‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inéditsChapitre 35 sur 45 · PI · texte numérisé non relu

PI

Plusieurs naturalistes ont soupçonné avant moi que Bombyx Francorica du midi de la France n'était point la même espèce que l’insecte du même nom des Alpes suisses et de la Franconie (4). Toutefois, l’une des deux espèces, car il y en a évidemment deux très-distinctes, a toujours été admise comme variété locale de l’autre.

Si la chenille de chacune de ces deux espèces eût été connue, le doute n’eût pas été un instant possible, car si les insectes parfaits du Dorycni et du Franconica ont ensemble certains rapports, les chenilles s’éloignent beaucoup l’une de l’autre, ainsi que vont le démontrer mes figures.

De plus, les mœurs, le genre de nourriture, l’époque d'apparition. la parure et l’habitat de chacune des deux chenilles, les caractères

(1) M. Daube, de Montpellier, est peut-être le premier qui ait cru à deux espèces. C’est lui qui a appelé mon intention sur le fait important que je vais raconter. Je citerai également M. Prévost père, de Genève, qui, avec une grande obligeance, s'est empressé de m'envoyer, des montagnes suisses, la chenille du B. Franconica à divers âges, pour la comparer à celle desenvirons de Montpellier.

distinctifs et constants des insectes parfaits, tout concourt à prouver l'existence de deux espèces.

La première chenille, celle du Doryenii, vit au bord de la mer du midi de la France, à quelques mètres au dessus de son niveau. L'autre, au contraire, habite à de très-grandes hauteurs et souvent dans le voisinage des neiges, à plus de onze cents môtres d’élévation.

J'ai dit que ces deux chenilles s’éloignent beaucoup l'une de l’autre quant au facies ; en effet, celle du Doryenii qui ne varie jamais, n’a que peu de rapports avec la chenille du Neustria, tandis que celle du Franconica ressemble à s’y méprendre au premier abord à la chenille de ce vulgaire Bombyæx. La première se métamorphose en chrysalide alors que sa congénère est à peine à sa seconde mue.

Je commencerai par la dernière venue, celle qui vit sur les Dorycniumn.

Les œufs qui sont pondus au commencement de l'été (4) éclosent en février de l’année suivante. A la mi-avril les petites chenilles ont atteint leur seconde mue. C’est à cette époque que, par l’extrème bonté de notre collègue, M. Daube, j'ai reçu un nid entier de ces précieuses larves. Depuis l’époque de leur éclosion jusqu'à celle de

A) Avant l'impression définitive de l'histoire du B. Dorycnü, j'ai pu faire les nouvelles observations suivantes. J'ai obtenu des œufs fécondés d’une femelle ex larva, dont l'accouplement s’est effectué assez difficilement. Peu d’instants après l'acte de la copulation, qui est très-court, l’insecte a pondu ses œufs sur une surface arrondie, rangés symétriquement les uns à côté des autres. La ponte a duré quatre ou cinq jours; elle a été fort abondante : j'ai compté près de trois cents œufs; ils sont cunéiformes, présentent quatre pans, dont deux plus larges que les autres. Leur couleur est verdâtre obscur, avez le sommet et les arêtes d’un blanchâtre tirant parfois sur le roux. Six mois après que ces œufs ont été pondus, ils n'avaient pas changé de couleur et ne s'étaient que très-faiblement déprimés sur chaque surface.

Vers ce temps, il m'a été envoyé de Montpellier, une ponte de cenouveau Bombyx. Les œufs sont placés autour d’une petite branche qu'ils garnissent sur une étendue de plusieurs centimètres. Israppellent, par cette disposition, les œufs en anneaux des espèces congénères.

