‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopt̀eres inédits (volume 3)Chapitre 43 sur 68 · I. J à- 3, Melaruppe- (rentian^fo , Mül.et S. ZeH · texte numérisé non relu

I. J à- 3, Melaruppe- (rentian^fo , Mül.et S. ZeH

[I. g, id. . Otryhiaria S , Mil.

El. lo e-t 11, Wodtzna Sie'pnnti7d , Grv.

IV! 22 et i3, Eehophobud- Jallatr-, St^r.

Y. i!p et x6 , Ornoiji/nti Para^tita , Hb..

lmp. Kouu'te- Botuf

MtgneaiiEC- c^7.

Melanippe Gentianata

La Ste. Carnealis n’est pas rare en juillet, aux environs de Cannes, Nice, Menton, Marseille, etc. Ici, on la rencontre sur les terrains siliceux les mieux exposés, parmi les bruyères méridionales, les cistes et les pins maritimes.

La Carnealis ne se mêle jamais aux Corsicalis Dup. ni aux Bruguieralis, lesquelles ne hantent guère que les terrains calcaires.

On n’a encore rien appris des premiers états de ces trois espèces.

La S. Carnealis des Alpes-Maritimes présente une variété remarquable. Cette variété constante est proportionnément plus grande que le type et le nom de Carnealis lui conviendrait mieux, car tandis que le noirâtre domine chez ce type, la variété est d’un carné jaunâtre. Ses dessins sont à peu près les mêmes, mais bien mieux écrits et ressortent davantage sur la couleur plus clair du fond. Elle a, comme lui, avant la frange, une série moniliforme de taches blanches qui se détache entre les deux lignes noires. Le dessous se distingue par une très-grande netteté des dessins, surtout aux ailes inférieures, et le point cellulaire noir qui est évidé chez la Carnealis est plein et épais chez la variété (?) Enfin sur les ailes supérieures, ce point est grand et ovale chez la dernière, tandis qu’il est petit et omicroniforme chez la Carnealis. La $ est aussi plus claire que le ÿ auquel elle ressemble, du reste. Serait-ce elle que M. Herrich-Schaeffer a figurée n" 40?

Melanippe Oentîanata, Mill. et R. Zeller.

Revue de Zoologie, 1873, n" 1, page 1.

(PL 151, fig. 1 à 8)

.J’ai dit précédemment quelques mots des mœurs de cette intéressante Melanippe; aujourd’hui, je suis à même de com-

pléter ue qui restait à connaître de ses premiers états, grâce, je m’eûipresse d’en convenir, à M. Rodolphe Zeller, de Zurich, car cet intrépide ami des sciences naturelles est retourné au mois de juillet 1873 sur les sommets alpestres de la Suisse, et il a pu, cette fois, faire une ample récolte de chenilles de la précieuse Melanippe.

Suivant l’opinion de M. Zeller, la Gentianata doit pondre ses œufs vers la fin de mai sur la Gentiana punctata naissante. Les œufs tardent peu à éclore, mais le développement de la chenille doit être assez long relativement à la croissance rapide des autres chenilles de ces hauteurs. Parvenue à sa taille à la fin d’août (on la retrouve jusqu’au 20 septembre), la chenille pratique un petit trou dans la capsule de la Gentiane ponctuée, descend à terre et se transforme, soit parmi les racines de la plante, soit dans la mousse du voisinage. Quelquefois elle se métamorphose dans la capsule même dont les lobes se sont ouverts par la dessiccation; mais, ajoute M. Zeller, ce dernier mode de transformation est très-rare.

Au premier abord elle a plutôt l’aspect d’une Tortricide que d’une Phalénite, par sa forme courte, sa couleur livide, et surtout par l’écusson corné du premier et celui du douzième segment. La méprise serait à peu près certaine si l’on ne tenait compte des pattes qui sont au noihbre de dix. Elles sont relativement courtes, principalement les anales ; ce qui s’explique puisque cette chenille passe toute sa vie enfermée dans les capsules d’une plante. Voici sa description : Sur un fond uniformément carné, il n’existe qu’un soupçon de ligne vasculaire; les autres lignes manquent tout à fait. Les points pilifères sont assez bien développés et bruns; ceux des second et troisième

MeUmippe Gentianata

anneaux se présentent sous forme d’un cercle de points rougeâtres. Les stigmates sont assez grands, blanchâtres et cerclés de fauve. La tête est petite, globuleuse et d’un brun rougeâtre foncé. Les plaques du premier et du dernier anneau sont petites et jaunâtres. Les poils sont courts et bruns. Cette larve paraît se nourrir exclusivement des nombreuses graines de la Gentiana punctata.

