‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopt̀eres inédits (volume 3)Chapitre 8 sur 68 · Insecte parfait cf · texte numérisé non relu

Insecte parfait cf

Tige de Callma vulgaris , Salisb.

Tige de Dorycnium decumbens, Jord.

AnnaZ&r de- SociétÂ' Zin/ieenn^- de' Lyorv. 2Ù^ Liv. Années i8jo. PI. ioq.

â. Pi/i/niad'îia VenePirur . EIk 12 a lù , Scopari<7 i /7ûrrt(7li<.^, Z.et.iy. Ku\ PTapolütiho'. Mi/l.

ÎTË

INÉDITS

VAP.

P. MÎLLIÈRE

VINGT-GINQüîÉME LIVRAISON

(Présentées à la Société Linnéeniic de Lyon, le 10 janvier 1870)

CEesleoMsa AisÊg-HStaîBs, W.-V.

Hb., 21, 123. — Haw., p. 108. — Tr., p. 46, etSup., p. 7. — Dup.. p. 78, pi. 214, f. 4 et p. 235, f. 8. ■— Wood., 770, — Gn.,p. 137. “Stgr. Gat., 32. == Erigalis, Fab. et Cr. Erigatus, Siip., 30. Curtalis, W.-V. A, -8. — Fab., 409. = Bombycatus, Haw., p, 368.

(Pi, 109, ûg. 1 à 4.)

Le genre Cledeobia, de Stephens, adopté par les auteurs français, est un des plus beaux parmi les Pyralites ; c’est aussi un des plus nombreux puisqu’il compte près de vingt espèces. Cependant, le diraije? pas une seule de ses chenilles rra encore été observée ; aussi, est-ce

8î r.HEWLÏ.ES ET LÉPilHlPTÈRKS INÉDITS.

avec empressement que je ferai connaître les mœurs de celle de ÏAngustüUs, la plus commune de toutes les Cledeobia.

Eo parlant du genre Cledeobia, l’aiUeur du Spécies général qm, avec sa perspicacité habituelle, a vait deviné les habitudes de quelquesunes de ses larves, s’exprime ainsi (Vifl, p. 136) :

« j’inclinerais plus à penser que leurs chenilles, qui nous sont malheureusement inconnues , vivent comme celles des derniers (les Crambus) dans des galeries creusées dans le sable ou sous des touffes d’herbes, que de supposer, comme le fait Treitschke, qu’elles passent leur vie renfermées dans les tiges des roseaux et des plantes aquatiques. »

C’est en effet dans des terrains légers et sablonneux que vit, en juin, la chenille û"AngusîaUs, ainsi qiron va en juger (I).

Elle est allongée, cylindrique, très-plissée, d’un brun argileux un peu rougeâtre, principalement sur les anneaux du milieu. La plaque du premier segment est très-large et à peine plus foncée que le corps ; celle du dernier anneau est relativement petite. On ne voit pas de ligne vasculaire ; la sous-dorsale est simplement indiquée par un trait ün et ondulé ; la stigmatale se distingue à peine. Les pattes écailleuses sont testacées; les dix autres sont concolores; les stigmates et les trapézoïdaux sont petits et noirs. On voit enfin quelques poils coui'ts sur les derniers anneaux.

(i) Jedirai, parla même occasion, deux mots de la chenille de Vllybridalis, Hb , unique espèce du genre Slenopterijx, chenille qui n’est pas davantage connue que celle A’Angustalis, et dont il n’a été question nulle part. Elle vit dans des lieux secs el sablonneux, au centre des racines de graminées où elle passe sa vie et où elle se métamorphose. Cette larve est allongée, a seixe pattes bien visibles; elle est de couleur livide, av«c des trapézoïdaux petits et bruns; la tête est noire et le premier anneau est recouvert d’une large plaque également noire. L’insecte parfait est aussi abondant aux environs de Cannes et de Lyon que partoid ailleurs.

