‹ Iconographie MolieresqueChapitre 112 sur 180 · Veûe el perspectiue d'Orléans. Detrignée par /. Syl · texte numérisé non relu

Veûe el perspectiue d'Orléans. Detrignée par /. Syl

uestre et graitée pur F. Colligrum. A /'uns, chez Pierre Mariette. Bstampe en doux fouilles. (H. iTS" L. l.l. ST.)

La Grange, on plutôt Marcel, dans In Préface de l'édition des Œuvre* de Molière, puldiée en 1GS2. dit formellement «pie Molière se fit recevoir avocat. Grimarest dit la même chose, d'à; témoignage de la famille même de Molière. Le Boulanger di lussay, 'pii certainement connaissait bien Molière, le fait parler ainsi dans la comédie aristophanesque A'Élomire hypocondre :

En quarante (1640) on quelque peu dînant.

Je sortis du collège el j'en sortit savant; Puis, Tenu d'Orléans où je pris mes licences, Je me fis avocat, au retour des vacances; Je suivis le barreau pendant cinq ou six moia

Tins loin, un autre personnage de cette même comédie reproduit presque textuellement le sens de ces vers :

En quarante, nu fort peu de temps auparavant. Il sortit du collège àne comme devant; Mais son père ayant tu que, moyennant flnsmt. Dans Orléans, un àne obteaoitsa licence. Il y mena le stem, c'est à dire ce deux Que vous voyei ici. ce roque audacieux. 11 l'endoctora doue, moyennant sa pécnae, Kt croyant qu'au barreau ce tils feroil fortune, il le lit avocat- Dans les Rechercha ■'<" In vie de Molière, M. Eud. Soulii attache a démontrer p. 22 et Buiv.) que le récil d'Élomire A .

que, suivant tome apparence, Molière avait pansé ion examen de licence, à la Faculté de Droit d'Orléans.

M. Pournier dea Ormes, dans un article intitule Molière avec*)/,

et inséré au Constitutionnel du 90 juin 1852, a très-bien soutenu

l'opinion qui veut que Molière ait étudie le Droit, pour s.- faire evo-

\ , BibKogr. moHér., n° li"s.

Nous avons lu, quelque part, que Molière, à L'époque où il a'inté-

aua auccèa littéraire* de Racine, lui avait donné le i

are comique, eu lui proposant de traiter le aujel 'le- Plaideurs, pour le théâtre du

MOLIKRESQUK.

Il ne faut donc pas désespérer de trouver quelque jour la Thèse de Molière, ornée peut-être d'un portrait gravé, et imprimée, selon la coutume, sur satin blanc ou de couleur. Ces thèses de satin se distribuaient alors en assez grand nombre, non-seulement aux examinateurs de la Faculté de Droit, mais encore aux personnages de distinction et même aux dames. Boileau, dans sa satire X, a dépeint ainsi l'usage que la lieutenante-criminelle Tardieu faisait de ces thèses offertes à son mari :

Peindrai-je son jupon bigarré de latin, Qu'ensemble composoient trois Thèses de satin, Présent qu'en un procès sur certain privilège Firent à son mari les régens d'un collège, Et qui sur cette robe, à maint rieur encor, Derrière elle faisoit dire : Argumentabor?

Nous supposons que ce n'est pas la même lieutenante-criminelle qui faisait servir les Thèses de satin au même usage, mais qui les tenait cachées sous sa robe. Il s'agit d'un caleçon et non d'un jupon, et le poète anonyme, qui a célébré ce caleçon en vers excellents, nous apprend que Mazarin, devenu premier ministre à la mort de Richelieu, avait son portrait sur les plus belles thèses de ce temps-là. Cette pièce, que nous croyons inédite et qu'on peut dater de 1659, était digne de mettre en évidence la Thèse de Molière :

Une certaine magistrate,

Depuis le genou jusqu'au flanc,

Couvroit sa cuisse délicate

D'un calesson de satin blanc, Mais satin d'une Thèse en profonde science, Dont un docteur avoit honoré l'Eminence, Et que cette profane à son ventre appliqua De sorte qu'on put voir, au moment de sa chute, A l'endroit qui chez elle a tant fait de dispute :

Questio physica.