La Mel. Gentianata, dont l’habitat est assez restreint a été découverte sur un pic alpestre « voisin du Col Stelvio, à 3,034 mètres d’élévation. » La chrysalide ne présente rien de remarquable; elle est enveloppée de soie d’un blanc grisâtre, et sa forme est cylindrico-conique, courte, d’un vert jaunâtre et lavée de rouge acajou sur les anneaux abdominaux.

INSECTE PARFAIT

Cette Melanippe est assez voisine de V Ahstersaria , H-S., flg. 119-120 (Alpicolaria, H. -S., p. 153), mais elle est plus grande, moins sombre, avec les ailes plus allongées. Les inférieures ne sont pas d’nn gris vineux en dessus et en dessous, mais plutôt d’un gris blanchâtre chez les deux sexes. Elle aurait, je crois, plus de ressemblance avec la Melanippe Var. Neapolisata récemment fignrée, qu’avec toute autre. Voici la description de cette Gentianata :

Envergure : 25 millimètres. — Les ailes supérieures sont moins prolongées à l’apex que celles de la Fluctuata , mais elles le sont plus que celles de V Ahstersaria. D’un gris blan-

(1) Au dernier moment M. Fallou me mande que cette Melanippe a été retrouvée aux environs de Gélérina.

(2) Ico. Liv. XXX*, pl. 131, fig. 7.

CHENILLES ET LEPIDOPTERES INEDITS

châtre lavé faiblement de roux principalement à la base; ces ailes sont traversées par quatre ou cinq lignes claires, dentées et souvent ponctuées sur les nervures. La plus claire de ces lignes est la coudée qui, partant de la côte, aboutit au bord interne où elle s’appuie extérieurement à un gros point carré et noirâtre; les lignes basilaire et extrabasilaire sont brunes. Enfin, le sommet de l’aile est marqué d’une grande tache foncée qui descend sur la frange jusqu’à l’angle inférieur. Cette frange est précédée, ainsi (ju’aux secondes ailes, d’une série de points bruns. Les ailes inférieures sont blanchâtres et teintées de gris-obscur à l’extrémité. Le point cellulaire est petit et â peine indiqué en dessus et en dessous. Les antennes sont filiformes et relativement grêles. Le thorax est, ainsi que l’abdomen, médiocrement robuste.

La Ç ressemble au J.

Melanîppc Oxybiarîa, Mill.

Revue de Zoologie 1871-1872, N“ 2. — le. III, p. 264, pl. 131. — Mill. Cat. Lépid. Alpes-M. p. 208,

(PL 151, fig. 9.)

Lors de la publication de cette espèce, je n’avais vu que des femelles et ne pensais pas que le mâle a des antennes pectinées. Dans ce cas la syllabe finale du nom spécifique doit être changée. Cette espèce s’appellera désormais Oxybiaria et non plus Oxybiata comme précédemment.

Obs. — Ce caractère important des antennes pectinées chez le ÿ est, pour V Oxybiaria, un nouveau point de séparation d’avec la Galiata dont, comme je l’ai dit; III, p. 165, elle est assez voi-

sine.

Nodoria llispanalis

IVo4lai*ia His{taiialis, Gn.

VIII, p. 64. — Mill. le. pl. 94. — Mill. Gat. Lép. Alpes-M., p. ‘•247 = Nodosalis, HS. 605 6 — Stgr. et Wocke, 2005 = Æthiopalis, HS. 612 $.

(Pl. 151, fig. 10 et 11.)

Cette rare Nodaria, dont j’ai publié la figure il y a ciu(| ans, n’avait point encore été rencontrée en France; je viens d’avoir la satisfaction de la capturer an réflecteur, ii Cannes, le 20 octobre dernier.

