‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopt̀eres inédits (volume 3)Chapitre 28 sur 68 · IV. 'J a g · texte numérisé non relu

IV. 'J a g

ITn tir aria , Sb.

Rhaniboiiiarui , KU&m. .

r 'ms/miJaria , Vup.

Anp. lloidifte . S, r: Mionort.

Boarmia Selenaria

Voici ce que savait seulement de la Minutana le continuateur de Godard : « L’insecte parfait vole en Autriche et en Saxe. La chenille n’est pas connue. )) Dup. p. 296. »

Le genre Boarmia est tranché et nombreux; les auteurs se sont assez entendus pour le limiter aux espèces qui le composent actuellement ; tel toutefois que l’a restreint l’auteur du Species général, et, plus récemment MM. Staudinger et Wocke dans leur grand Catalogue.

La B. Bhomboidaria est répandue partout, et tout le monde connaît sa chenille ; celle-ci me servira de point de comparaison avec celle delà. Consimilaria, Dup., dont l’insecte parfait a été jusqu’à ce jour assez mal connu, à cause, sans doute, de sa ressemblance avec la Cinctaria et plus particulèrement avec la Bhomboidaria. Los deux autres espèces sont de remarquables Phalénites; l’une, VUmbraria, est peu commune, et l’autre, la superbe Selenaria, W.-V., est un très-rare lépidoptère qui n’avait pas encore été rencontré en France ; je viens de le retrouver à Cannes. Je parlerai d’abord de cette dernière espèce.

Roarmia Selenaria, W^-V.

Tr. I, p. 194 — Hb. 163 — Dup. IV, p. 362, pl. 160, fig. 1. — Evers. — Frey. — Bdv. — H.-S- fig. 374-376 — Gn. 389. — Stgr, et Wock. 2372 = Furearia, Fab. 44? = Dianaria, Hb. 483 Var. ?

(Pl. 130, fig. 1 et 3).

A sa sortie de l’œuf, elle est d’un brun verdâtre, avec les lignes vasculaire et stigmatale larges et continues. Dans le jeune âge

elle est d’un jaune paille; après sa troisième mue, elle passe au vert très-clair , et, parvenue à toute sa grosseur, sa couleur est d’un jaune de Naples lavé de verdâtre aux extrémités. Elle est cylindrique, allongée, et présente comme caractère distinctif sur les cinquième et onzième anneaux, une petite caroncule formée par une double pointe aurore surmontée elle-même d’un point noir. L’éminence du cinquième anneau est précédée d’une tache rectangulaire noire, et, en dessous, d’un gros point de même couleur. La tête est convexe, picotée de noir et lavée de rouge brique sur chaque joue. Le premier segment porte une plaque cornée, concolore, mate et imparfaitement indiquée ; les trois lignes ordinaires sont à peine visibles. En dessous du corps on remarque une large bande claire et continue. Les stygmates sont jaunâtres et éclairés de blanc au centre ; celui du cinquième anneau est enclavé dans le point noir latéral précité. Enfin, les dix pattes sont concolores et lavées de vineux à l’extrémité.

Cette Boarmia, contre l’ordinaire des chenilles du genre, se développe rapidement, en été du moins, lors de la seconde génération ; elle vit sur des arbustes dont elle ronge uniquement les fleurs, semblant préférer, dans les parterres, les plantes exotiques aux indigènes. Ainsi, par exemple, ce sont les fleurs des Mimosa longifolia et clealbata, celles des Salvia, du Crataegus glabra et autres sur lesquels, dans mon jardin, à Cannes, j’ai remarqué les premiers individus de la Selenaria. Cependant, j’ai rencontré, en automne, en pleine campagne, cette chenille sur une Ombellèfere, la Pimpinella nigra? et le 21 octobre, parmi les pins maritimes, sur un arbousier, un grand sujet de la Selenaria $ qui n’est éclos que le 23 mai de l’année suivante.

(1) Couleur due sans nul doute à son genre de nourriture : la fleur des Mimosa. Cependant les sujets recueillis dans la campagne sur la Pimpinella nigra sont d’un vert plus ou moins obscur, et ceux de VArbutus unedo d’un rougeâtre vineux.

Boarmia Selenaria

J’ai dit que cette chenille grossit très-vite ; la chrysalidation. a duré à peine seize à dix-huit jours en été, mais cet état léthargique se prolonge, pour la seconde génération, pendant tout l’hiver et une partie du printemps. Je dois ajouter que lors de la saison chaude, la transformation a lieu dans les feuilles réunies, sur la plante même, et qu’à l’arrière saison la chenille s’enterre et se métamorphose 'sans former de coque.

