II I
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Üasydia Wockearia
certaine qu’il est fécondé; il est ovalaire et déprimé. La chenille éclot environ dix jours après. Dans sa jeunesse, elle est, à peu de chose près, ce qu’elle sera parvenue à son entier développement. Vers les premiers jours d’aoùt, presque en même temps que vole l’insecte parfait, se montrent encore quelques chenilles retardataires de la Wockearia, lesquelles ont passé l’hiver engourdies par le froid ([ui, sur ces hauteurs, règne pendant une bonne partie de l’année. Cette chenille rappelle par sa forme, la Gnophos Var. Scalettaria (le. I, pl. 50), cependant elle est moins allongée et un peu plus obscure Elle est assez courte, cylindrique, d’un vert grisâtre incertain et mat. La tète est grosse, rétractile, d’un brun rougeâtre, avec cinq ocelles proéminents, noirs, luisants et disposés on cercle de chaque côté de la tète. Le clapet anal est bien formé. Les stigmates sont relativement gros, d’un rougeâtre obscur et cerclés de noir. La ligne vasculaire est à peine indiquée en vert foncé; la sous-dorsale est large, continue, d’un vert incertain; le ventre est unicolore.
La chrysalide représente assez celle de la Gnophoa Var. Scalettaria, cependant la pointe abdominale est plus obtuse. L’état léthargique ne dure pas plus de quatorze à quinze jours.
INSECTE PARFAIT
Il s’éloigne de la Torvaria par son envergure moindre, par la concavité prononcée de la côte des ailes supérieures, par sa teinte d’un fuligineux presque uni, laissant à peine percer une éclaircie qui accompagne la coudée extérieurement, et aussi par
(l) La chenille d’une antre espèce du même genre, celle de VAndereggaria, que je ne puis figurer aujourd’hui, a les plus grands rapports de forme avec celles de la Scalettaria et de la Wockearia.
la netteté de la bandelette subterminale en dessous. L’espèce se distingue encore de sa congénère par la $ toujours plus grande, les ailes par conséquent plus développées, moins arrondies, l’abdomen remarquablement plus gros, et enfin par la couleur générale plus obscure que chez la Torvaria, de laquelle il nous reste maintenant à connaître la chenille qui devra confirmer mon opinion ; celle de voir dans la Wockearia plus qu’une variété constante de la Torvaria.
La Dasy. Wockearia, m’écrit M. Zeller, vole au col du Stelvio, à une élévation de 3,000 mètres, en plein jour, entre dix heures et midi, effleurant le sol où elle se repose fréquemment, soit sur les pierres (pi. 153, fig. 3), soit en se cachant sous cellesci après un vol court. « C’est, ajoute M. Zeller, sur les crêtes arides mais abritées de ces hauteurs que j’ai découvert, à la fin de juillet, la chenille de cette remarquable Phalénite, réfugiée sous des débris de Dolomie dont elle emprunte la couleur. Le matin, on trouve le papillon engourdi par la gelée blanche de la nuit et paraissant privé de vie. On rencontre alors tout à la fois la chenille, la chrysalide et le papillon. »
(1) Roche particulière offrant un aspect cristallin et une texture lamellaire recouverte par places de parcelles de Mica lamelliforme, au sommet de laquelle se développent de rares et courtes graminées et où se montrent quelques Raminadus glacialis et partiassifolius, Saacifraga caesia et oppositifolia , mais où cependant les lichens dominent , et sur lesquels doit vivre préférablement la Wockearia, bien qu’en captivité elle se soit nourrie des feuilles de Rumesc scutatus.
Glacies Alticolaria
Clacies, Mill. i%lticolaria, Mn.
Mo. Z. b. V. 1853, p. 75. — Gn. I, 320. — HS. n. Schm. 64 à 67. - Stgr. et Wocke, 2414.
(PI. 153, fig. 6 à 9)
Par la forme de la chenille, le genre de vie de celle-ci, par les habitudes de l’insecte parfait et sa configuration, cette Phalénite ne me paraît être ni une Dasyclia ni une Psodos; or, V Alticolaria qui tient de l’un et de l’autre de ces genres, doit en être séparée par cela même, et doit nécessiter la création d’un nouveau genre. Ce dernier cas, M. Laharpe semblait le prévoir lorsqu’après avoir décrit minutieusement l’insecte, il s’exprime ainsi : « Cette espèce intermédiaire des Gnojjhos et des Psodos, genres très- voisins, pourrait motiver une fusion des deux. » Je crois mieux faire que d’opérer la fusion de ces deux genres.