A la fin de septembre 1872, je recevais d’Espagne six œufs de la Nod. Hispanalis et, si je n’ai pu amener la cbenille entièrement à bien, je puis néanmoins dire ce qu’elle est dans sa forme et ses habitures.

L’œuf qui est éclos chez moi, le 3 octobre, est sphéri([ue, légèrement déprimé, blanchâtre et taché de rouge en dessus. La chenille peu après son éclosion est jaunâtre, n’a <{ue deux paires de pattes ventrales apparentes, mais dès la seconde mue, elle acquiert, ainsi que certaines chenilles de noctuelles, les quatre pattes manquant â sa sortie de l’œuf.

V Hispanalis ({ue j’avais sous les yeux, appartenait â la seconde génération ; cette chenille passe l’hiver et pendant ce temps se retire parmi les feuilles sèches qu’elle ne quitte qu’au premier printemps pour manger de nouveau, et grossir, car jusqu’alors elle est restée assez petite. Elle m’a semblé polyphage et rappelle assez, pour la forme, la chenille de V Herminia Crinalis : le. 11, pl. 86. Elle est donc atténuée aux deux extrémités, rentlée sur le dos, légèrement aplatie en dessous, avec les seize pattes normales et la tête petite. Le premier et le dernier anneau présentent une pla(iLie écailleuse foncée. Sur un fond carné, ol^scurci

de vineux aux deux extrémités, les lignes vasculaire et sousdorsales sont très-fines, continues et rougeâtres. La stigmatale est plus claire que le fond. Les points ordinaires sont gros et bruns. Enfin, la tête est globuleuse, très-dégagée du premier anneau, et rappelle tout-à-fait celle de VHerminia CrinaUs.

INSECTE PARFAIT

h' Hispanalis Gu. a été réunie par MM. Staudinger et Wocke à la Nodosalis de M. Herrich-Schæfl'er. Ne connaissant pas cette Nodaria en nature, je ne sais si ces naturalistes ont eu ici raison. Toutefois, je pense que la Nodosalis J, fig, 605, a été peinte d’après un insecte qui avait vieilli en collection et qui était décoloré.

L' Hispanalis ÿ que je viens de retrouver ici est peut-être plus grande que la race des environs de Barcelone ; elle est tout aussi colorée en brun foncé.

Heliophobus Kallax^ Stgr.

Berl. e. Z. 1870, p. 1 16.

(PL 151, fig. 12 et 13.)

Charmante espèce, plus petite que sa congénère Hispidus, avec laquelle cette Fallax a quelque ressemblance; cependant les dessins des ailes supérieures, chez le 5, rappelleraient plutôt VHeliop. Hirta (le. 6™® Liv. pi. 2) dont la $ est semi-aptère. La Fallax 9» dont l’abdomen est assez développé, doit voler difficilement. Elle est sensiblement plus grande que le J, avec le fond des ailes supérieures d’un brun plus prononcé.

VHcl. Fallax a été rapportée des steppes de la Russie méridionale.

Collection Staudinger : plusieurs exemplaires 5 ©f ? •

Ocnogyna Parasita

Ocnogyna Parasita, Hb.

Esp. — God. — Bdv. — Frey.

(PL 151, flg. 14 à 16.)

Cette Ghélonide était considérée comme étrangère à la France jusqu’au jour où je l’ai retrouvée dans les Alpes-Maritimes, Elle n’est pas rare sur divers points élevés des environs de Saint-Martin-Lantosque et de Berthemont-les-Bains. Cependant l’habitat principal de la Parasita semble être Notre-Dame des Fenestres (Italie) qui touche aux deux localités françaises que je viens de citer, et où, en réalité, la chenille est abondante à la fin de juillet sur la grande gentiane {Gentiana lutea), plante où elle vit à découvert et dont elle ronge les larges feuilles sans toucher à ses nombreuses fleurs.

La Parasita se nourrit bien en captivité, atteint en peu de jours son entier développement et se transforme dans la mousse au commencement d’août. Tontefois, la plus grande partie des nombreuses chenilles que j’avais rassemblées à la fin de juillet 1872, sont mortes en chrysalide.

