Id. id. 9. [Yar
Fig. 4. Chenille de VAconÜa Lucida, Hufn.
Thalicirum flavum, L.
TRENTE -DEUXIÈME ITVRAISON
Je viens de découvrir dans les terrains incultes qui avoisinent la villa des Phalènes, à Tannes, deux espèces de chenilles à peu près inconnues; celle de la Cladocem OptabiUs et celle de VAgralis Obesa. Les auteurs ne sont pas tous d’accord sur le classement définitif du premier de ces lépidoptères , et je me suis demandé si c’est avec raison , ou sans raison , que feu Rambur a fait entrer, dans la famille des Agrotides, VOptabilis et la Boetica avec lesquelles il a composé son genre Cl<idocera. Jugeant du genre par VOptabilis que je viens d’étudier sous ses divers états, je crois reconnaître que l’auteur de la faune entomologique de l’Andalousie a bien fait, car cette OptabiUs est plutôt, ce me semble, une Agrotide qu’une Episémide; elle doit donc appartenir à la première de ces deux familles, aussi bien par le genre de vie de la cbenille et le mode de transformation de celle-ci, que par l’époque d’éclosion de l’insecte parfait, qui a lieu en septembre et non pas au printemps. Cependant la trompe des deux Cladocem est assez peu développée, tandis qu’elle l’est passablement chez les Agrotis propres; mais si cette différence dans le peu de développement de la spiritrompe de VOptabilis et de la Boetica peut les séparer du genre Agrotis, cela ne doit pas les éloigner de la famille des Agrotides.
Si nous jugeons des Heliophobus à l’état d’insecte parfait
CHENILLES ET LEPIDOPTERES INEDITS
par la Popularis dans le genre de laquelle plusieurs entomologistes placent encore VOptabilis et la Boetica, nous reconnaissons que les lleliophobus ont des mœurs particulières ; en effet, le vol extravagant de la Popularis surprend tout chasseur à la lanterne vers laquelle ce lépidoptère accourt de fort loin, tandis que je n’ai jamais rien remarqué de pareil pour VOptabilis qui éclôt dans mon jardin à quelques pas de mon réflecteur. Enfin, je répéterai que VOptabilis éclot en septembre et non en avril, et que cette dernière époque est toujours celle où la chenille est jiarvenue à son entier développement.
Oladocera Rb. Optabilis, Bdv.
le. pl. 74, f. 2 et 3 — Gn. Ind. !241 — Dup. Sup. III, pl. 16, fig. 2. — Her.-Sch. pl. 16, f. 2. — Gn. I, p. 171 — Stgr. 1331 = Fictilis, Frey. pl. 394, f. 3 et 4.
(Pl. 137, fig. 4 et 5)
Elle est assez courte, pleine, légèrement atténuée aux extrémités, avec les seize pattes normales et une plaque cornée sur les premier et douzième anneaux. Sa couleur est le gris argileux clair où les lignes ordinaires sont assez mal indiquées; elles se présentent ainsi : la vasculaire, moins accusée que les autres lignes, n’est visible que sur les deux premiers segments; la sous-dorsale est brune, interrompue sur chaque anneau ; la stigmatale est assez large, ondulée et d’un jaune clair. La tête est petite, concolore et bordée de brun; les stigmates sont noirs et précédés de deux gros points pilifères ; les trapézoïdaux sont petits, bruns at luisants. La plaque du
Cladncera OptabiUs
premier anneau est brune antérieurement et traversée par trois petites lignes claires correspondant à la vasculaire et aux sous-dorsales, la plaque du douzième est brune, luisante et porte l’empreinte des trois lignes précitées. Cette chenille qui doit éclore au commencement de l’hiver et grossir lentement, ne m’a paru se rencontrer que dans les terrains incultes, à base calcaire. Elle n’atteint son entier développement que dans la seconde quinzaine d’avril. Pendant le jour elle s’enfonce assez profondément en terre où on pourrait penser que cette larve vit de racines de graminées ou celles d’autres plantes basses ; il n’en est rien cependant, car la nuit elle remonte à la surface du sol et attaque de préférance à toute autre plante herbacée, la Pterotheca nemauscnsis dont elle dévore les nombreuses fleurs.
Pour se transformer la chenille de VOptabüis s’enterre à quinze ou vingt centimètres de profondeur, et forme une grosse coque en terre, oblongue, assez peu solide, car il n’entre pas de soie dans sa composition, et d’où l’insecte parfait s’échappe vers le milieu de septembre, presque toujours dans la matinée.
INSECTE PARFAIT
Tout le monde connaît aujourd’hui cette jolie noctuelle considérée comme fort rare il y a peu d’années ; elle ne l’est cependant pas. Ses habitudes étant celles des Episema^ il doit être facile de se la procurer en la cherchant la nuit, la lanterne à la main, dans les lieux où a vécu sa chenille, et où elle doit se tenir, ainsi que je l’ai observée chez moi, fixée aux tiges des plantes. Bien que le ÿ de V OptabiUs ait des antennes très-pectinées, il [ne m’a pas semblé voler autant
les autres Agrotides. L’espèce tiendrait-elle de ces dernières par la rlienille, et des Apamides par l’insecte parfait? VOptabiUs ne varie pas, ici du moins.
y%grntis Ohesa, Bdv.