Que si de ce grand Jule on y voit la figure, Il ne le prendra pas, s'il lui plaît, en injure, A présent que la Paix est faite par ses mains. Il pouvoit être là, comme on plaçoit Mercure Sur tous les grands chemins.

466. Veiïe de la Cour et de la Gallerie Dauphine du Palais, à Paris. Dessinée par Silvestre et grauée par Perelle. A Paris, chez Pierre Mariette, rue S.Jacques, à l'Espérance. Anec priuilffje du Roy. (II. 1l7mm. L. 157.)

L'étude raisonnée que nous avons faite d'Élomjre hypocondre nous a convaincu que la plupart des détails qui concernent Molière dans cette comédie anecdotique peuvent être acceptés comme vrais,

en tenant compte pourtant de l'exagération à laquelle l'auteur se !. -lisse entraîner par esprit d'hostilité et de dénigrement. On pent affirmer qne Le Boulanger de Chalussay avait connu Molière et toul son entourage dramatique, A l'époque de l'Illustre Théâtre. Nous n'hésitons done pas A croire, comme le «lit l'auteur d'Éhmire hypocottdre, que Molière avait commencé son stage an barreau de Paris. Voici les vers i|iii confirment ce fait :

Pais, verni d'Orléans où je pria mes licence*.

Je me tis avocat, an retour de- \ra<

Je suivis le barreau, pendant cinq 00 six mois.

1 '" j'appris à plein fond l'ordonnance et les loix.

Mais, quelque temps après, me voyant sans pratique.

Je quittay là Cnjaa et je luy tis la nique.

Me voyant sans emploi, je son;.- i je poiivois

Bien servir mon pays des talens que j'avois ; Mais, ne voyant point OÙ, que dans la comédie

Pour qui je me sentois on merveilleux génie,

Je l'orinay le dessein de faire en ce mestier Ce qu'on n'avoit point veu depuis un siècle entier, Cest-à-dire, en un mot, ces fameuses merveilles Dont je charme aujourd'hui- les yeux et les oreilles.

.Molière étant avocat, on s'explique pourquoi il ne s'est jamais moqué du barreau dans ses comédies. Yoy. Bibhogr, moliér., Ï3, 1478 et 1479. On nous permettra de faire, à cet égard, une supposition qui ne repose que sur des probabilités. Nous savons maintenant quelles poursuites acharnées les créanciers de l'Illustre Théâtre exercèrent contre Molière, qui l'ut emprisonné au grand ChAtelel e( qui y serait resté longtemps prisonnier pour dettes, si le Lieutenant civil Dreux d'Auhray ne l'avait «mis hors des prisons, A sa caution juratoire». Ceci se passait en mai 1045.

Voy. les Recherches sur Molière, parEud. Soulié, pp. 4i et 15, Mais toute la bienveillance du lieutenant civil el tous les efforts des rieurs des requêtes du Palais n'auraient pas réussi -\ l'empêcher d'être arrêté el emprisonné de nouveau pour les dettes de l'Illustre Théâtre. Il

fui pondant trois mois sons la menace d'un nouveau procès et d'un

nouvel emprisonnement. Nous supposerons donc que, pendant ces trois mois, il s'était réfugié dans l'enceinte du Bailliage du Palais,