Cette Ocnogtjna rappelle par sa forme, son agilité et ses mœurs, les Chélonides Casta, Plantaginis, Mendica, Sordida et Luctifera. Elle est donc cylindrique, légèrement atténuée sur les premiers anneaux, avec le onzième faiblement relevé. Aux poils fauves dont elle est entièrement recouverte, sont mêlés quelques poils noirs, principalement sur les premiers segments. Les lignes vasculaire et sous-dorsales sont larges, continues et d’un jaune de Naples, Cette dernière ligne est placée très-bas. Les stigmates sont grands et d’un jaune clair. En dessous, la villosité tourne au gris un peu bleuâtre. La tête est petite, globuleuse, rougeâtre

el luisanle. Les pattes écailleuses sont noires et annelées de gris ; les dix autres sont d’un gris bleuâtre.

La chrysalide est assez courte, en forme de barillet allongé, obtuse et très-brune.

Les éclosions que j’ai obtenues ont dû être anormales, puisqu’elles ont eu lieu en novembre et en décembre de la même année.

Obs. — Le 14 février 1874, j’obtenais d’éclosion une Parasita ÿ, de ces mêmes chenilles recueillies dix-buit ou dix- neuf mois plus tôt.

l^eiopt Cinei-ai'iae , Mill.

( Sj)ecies nova )

fPl. 152, fig. 1)

Cette Ltérophoride nouvelle est voisine de la Lciop. Osleodactylus, Z. Je l’en croyais d’abord une simple variété géographique. Voici sa description :

Envergure : 20 millimètres. Elle est d’un tiers environ plus grande que VOsteodactylus, et la couleur des premières ailes, du thorax et de l’abdomen est toujours d’un jaune de Naples très-pur et nullement coupé de lignes ou de points obscurs qui en altèrent l’uniformité, ce qui n’a pas lieu chez V Osteodactylas où, sur la bonne figure qu’en donne M. Herr. Schaeffer (Pterophoridae, T. 5, n" 29), la liture des supérieures est tachée de brun, avec un gros point de même couleur placé à l’origine de celle-là, indépendamment d’une strie brune au-dessous de l’apex. Les ailes inférieures sont d’un gris foncé; en dessous les quatre ailes sont grises.

L’espèce ne paraît pas varier.

Lâ7!i.. PL1Ù2.

Livrairorv.

P.SÎldière. ecPou/ajie p.

JbpcL&r pl.p^:

Pehrin/ s&.

I, 1, Leiopfzlibp Cmerariae , Mül.

n. 2 e.t 3 , lycaeruL ün-urtoplü , Jtyr.

K. !f e^t J, Eudemis Quaycfiina , Uwjy, 8 , Man-ϟ'tra- Siccanori/Trv , J/pr.

Y. g à i3 , Tortriæ Angi/j'ùErana , Ham.

'\T. l!/, et iS , P&nthma Spllarui , -thip- //£■/- O.ri/hiana-, Mî/t- J i6 à i8 , (teomatra Smaraffdaru? ,F. f Par. ûu/artra , MitZ./ \TII . iq , rd. pbiffarin j), Sn. .

/>///>■ Souîq'tP: Pàri.f.

M^ùfnsaxur. col.

Lycaena Christophi

La chenille que je n’ai pu encore me procurer doit vivre sur la Cinéraire maritime (Senecio cineraria), car c’est sur cette plante très-abondamment répandue sur les terrains rocheux de File Sainte -Marguerite que vole cette espèce à la tin de mai et pendant le mois de juin.

Lycaena Clicîstophi , Stgr.

(PI. 152, tig. 2 et 3)

M. le docteur Saudinger envoie depuis quelques années à ses correspondants cette Lycène sous le nom spécifique de Christophi. Je ne vois nulle part l’espèce décrite ou figurée. En faisant représenter les deux sexes de la Lycaena Christophi, je dirai ce qu’elle est.

C’est de V Argus, L. que cette espèce se rapproche le plus; il pourrait se faire qu’elle n’en fût qu’une variété géographique; voici ce qui la distingue : Le ÿ diffère de l’drj/ws par un aspect plus délicat, plus pâle, par le bleu azuré des antérieures plus chatoyant au bord supérieur. Cependant les quatre ailes sont plus élancées que chez sa congénère, desquelles le dessous diffère peu, toutefois les taches ordinaires noires sont plus petites, le fauve des lunules qui horde les inférieures est plus pâle avec le fond gris plus clair. Les palpes, la poitrine, les pattes et l’abdomen sont entièrement blancs, tandis qu’ils sont gris plus ou moins foncé chez V Argus.

