‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopt̀eres inédits (volume 3)Chapitre 22 sur 68 · PRÉSENTÉE A LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE LYON, LE 6 FÉVRIER · texte numérisé non relu

PRÉSENTÉE A LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE LYON, LE 6 FÉVRIER

Acitialla CerTantaria, Mill.

le. III, p. 21, pl. 103, f. 1 à3 — Stgr.Cat. 2118.

(PI. 121, fig. 1 à 5. )

Cette espèce décrite et figurée récemment (le. III, p. 21, 103, f. 1 à 3), ne l’a été que d’après deux ^ . Depuis lors, la chenille a été découverte par M. Himmighoffen. Ce naturaliste m’ayant procuré un certain nombre de larves de cette Phalénite, m’a mis à même d’en présenter l’histoire complète. La chenille de la Cervantaria doit, par sa forme allongée, s’éloigner de la Monïliata qui est courte et ramassée et avant laquelle je l’ai placée ; elle se rapprocherait plutôt des chenilles ^ Acidalia Incanaria, Canteneraria, Dorycniata, Romanaria, Decolorata, Immutata, Caricaria, Depunctata et autres. Elle est, en etfet, allongée, atténuée antérieurement,plissée, sensiblement carénée sur les côtés, à fondargileux, avec les lignes et dessins à peine indiqués. La vasculaire estlarge,interrompue,d’un jaune d’ocre pâle et finissant en pointe sur le 12° anneau ; toutefois cette ligne se prononce en brun

sur les quatre ou cinq premiers segments. La stigmatale est fine, ondulée, continue, un peu plus claire que le fond et placée sur la carène. Une teinte d’un gris ardoisé plus ou moins vif règne audessous de la stigmatale, ne s’arrête qu’à une ligne ventrale claire, continue, resserrée, et formant, en s’écartant sur chaque anneau du milieu, une losange allongée. Les stigmates sont très petits, blancs et cerclés de brun. La tête est petite, aplatie en avant,concolore, partagée par une ligne d’un jaune d^’ocre. Les pattes écailleuses sont blanchâtres, a,vec la couronne brune ; les quatre dernières pattes très rapprochées les unes des autres sont concolores. Le clapet anal est à peine indiqué ; les trapézoïdaux petits et bruns sont cerclés de blanchâtre. Quelques poils très courts accompagnent la tête et les derniers anneaux.

La chenille de la première génération grossit pendant tout l’hiver ; elle est rigide et vit à découvert fixée aux plantes basses qui la nourrissent. C’est, paraît-il, sur une petite Crucifère, YAlyssum calycinum% que cette larve aurait été rencontrée. Je l’ai nourrie en captivité avec la fleur de YAlyssimi maritimum, plante qui reste fleurie toute l’année ; elle réussit toujours bien.

Cette chenille de Cervantaria a atteint toute sa grosseur dès la mi-avril; elle se transforme alors dans les feuilles sèches retenues par quelques fils de’soie.

La chrysalide bientôt formée est médiocrement allongée , généralement d’un vert jaunâtre terne, avec la tête, la pointe abdominale et les nervures indiquées en brun rougeâtre. Les anneaux sont marqués inférieurement de quatre à cinq points très bruns.

INSECTE PARFAIT

En publiant YAcidalia Cervantaria il y a trois ans, je n’ai rien dit de la $ que je n’avais pas encore vue. Elle ressemblerait tout-à-fait au si ses antennes n’étaient simples , et si

Acidalia Alyssumaia

rabdomeii n’était un peu plus développé. La tache cellulaire est indi juée aux quatre ailes en dessus et en dessous.

J’ai obtenu un accouplement de cette Acidalie en captivité; les oeufs de la seconde génération, au nombre de 55, sont éclos après dix jours au plus.

Cette seconde génération a subi ses transformations en été ; en moins de six semaines, et m’a fourni les chenilles d’une autre génération, ces dernières ont passé l’hiver.

Cette nouvelle espèce vole, ainsi que je l’ai dit, page 23, en parlant du cj^, en mai, puis en juillet, aux environs de Barcelone ( Espagne). C’est dans les lieux herbus de certains vallons frais qu’on la rencontre assez fréquemment.

Acidalia Alyssuniata, Himmighoffen etMill.

(Species nova)

(PI. 121. fig. 6 à 11.)

CIIENILI-K

La chenille de cette petite espèce s’éloigne autant par ses mœurs et sa forme courte de la Cervantaria, que le papillon se rapproche de cette dernière par sa coupe d’ailes et son faciès général. Pour juger de cette différence chez les larves, on n’aura qu’à les comparer ; je donne, sur la meme planche, la figure de chacune d’elles.