Cledeohia Angu&talis. 83

Cette chenille, qui est très-vive, n’avance que par soubresauts. Elle doit se nourrir de racines de mousses, de cryptogames ou de très-petites plantes basses qui y sont mêlées. J’ai rencontré cette espèce en nombre aux environs d’Ax (Ariége), vers le 15 ou le 20 juin, sur des rochers bien exposés, recouverts de mousses et de graminées courtes parmi les racines desquelles cette chenille vit dans des galeries formées de grains de sable, de terre et de soie brune, oi: elle demeure immobile pendant le jour. La transformation a lien vers la ün de juin, et l’éclosion du lépidoptère, du 20 au 25 juillet.

INSECTE PARFAIT

Je commence par dire que Duponchel, MM. Herrich-Scîiaeffer, Gneuée et Staudinger sont d’accord pour la synonymie de cette espèce sur laquelle la confusion a îoujoiirs existé chez les anciens miteurs, à commencer par les Thérésiens, qui ont considéré le edet la comme deux espèces séparées.

Le o” est connu de tout le monde; cependant il varie pour la couleur des ailes qui sont tantôt d’un roux isaheile, tantôt d’un rougeâtre très-obscur où la coudée, claire et large d’ordinaire, disparaît presqu’pnUèrement, avec les ailes inférieures très-brunes. La 9 , bien différente du cô pour îa înile et la couleur, a été longtemps méconnue, et désignée sous un nom autre que celui iVAngiistalis. Elle a les ailes étroites et courtes, avec l’abdomen épais et long ; ce qui ila rend lourde et l’empèche le plus souvent do voler. C’est à cette cause qu'il faut attribuer sa grande rareté.

La Cled. Angustalis, qui n’a qu’une génération, doit être aussi abondante dans les Alpes-Maritimes qu’elle m'a paru l’être dans i’Âriége. En tout cas, elle ne peut guère être plus commime dans ces deux localités que dans le département du Rhône, à la lin de. juillet et pendant la première quinzaine d’août. C’est sur les coteaux secs de b) Pape, sur les rochers des Esgnilloiis qu’elle vole en abondance à la tombée de la nuit.

CHEiNiLLES ET LÉi’iüÜPTEP.ES iiNËDÎïS.

St

Ok. üüponciie], qui a ügLiré assez exactement le a’, ne devait pas aiürs connaître la ? , autrement il ne se serait pas exprimé ainsi (p. 79, V. 8®, 2") : .( Cette description faite sur le ce’, peut s’appliquer egalement à la $ , avec cette différence que celle-ci est généralement d’une teinte plus claire. » Cependant cet iconographe nous donne plus tard (pi. 235, fig. 8), la $ (T Ânguslalis exactement reproduite; mais comme cette figure n’est accompagnée d’aucun texte, Duponchei n’a pas reconnu qu’il s’était primitivement trompé.

J’ajouterai que Treitschke s’est mépris lorsqu’il nous a dit que la chenille û''Avgiisîalis pourrait vivre sur i’É|tilobe des marais.

Hb., 329. — Ti'., 1, p. 259 et Sup. X, p. 18G. — Üup. Y, p. 53G, pl. 208, f. G. — Bdv. Î939. — II. -S., p. 103, et Sup., p. 75, f. 444. — Lah., iOT. — Gn. IX, p. 322.= Ftiscaria, Tlib. — Led. — Stgr. 327. = Cauitiaria, Frey., pl. t25, fig. 4.

(PI. 109, %. 5 à s.)

Non seulement la chenille de cette curieuse espèce, qui forme genre, est restée inconnue jusqu'à ce jour, mais il est probable que la Vemtaria ?. n’a été que très-imparfaitement connue par les auteurs qui en ont parlé, autrement ils n’auraient pas manqué de dire que cette $ a les ailes très-courtes, très-étroites ; qu’elle est dans l’impossibilité absolue de voler, et que c’est à cause de cela qu’elle est demeurée pendant si longtemps d’une extrême rareté.

