PI
« Une magnifique nouvelle espèce voisine de Ramosa » ( Eine prachtige neue Artbei Ramosa), Staudinger, Berl. ent. Zeit. 1870, p. 119, vient d’être découverte en Catalogne par M. llimmighoffen qui, par ses recherches intelligentes, continue à enrichir la faune lépidoptérique de l’Espagne occidentale.
Cette Lithocampa nouvelle qui n’a pas encore été figurée, a été décrite d’après quatre sujets femelles obtenus de chenilles; le ^ n’étant point alors connu.
CHENILLES ET lÆPIDOPTÈRES INÉDITS
Je cède au désir de plusieurs entomologistes en faisant connaitre le et la chenille de cetle nouvelle espèce.
Ayant obtenu l’insecte ex larvd, j’ai pu l’étudier; je le fais représenter sous ses divers états.
Le 5 septembre 1870, il m’était envoyé de Barcelone, par M. Himmighotfen, un certain nombre de chenilles, à leurs divers âges, de \d>, Litkocampa Millierei] ces larves provenaient de la seconde génération.
Jeune, cette chenille ressemble à la Lithorhiza, mais un peu plus tard elle a plus de rapports avec sa congénère Ramosa. A sa seconde mue elle est allongée, d’un gris foncé, avec trois lignes latérales. Les trapézoïdaux et la caroncule du onzième segment sont relativement prononcés. Parvenue à son entier développement elle est fusiforme, sensiblement atténuée aux extrémités, sans carène latérale, à tête lenticulaire, avec lé onzième anneau surmonté d’une pointe bifide coupée brusquement en arrière, et éclairée de blanc vif transversalement. Les quatre premières pattes ventrales, les deux premières surtout , sont relativement courtes ; mais aussi, les quatre dernières et les deux pattes anales sont très allongées. Ce caractère important des deux premières paires de pattes membraneuses plus courtes que les deux autres, semble ne pas exister chez la chenille de Ramoscu Sur le fond d’un jaune un peu orangé on distingue de nombreuses lignes serrées et blanchâtres, cependant des trois ordinaires , 011 n’aperçoit que la ligne vasculaire qui présente sur chaque segment un dessin dorsal en forme de losange, d’un blanc vif, obscursi sur chaque incision de brun pourpre. Le premier anneau et la tête sont manpiés sur les côtés d’une large bande longitudinale foncée. Les stigmates sont ovales, de couleur orange et cerclés de noir ; les trapézoïdaux sont bien développés, blanchâtres et cerclés de noir. Le 12“ anneau présente une double rugosité en dessus, surmontée de poils raides. Le ventre qui n’est nullement aplati, est d’un blanc bleuâtre; on
Lithocarnpa MUlierei
remarque, ainsi que chez les Catocala, une large tache «cruii noir bleuâtre entre les fausses pattes, alors qu’il n’existe qu’une ligne ventrale chez la chenille de la Ramosa. Au reste mêmes habitudes, même nourriture chez les deux espèces de chenilles. C’est, en effet, sur les Lonicera des bois que vit la chenille de la nouvelle LitJiocampa , dont elle ronge les feuilles les plus tendres sans toucher aux rieurs. Sa croissance est des plus rapides : quatre ou cinq semaines lui suffisent ordinairement. Elle se transforme dans la terre au centre d’une coque papyracéo, composée de soie et de grains de terre.
L’insecte passe l’iiiver sous son état léthargique.
La chrysalide est lisse, pyriforme, brune, avec l’enveloppe renfermant l’extrémité de la trompe testacée ; mais celle-ci n’est nullement en filet linéaire et en saillie descendant sur l’abdomen ; caractère qui semblerait éloigner cette espèce de la fomille à laquelle pourtant elle se rattache par des caractères essentiels.
L’éclosion (1) du lépidoptère se prolonge pendant tout le mois de juin pour la première génération, et du quinze juillet au quinze août pour la seconde.