M. Rod. Zeller a, l’an dernier, récolté en nombre ce rare lépidoptère à l’habitat même de la Dasy. Wockearia, au col du Stelvio dont, on se le rappelle, l’altitude est de 3,000 mètres, « volant de dix heures à midi en compagnie de la Psodos Trepidaria et de la Dasy. Wockearia, ayant de cette dernière l’aspect et le vol plutôt que de la Trepidaria. »
J’ai pu obtenir quelques renseignements sur les premières formes de V Alticolaria, et bien qu’ils soient assez incomplets, je les mentionnerai en attendant. Je dirai donc peu de chose de la chenille, car les divers sujets que j’élevais avec un grand soin, sont morts après la seconde mue. Les jeunes Alticolaria ressemblent beaucoup à la Wockearia bien qu’un
H) Si la création du genre Glacies pour Y Alticolaria n’était pas absolument nécessaire, cette dernière Phalénite appartieiidiait plutôt, par sa chenille, au genre Dasydia qu’au genre Psodos.
peu plus courtes et de couleur moins sombre; pourtant elle est beaucoup plus délicate qu’elles. Je la suppose telle que je la figure (pl. 153, n’’ 6) sans être absolument certain qu’elle dût être ainsi parvenue à toute sa grosseur. Je l’ai nourrie avec les Léontodons, mais les plantes cryptogames, qui croissent abondamment à son habitat, doivent être, je l’ai pensé trop tard, l’unique nourriture de cette chenille qui demeure « ensevelie sous la neige pendant prés de dix mois. »
L’œuf do V Allicolarta ressemble à celui de la Wockearia\ il est un peu moins ovale. Pondu à la fin de juillet, il éclot moins do quinze jours après. La chenille doit, dès le mois de septembre ou octobre, s'engourdir et demeurer ainsi jusqu’au m is de mai de l’année suivante. Il arrive, pour les chenilles qui vivent à de pareilles hauteurs, que, bien avant que la neige soit entièrement fondue, les plantes, par l’élévation graduelle de la température, commencent à végéter sous une dernière couche de neige, et que, de leur côté, les chenilles revenues de leur long sommeil se remettent à manger et à grossir dans un milieu qui semble anormal, ainsi recouvert de neige.
La Glacies Aliicolaria, par suite des récentes observations de M. Zeller, varie beaucoup, aussi bien pour la couleur fuligineuse qui s’affaiblit, que pour l’envergure. Le cP que je fais représenter (pl. 153, fig. 9) en est un exemple, car il mesure millimètres, alois que le a’ type, fig. 8, n’en porte que 22. Cependant le dessous des quatre ailes de (îette race des hautes Alpes suisses a toujours un fond noir « tirant sur le bleu d’acier avec les bandes subtenninales d’un blanc argente d’un vif éclat et lisérées de noir profond. »
Erebia Gorge
Erebia Gorge, Esp.
i Var. Tî’iopes, Spr. j — Slgr. 312.
(PI. 153, fig, 10)
Cette variété constante des sommets alpins, décrite par le docteur Speyer dans les Annales Entomologiques de Stettin, n’avait pas encore été figurée. La simple phrase descriptive qu’en donne M. Staudinger dans son dernier Catalogue, p. 2P). peut à la rigueur suffire pour faire connaître cette aberration : « AL ant. apice ocellis 5 apicalibus. » La Var. Tnopes est demeurée rare. Je tiens de l’obligeance de M. Zeller les deux sexes de cette variété constante qu’il a prise lui- même au Stelvio.
Eupithceia? Eenestrata, Mill.
(Species nova.)
(PL 153, fig. 14 et 15.)
C’est assurément une des plus remarquables du genre et qui ne peut se comparer à aucune autre aussi bien pour l’envergure O) que pour la couleur.
L’exemplaire que j’ai sous les yeux est des mieux conservés; cependant c’est à peine si, sur le fond blanc, on distingue les lignes transverses ordinaires qui sont fines, interrompues, d’un
(1) « La plus fameuse Eupitliecia que j’ai jamais vue » Staudinger, lettre du 8 février 1874.
Je ne partage pas précisément l’opinion de notre collègue à l’égard de la place i|u’occupe ce lépidoptère; si j'en fais une Eupitliecia , j’avoue ne pas être bien sûr que ce ne soit pas autre chose.