J'ai pu m’assurer que le cf, qu’on prendrait volontiers pour une Psycbide, vole en essaims, ainsi que nous l’a dit le premier M. le docteur de La Harpe, sur les prairies des hautes Alpes, au bord des glaciers, en juillet et août. C’est dans ces conditions que, le 18 juillet 1862, j’ai capturé au Montenvert un certain nombre de Venetaria d' volant au soleil sur les pentes qui dominent la mer de glace.

Pygmaena Venetaria. 85

Je ne connaissais pas alors la ? ni ses habitudes. Elle se tient cachée sous l’herbe courte : d’autres fois cependant, elle grimpe, vers le milieu du jour, à une tige de plante basse, et y demeure fixée pendant quelques heures. C’est alors qu’a lieu l’acte copulatif (I).

Indépendamment de chenilles à toute leur taille, j’ai reçu de Celerina, à Lyon, une ponte de cette Veneîaria-, les œufs sont ovales, granuleux et d’un vert bleuâtre.

Elle rappelle pour la forme celle de la Mima Euphorbiata. Elle est courte, très-plissée, carénée sur les côtés, grossièrement chagrinée et recouverte de poils fins, serrés et très-courts. Elle est en outre d’un brun rougeâtre rappelant la terre de Sienne, couleur qui se prononce au point de devenir presque noire en dessous et en dessus de la ligne stigmatale qui, elle-même, est large, continue et un peu plus claire que le fond; la vasculaire est fine, obscure et interrompue; pas de sous-dorsale; le ventre est concolore, sans lignes et sans dessins. La tête est relativement très-grosse, brune et éclairée de rougeâtre sur les côtes. Les dix pattes sont unicolores. Cette chenille est très-lente ; elle vit, suivant MM. Zeller, sur plusieurs espèces de plantes herbacées et sous-arbrisseaux, notamment la Draba verna, la Viola calcarata et VUm îirsi.

La transformation a lieu à la fin de juillet, dans la mousse ou les feuilles sèches, et, quinze jours après, au plus, éclôt l’insecte parfait.

(1) Renseignements qui m’ont été fournis par MM. Rod. Zeller père et fils, de Zurich. Ces entomologistes sont parvenus à étudier sur nature les mœurs de cette intéressante Phalénite.

Nos collègues, MM. Guenée et Fallou, m’ont, d’autre part, communiqué qu’ils ont pris abondamment sur les pentes du Rifîelberg des chrysalides de la Venslaria qui leur ont donné des individus des deux sexes, mais les $ dans une proportion très -inférieure aux d'. Quelques-unes de ces $, à l’état parfait, se traînaient dans l’herbe et ont été également recueillies.

CKEWU.ES ET EÉriDOTTÈHES I^^ÉOÎTS.

On {roiive. en mêms temps que ce dernier, la chenilie divers âges et la chrysalide.

l.XSECTE PAHFAiT.

Les ailes sont grandes, îninces, d’im noir fuligineuxv chez les sujets récemment éclos, avec le corps grêle et noirâtre ; les antennes sont de moyenne longueur, pecîinées, épaisses.

La 2 diffère essentiellement du cd; elle a les ailes courtes, étroites, aiguës à l'extrémité, plus claires que celles du cd, traversées aux supérieures par une double ligne médiane brune. L’abdomen est long et dépasse les ailes.

Obs. Les œufs, qui sont pondus en août, tardent peu à éclore ; les petites chenilles doivent atteindre leur seconde ou leur troisième mue avant les gelées précoces de ces hauteurs. C’est à ce moment que les larves de la Veneîaria, surprises par les premiers froids, demeurent ensevelies sous d’épaisses couches de neige en un complet engourdissement jusqu’aux premiers Jours de juin de Tannée suivante.

^eÉîsa?%''Mî9K»ïos® , God.

Gn. — Berce, II, p. lOG. =zAurita, Esp. — Frey. — -Ilerr.

( Var. Pallens. )

(PI. 109, fig. 9 à 11.)