Bombyx Dorycnii. 231 leur seconde mue, elles ne changent pas de couleur : elles sont d’un brun rougeâtre. Lors de leur troisième mue, qui arrive vers les premiers jours de mai, leur livrée passe au brun foncé, et on distingue très-bien une fine stigmatale d’un blanc vif, laquelle n’est guère indiquée qu’au commencement de chaque anneau. Jusqu'alors une villosité assez abondante recouvre l’insecte. C’est vers la fin de mai qu'arrive la quatrième mue, et, trois ou quatre jours après, la chenille à atteint toute sa grosseur. Son aspect, après ce dernier chagement de peau, est bien différent de ce qu'il était précédemment. Elle est alors relativement grande et forte, atténuée antérieurement, nullement aplatie en dessous. Le fond est d’un noir velouté, profond, et, ce qui frappe d’abord, est la magnifique teinte bleue qui y est répandue. La vasculaire est indiquée par un trait fin, bleu, pas toujours visible, sur lequel reposent deux gros points bleus : Je premier sur l’incision et le second au milieu de chaque segment. La sous-dorsale, large, irrégulière, d’un beau b'eu, est bien indiquée, du 3° au 11° anneau compris. Cette ligne est en outre aspergée de nombreux points noirs. La stigmatale qui, dans l’âge précédent, est indiquée en blanc vif, a disparu. Je n’ai pu voir les organes de la respiration, perdus au milieu d’une abondante villosité, bien que les poils soient médiocrement longs. Cette villosité est uniformément rougeàtre.

Le quart environ des sujets que J'ai élevés, présente sur le dos et les flancs des lignes étroites, interrompues, ferrugineuses ou plutôt de nombreuses stries qu’on ne distingue bien qu'à la loupe. A partir du quatrième anneau, le ventre est marqué de deux lignes très-larges, irrégulières, blanchâtres, marquées elles-mêmes de quelques points noirs. La tête, de grosseur ordinaire, faiblement aplatie en avant, est d’un noir mat. Les mâchoires sont noires, luisantes et couronnées par un liseré fin et jaunâtre. Les palpes, d’un noir mat, ont le premier article également jaunâtre. Les pattes écailleuses, sont entièrement noires et luisantes ; les dix autres, d’un noir mat, ont la couronne grisätre.

Ces chenilles vivent en famille depuis l'instant de leur naissance jusqu'à celui de leur métamorphose, sur diverses plantes basses et sous-arbrisseaux. Ce sont les Statice, les Plantago, les Euphorbia, les Dorycnium. Lorsque la nourriture n’est plus suffisante dans le voisinage de la tente commune, elles se dispersent aux premiers rayons du soleil pour manger, et se réunissent bientôt après. On les voit brouter encore les feuilles au déclin du jour, puis se réunir de nouveau. Elles se pelotonnent alors pour passer la nuit, et ne forment plus qu’une boule compate.

C’est vers le milieu de mai que la chenille du Dorycnii tisse sa coque dans laquelle elle sera bientôt transformée. Elle la construit le plus souvent au centre de plusieurs feuilles réunies. Quelquefois, elle est formée dans les mousses ou les feuilles sèches ; ce dernier cas est rare. Gette coque est ovoide, molle bien qu’assez épaisse, opaque, blanchâtre, recouverte, ainsi que celle du Neustria, d’une efflorescence jaune soufre, qui n’a pas une grande adhérence et que le moindre contact enlève.

La nymphe, cylindrico-conique, oblongue, d’un brun rougeàtre antérieurement, est d’un rougeûtre clair à partir des anneaux. Ceux-ci sont renflés et très-distincts. Les trois derniers sont d’un rougeâtre foncé. Les stigmates paraissent bien indiqués en brun. La partie dorsale est généralement plus foncée que le ventre et les flancs. La chrysalide de la femelle diffère de celle du mâle, par son volume du double plus fort et par des teintes généralement plus vives. Le ventre est marqué sur chaque incision d’une tache brune, et la place des pattes parait indiquée sous forme d’un petit point brun.

Je vois, dans les notes laissées par feu Donzel, que cet entomologiste a trouvé lui-même la chenille de ce Bombyx, à Hyères (Var) sur le Statice limonium et sur le Dorycnium suffruticosum.