OÙ il pouvait braver 868 créancier- et les amener à un arrangement amiable, sans craindre d'être reconduit aui prisons du Cha-

telet. L'enceinte du Palais était, en quelque sorte, un lieu d'asile,

.1 m- lequel les officiers de la justice civile et consulaire n'avaient

pas le droit de poursuivre un débiteur insolvable. Nous ne voyons

ip, en effet, que Molière ail pu se soustraire autrement aux

conséquences des poursuites que plusieurs créanciers très-Apres et

ii aces avaient intentées contre lui. Ce fut seulement A la fin

d'août que tes camarades de théâtre se portèrent caution, pour taire

un emprunt qui assurait M liberté. Nous rapprocherons de I constance- encore asseï obscures l'existence presque ignor l'une

épitre dédicatoire anonyme, qui avait été faite pour la première édition du Dépit amoureux en 1G60, et qui ne se trouve pas dans la plupart des exemplaires de cette édition. Il faut croire qu'elle fut supprimée avec soin, car aucun bibliographe ne l'a citée. Nous ne l'avons pas nous-même mentionné dans la Bibliographie moliéresque, et cependant elle est reproduite dans l'édition des Œuvres publiée en 1666, où l'on n'a plus songé à la faire disparaître. Voici cette épitre, qui, selon nous, témoigne de quelque grand service rendu à Molière, pendant les premières années de sa vie théâtrale :

A monsieur Hourlier.écuyer, sieur deMéricourt, conseiller du Roy, lieutenant-général civil et criminel au Bailliage du Palais, à Paris.

Monsieur, Si cette pièce n'avoit receu les applaudissemens de toute la France, si elle n'avoit esté le charme de Paris et si elle n'avoit esté le divertissement du plus grand monarque de la terre, je ne prendrois pas la liberté de vous l'offrir. Il y a longtemps que j'avois résolu de vous présenter quelque chose qui vous marquast mes respects ; mais, ne trouvant rien qui fût digne de vous estre offert et qui fût proportionné à vos mérites, j'avois toujours différé le juste et respectueux hommage que je m'estois proposé de vous rendre, et j'eusse peut-estre encore tardé longtemps à le faire, si le Dépit amoureux de l'Autheur le plus approuvé de ce siècle ne me fût tombé entre les mains. J'ay creu, Monsieur, que je ne devois pas laisser échapper cette occasion de satisfaire aux loix que je m'estois imposées, et que tous les gens d'esprit demandans tous les jours cette pièce, pour avoir le plaisir de la lecture, comme ils ont eu celuy de la représentation, ils seroient bien aises de rencontrer vostre nom à sa teste. Pour moy, Monsieur, ma joye sera tout à fait grande de le voir passer, non- seulement dans plusieurs mains, mais encor dans la bouche des plus charmantes personnes du monde. C'est alors que chacun se souviendra de toutes les belles et avantageuses qualités que vous possédez, que les uns loueront vostre prudence, les autres vostre esprit, les autres vostre justice, les autres la douceur qui est inséparable de tout ce que vous faites, et qui est si vivement dépeinte sur vostre visage, qu'il n'est personne qui puisse douter que vos actions en soient remplies. Jugez, Monsieur, quelle satisfaction j'auray de sçavoir que l'on rendra à vostre mérite ce qui luy estdeu, que l'on vous donnera des louanges que vous avez si légitimement méritées, que l'on m'estimera d'avoir fait un si juste choix, et si glorieux pour moy, et que l'on louera le zèle et le respect avec lequel je suis,

Monsieur,

Vostre très-humble et très-obéissant serviteur

Cette épitre anonyme, que nous attribuons à quelque ami de Molière, n'a été réimprimée que dan- l'édition de M. Eugène Despois.

167. Vue extérieure de l'Église Saint-Paul (d'après un dessin original du mut siècle). San- nom d'artiste.

Gravé a l'aqua-tinta, pour l'atlas du Tableau de Paris , de J. B. de Saint-Victor. In-t, en hauteur. (H. 205m,n. L. 150.)