(2) Sauf Y Eupitliecia Magnata, qui mesure 32 millimètres.
gris roussâtre, un peu moins effacées aux ailes supérieures qu’aux inférieures. Le coude, formé par la ligne dite coudée, est arrondi aux quatre ailes. Les franges sont assez longues et d’un blanc satiné. Le dessous des quatre ailes est d’un gris blanchâtre, surtout aux supérieures ; cependant les lignes ordinaires indiquées en gris foncé, sont mieux marquées qu’en dessus ; la coudée présente une dentelure interne fine et régulière. Le point cellulaire qui n’existe pas en dessus, n’est que très-imparfaitement visible en dessous. Les antennes sont fines et blanches, mais elles sont grises en dessous. Le vertex est blanc; le thorax, relativement robuste, est d’un blanc pur ainsi que l’abdomen gros et très-aigu à l’extrémité. Les pattes sont d’une longueur normale et grises; les postérieures sont munies d’éperons courts.
Le 5 m’est inconnu.
J’ai capturé VEupith. Fenestrata le 5 août 1872, à Fenestre f', situé à quatorze ou quinze kilomètres de Saint-Martin-Lantosque (Alpes-Maritimes), sur la frontière italienne, à une altitude d’environ doux mille mètres. L’insecte, pendant le jour, se tenait au repos, au milieu de hautes herbes bordant un ruisseau formé par les neiges fondantes des crêtes voisines, à quelques pas au-dessous de la chapelle.
Cette nouvelle Phalénite trouvera place après VFup. Magnata.
Larentia Incuitaria, HS.
p. 162, f. 372, 456. — Led. — Lali. — Gn. — Stgr.
(Var. Latifoliata, Mill.)
(PI. 153, fig. 16 à 19.)
Le 5 octobre t873, M. Kod. Zeller, de Zurich, me faisait par-
(1) Notre-Dame des Feneslres, lieu de pèlerinage qui, au 15 août, attire chaque année un grand nombre de pèlerins de France et d’Italie.
Lorentia IncuUaria
venir à Cannes huit chenilles de Phalénite qu’il avait, quelques jours auparavant, rapportées des hauteurs de Gélerina (Suisse) sans savoir ce qu’elles devaient produire. Le lendemain de leur arrivée, cinq de ces chenilles se sont transformées dans la mousse où, sous l’état de chrysalide, elles ont passé l’hiver. En automne, ces larves ont vécu de graines récemment formées de la « Priniula latifolia, leur nourriture ordinaire. » Cependant ces Larentia ont été nourries pendant plusieurs jours avec les feuilles d’une chicoracée.
Cette chenille a un peu la forme et l’aspect de certaines Eupithécies ; aussi ai-je pensé d’abord qu’elle appartenait au genre Eupithecia. Elle est assez courte et d’un vert clair. Les lignes vasculaire et sous-dorsales sont imparfaitement écrites en vert foncé, mais la stigmatale est large, ondulée, d’un vert très-clair ; cette ligne est lavée au centre de carminé plus ou moins vif. La tête est petite, globuleuse et concolore. Les dix pattes sont d’un vert blanchâtre.
La chrysalide est d’un brun clair, avec les anneaux abdominaux d’un beau vert.
L’éclosion du lépidoptère qui a commencé dès le 15 avril de l’année suivante à Cannes, s’est continuée pendant environ une semaine.
INSECTE PARFAIT
Par sa petitesse relative, cette variété constante qui ne mesure que 18 à 19 millimètres s’éloigne sensiblement du type et pourrait faire penser, au premier abord, qu’elle représente une espèce distincte. Les ailes supérieures sont d’un gris foncé.
(1) Due peut-être à ce que les chenilles ont souffert en captivité.
(2) Les dix-huit ou vingt IncuUaria obtenues ex larvà ^ par M. Zeller ont toutes cette envergure.
luisantes, un peu verdâtres et traversées par les lignes extrabasilaire et coudée ; celles-ci sont larges, en zigzag, blanches, interrompues et partagées au milieu par un liseré fin et obscur. Les lignes basilaire et subterminale sont très-fines et blanchâtres. Un point noir, placé entre chaque nervure, limite la frange qui est concolore. Le point cellulaire est petit, oblong, noir et bien indiqué sur les quatre ailes en dessus et en dessous. Les secondes ailes sont uni colores, d’un gris un peu bleuâtre, sans aïKîune ligne, mais avec un liseré obscur qui limite la frange. Les antennes sont filiformes et noirâtres. Les yeux sont gros; le vertex est blanc. Les pattes sont noires et annelées de blanc. Les secondes sont munies d’une paire de tarses, les troisièmes en ont deux.