I est toujours plus grand que le Franconica proprement dit, et a as-

Bombyx Dorycni. 233 sez le facies de ce Bombyx. Cependant, si on compare les deux espèces, on ne tarde pas à reconnaitre que la coupe du Dorycni est généralement moins arrondie, et qu'aussi les ailes sont plus allongées que chez son voisin le Franconica. De plus, et ce caractère est constant, c’est que tandis que les ailes du Franconica mâle sont toujours d’un brun chocolat, opaques et bien recouvertes d’écailles, celles du Doryenn sont invariablement presque diaphanes.

Les quatre ailes sont unies et sans dessins, d’un jaune cendré et à demi-transparentes. Cependant la côte, les nervures et les franges sont brunes et bien marquées. Le dessous des quatre ailes est semblable au dessus. Les antennes, très-pectinées, ont la tige jaune. Le thorax brun ; l’abdomen brun clair. La poitrine et les pattes sont de la couleur du thorax.

La femelle, bien différente du mâle pour la coupe des ailes et la couleur, est de moitié plus grande que lui. Cette femelle s'éloigne autant de la femelle du Franconica que le mâle. Elle a les ailes relativement allongées, présentant, au bout de la seconde nervure, un coude toujours bien aceusé alors que rien de semblable n'existe chez la femelle du Franconica.

Le B. Dorycnii femelle est entièrement d’un ferrugineux pâle avec une faible éclaircie au centre de chaque aile supérieure. Ce caractère est constant (1).

Les antennes sont crénelées. Le corps est unicolore en dessus et en dessous.

Cette espèce varie peu. Je possède cependant des individus femelles d’une teinte brune qui se rapprochent assez du Franconica femelle ; mais, bien entendu, pour la couleur seulement.

Duponchel ayant fait sa description d’après des individus pris dans le voisinage de Montpellier, et cela bien longtemps après que Fabricius

(1) Je ferai encore observer que cette éclaircie n'existe jamais chez la femelle du Franconca.

eut décrit son Franconica sur des sujets provenant des montagnes de la Franconie, le nom imposé par ce dernier auteur doit être conservé, tandis que les Franconica de Duponchel devront être rapportés à ma nouvelle espèce.

Les sujets représentés par Esper, pl. 44, sont évidemment des Francomica mâle et femelle. Quant aux Bombyx de Hubner : le n° 475 est aussi un Franconica mâle, tandis que le n° 176 du même auteur peint, la chose me parait certaine, d'après un sujet du midi de la France, ce dernier doit sûrement se rapporter à mon Dorycnii.

Je crois avoir suffisamment démontré que ces deux espèces sont trèsdistinctes, que le Franconica de Fabricius, celui d'Esper, et le Franconica mâle de Hubner représentent, je le répète, le vrai Franconica, tandis que ceux qui ont été publiés par Duponchel (1) devront être rapportés au B. Dorycnii.

Une belle et intéressante espèce, dont la validité, je l’espère, ne sera contestée par personne, est donc acquise à la science.

Il me reste à faire connaître la chenille du Franconica encore inédite, et de faire voir en quoi elle diffère de celle du B. Dorycnui.

OBs. Après avoir lu une note sur les cocons doubles du Sericaria Mori, par M. Maurice Girard, dans les Annales de la Société entomologique de France, séance du 28 juillet 4862, je croyais que le fait anormal signalé par ce naturaliste, devait se reproduire d’une manière identique pour les cocons doubles du Bombyx Dorycnu, filés chez moi. Ces Cocons que je supposais tous bisexuels, ainsi qu’ils avaient été observés chez le Sericaria Mori, ne l’étaient que dans une faible proportion, puisque sur quatre de ces cocons doubles, trois étaient filés par des femelles réunies par deux et facilement reconnaissables à leur grosseur. Le quatrième cocon double était formé par un mâle et par une femelle, lesquels ‘ont éclos.

Je fais observer que les œufs pondus par cette dernière femelle, n'étaient pas fécondés.