INSECTE PARFAIT

A cause de son faciès particulier, il ne sera jamais confondu avec une autre Boarmia. Les lignes transversales des ailes sont dentées, bien visibles, accompagnées d’une bande de couleur d’ocre, et continue. La tache cellulaire est grande, elliptique, noire, blanche au centre ; cette même grande tache est entièrement noire en dessous et se détache sur un fond blanchâtre. Un caractère unique peut-être chez les Boarmia, c’est que les antennes de la Selenaria 5 sont simplement crénelées.

Cette remarquable Phalène qui fait aujourd’hui partie de la faune française éclot, ainsi que je l’ai dit, une première fois en mai, et reparaît en août. Pendant le jour, elle fuit la lumière, mais on n’a pas de peine à la faire déloger des buissons touffus ; pourtant son vol est lourd et de courte durée.

La fécondité de cette espèce qui a pondu près de cinq cents œufs m’a paru dépasser tout ce qui a été observé jusqu’à ce jour, chez les insectes de cette famille. Ces œufs sont ovales, entièrement lisses et d’un vert bleuâtre prononcé.

La Diania, Hb. ne serait, suivant M. Guenée, qu’une variété de la Selenaria (IV, p. 254 ). C’est aussi l’opinion de MM. Staudinger et Wocke, p. 165.

donsimilaria, Dup.

IV, p. 386, pi. 162, fig, 1. — Gn. 378 — Bdv. 1560 = Cmctciria, Var, Stgr, Cat. 2356,

(PL 130, fig. 7 à 9.)

CHEN ILLE

Gette larve est bien différente de la Rhomboidaria, car elle est toujours dépourvue de la triple caroncule latérale du cinquième anneau. Allongée, cylindrique, sans éminence, avec des lignes assez distinctes sur le dos et sur les côtés, sa couleur est l’argileux plus ou moins chaud, avec les lignes vasculaire et sousdorsale interrompues et brunes. La stigmatale est un peu plus claire que le fond, ondulée et continue; il existe, en outre, une éclaircie blanchâtre sur le ventre, accompagnée à droite et à gauche d’une ligne brune et continue. La tête est carrée, aplatie en avant, rougeâtre au sommet, et éclairée de blanchâtre sur chaque calotte. Les dix pattes sont concolores, ainsi que le clapet anal qui est à peine formé ; celui-ci est terminé par trois petites pointes horizontales. Les stigmates sont d’un jaune blanchâtre, cerclés de brun.

On rencontre assez souvent cette chenille, en été, dans toute la vallée du Gannet, sur deux plantes essentiellement méridionales, et qui sont fort abondantes en ce lieu : la Malva malacoides ? et la Psoralea bituminosa dont elle semble ronger préférablement les fleurs. Elle vit sans cesse à découvert sur ces plantes herbacées dont la floraison se prolonge du commencement de mai à la fln de juillet. Elle croît avec une extrême lenteur eu égard au temps de son développement; en effet, sortant de l’œuf en mai, elle n’atteint son entière grosseur qu’à la lin de juillet

Boarm ki Rhomboidaria

ou les premiers jours d’août. Cependant l’éclosion du lépidoptère tarde peu, puisque l’état léthargique dure à peine dix-huit ou vingt jours.

INSECTE PARFAIT

Il est extrêmement voisin de la Rhomboidaria. Ce qui doit aider le plus sûrement à la séparation de ces deux Boarrnides, c’est la taille toujours plus petite de la ConsimUaria, son aspect général plus grisâtre ; mais par dessus tout la question des mœurs, ignorée jusqu’à ce jour, laquelle me paraît si importante dans l’étude des insectes en général, c’est-à-dire dans le cas présent, l’unique éclosion de la ConsimUaria qui ne se montre qu’une fois, alors que la Rhomboidaria a au moins deux générations, et qu’enfin la chenille de cette dernière passe l’hiver.

La véritable patrie de la ConsimUaria me paraît être la Provence où croissent les plantes herbacées qui nourrissent la chenille.

Boarmia Bliomboiclaria, Kléem.

W.-8. — Tr. — Dup. — Frey . — Gn. = Gemmaria Bra. — Stgr. = Consobrinaria, Haw. — ^ Step. — Wood = (Var.) Perfumaria, Newman.

(PL 130, fig. 6.)

C’est sans doute avec raison que M. Guenée, citant les au- ■ teurs qui ont figuré cette larve, n’a pas mentionné l’iconographe Hubner. Celui-ci a bien donné une figure de la Rhomboidaria (Geometrœ, I, fig. 2, a.), mais la triple caroncule latérale si caractéristique du cinquième anneau n’est nullement indiquée.

Je crois qii’ici le consciencieux iconographe allemand s’est trompé et qu’il n’a pas représenté la véritable Rhomboidaria, laquelle, ainsi que je le dirai à l’article suivant, ressemble à s’y trompera l’espèce congénère Umbraria.

On sait que la chenille de la Rhomboidaria vit sur une foule d’arbres, arbrisseaux, sous-arbrisseaux et même sur plusieurs plantes herbacées.