11 m’a été envoyé de Suisse, à la fin de juillet, par M. Rocl. Zeller, plusieurs chenilles de la Setina Ramosa, rencontrées sur les hauteurs qui entourent la petite ville de Geferina. Ainsi qu’il arrive pour beaucoup de lépidoptères de ces régions élevées, l’insecte parfait vole en même temps qu’on rencontre sous les pierres la larve et la chrysalide.

Seiina Ram osa.

GIIiiXILLE.

Elle est assez courte, cylindrique, faiblement carénée sur les côtés, velue, avec les poils qui sont médiocrement longs, entièrement noirs et sans aucun mélange de blanc ou de fauve. Sur le fond de la peau, qui est obscur, se détachent les lignes ordinaires indiquées par des séries de tubercules mamelonnés de grosseurs diverses, lesquels sont d’un jaune vif. La première de ces lignes, ou séries de points saillants, est large surtout à partir du 3' au W. La ligne sous-dorsale est plus étroite que la précédente; la stigmatale est caractérisée par une double série de points oblongs et superposés par deux sur chacun des anneaux. La tête est petite, noire et luisante ; les pattes écailleuses sont noires, les dix autres sont d’im pourpre obscur ainsi que le ventre.

Cette chenille ne pas aît vivre que de divers Lichens qui croissent en abondance sur les rochers. C’est avec la Pdtigera canina que j’ai nourri les chenilles que j’ai élevées, lesquelles m’ont paru manger sans interrnption pendant le jour. Elles se sont métamorphosées du 10 au 15 août.

INSECTE PARFAIT

îl varie beaucoup ; presque tous les entomologistes ont décrit le type et quelques variétés ; cependant la pins remarquable peut-être est une aberration pâle de l’un et l’autre sexe, rapportée de Zermatt par M. Fallou, variété qui, je crois, n’a été figurée nulle part. Chez cette aberration, qui est constante (PI. '109, fig. 10 et 11.), le fond est d’un jaune paille assez pâle avec les lignes ordinaires et séries de points noirs à peu de chose près les mômes que chez l’espèce ordinaire. Les pattes et les antennes participent de la couleur anormale de l’insecte.

Les anciens auteurs ont à peine connu les femelles du genre Setina;

SS OMENILT.KS ET LÉPIBOPTÈRES INÉDITS.

ils ne les ont da moins pas figurées. Ces femelles sont demeurées longtemps très-rares par suite de restrême difficulté qu’elles ont de voler. En effet, leur abdomen Irès-développé et leurs ailes courtes doivent s’opposer le plus souvent à leur vol.

La S. Ramosa î se tient sur les rochers, piuussns, au lieu oii, le jilus souvent, a vécu sa chenille, et qu’elle ne devra guère quitter. C'est là que, aux premiers rayons du soleil, voltigent lourdement les mâles, et qu’a lieu l’acte copulatif.

Non seulement cette Setina habite les vallées hautes de la Suisse; mais en France, on la rencontre dans les Basses-Alpes, en Savoie, et, selon toute probabilité, elle doit faire partie de la faune des Alpes- Maritimes.

Obs. Je ne partage pas l’opinion des enlomologisles allemands qui pen-ent que la Ramosa n’est qu’une variété d'Aurita, par la raison que les insectes parfaits me semblent suffisamment différer entre eux. C’ei't aussi l’opinion de notre savant collègue, M. Guenée, qui a donné, dans les Annales de la Soc. ent. de France (année 186B), des renseignements très-complets sur ces deu.x espèces de Selina, dont les chenilles se ressemblent au point de les confondre. Le même auteur nous a dit que ces larves ne différaient guère de celle de VIrrorea qu’il a élevée bien souvent.

Scopàpim Cwag'ctaSis, Zell.

Zell., Unnæa, p. 308, fig. 14. — llerr.-Sch., p. 46. • Gn., VIII,

p. 430. = Angustea, Step., p. 3012. — Wood, 1430 ?

(PI 109, fig. de 12 il 17.)