(4) Pag. 346, pl. XII, fig. 7 et 8.

Bombyx Franconica. 239

Je ne saurais donc admettre l'opinion des naturalistes qui pensent que les chenilles se réunissant pour former des cocons doubles, savent dès lors reconnaître leur sexe.

Bombyx Franmconien. Far,

Esp., pl 26, fig. 142. — Hb., pl. 175, fig. 6. — God., IV, pl. 13, fig. 7 et 8. — Sigr., Cat., pag. 29.

(PI 44, fig. 4 à 6:) CHENILLE,

Jeune, elle est tellement voisine de la chenilie du Neustria, qu'il faut pour l’en distinguer une attention extrême. A cette époque elle est assez fournie de poils. Ses mœurs sont, à peu de chose près, celles de ses voisines les chenilles de Castrensis et Neustria, cependant elle est beaucoup plus tardive, puisqu'elle est à peine à sa troisième mue lorsque ses congénères commencent à se chrysalider.

Les œufs qui ont été pondus en août sur l’arbuste qui doit nourrir les chenilles, éclosent au printemps de l’année suivante, saison toujours tardive dans la haute montagne, c’est-à-dire en mai. La croissance des jeunes larves est lente ; ce n’est qu’au commencement de juin qu'elles ont opéré leur troisième mue. Leur livrée alors est peu dufférente de ce qu'elle était précédemment.

C'est à la fin du mois de mai dernier que J'ai reçu de M. Auguste Prévost, de Genève, une vingtaine de chenilles dece Bombyx; elles étaient alors fort petites. Leur jeune âge, et mieux que cela sans doute, le milieu dans lequel elles vivaient (4) les fit périr toutes. Les vingt-six

(1) Elles n'avaient plus l'air vif de la haute montagne, leur patrie; cependant elles respiraient un air pur ; car elles étaient élevées à la campagne, en plein air et placées sur un Rosier pimprenelle enveloppé d'une gaze.

juin suivant, je reçus un second envoi de ces précieuses chenilles presque toutes parvenues à leur entier développement. J'en perdis encore un bon nombre. Bien que l'éducation de ces insectes délicats soit fort difficile (4), je réussis à en amener plusieurs à bien.

Jeune, la chenille est à peu près ce qu’elle sera à son âge adulte. Les lignes sont pougtant moins vives qu'elles le deviendront, et le dernier anneau présente en dessus une teinte rouille qui disparaitra plus tard.

A la fin de juin, parvenue à son entier développement, la chenille du Franconica est moins grosse que sa congénère, celle du Dorycn, et parait, au premier aspect, se confondre avec la chenille du Castrensis : ou mieux celle du Neustria, bien que plus courte que ces derniéres. Mais ce qu'il y a de certain, c’est qu’on ne saurait la confondre avec celle du B. Doryceni, dont, on le sait, les dessins sont bien différents. Voici, au reste, la description de la chenille du Franconica.

Elle est presque cylindrique, légèrement atténuée aux deux extrémiés, avec les lignes bien tranchées. Il serait difficile de dire quel est la couleur du fond. Pourtant ce doit être le bleu clair, à partir de la sous-dorsale jusqu’en dessous de la stigmate. La ligne vasculaire qui commence au second anneau est d’abord étroite; puis elle s’élargit, surtout à partir du quatrième segment, et se prolonge jusqu’au douzième. Cette ligne, très-caractéristique, est d’un gris blanchâtre (2). Sur chacun de ses côtés règne un filet d’un noir velouté; très-finement liseré de fauve en dessus et en dessous. La sous-dorsale est large continue, d’un bleu pâle, liserée de fauve et aspergée de rares atomes noirs. On voit, en outre au centre de cette ligne bleue, un gros point noir placé au milieu de chaque anneau et appuyé sur le bord inférieur. L'espace compris entre la ligne précitée et la stigmate est également

(#) Elles sont en cela bien différentes de leurs congénères les chenilles du B. Dorycnti dont l'éducation ne demande pas de soins.