La chenille de V Ahjssumata qui, par sa forme, doit faire partie du groupe des Acidalia Osse aia, Interjectaria , et Politavia pl. 61, et Moniliata, pl. 76, n'a qu’une génération ; ce fait est caractéristique. Les œufs éclosent en juillet, cinq à six jours après qu’ils ont été pondus. Ici encore, l’insecte demeure près de onze mois sous son état de larve. Les œufs, dis-je, sont

arrondis, d’un fauve obscur, et, vus à une forte loupe, paraissent cannelés.

Dans sa jeunesse la chenille de cette nouvelle Acidalie est d’un jaune verdâtre, avec les anneaux du milieu d’un vineux clair, ainsi que la tête. Elle passe l’hiver perdue dans les feuilles desséchées, semble ne rien manger jusqu’au premier printemps, et n’acquiert son entier développement qu’en mai. A cette époque elle est, comme je l’ai dit, assez courte et très plissée; elle est de plus rugueuse, carénée sur les côtés, un peu atténuée antérieurement. Le ton général est le rougeâire vineux marbré de blanc, de brun, de jaunâtre, avec éclaircie sur chaque anneau, variant en plus obscur. Le ventre est uniformément d’un ardoisé obscur et concolore. Les lignes ordinaires n’existent qu’imparfaitement, cependant on voit des traces de la sous-dorsale, et la vasculaire est marquée sur les quatre derniers segments. La stigmatale placée sur la carène disposée en bourrelet, est à peine plus claire que le fond. Les 5°, 6‘, 7‘ et 8‘ anneaux sont, sur la région dorsale, tachés à l’incision, d’un gros point jaunâtre accompagné de noir à droite et à gauche. La tête est petite^ noire, avec de nombreux poils très courts. Les dix pattes sont brunes; les anales marquées de blanc en dehors.

Cette chenille paraît vivre dans la nature plus spécialement sur la Centaurea aspera si abondamment répandue en Catalogne et en Provence ; cependant elle est polyphage, ainsi que toutes ou presque toutes les Arpenteuses qui passent l’hiver. Je l’ai nourrie soit avec la fleur de diverses espèces de Centaurées, soit avec celle de la Scrophulaire aquatique et celle de l’Anthémis commune, soit enfin avec la fleur de VA lyssum maritimum dont elle a vécu pendant les trois derniers mois.

La transformation a lieu dans les feuilles sèches tombées à terre, et la petite Phalène éclot quinze jours après.

Acidalia Alyssumata

Oa prendrait cette Acidalia, au premier abords pour un petit exemplaire de la Cervantaria dont elle se distingue, je me hâte de le dire, par un très sérieux caractère ; celui des antennes filiformes chez le , alors qu’elles sont pectinées chez l’espèce congénère. Voici, au reste, la description de V Alyssumata.

Envergure : 0'“,016 à 0”,017.

Le ton général est d’un vineux clair qui s’affaiblit aux ailes inférieures, avec le tout saupoudré de brun. Les lignes ordinaires fines, d’un brun un peu verdâtre , sont assez visibles aux quatre ailes. L’extrabasilaire présente un coude arrondi très prononcé ; la ligne coudée propre est festonnée, avec une série de cinq à six points nervuraux. L’espace médian est traversé par une troisième ligne également continue, mais moins visible que les précédentes. Le point cellulaire petit , elliptique et brun, accompagne cette ligne intérieurement. Une éclaircie festonnée précède la frange qui est médiocrement longue et concolore. Enfin, une série de sept points allongés, noirs, précède immédiatement la frange aux quatre ailes.

Les inférieures sont traversées par trois lignes brunes un peu moins accusées qu’aux supérieures. En dessous les quatre ailes sont d’un gris enfumé luisant où les lignes du dessus ne se voient plus que très imparfaitement. Il en est de même du point cellulaire qui souvent disparaît. Les antennes sont simples ou mieux à peine crénelées vues à la loupe. Les yeux noirs; le vertex, le thorax et l’abdomen concolores. Les pattes sont longues et brunes ; les quatre premières sont munies d’une paire d’éperons ; les deux dernières n’en ont pas.

La ? est un peu plus grande que le , et lui ressemble pour le ton général.

\j’ Alyssumata, qui a pour patrie les environs de Barcelone (Espagne) où (1) M. Himmighoffen l’a découverte, est beaucoup plus rare, me mande ce naturaliste, que ne l’est la Cervantaria.