La chenille de cette espèce vient augmenter le très-petit nombre des larves de Scoparia qui ont été découvei tes. Bien que la connaissance de cette chenille n’apprenne rien de nouveau sur les mœurs

Scoparia Coarctalis.

de celles du genre, on ne lira pas sans quelque inlerèt peut-être ce qui se rattache aux premiers états de la S. Coarctalis appartenant à l’Europe méridionale, où elle semble être d’une extrême abondance et où l’insecte parfait, qui vole en même temps que vit la chenille à tous ses âges, se rencontre aussi bien pendant l’hiver qu’au printemps et à l’automne.

Elle a tous les caractères de celles du genre ; elle est vermiforme, atténuée postérieurement, d’un gris livide obscur, lisse, recouverte de points pilifères saillants, noirs, luisants et ainsi disposés ; Les deux premiers des quati’e points trapézoïdaux sont sensiblement plus gros que les deux autres. Un seul point allongé occupe, de chaque coté, la place de la sous-dorsale; les stigmates sont noirs; les seize pattes sont concolores. La tête est globuleuse, noire, luisante, lavée de jaunâtre sur les joues.

Cette chenille vit sous la mousse, à l’exposition du nord, dans des galeries c}dindriques formées de grains de terre et de soie, ouvertes aux deux extrémités et d’où elle s’échappe soit pour manger, soit pour fuir le danger. Elle ronge les racines de.s mousses et peut-être bien les tiges de ces plantes récemment poussées. C’est au bord supérieur de sa galerie, quelquefois très-longue, qu’elle se transforme dès le premier printemps. Au surplus, vers le milieu de mars 1869, je trouvais à Naples , contre les murailles moussues de l’ancienne route de Pausilippe, la chenille de la Coarctalis k tous ses âges, la chrysalide et l’insecte parfait ; celui-ci plaqué contre les murs humides du même lieu.

La chrysalide, qui est assez longue, est d’un jaune ambré, avec l’extrémité abdominale obtuse, brune, et terminée par deux trèspetits crochets.

J’ai retrouvé plusieurs sujets de la même chenide à Monte-Mario, près de Rome, sur de vieux arbres recouverts de mousses et dans les

mêmes conditions que celles que j’avais observées à Naples, î^es murailles en ruines, à Rome, dont quelques-unes sont garnies de nombreuses mousses, ne m’ont pas donné cette chenille; mais l’iiiver suivant, M. de Peyerimlioff et moi l’avons rencontrée abondamment sur fa roule d’Anlibes, contre les murs moussus exposés au nord.

INSECTE PARFAIT

I! est effectivement impossible de le confondre avec aucune autre Scêparia à cause de l’étroitesse de ses ailes et de la netteté de la tache orbiculaire et des deux lignes transversales (-l) qui occupent res|iace médian fort large chez celte petite Eudorée.

La S. Coarctalis est peut-être la plus exiguë parmi les vingt-huit ou trente espèces connues jusqu’à ce jour. Elle varie; je figure, (pl. 100 n“ 17), une aberration constante que je nomme

Var. Napolitalis

chez laquelle la base de l’aile supérieure, le centre et le bord externe de la coudée, ainsi que la grosse tache orbiculaire, sont d’un argileux jaunâtre.

On remarque en outre des variétés de la Coarctalis à tons plus ou moins obscurs. Cependant je n’ai retrouvé nulle part ailleurs qu’en Italie, la Var. Napolitalis à tons fauves et argileux.

La S. Coarctalis que j’ai rencontrée souvent à Marseille, en hiver, contre les murs humides de l’intérieur de la ville, était toujours d’un tiers plus grande que le type. Y aurait-il là une espèce séparée ?

C’est le type qui est si répandu dans les Alpes-Maritimes, dans le Yar etdansl’Ariége. Les Scaparia, antres que la Coarctalis, doiveni être fort rares dans la péninsule et en Provence, puisque c’est la

:i) Cependant je vois deux Coarctalis de Naples obtenues er larvâ chez lesquelles les dessins et les lignes sont des plus mal indiquées.