(2) Ce caractère constant suffirait pour distinguer cette chenille de sa voisine, celle du Dorycni, qui, à la place, n’a que quelques points bleuâtres,

Bombyx Franconica. 231 bleu, mais il est recouvert d’un sablé noir serré qui souvent empéche de distinguer la couleur du fond. La stigmatale est étroite, ondulée, continue, d’un jaune rouille. Les stigmates sont ovales et eerclés de noir. Le ventre est d’un blanc grisâtre et marqué au milieu de chaque anneau d’une grosse tache cruciale noire. La tête est petite , globuleuse, faiblement bleuâtre : à la loupe on distingue, sur toute la surface, un sablé noir et abondant. Les pattes écailleuses sont d’un noir de jais ; les autres sont grisàtres et maculées de noir sur les côtés. Les poils sont d’un fauve plus ou moins vifs, et assez abondants à tous les âges de l’insecfe.

Cette chenille vit dans les Alpes à une assez grande hauteur, c'està-dire à onze ou douze cents mêtres. Sa nourriture habituelle est, me mande M. Prévost qui l'élève abondamment chaque année, le Rosier pimprenelle (Rosa pimpinellifolia, D. C.), arbuste, je l’ai dit, sur lequel je l’ai élevée à Lyon.

Il m'a été affirmé que souvent, dans la montagne, on trouve cette chenille sur diverses espèces d’Euphorbia. Cependant j'ai donné, à quelques-unes de celles que j'élevais, plusieurs sortes d'Euphorbia et les Dorycnium decumbens, et suffruticosum, qui les onf toutes fait périr.

Vers la fin de juin ou le commencement de juillet, l’insecte tisse une coque blanchâtre parmi les feuilles ou les mousses. Cette coque est de consistance très-molle, transparente et recouverte d’une efflorescence jaune soufre. Elle laisse voir, imparfaitement, il est vrai, la chrysalide dont la tête est placée en haut. Cette chrysalide est conico-eylindrique et presqu’entièrement d'un noir opaque. Elle est sans aspérités, et la pointe, obtuse, est dépourvue de crochets.

C’est vers le 12 ou le 45 juillet qu'a commencé l'éclosion du Lépidoptére.

INSECTE PARFAIT

Toujours plus petit que le 2. Doryenii, avec les ailes plus arrondies,

moins anguleuses. Ses ailes ne sont jamais transparentes; elles sont d'un brun chocolat et marquées au centre d’une très-large bande oblique qui les traverse. En dessous, les quatre ailes sont à peu près ce qu'elles sont en dessus, seulement les bandes jaunâtres transverses sont plus larges. Les franges en dessus et en dessous sont jaunàtres. Les antennes sont brunes ef assez fortement pectinées jusqu’au sommet. Le thorax est robuste, bien fourni et brun; il est de plus recouvert de quelques poils fauves. L'abdomen est velu et noirâtre en dessus ; en dessous 1l est brun et se termine par de rares poils fauves.

La femelle, qui mesure 0,027 à 0,028 m. d'envergure, est moins grande que la femelle du Dorycni. Elle se distingue de cette desnière par la coupe; les ailes sont moins allongées et plus arrondies., Les contours des supérieures surtout, ne sont pas coupés aussi carrément. Franconica femelle se distingue encore de sa congénère par sa couleur toujours plus sombre. Les quatre ailes sont uniformément d'un rougeâtre brun, et sans éclaircie au centre. Le disque des supérieures est traversé par une ligne diagonale fort peu distincte. Le dessous des quatre ailes est à peme plus clair que le dessus. Les antennes sont ciliées et concolores ainsi que le thorax.

L'abdomen est invariablement recouvert de poils courts, serrés et noirâtres; ce caractère sérieux et constant n'existe jamais chez la femelie de l'espèce voisine.

Je ne connaissais pas de variétés appréciables du B. Franconica, avant que M. Prévost m'eût soumis une remarquable aberration de cette espèce éclose chez lui.