Je placerai Y Alyssumata après la Moniliata à cause de la forme assez courte et très rugueuse de sa chenille.

Mon cabinet ; 6 o” et 4 5 larvâ.

Acitlalia lïrliaiitJtem ata, Mill.

Mill. Icon. pl. 113, tig. 6 à 9. — Stgr. Cat. 2144.

(PI. 121, üg. 12 à 15).

J’ai figuré, dans la XXVI* Liv. pl. 113, cette petite espèce d’après la femelle seulement, le ^ m’étant alors inconnu. Depuis cette époque, j’ai recueilli en nombre cette Phalénite, et j’ai pu m’assurer que le ^ avait la même parure que la 5 , mais avec cette différence que le fond rougeâtre du ^ est un peu moins accusé que chez l’autre sexe. Cependant la bande noire qui traverse les quatre ailes en dessus et en dessous est aussi prononcée chez l’un que chez l’autre.

Cette Acidalia varie ; elle se présente alors sans la bande noire précitée. Je dirai aussi que cette variété constante est presque aussi abondante que le type. JXpe et variété volent ensemble; c’est-à-dire du commencement à la fin de juillet.

(1) Obs. Depuis la rédaction de cet article, j’ai trouvé, au mois de juillet dernier plusieurs sujets de V Alyssumata à Cannes, dans les garigues qui touchent à mon habitation.

La fécondité de cette espèce est vraiment remarquable. Une 2 rencontrée au mois de juillet dernier, sur un terrain inculte, m’a pendu cent dix œufs fécondés. J’élève les chenillesqui me diffèrent nullement de celles d’Espagne, bien que pourtant l’insecte parfait soit généralement plus pâle.

Acidalia Helianthemata

U Helianthemata variété, celle qui est dépourvue de la bande noire, doit être depuis assez longtemps déjà confondue, par beaucoup d’entomologistes, avec V Ühsoletaria, Rb. ( Rufidaria, H. -S. f. 84-85), toujours plus grande de près d’un tiers, avec l’apex des supérieures sensiblement plus arrondi ; j’en juge comparativement d’après plusieurs exemplaires Ohsoletaria reçus de Corse, (1) ainsi que d’après des environs

de Cannes, qui vole quinze jours plus id^vOiqnQV Helianthemata, mais jamais dans les mêmes lieux (2). Cette dernière est plus abondante que V Ohsoletaria ; elle se montre de la mi-juillet à la mi-août dans les bois clairsemés les plus exposés au soleil, tandis que V Ohsoletaria se tient toujours dans les fourrés et dans les grandes herbes d’où elle ne s’envole que difidcilement. Enfin, je dirai que V Ohsoletaria (3) que j’ai figurée ainsi que sa chenille, (le. II, pl. 76, f. 6), n’est que la variété constante de mon Helianthemata laquelle aurait été rencontrée précédemment à Celles-les-Bains (Ardèche), à Marseille et en Catalogne.

(1) Deux Ohsoletaria, cf et 9 , qui me sont communiqués à l’instant par M. Zeller, de Zurich, que ce naturaliste tient de M. Mann, ne diffèrent en rien de Y Ohsoletaria type des environs de Cannes et de Nice.

(2) Ce détail est à noter.

(S) Dans la prochaine livraison je figurerai XOhsoletaria vraie avec sa chenille que j’élève en ce moment ah ovo, et dont la croissance doit durer plus de dix mois !...

CHENILLES BT LÉPIDOPTÈRES INÉDITS

Acidalla Isabellarla, (1) Mill.

Iconog. II, P . 453, fig. 3-4.

(PI. 121, fig. 16 à 18).

J’ai décrit et figuré ( XXIP Liv., pl. 97) lecf' de cette jolie Phalène de l’Espagne occidentale. Aujourd’hui je viens faire connaître la 2 qui est sen.sibleraent plus grande que Tautre sexe. Je parlerai aussi de la chenille sur laquelle on ne savait encore rien.