La Ç ressemble au ÿ. h' Incultaria est à peine connue des lépidoptérologues.
"roi’trîx Steînerîana, Hb.
f. 170. — HS. 57, 58. — Hein. 47. — Stgr. et Wocke, 746.
(Var. ? Stelviana, Mill.)
(PL 153, fig. 11 à 14.)
Le type est peut-être le lépidoptère le plus abondant sur les plus hauts sommets de la France, de la Suisse, etc. Deux variétés de cette espèce ont été publiées ; la Lusana, HS. f. 330, et la Dohrniana, Hb. f. 16‘2. Je viens à mon tour faire connaître une troisième variété constante de cette Tortricide. Elle semble appartenir plus spécialement au Stelvio et autres sommets alpestres qui l’entourent. La chenille du type, pas plus que celle des variétés de \sl Steineriana, n’était connue; s’il m’est donné de publier cette nouvelle aberration sous ses divers états, c’est encore à l’obligeance de M. Rod. Zeller, qui m’a fait parvenir la
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CHENII.LE
Celle-ci est allongée, fusiforme, avec seize pattes bien visibles. La tète est lenticulaire, noire, teintée de jaunâtre an centre. Ims pattes écailleuses et la plaque du premier anneau sont d’un noir lie jais et luisantes. L’écusson du deuxième anneau est petd, luisant et également noir. Tout le corps est d’un brun noirâtre sans aucune ligne. Les trapézoïdaux et autres points sont clairs et donnent naissance â des poils très-courts.
Le 4 juillet 1872, jour de l’arrivée chez moi des chenilles en question, elles étaient parvenues â leur taille et ne mangèrent plus, je ne puis savoir au juste ce qu’est la plante qui les nourrit sur les sommets où il ne se développe qu’une végétation herbacée très-courte et rare, et où ces chenilles vivent cependant en abondance. Elles se sont toutes transformées aussitôt arrivées à Cannes, et le 26 dn même mois je voyais éclore ma première variété Stelviana.
iNSECTE parfait
Il s’éloigne du type par l’étroitesse relative des ailes antérieures, la teinte argileuse pâle de ces dernières, par la côte blanchâtre dans toute son étendue, et par la présence d’une tache allongée, hrune qui occupe le centre des supérieures. En outre de la strie brune qui précède la frange, on voit encore quelques points bruns paraissant placés sans ordre. Les quatre ailes sont très-luisantes; les inférieures sont grisâtres avec de larges franges blanchâtres. Les antennes sont noires et la pointe abdominale tire sur le fauve. Les sujets que j’ai obtenus à trois ou quatre jours d’intervalle présentent les mêmes caraidères.
Guenea Boi'reonella » Mill.
( Species nova )
(PI. 153, fig. 20 et 21)
Bien qu’ayant l’article basilaire dilaté, avec la tête toutfue, cette nouvelle espèce ne doit pas plus être une Tinea 0) qu’une Bucculatrix , à run ou à l’autre desquels genres on pourrait croire au premier abord qu’elle appartienne. Les Bucculatrix , ainsi qu’on le sait, se distinguent par le front lisse, la tête velue, et surtout par l’absence des palpes (Staint. VIII, p. 2). Les Tinea ont aussi la tête velue, mais leurs palpes sont courts et droits. Voici la description de la Borreonella.
Envergure : 9 millimètres. — Les quatre ailes sont étroites et relativement allongées; elles sont de couleur argileuse sans autre dessin qu’une strie brune longitudinale interrompue vers le milieu. Les ailes antérieures se distinguent par leur aspect luisant et comme satiné. En dessous les quatre ailes sont semblables au dessus, mais d’un aspect un peu plombé. La tête est très-laineuse et d’un fauve pâle. Les antennes sont allongées, moniliformes , faiblement ciliées, presque aussi épaisses au sommet qu’à la base, argileuses, luisantes, avec une légère nodosité au premier article. Les yeux sont noirs, les palpes sont longs, minces, incombants (pi. 153, fig. 21) avec le second article garni de longs poils soyeux. Le thorax et l’abdomen sont iinicolores et aussi luisants que les ailes.
(1) Voici ce qu’à la date du 9 octobre 1872 M. Staiiiton me mandait à l’égard de ce curieux lépidoptère : « Votre numéro 11 est une chose nouvelle et très-intéressante. Je l’ai prise d’abord pour une Tinea, mais les palpes sont trop minces et trop longs. »
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