TRENTIÈME LIVRAISON
Catocala Elocata Esp.
p. VTl, pl. 99, fig. 1 et 2 — Tr. — God. II, p. 58, pl. 46 — Curt. — Gq. VII, p. 83 — Stdg. 1951 = Niqota, Fab. p. 148 = Uxor, Hb. 328 = Marita, Hb. 494. Ab.
(Pl. 129, fig. 4 à 6.)
C’est la dernière des Catocala à ailes inférieures rouges qu’il nous restait à connaître autenthiquenient sous ses premiers états ; elle était à peu près inconnue.
Bien qu’assez répandue partout, excepté dans le Midi où elle est rare, la chenille (ÏElocata avait échappé jusqu’à ce jour aux recherches des entomologistes. Elle éclot à la fin de mai, opère successivement ses trois 'premières mues en juin, pour devenir adulte au commencement de juillet; elle est alors allongée, faiblement aplatie en dessous, avec la tête coupée en biseau, celle-ci d’un carné vif, striée de brun au centre, et encadrée d’un liseré noir. Le huitième anneau présente une caroncule assez grosse, concolore et placée en travers. Le onzième anneau porte aussi une caroncule, mais elle est plus petite, très-inclinée en arrière, et liserée de noir sur les bords. Le douzième nous en
montre également une , mais relativement petite et garnie de deux ou trois poils bruns et raides. Cette chenille est très-plissée, et d’un gris foncé presque noir en dessus et sur les flancs , couleur due à la présence d’une infinité de points noirs. Sur ce fond obscur, les lignes ordinaires sont fort mal indiquées, mais les stigmates jaunâtres, elliptiques et cerclés de noir, sont trèsvisibles ; ils sont de plus partagés de haut en bas par un trait noir. Sur un fond blanchâtre lavé de vineux aux incisions, le ventre est maculé de larges taches noires. Les pattes écailleuses sont grises, les dix autres chargées d’atomes noirs et serrés. Les trapézoïdaux sont un peu saillants, avec la seconde paire teintée de jaunâtre en dessus.
La chenille d'FAocata vit sur plusieurs espèces de peupliers ; mais elle préfère le pleuplier noir {Populus nigra) au peuplier blanc (P.alba) et 'au peuplier d’Italie [P. fastigiata). Bien que je l’aie figurée sur le Populus alba, ce n’est que rarement qu’on l’y rencontre dans la nature.
Les divers saules qui nourrissent les Catocala Ntipta Electa et Puerpera ne m’ont jamais fourni la chenille d'Elocata.
Pendant le jour, elle se cache dans les gerçures du tronc et réussit à se soustraire aux regards de ses nombreux ennemis. C’est dans la mousse, les feuilles sèches, ou, le plus souvent, sous une légère couche de terre qu’elle se transforme en chrysalide dans une coque molle, état qui se prolonge rarement au delà de vingt-deux à vingt cinq jours.
Il varie, mais rarement. Dans les saulées du Lyonnais où abondent les peupliers précédemment cités, et oùVElocata est
(1) Je ne partage pas l’avis des entomologistes qui pensent que la chenille d'Blocata a les mœurs de la Niqita.
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\. 1 à 3, S te^ anaptij &ka- Minutana, ITB^ W.lpà 6, fatocola- EI/7Cata , Isp.
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Steganoptycha Minutana
des plus communes, certains sujets se présentent avec les ailes supérieures très-sombres et le rouge des inférieures obscurci.
La C. Marita, Hb. n’est qu’une variété à'Elocaia; il doit en être ainsi de la Nurus du même auteur , laquelle , suivant M. Boisduval, ne serait qu’une variété de VElocata, opinion qui n’est pas celle de l’auteur du Species général. (YII, p. 84).
VElocata, qui est rare dans le département des Alpes-Maritimes, a été prise dernièrement à Saint-Martin-Lantosque, par un jeune entomologiste, M. Albert Tinchant. Elle a été vue à Cannes sur les bords de la Siagne. En août, M. Bruyat la prend de loin en loin aux environs do Nice, où elle est rare, ainsi que, on le sait, partout en Provence ; sa véritable patrie semble être la vallée du haut Rhône à partir de Lyon, s’avançant jusque sur les rives du lac Léman.
steganoptycha ]%Iinutana Hb.
73 — Zr. — Dup. IX, pl. 250, f. 9. — H.-S. fig. 174-175 — Wilk 123 — Hein. 220 — Stgr. 1249 — Achatana, Froel 221 = Paediscana, Stgr. Sett. e. Z. 1859, 233.
(Pl. 129, üg. 1 à 3.)
Après avoir atteint son entier développement vers le milieu de mai, elle est d’un blanchâtre livide, un peu aplatie, convexe en dessus, avec seize pattes bien développées. La tête est cordiforme, brune, luisante, et le premier anneau se présente avec une large plaque écailleuse foncée.
Certaines années, cette chenille cause aux peupliers blancs {Populus alba) un dommage regrettable. Elle se montre alors en si grand nombre, qu’au milieu de l’été ces beaux arbres ont
CHENILLES ET LEPIDOPTERES INEDITS
perdu la plus grande partie de leurs feuilles. A peine celles-ci se sont-elles développées que la chenille de la Minutana les réunit par deux, les lie au moyen de nombreux fils de soie blanche, et, ainsi abritée, ronge alternativement la partie inférieure et la partie supérieure des feuilles qui l’abritent. Ces dernières feuilles suffisamment rongées sont abandonnées par la chenille qui en réunit d’autres jusqu’à ce qu’elle ait atteint toute sa grosseur, ce qui a lieu vers la fin de mai ou les premiers jours de juin.
C’est ordinairement au pied de l’arbre, parmi les mousses ou les feuilles sèches, que la petite larve se transforme.
Le Tortricide se montre vers les premiers jours de juillet.
INSECTE PARFAIT
Il se distingue de ses voisins par deux lignes transverses, blanchâtres, qui se détachent sur un fond de couleur porphyre brun rougeâtre variant en plus clair. La première de ces bandes présente extérieurement un coude saillant. Les ailes inférieures sont uniformes et d’un gris très-obscur.
Une race ou variété constatée de la Munitana se montre communément en France et en Allemagne. Chez cette variété, les ailes supérieures sont entièrement de couleur porphyre rouge brique. Une seconde variété, fort abondante à Saint-Martin-de-Lantosque (Alpes-Maritimes), très-pâle avec des dessins mal indiqués, vit sur le Salix viminaUs des ravins. Cette aberration peut bien représenter une espèce indépendante, d’autant que la chenille a seulement la tête et la plaque du premier anneau d’un jaune clair, et non plus d’un brun foncé.
Cette Tortricide n’a qu’une génération ; elle est fort commune dans le Lyonnais, notamment à Lyon au parc de la Tête-d’Or. Cependant elle m’a paru rare aux environs de Cannes.
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Année J312/FU30.
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