Cette variété accidentelle, de la grandeur du type, est complétement d’un brun noirätre avec le thorax et l’abdomen d’un noir de sue. Je la désignerai var. A.

Des nombreux Franconica que M. Prévost a vus éclore, c’est, im'a-t-il dit, la seule aberration qu'il ait remarquée.

Agrotis Tritice. 239

Agrotis Tritici, Lix.

SN, 179. — Treits, E, p. 137. — Bdv. Icon. pl. 77, fig. 2-31= Eruta, Hb., 623. = Aquilina, God., pl. 64, fig. 6-7. — Gn., V, p. 471, Stgr. Cat. 169.

( Aberr. E., Mill.).

(PI. 44, fig. 7 et8.)

Cette variété constante et tranchée pourrait, aux yeux de certains entomologistes, constituer un espèce séparée, mais je ne puis voir là qu'une aberration de la Tritici, qui, on le sait, varie beaucoup. Cette aberration devant faire suite à la variété D. du Species Guenée, sera désigné par la lettre E.

Voici sa description :

Envergure : 0,036 m.

Toujours plus grande que le type, elle a peut-être aussi les ailes plus larges, plus arrondies, plus claires, avec les taches et les lignes bien marquées. Ces taches et ces lignes, ont à peu près la disposition de celles de la Tritici ordinaire.

Les ailes supérieures sont d’un gris terreux, larges à la base, arrondies à l’apex, et abondamment aspergées d'atomes foncés. L'orbiculaire et la réniforme sont finement liserées de brun et se détachent en plus clair. La claviforme n’est pas indiquée. Les lignes basilaire, médiane et coudée sont également bien écrites. La première et la troisième de ces lignes sont ombrées de brun intérieurement. La ligne médiane présente un angle vif qui se dirige du côté de l’orbiculaire. L'éclaireie subterminale, en forme d’'Æ est assez bien écrite. Cette éclaircie est suivie d'un trait fin, blanchâtre, précedant la frange. Celle-ci est assez large et concolore. Les nervures sont brunes, bien visibles, surtout après la coudée. Les ailes in-

férieures sont claires à la base, ombrées de brun sur les bords, avec les nervures brunes.

En dessous, les supérieures sont plus claires qu'en dessus : elles sont sablées de brun sur le bord inférieur et principalement à la côte. Les postérieures sont blanchâtres et possèdent le point cellulaire ; elles sont également sablées sur les bords. La ligne médiane est, sur les quatre ailes, à peine indiquée en brun. Les antennes sont pubescentes ; le toupet frontal, assez sallant. Le thorax est robuste, carré, concolore et légèrement redressé. L’abdomen, un peu conique, est d’un gris terreux.

La femelle est semblable au mâle.

C'est d’après quatre individus mâles et femelles communiqués par notre collègue, M. Dardoin, qui m’a dit en possèder plusieurs autres semblables, que je fais ma description. Je tiens de ce naturaliste que cette intéressante Agrotis vole la nuit, au mois de juillet et se prend sur les Lavandes fleuries, aux environs de Digne (Basses- Alpes).

EXPLICATION DES PLANCHES. 241

EXPLICATION DES PLANCHES

De la 9e Livraison (1864).

ee DID

EXPLICATION DES FIGURES

. Chenille de l’Arctia Latreillii, Gop.

id. id. vue de dos.

Fig.

. Insecte parfait o.

id. id. ©.

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id. 14... NartB.

id. id Varie

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Annales de la Sociélé Linncenne. 16

249 EXPLICATION DES PLANCHES

EXPLICATION DES FIGURES

Fig.. 4. Nudaria? Massiliensis, Mizz.

2. Deux ailes de la N. Massiliensis, vues en dessous. 3. Tête dela N. Massiliensis, fortement gr ossie.

IE

Fig. &et5. Chenille dela Gelechia Halymella, Mic. 6. Chrysalide.

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