Scopr/ria Coarc faits. î)î

seule, jusqtfà ce jour, que j’y ai reucoutrée. Elle semble remplacer plusieurs espèces congénères très-communes au centre et au nord de la France.

1! peut sembler surprenant que VÂngustea, Slep. figurée par Wood sous le i450 soit la même espèce que la Coarctalis. I! es! cependant certain que cette dernière, si abondante dans toute la Provence et a Naples, inconnue au centre et au nord de la France, se retrouve abondamment dans le pays brumeux d’Angleterre.

M. de La Harpe, de Lausanne, dans ses Eudorea de la Suisse , n’a pas mentionné la Coarclalis.

Obs. îl existe au Muséum de Naples plusieurs exemplaires d’une seule espèce deScoparia sous le nom de DubitaUs; c’est la Coarclalis bien caractérisée

CHENIU.ES ET LÉPIDOPTÈHES INÉDITS.

Les Eupitliecia, ces petites Phalénites, de parure si uniforme, et qui ont été si dédaignées pendant longtemps par les entomologistes de tous les pays, ont fini cependant par leur présenter un très-grand intérêt , grâce, je me hâte de le dire, aux lépidoptéristes distingués qui s’en sont occupés. Ce sont M. Guenée, M. Herrich-Schaeffer, M. Curtis et M. de La Harpe. Plus récemment, M. le professeur P. Mabillô nous a donné, dans les Annales entoniologiques de France, p. 67 à 75, l’énumération de vingt-trois J? wpft/iecio qu’il a observées en Corse, dont plusieurs nouvelles.

L’exiguïté de ces Géomètres , dont la taille ne dépasse pas la plus minime des Phalénites, jointe à la simplicité de leurs livrées (1) ont contribué à rendre leur étude difficile et à augmenter les erreurs qui se sont glissées dans les premières descriptions. « Aussi le genre Eiipithecia est-il, de toutes les Géomètres, le plus difficile à mettre au net » Gn., p. 299. Mon avis est qu’on n’y parviendra sûrement qu’en étudiant avec grand soin les premiers états de ces insectes , et surtout en faisant connaître exactement les plantes dont se nourrissent les chenilles, et l’époque certaine de leurs papillons.

J’observe depuis quelques années un certain nombre de larves de ce genre nombreux. Mon projet étant de communiquer aux lépidopté-

(1) « Le dessin des EupUhecia se ramène toujours assez facilement à un même type, savoir : sur les ailes supérieures trois bandes plus claires que le fond, arquées, sinuées ou coudées , liserées de chat{ue côté d’un filet foncé et divisées par un filet semblable dans le milieu, en sorte que les espèces chez lesquelles ccs bandes sonttoutesbiendistinctes, paraissenttraversées par une multitude de lignes. Ensuite, vient la ligne subterminale qui est simple, plus dentée que toutes les autres, et qui s’élargit presque toujours en une tache claire à l’angle interne. Le point cellulaire manque rarement et est souvent très-noir et très-tranché. Les ailes inférieures n’ont en général de bien distinct qu’une seule bande (celle de la coudée) et la ligne subterminale; le point cellulaire est toujours plus petit et souvent nul. Enfin, il faut souvent chercher sur l’abdomen des caractères dont le plus eonstant est une bandelette foncée qui traverse le deuxieme anneau. » Gn., X, p. 301 et 302.

Etipühecia Ojcycedrata, 93

ristes ce qne j’ai appris des mœurs de chacune de celles que j’ai observées, j’ai l’espoir de les faire connaître par petits groupes. Je commencerai aujourd’hui Thistoire des huit espèces suivantes : Oxycedrata, Rb., Ericearia, Rb,, Phœniceata, Rb., Semigrapharia , Brd., Sextiata, MilL, Expressaria, H.-S., Helveticaria, Bdv. et Sobrimta, Hb. Cependant plusieurs de ces chenilles sont déjà découvertes, mais aucune, à ma connaissance, n’a encore été figurée.