Ind., Ico. pl. 75. — Gn. Ind. 241 Dup. III, p. 173, pl. 16. — Gn. I, 259. — Stgr. l4G6. — Eversmamii , Led. = Ledereri, H. -S. Text.
(Pl. 137, iig. 1 à 3)
Elle est allongée, épaisse, cylindrique, rase, luisante, avec seize pattes courtes et minces à l’extrémité. La tète est petite, et le premier anneau porte une plaque cornée concolore. Elle est d’un gris argileux livide, tirant sur le brun en dessus; sa peau est tellement line qu’il est très-ditlicile, m’écrit M. Fallou, de la souffler sans accident; opération délicate, qui demande, pour réussir, de grandes précautions. Les lignes ordinaires sont à peine indiquées; on ne voit guère que des traces de la sous- dorsale et de la stigmale lesquelles sont marquées en plus clair que le fond. Les trapézoïdoux sont petits et bruns, les stigmates gros, à bord légèrement relevé, et entièrement noirs. La plaque du cou est rectangulaire, testacée et lisérée de brun sur les bords.
Cette chenille a tout-à-fait les mœurs de VOplahilin , et vit dans les mêmes lieux et de la même manière que cette Cladocem, c’est-à-dire que pendant le jour elle se tient profondément enfouie dans la terre, remonte la nuit à sa surface et se nourrit
32*: Zwrnù'on
Ana<^ 7.373 771.137
l^.Mdlière ef Pox^ade. p7
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l. 1 a 3, Agrotij- Obeja. Bdv.
ir. Ijj à 5, L'Ladoc-ercB Opbjbilid, B,fo.
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Ihip.Zc'iü‘.''fa, /'.r.iCiprwn..
M"}^ Mipneautr i-ol .
A g rôtis Obesa
également des nombreuses fleurs de la Pterotheca nemausensis, dont elle fait au commencement d’avril un grand dégât.
Comme cette chenille est lourde et conformée pour ne pas s’élever de terre d’où, le plus souvent, elle ne sort guère que la moitié du corps, elle doit employer pour atteindre les fleurs disposées en corymbe, sur un long pédoncule, un moyen qui ])eut paraître ingénieux. Elle coupe la tige vers sa base et fait (omber ainsi sur le sol le groupe de fleurs qu’elle a bientôt fait disparaître. C’est du milieu à la fin d’avril qu’il convient de la chercher.
Au commencement de mai, VObesa s’enfonce en terre à quinze ou vingt centimètres, se transforme, en juillet seulement, ajirès avoir formé, ainsi que VOplabilis, une grosse coque ovale en terre friable qui cède sous la pression des doigts.
Le papillon éclot dix ou «{uinze jours plutôt (jue VOplabilis, c’est-à-dire pendant la seconde quinzaine d’aoùt.
INSECTE PARFAIT
C’est une grande et belle noctuelle qui a bien quelques rapports de forme et d’habitudes a\ec'Y Heliophobus Popularis. C’est pour ce motif peut-être que Duponchel a fait de son Obesa une Heliophobus . En effet, elle vole avec bruit, se jette impétueusement sur le réflecteur; à peine posée, elle s’envole avec rapidité pour revenir aussitôt. Elle ne se montre que pendant les nuits les plus sombres.
La $, qui a un abdomen démesurément développé, et que j’ai fait représenter avant qu’elle ne fût desséchée, la 9. dis-je, n’est pas, comme on pourrait le croire, impuissante à voler; je l’ai prise une fois au réflecteur, sur lequel elle est venue s’abattre lourdement. Sa fécondité est grande, puisque cette
CHENILLES ET LÉPIDOPTEUES INÉDITS
même Obesa a pondu environ 250 œufs. Ceux-ci sont entièrement sphériques et d’un jaune pâle uniforme. Ces œufs ne sont point éclos chez moi.
VAgrotis Obesa que j’ai obtenue ex larvd eu certain nombre l’automne dernier, varie de temps en temps; il est des 5 en effet, dont les ailes supérieures sont lavées au bord interne d’une teinte aurore remarquable, et d’un cendré clair à la côte. Cette superbe noctuide aj)partient non-seulement à la Provence, mais encore à la Russie méridionale, suivant le D'' Eversman, p. 2.38.
(^ymmoca Ox^biella, Mill.
Petites Nouv. Eut. N" 43, 1. janvier 1872.
(PI. 138, lig. 1 et 2.)
Cette charmante espèce qui n’est peut-être pas une vraie Symmoca, est assez voisine de la Signatclla, Hb. fig. 380, et de la Designatella, H. S , fig. 384 ; cependant elle est toujours un peu plus petite que ces deux espèces , ses congénères , dont elle s’éloigne par le dessin des ailes supérieures; celles-ci sont arquées à la côte, aiguës à l’apex, avec le fond d’un blanc de lait, sur lequel se détachent deux groupes de deux points superposés et reliés par une tache d’un fauve vif; de telle sorte que ces deux groupes présentent deux bandes transverses disposées l’une au tiers de l’aile et l’autre aux deux tiers. Une série de points noirs précède la frange; la côte est d’un gris bleuâtre dans toute son étendue. Les ailes inférieures sont uniformément grises, avec leurs franges lavées de fauve obscur.
La Ç est toujours plus grande que le J.
Depuis l’époque où je signalais cette Tinéide, j’ai cherché
LivraMforv.
^nnee 1373.n..m.