11 existe, dit M. Guenée, plusieurs variétés de cette Pbalénite, ce sont : la Rhomboidaria, Step. III, p. 187; V Abstersaria, Bdv. érigée en espèce par l’auteur de Y Index methodicus.

Je rappellerai en même temps cette curieuse variété accidentelle de l’Ardèche : le. Liv. 3, pl. 10.

Boarmia Umbraria, Hb.

340. — Dup. IV, p. 353, pl. 159, fîg. 1. — Gn. 35d. — Ev. F. U. 379. — Stgr. 2,363.

(Pl. 130, fig, 4 et 5.)

Si à l’état parfait la B. Consimilaria a les plus grands rapports de forme avec la Rhomboidaria, bien que les chenilles des deux espèces se ressemblent assez peu, tout le contraire se présente pour VUmbraria comparée à \n Rhomboidaria . En effet, les chenilles se ressemblent tellement que, pendant longtemps, je les ai confondues; cependant les imsectes parfaits sont si différents l’nn de l’autre, qu’il n’arrivera à personne de ne point les distinguer.

Elle est cylindrique, généralement d’un gris brun un peu vineux, et présente le faciès de la Rhomboidaria dont elle partage ce caractère important ; la caroncule latérale du cinquième

Bom ■mia Um h varia

anneau Le quatrième anneau présente aussi une caroncule, mais celle-ci est allongée, mince à peine saillante et diagonale La tête est carrée et aplatie en avant . Les lignes ordinaires n’existent pas, sauf sur la région dorsale où il règne un double trait fin, brun et continu ; mais des lozanges dorsales rappellent assez celles de l’espèce congénère. Les flancs sont obscurcis par un large espace brun imparfaitement limité. Il existe en dessous une éclaircie blanchâtre coupée sur chaque segment par trois taches brunes, carrées, qui se suivent . Enfin, les stigmates sont ovales, d’un jaune orange et cerclés de noir.

Cette chenille, qui est des plus rigides et qui passe l’hiver, doit être commune dans toute la région des oliviers; c’est, en effet, sur ce grand arbre qu’elle vit le plus ordinairement (1). On se la la procure en assistant, en février et mars, à la cueillette des olives, lorsqu’on fait tomber celles-ci à grands coups de gaule, sur un drap étendu à terre. J’ai négligé pendant longtemps de ramasser cette chenille que je confondais avec la Rhomboidaria.

INSECTE PARFAIT

Cette remarquable Boarmia possède les lignes et les taches des quatre ailes vigoureusement écrites. Elle ne varie pas ou presque pas aux environs de Cannes, de Nice et de Fréjus. La seule chose qui semble séparer les sexes est la différence de taille et celle des antennes ; chez le 0 celles-ci sont très-peclinées et finissent en pointe aiguë.

Il n’est pas douteux que la 9? si différente du ÿ, mentionnée dans le Species général IX, p. 237, n’est qu’une variété très-accidentelle, et qu’elle ne représente pas le type; car, je le répète.

(!) Je l’ai fait tomber quelques fois des chênes- verts.

GUENILLES ET LEPIDOPTERES INÉDITS

.la $ diffère à peine du 5 ; j’en juge d’après un bon nombre d’exemplaires des deux sexes.

Bien que la chenille d'Urnbraria soit commune sur les oliviers, je n’ai jamais rencontré l’insecte parfait à l’état libre. Une seule fois pourtant, un 5 de la seconde génération est venu se jeter sur mon réflecteur.

Cette Boarmide a deux éclosions, mai et juin, puis août et septembre. J’ai l’espoir que, connaissant aujourd’hui les mœurs de la chenille, celte espèce, demeurée rare jusqu’à ce jour, se répandra bientôt dans les collections.

Melaiiippe Oxj’îiîats», Mill.

Hevue de Zoologie, 1871-1872. — N" 2, p. 61.

(Species nova.)

(PI. 130, fig. 1 à 3.)

Ne sachant à quelle époque il me serait possible de publier, dans mon iconographie, cette Phalénite nouvelle, et désirant obtenir rang de priorité, j’ai, au commencement de la présente année, envoyé à la Revue Zoologique de M. Guérin-Méneville, éditée par M. Deyrolle fils, la description de cette espèce, ainsi que celle de plusieurs autres Lépidoptères inédits.

J’ajouterai aujourd’hui quelques détails à la description que j’ai donnée alors de la J/etoi/ppc Oxybiali.

Notre savant M. Guénée s’exprime ainsi en me parlant de cette Phalénite que je lui ai soumise et qu’il n’a pas connue : « Espèce curieuse ; au premier abord on peut la prendre pour une variété foncée de Galiala. »

En comparant les 'deux Melanippe, la Galiala et VOxybiata, on voit que la nouvelle venue diffère de sa voisine par plusieurs ca-

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