Je ne partage pas l’avis de mon savant confrère, M. Guenée, qui nous dit, p. 299, qu’il est peu de chenilles d’Eupithecia qui s’attachent exclusivement à un genre de plantes, et que beaucoup d’entre elles sont polyphages. C’est, le dirai-je, presque toujours le contraire qui existe; du moins pour les larves d’Eupithécies que j’ai étudiées. Les chenilles de ce genre qui . sont polyphages sont peu nombreuses. A part celles de la Centaureala , de la Pumilata et celles de quatre à cinq autres espèces, c’est toujours sur les mêmes végétaux, à des époques fixes, et une fois par an pour le plus grand nombre, que ces chenilles se remarquent. J’ai encore observé que plusieurs espèces vivent sur des plantes ombellifères.

Personne, que je sache, n’a encore parlé d’un fait qui, chez les larves d'Eupithecia , paraît exister chez un grand nombre. Vertes pour la plupart, ces chenilles présentent une variété rougeâtre, ou (l’un rouge vineux qui se produit dans les proportions d’un cinquième environ. J’ai de plus remarqué que ce fait a toujours lieu si l’arbre ou l’arbrisseau qui nourrit la chenille, aune tendance à varier lui-même dans ses teintes, soit pour la couleur du feuillage, soit pour celle des fruits plus ou moins avancés.

Peu d’espèces présentent pour la forme, à leur état de chenilles, autant d’homogénéité que cette grande famille des Eupithecia. A part un très-petit nombre, presque toutes rentrent dans la forme commune qui est d’être plus ou moins allongées, à peine carénées sur les côtés, avec la tête petite et globuleuse, et vivant à découvert sur les grands arbres, les arbrisseaux et les sous-arbrisseaux.

CHENIF.l.ES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS.

SisHpitlaecifa ëlxÿ'ce^iSe’ata, Ub,

Ann. Son. ent. Fr., i832, p. 47, pl. 2, fig. 12. — Bdv., 1733. — Gn., X, 349. — Stgr. Cat. 688. — MabiHe, Ann. Soc. eut. Fr., p. 053 ri 868).

(Pl, HO, fig. i à 3.)

CHE.NILLE

Est-ce bien celte espèce qui est ie type du genre? C’est toutefois à cette forme médiocrement allongée, plissée, rugueuse, faiblement carénée, à têle petite et globuleuse, que se rattache le plus grand nombre des larves d’EupMhecia. Celle (,1e VOxijcedrata est d’un vert un peu clair qui se confond avec la couleur des feuilles du Jiinipenis, au centre desquelles celle chenille se tient sans cesse, mais qu’elle quitte toujours pour se transformer, La ligne vasculaire est fine et d'on vert foncé, la sous-dorsale est étroite et blanche, la stigmalale est large, blanche et tachée de rougeâtre sur les trois premiers anneaux ; le clapet est souvent teinté de la même couleur. Elle varie en vineux, d’autrefois en brun. Une autre variété (?) plus rare que les deux préc^Mentes, m’a d’abord paru une espèce distincle; mais comme l’insecte parfait, dont l’éclosion a lieu en même temps que le type, lui ressemble de tous points, j’ai dû ne voir ici qu’une aberration de chenille. Le fond est d’un jaune vif, et chaque anneau présente sur le dos de la chenille un dessin hiéroglyphique de couleur rougeâtre dont la pointe descend de chaque côté, et aboutit à la hauteur de la stigmatale.

La chenille de YOxycedraîa paraît vivre uniquement sur le lunlperus oxycedrus de tout le littoi'al. On la rencontre aux environs de Garnies dès la fm de novembre, où elle est dime extiAme abondance. Ces premières chenilles se transforment bientôt et éclosent en

AnnaU*s' de. la- Société Zwnéenne de Lyon,.

2y. Lw.

Ann&e^ iSyo. Fl.no.

Page 1