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Lycœna Melanops. 71
les côtés , veloutée et recouverte de poils courts, serrés et grisâtres. Les anneaux du milieu sont à peine renflés au sommet. Chez le type, le fond est d’un gris bleuâtre ; il est d’un vert pomme chez la variété. Les lignes vasculaire et sous-dorsale, qui sont assez larges et continues, du second au pénultième segment, sont d’un vert glauque qui tranche à peine sur le fond. Ces lignes sont finement interrompues aux incisions. On voit en dessous de la sous-dorsale, du troisième au neuvième anneau, un petit trait d’un gris bleuâtre placé diagonalement sur chaque segment et qui forme en se réunissant à un autre trait placé en dessous, une sorte de V couché. La ligne stigmatale est large, ondulée, continue, blanchâtre et finissant en pointe pour se réunir à un clapet anal à peine formé. Le ventre est unicolore et d’un vert bleuâtre pâle. La tête est petite, rétractile et d’un pourpre foncé. Les pattes sont très-petites ; les écailleuses sont testacées, les autres blanchâtres.
Cette chenille, qui se transforme dans la première quinzaine de juin, vit en Provence exclusivement sur Dorycnium. Je ne l’ai rencontrée abondamment qu’en un seul lieu des environs de Cannes, au centre d’un bois de pins d’Alep qui touche la propriété deM. Garnier-Pagès. Elle se chrysalide parmi les débris de végétaux , fixée à un corps dur.
L’état léthargique a une durée de plus de dix mois; l’insecte parfait n’a donc qu’une seule génération. Pendant ce long espace de temps on perd un assez grand nombre de chenilles élevées en captivité, lesquelles se dessèchent avant l’èclosion du lépidoptère.
La chrysalide ressemble à celle de la Lycœna Telicanus bien que rase et moins foncée. Mais la chenille , avant de former sa nymphe, file une légère toile pour l’abriter pendant son long sommeil , et, c’est au centre de cette toile , qu’elle se place la tête en haut.
chenili.es et lépidoptères inédits.
INSECTE PARFAIT
Le O*, on le sait, est d’un beau bleu un peu violâtre, avec une bordure noire suivie de la frange blanche , et la ? est d’un brun noir, avec la base des ailes bleu violâtre, et une lunule noire aux ailes supérieures.
Après que M. de Saporta a eu découvert cette Lycèiie, on s’est généralement plu à répéter d’après lui que le Melanops vole sur les pelouses sèches et arides de la Provence , et qu’il aime à se reposer sur les fleurs du thym, tandis qu’en réalité, c’est plutôt au centre des forêts de pins où abondent les dorycnium (1), plantes qui nourrissent sa chenille et sur lesquelles je l’ai toujours vu se poser. Ce ne doit être qu’accidentellement qu’il butine sur les fleurs de thym.
Le Melanops varie pour la taille : certains exemplaires femelles , prises au vol, sont de près de moitié plus petites que d’autres,
La Lycœna Melanops succède à la L, Hylas (var. Panoptes, Hh.).
Ces deux espèces volent presque toujours dans les mêmes lieux, mais l’une, comme je viens de le dire , disparaît quand l’autre arrive.
(1) Lesquels pour se développer ne demandent jamais une grande exposition au soleil, mais plutôt des lieux abrités de ses rayons, et toujours sur des terrains à base calcaire.
Lycœna Argiolus.
Ijycœna Cy Haras ^ Rott.
(1775). — Esp. — God.— De Vill. et Gn. — Frey. — Stgr.- Berce, — Damœtas, S. V. (1776). — Hb., pl. 266, fig. 8.
(PI. 108, fig. 5 et 6.)
Je fais représenter une variété du Cyllarus d" volant â Cannes en compagnie du Melanops.
Les trois sujets que J’ai recueillis ne varient pas; ils se ressemblent aussi bien par l’envergure, la disposition des taches ocellées des ailes en dessous , que par la couleur.
Par sa petite taille, ce Cyllarus d" se rapproche tellement du Melanops, qu’on le prendrait volontiers pour un hybride de Cyllarus et de Melanops. J’avoue même que je ne suis pas absolument certain qu’il n'en soit pas un.
Je n’ai pu encore rencontrer la ? , dont la vue trancherait sans doute la question. Quoiqu’il en soit, cette race méridionale paraît constante par son exiguïté relative.
liycœna Argiolus , L.
S. V. — God. — Frey. — De Vill. et Gn. — Stgr.-Berce. = Acis, Fab. — Hb. = L’Argus bleu à bandes brunes , Engr.
(PL 108, fig. 7 à 9.)
La chenille de cette Lycène , trés-voisine pour la forme de celle du Melanops, a été rencontrée par moi aux environs de Cannes, vivant
CHfîNILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS.
à la même époque , et sur la même plante que la larve de sa congénère. Elle a aussi les mêmes mœurs, car elle n’a produit son insecte parfait que Tannée suivante.
La chenille de VArgiolus vit, à n’en pas douter, sur d’autres plantes que les Dorycnium (1), puisque ceux-ci, qui la nourrissent en Provence, n’existent pas au centre et au nord de la France où cependant on trouve fréquemment Tinsecte parfait.
Est-il bien certain que cette chenille vive sur le Rhamnus frangula, L., ainsi que Ta dit Ochsenheimer qui en a parlé le premier? Quoi qu’il en soit , je n’ai pas vu cet arbrisseau dans la région du littoral.
Cette larve d’Argiolus qui n’a été, je crois, figurée nulle part, a, comme celle de la précédente Lycène, tous les caractères du genre; elle est ovoïde, un peu allongée, plate en dessous, convexe en dessus, carénée latéralement, avec les anneaux du milieu relevés en pointe obtuse, et recouverte de poils courts et serrés. Le fond est d’un beau vert pomme sur lequel se détachent les lignes qui sont d’un blanc vif, lesquelles ne partent que du second anneau pour aboutir au pénultième. La ligne vasculaire est très-fine ; la sous-dorsale, du troisième au dixième, présente un dessin festonné et liseré de vert obscur en dessous.
La ligne stigmatale est large, ondulée, continue, et également liserée de vert foncé en dessous. La tête est petite , jaunâtre , avec les mandibules vineuses. Les pattes écailleuses sont testacées , les dix autres concolores.
La chenille, qui a bientôt atteint tout son développement, se transforme vers la fin de mai, ou pendant les premiers jours de juin.
L’état léthargique qui a duré plus de dix mois, n’a cessé qu’à la fin de mars de Tannée suivante, époque où a paru Tinsecte parfait.
(1) Elle vit encore sur le lierre (Hedera hélix) De Vill. et Gn,, p. 30.
Lycœna Argiolus. 75
Cependant la Lycœna Argiolus a , dans nos pays du centre et du nord de la France, deux et trois générations ; comment alors expliquer que les sujets de cette Lycène élevés par moi en Provence, soient demeurés plus de dix mois en chrysalide, et que pas un seul n’ait paru pendant l’automne qui a suivi la transformation ?
Ce charmant insecte diurne nous arrive avec le premier printemps; sa présence réjouit la vue du jeune chasseur qui ne réussit pas toujours à le saisir, car il est farouche et a le vol rapide.
V Argiolus d' ne varie pas. Quant à la ? , on rencontre parfois des individus chez lesquels la bordure noire de l’aile supérieure en dessus, envahit une bonne partie de sa surface.
M. Freyer nous montre dans son Iconographie, (Tab. 445, fig. 2), une $ d’ Argiolus dont les ailes supérieures en dessus sont, sauf la frange et la côte, complètement d’un noir fuligineux.
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