ainsi que je le vois dans ses notes manuscrites, en a pris un exemplaire a*, le 7 août 1829, sur les bords du lac de la Madeleine, « butinant en plein midi sur une Ombelle. »

EXPLICATION DES PLANCHES

EXPLICATION DES PLANCHES

De la 25® Livraison (1870).

EXPLICATION DES FIGURES

Fig. 1 . Chenille de la Cledeobia Angustalis, W.-V.

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