La Christophi 9 diffère d’une manière plus tranchée de VArgus 9 dont les quatre ailes sont brunes, lavées de bleu à leur base, avec une rangée de lunules d’un fauve vif qui les borde, tandis que chez la Christophi 9 le bleu recouvre presque entièrement les ailes, et c’est à peine si on distingue les lunules fauves. Enfin, le dessous est gris et non plus brun, et les

CHENILLES ET LEPIDOPTERES INEDITS

lunules fauves des inférieures sont petites, très-pâles et accompagnées inférieurement d’un gros point iris à teinte métallique.

La Christophi appartient à la Russie méridionale, elle paraît avoir les mœurs de la plupart des Lycènes. Sa place doit être, dans les catalogues, après V Argus.

Euclemie Quaggann, itn.

Z. b. V. 1855, p. 557. — Stgr. et Wocke, 1024.

(PI. 152, ftg. 4 à 7)

Cette Tortricide, nouvelle pour la faune entomologique française, est encore rare et fort peu connue des lépidoptéristes. Elle a deux générations, vole abondamment en mai et juillet aux îles Lérins, mais plus particulièrement à Sainte-Marguerite parmi les nombreuses Cinéraires qui y sont spontanées et qui nourrissent la chenille. Celle-ci lie les feuilles en mars, et la chenille de la seconde génération réunit, en juin, les jolies Üeurs d’un jaune pâle de la Senecio maritima, dont elle ronge les étamines. Cette larve n’a rien de particulier dans ses mœurs ni dans son faciès. Elle a seize pattes, une forme cylindrique, est légèrement atténuée aux extrémités , d’un jaune clair mat carnée en dessus, et sans aucune ligne. La tête est cordiforme, d’un marron foncé, ainsi que les pattes antérieures. La plaque du premier anneau est grande, noire et disposée

(I) On n’apprendra peut-être pas sans intérêt que les chenilles de la première génération qui se sont nourries des feuilles de la Cinéraire, en mars (les fleurs n’ayant point encore paru), sont quelquefois d’un vert glauque foncé, (flg. 4), et, le plus souvent, d’un verdâtre livide, tandis que les chenilles qui ont vécu aux dépens des fleurs d’un jaune clair, sont toujours d’un jaune blanchâtre (fig. 5).

Mameslro Siccanorum

en croissant allongé; celle du douzième est petite et concolore. La transformation a souvent lieu dans les feuilles réunies en paquet.

L’insecte parfait rappelle, par son faciès, la couleur blanche tomenteuse de la plante qui a nourri la chenille. Les quatre ailes sont d’un gris clair; les supérieures sont ornées de dessins hiéroglyphiques bruns dont le principal est une large bande foncée qui, partant de l’apex, traverse l’aile longitudinalement, forme un coude aux trois quarts de son étendue et aboutit au bord interne.

La Ç est plus grande et plus claire que le mâle.

Mamestra Sîccaiior-um, Stgr.

Berl. e. Z. 1870, p. 114. — Stgr. Cat. 1295.

(PI. 152, fig. 8)

Jolie Noctuelle découverte depuis peu, laquelle, bien que décrite dans les Annales Entomologiques de Berlin, n’a pas encore été figurée.

Sur un fond de couleur bois, les taches ordinaires sont ceintes de blanc et se détachent nettement, ainsi que la ligne subterminale large, blanche et continue. Les ailes inférieures sont blanches, avec les nervures de couleur argileuse. Les antennes sont filiformes; le thorax est assez robuste et de la couleur des premières ailes.

La femelle m’est inconnue.

La Siccanorum appartient à la Russie méridionale.

Torli*îx i%ngiistiorana, H\v.

— Steph. — ■ Stgr. et Wocke. = Rotundana, Hw. = Dumeriliana , Dup. pl. 266. — HS. pl. 366.

(PI. 152, Üg. 9 à 13.)