INSECTE PARFAIT
11 est de la taille delà Ramosa son unique congénère; ce qui l’en distingue principalement, c’est que le ^ de la nouvelle Lithocarape n’a pas, ainsi que la Ramosa ^ , les antennes « garnies de lames longues et très serrées. » Eu effet, les deux sexes, chez la nouvelle espèce, ont les antennes filiformes. Ce caractère, joint à celui des dessins bien différents des ailes supérieures,
(1) L’éclosion du premier sujet a eu lieu en chemin de fer où il s’est bien développé. C’est dire que l'insecte réussit en captivité.
est plus que suffisant pour séparer de la L. Ramosa, la Lit. Millierei dont voici la description.
Envergure: 0"%030.
Sur un fond d’un gris un peu violacé, les ailes supérieures sont traversées longitudinalement par une large bande brune fondue en dessous et s’avançant de la base à l’apex qu’elle touche. Vers le milieu de cette bande obscure se détache en clair, la tache réniforme qui est en croissant, et la tache orbiculaire ; celle-ci sous forme d’un trait allongé. Ces deux taches sont liserées de blanc vif ; la première en dessous seulement, la seconde en dessus et en dessous. Elles sont le plus souvent reliées par un trait blanc très fin. La tache orbiculaire vient se confondre avec une large bande costale, continue et blanchâtre, passant au blanc vineux à partir des deux taches précitées. La ligne subterminale se présente sous forme d’un liseré fin d’un blanc vif accompagné extérieurement d’un liseré noir très fin. Les franges sont longues et brunes, coupées au centre par une éclaircie d’un gris rosé. La bande brune qui aboutit à l’apex est, avant d’y arriver, coupée par trois traits nervuraux d’un noir profond. Enfin, un trait également noir traverse cette bande en dessous des deux taches ordinaires. Les ailes inférieures sont d’un blanc satiné uniforme, avec un simple trait brun qui précède la frange d’un blanc parfait. Les supérieures sont en dessous d’un gris foncé luisant sur lequel les taches réniforme et orbiculaire sont très vaguement indiquées en gris clair. On voit encore un trait brun fin, interrompu, précédant la frange. Les ailes -inférieures sont blanches, mais moins qu’en dessus, avec une bordure costale d’un gris foncé et une tache cellulaire petite et imparfaitement indiquée. Les yeux sont noirs ; les antennes longues, simples, brunes et blanches à la base ; le vertex blanc. Le thorax, dont les ptérygodes se relèvent souvent en crête aiguë (P1.120,fig.8), est de deux couleurs ; la partie supérieure qui comprend la pointe précitée, est d’un gris argenté, et partagée au centre par une
Lithocampa Millie'i
ligne brune; la partie inférieure est d’un brun foncé. L’abdomen est mince et d\m blanc violacé, avec deux touffes de poils blanchâtres; une sur le second anneau, et une plus grande sur le troisième. La poitrine et les pattes sont d’un roussâtre vineux.
La 5 est un peu plus grande que le ^ ; elle lui ressemblerait tout-à-fait si les ailes inférieures, dont le fond est blanc, n’étaient salies par une large bande d’un brun vineux qui se fond insensiblement.
Au genre Lithocampa, Gn. se joindra l’espèce que je viens de décrire et dont la riche parure ne le cède en rien à celle de Ramosa.
La Lit. Millierei, Stgr. est fort rare, parait-il. Ce n’est qu’après plus de vingt ans do séjour en Catalogne, que M. Himmighoffen a réussi à la découvrir dans des lieux que ce naturaliste a parcourus très fréquemment. Elle habite aux environs de Barcelone les ravins frais et élevés. Espérons que bientôt cette remarquable Xylinide viendra enrichir notre faune française.
Mon cabinet : 3 o” et 3 ex larvâ.
P. MILLIÈRE
EXPLICATION DES PLANCHES
EXPLICATION DES FIGURES
Fig. 1. Chenille de VAcidalia Cerrmntaria, Mill.