Cette larve rappelle pour la forme et aussi pour les mœurs les chenilles des espèces congénères Lnmutata, Hb. et Depunctata, Scop. ; et aussi celle de Promutata (2). C’est dire qu’elle est allongée, sans carène latérale, avec les quatre pattes postérieures très rapprochées les unes des autres, et, par le fait, très éloignées des pattes écailleuses. Elle serait cylindrique, si elle n’était légèrement atténuée sur les premiers anneaux. Elle est d’un gris argilo-vineux en dessus, passant au bleuâtre en dessous, et, de plus, lavée de verdâtre sur les premiers et les derniers anneaux. La ligne vasculaire est imparfaitement indiquée, sauf sur les trois derniers segments où elle est marquée de brun. Il n’existe aucune ligne soit en dessus, soit en dessous. Les dessins sont à peu près nuis; on voit cependant sur les an-

(1) Suivant M. Staudinger, Catalogue des Lépidoptères d’Europe,

p. 151, VAcidalia Isabellaria ne serait, ainsi que les quatre espèces suivantes : H.~S. fig. 463; Confinaria, H. -S. fig. 315 à

317; Romanaria, Mill. pl. 106. fig. 4 à 11; et Dentatolineata, Rb. Cat. S. And. Pl. 16, fig. 7; qu’une variété de la Liiridata, (IL -S. fig. 419).

Voilà de ces rapprochements forcés que je ne saurais admettre.

(2) Que j’espère bientôt faire connaître.

Acidalia Isahellaria

neaux du milieu une ombre grise qui occupe, à la hauteur de la sous-dorsale, le quart environ de chacun de ces anneaux. Les points trapézoïdaux sont relativement gros et bruns ; les stigmates sont très petits, bruns, et placés au centre d’une éclaircie ; ils sont accompagnés d’un gros point noir sur tous les anneaux. La tête est petite et un peu aplatie en avant; elle est concolore ainsi que les dix pattes.

J’ai nourri cette chenille, pendant le mois de juillet, avee plusieurs plantes herbacées, telles que Crucifères, Genêts et Centaurées. Ce sont les fleurs de VAlyssum maritimum, qu’elle a semblé préférer. C’est à la fin du même mois de juillet qu’elle est parvenue à toute sa grosseur. (1)

Isahellaria ^ mesure vingt millimètres d’envergure. Ainsi que le d' , elle est d’un rougeâtre vineux, bien que d’un ton plus pâle. Elle est de plus lavée de bleuâtre sur le bord externe des quatre ailes. Les lignes transversales, un peu verdâtres, sont moins accusées, plus nébuleuses que chez le ; cependant la frange est large, d’un fauve carné et précédée d’un trait fin, noir, et interrompu aux nervures. La tache cellulaire est petite, brune, à peine visible sur les quatre ailes. Le dessous est aussi différent du dessus que chez le ; il est d’un gris carné, uniforme et luisant, avec la frange lavée de fauve. La tache cellulaire est imparfaitement indiquée en brun.

M. Himmighoffen n’a pu encore rencontrer qu’un nombre très restreint A! Isahellaria, soit à l’état de chenille, soit à celui d’insecte parfait.

(l) Les deux chenilles d’^cîcJ. que j’ai reçues de M. Himmighoffen, de Barcelone, étant mortes, l’une ichneumonée, l’autre en chrysalide, je donne, sous toute réserve , la figure et la description de cette larve .

Psyelse SllplBclïa,

( Species nava )

(PI. 122, fig. 1 à 5.)

Renfermée dans un fourreau qu’elle doit traîner constamment après elle, on ne voit guère cette chenille que parvenue à toute sa taille ; ce qui a lieu vers la fin de mars, alors que son enveloppe tubulaire a reçu son entier développement. L’existence de cette larve, pendant la plus grande partie de sa vie, semble donc assez mystérieuse. En automne et en hiver on ne peut la découvrir dans les lieux où elle sera commune quelques mois plus tard.

Après l’avoir arrachée de son fourreau où elle se cramponnait désespérément, j’ai reconnu que cette chenille présente les caractères suivants: cylindrique, médiocrement allongée, très plissée, avec les anneaux distincts, d’un jaune pâle un peu verdâtre. Elle a seize pattes bien visibles ; les écailleuses noires et très robustes sont beaucoup plus longues que les membreuses. La tête est globuleuse, uniformément noire et luisante. Les trois premiers anneaux sont recouverts de larges plaques écailleuses noires, luisantes, séparées au sommet par un sinus clair. Le douzième segment présente une plaque écailleuse petite, d’un brun mat; les pa'ltes ventrales sont concolores, avec la couronne brune. Les trapézoïdaux et autres points pilifères sont bien marqués en brun, ainsi que les stigmates placés sur la carène qui est imparfaitement indiquée en plus clair que le fond.

Cette chenille vit autrement que la plupart des larves de Psyché] elle n’a jamais été rencontrée sur des graminées, et, en captivité, elle n’a touché à aucune de ces plantes. Dans la

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