Elle a beaucoup de rapports avec celle de la Pronv berna, toutefois en comparant les deux espèces, on voit de suite que V Angustio7'ana est plus fusiforme, moins aplatie en dessous, toujours d’un vert clair et que la tète n’a pas de dessins cunéiformes appuyés à l’incision, dessins ou taches brunes qui existent invariablement chez la Pronubana. La plaque du premier anneau est d’un vert glauque, lisérée de noir de chaque côté. Sur le fond vert clair de la chenille, les lignes ordinaires sont à peine indiquées. Les stigmates, invisibles à l’œil nu, sont blanchâtres; les seize pattes sont concolores. La chenille, dont on ignorait les mœurs, doit vivre uniquement sur le laurier ordinaire (Lauriis nobilis) (*) dont elle lie les feuilles à plat (fig. 10) et dont elle ronge en hiver les surfaces adhérentes. Au mois de mars, après avoir abandonné plusieurs fois les feuilles qu’elle a liées précédemment, et dont elle a rongé une partie du parenchyme, elle atteint toute sa grosseur, tarde peu à se transformer soit à terre parmi les détritus, soit entre deux ou trois feuilles de laurier réunies et attachées par des flls de soie (fig. 11). Cependant ce dernier mode de transformation est le moins fréquent.

Au commencement d’avril les chrysalides sont formées ; mais

(l) Cependant je viens de l’observer sur un Primas lauro-cerasus de mon jardin.

Geometra Smaragdaria

on trouve encore tà cette époque, sur les Laurus placés dans les ravins frais des environs de Cannes, quelques chenilles dM/igustiorana très-petites. L’éclosion a lieu dans les premiers jours d’avril et continue pendant j)lus d’un mois.

INSECTE PARFAIT

Cette jolie Tortricide, décrite pour la première fois parHaworth, varie beaucoup ; ce qui explique sans doute que, nommée d’abord par l’auteur anglais, celui-ci n’ayant pas reconnu l’une des nombreuses aberrations de V Angusliorana , nomma cette variété Rotundana. L’espèce fut ensuite appelée Dumeriliana par Duponchel, qui l’a décrite et figurée d’après des sujets « venant de Russie. »

La Tor. AngusUorana n’avait pas été indiquée de France avant que je l’y ai rencontrée, il y a quelques années déjà. Je ne pense pas qu’elle existe plus haut que la région méditerranéenne comprise entre Gênes et Toulon, région où le Lavrus nobilis est spontané et partout abondant dans les vallons frais non loin des cours d’eau, et où souvent il acquiert les proportions d’un trèsgrand arbre.

Geometra Smaragdaria, F.

— Hb. — Esp. — Dup. — Frey. — Gn. — Stgr. — Berce, V, p. 102.

(Va»'. Gigantea.)

(PI. 152, fig. 16 à 18.)

Placée hors de son fourreau, elle est allongée, cylindrique, à tête petite, et possède dix pattes robustes. Sa couleur est l’argi-

leux clair où les lignes brunes et blanchâtres sont nettes et bien visibles. Les trapézoïdaux et autres points pilifères sont saillants, et les pattes anales sont granuleuses avec des tubercules également saillants et surmontés de poils rudes destinés à retenir le fourreau protecteur que cette chenille traîne et qu’elle ne quitte que pour se transformer. Autant que j’en juge par de fort beaux exemplaires soufflés qui m’ont été fournis par le D'' Staudinger, cette larve ne serait donc pas « n-ue et sans aucune éminence, » ainsi qu’on l’a dit précédemment sans doute d’après le dessin de Freyer qui la représente enveloppée en presque totalité de son fourreau.

La ligne vasculaire est étroite, continue et d’un brun noirâtre ; la sous-dorsale est très-large, continue, brune et liserée de chaque côté de blanchâtre. La stigmatale est fine, claire, ondulée et interrompue sur tous les anneaux. Les stigmates sont entièrement circulaires et noirs.

On dit que cette chenille vit sur les arbres; j’en douterais, eu égard à la nature des matériaux employés à la formation de son fourreau portatif. Au reste, M. Freyer la représente sur la millefeuille; ce que confirme M. l’abbé Fettig i[ui l’a élevée.

INSECTE PARFAIT

Ce n’est que depuis peu d’années que cette superbe Phalénite a été signalée en France. M. Berce nous apprend, dans son 5"’“ volume, p. 102, qu’elle a été rencontrée dans les Pyrénées- Orientales, l’Indre, l’Auvergne et la Charente. Après l’avoir recueillie en automne, en 1845, à la Pape, près de Lyon, au moment de l’éclosion, la Smaragdarian'’di pas été depuis lors, que je sache du moins, revue dans le Lyonnais. Enfin, le 17 juillet 1872, je l’ai retrouvée à Saint-Martin-Lantosque sur les bords de la Vésubie, volant en compagnie de la jolie Phorodesma Bajularia, Geofl’.

Geometra Volgaria

Cette Geometra est aussi une espèce qui a le privilège de conserver en vieillissant sa belle couleur verte, mais moins cependant que la Nem. Aureliaria. La Smaragclaria varie sensiblement par la taille; j’ai sous les yeux de très-grands exemplaires de provenance espagnole, dont un sujet Ç mesure jusqu’à 35 millimètres (pl. 152, fig. 18) et chez lequel les lignes transverses ont disparu pour ne laisser visible que la tache cellulaire blanche.

Cieuiuetrei Volgariu ^ , Gn.

IX, p. 344. — Mill. le., pl. 96, fig. 1.

(Pl. 152, fig. 19 $.)

Dans mon vol. Il, pl. 96, j’ai tiguré le ÿ de cette remarquable espèce, seul sexe que je connusse alors de la Volgaria, que, dès cette époque, je considérais comme séparée, et depuis, la $ obtenue ex larvà m’a été envoyée. Sa vue n’a fait que confirmer mon opinion première, c’est-à-dire que la Volgaria, Gn. me paraît plus que jamais distincte de la Smaragclaria, L. La coupe d’ailes plus allongée, les lignes transverses très-larges, trèsblanches, le vert des ailes antérieures très-pâle, les ailes postérieures presque entièrement blanches en dessus et en dessous, sont des caractères qui devraient ne pas faire douter de la validité de cette Geometra. Je m’étonne donc que le D’’ Staudinger indique comme simple variété de Smaragclaria cette espèce si bien caractérisée spécifiquement. La chenille n’est pas encore connue, mais il est très-supposable qu’elle est différente de celle de la Smaragdaria.

Jusqu’à ce jour la Volgaria n’a été observée que dans la Russie méridionale.

Avant de parler de plusieurs espèces de lépidoptères appartenant en bonne partie aux sommets sub-alpius de nos Alpes françaises, mais plus spécialement à ceux des Alpes suisses, je dirai que des renseignements nombreux et précis sur ces insectes, les uns rares, les autres nouveaux, m’ont été fournis par un intréjiide entomologiste dont l’obligeance, connue et appréciéede tous, ne le cède pas à son ardeur juvénile. Je veux parler de M. Rodolphe Zeller, de Zurich (Suisse). Je commencerai par la

Dasyclia (1) Woclioaria (2) , Stgr.

Cat. Stgr. et Wocke (an. sp. propria?y, p. 169.

(PL 153, tig. 1 à 5)

Cette rare PJialénite ne me semble pas être une simple aberration de la Torvaria, Hb.; je vois en elle une espèce séparée. Le $ et la 9, ainsi qu’on pourra en juger par les figures qui suivent ces lignes, diffèrent notablement de la Torvaria, comme je le dirai dans un instant.

L’œuf qui est relativement gros, granuleux et jaunâtre, passe au vineux trois ou quatre jours après qu’il a été pondu, preuve

(Ij Les chenilles de ce genre qui ne vivent qu’aux dernières limites de la végétation, sur ces pointes rocheuses d’une élévation considérable, où il ne se développe plus qu’une herbe courte et rare et quelques cryptogames, ces chenilles, dis-je, ne sont guère connues que par ce qu’on sait de ÏOperaria, (Var. Scaleltaria, Mill.)

(2) Espèce qui, jusqu’à ce jour, n’avait été ügurée nulle part.

35^ Jjia^rajiTorv. Anne& lôllf.. P1.2Ù3.

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