On n'a trouvé dans les registre! de l'Etat civil (aujourd'hui Krùlés) «le la paroisse de Saint-Paul, qu'un seul acte où figure le nom de Molière, qui, au sortir du Collège de Clermont et durant ses cours de philosophie et de droit, avait vécu sans doute dans l'intimité de la famille Béjart, établie depuis 25 à l!0 ans sur cette même paroisse et demeurant tour à tour, rue de Jouy, rue Neure- Saint-Panl, rue Cultnre-Sainte-Catherine, etc. Jal a donné, dans son Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, un article des plus complets et des plus intéressants sur cette famille de vieille bourgeoisie parisienne, qui se consacra presque tout entière au théâtre, mais à laquelle Molière n'en était que plus attaché par tant de liens d'affection et d'intérêt. On sait que les Béjart avaient une sépulture de famille dans l'église Saint-Paul, ("est là que furent enterrés Joseph Béjart, en 1 (>.">!! ; sa mère .Marie Hervé, Agée de 80 ans, en 1G70; sa sœur Madeleine, en 107:2. etc. Molière a signé l'acte constatant le transport du corps de Madeleine Béjart a l'église Saint-Paul et son inhumation sous les Charniers de cette église. 11 faut remarquer que la plupart des membres de cette famille Béjart étaient des comédiens et qu'ils avaient même déjà joué la comédie sur la paroisse Saint-Paul, lorsque la Troupe de l'Illustre Théâtre vint s'y fixer, pour donner la comédie dans le Jeu de Paume de la Croix-Noire, sur le port Saint- Paul. Les bâtiments de ce Jeu de Paume subsistent encore, au coin de la rue des Barrés, et sont occupés par un hôtel L'arni, qui conserve l'ancien nom d'Hôtel de l'Étoile.

i<ix. Église Royal., Collégial. H Paroissiale de Saint Germain Lauxerois à Paris. / Sihiestrt dekn, et tculp.

Israël ce. cum prii/i/. Régit. (11. M """. !.. MO.)

(i> fui dans cette église que fut célèbre le mariage de Molière

avec Arniande Béjart, le lundi M février liit>'.

Voici leur acte de mariage, d'après les registres de Saint Germain l'Auxerrois, qui ont péri dans les incendies allumes par la i ommunc eu mai 1871 :

o Jean Baptiste Poquelin, tils de sieur Jean Poquelin et de t. ne Maris Creeé (sic , d'une part, et Armande Qresinde Béjart, tille de

du Joseph Béjart et de Marie Hervé, d'autre part, tous deu\ de

cette parc Mris le Palais-Royal, Bancésel mariés, tout en-

MoLIËRESyUE.

semble, par permission de M. de Comtes, doyen de Notre-Dame et grand vicaire de monseigneur le cardinal de Retz, archevêque de Paris, en présence dudit Jean Poquelin, père du marié, et de André Boudet, beau-frère du marié ; de ladite Marie Hervé, mère de la mariée ; Louis Béjart et Madeleine Béjart, frère et sœur de ladite mariée. »

Cet acte est signé J. B. Poquelin (c'est Molière) ; J. Poquelin (c'est son père) ; Boudet (son beau-frère) ; Marie Hervé ; Armande- Gresinde Béjart; Louis Béjart, et Béjart (Madeleine), sœur de la mariée. (Dissertation sttr Molière, par Beffara, p. 7.)

Molière qui avait demeuré sur le Quai de l'École, à la Belle- Image, lorsque sa Troupe partageait la possession du théâtre du Petit-Bourbon avec la Troupe italienne, demeurait alors rue Saint- Thomas du Louvre, dans la maison qui faisait l'encoignure de cette rue, près de la place du Palais-Royal.

Ce fut encore à l'église de Saint-Germain l'Auxerrois qu'il fit baptiser son premier enfant, lorsque le roi, pour le venger des calomnies qui le poursuivaient, à l'occasion de son mariage avec Armande Béjart, offrit d'être le parrain de cet enfant, que le comédien Montfleury avait osé dénoncer comme le produit d'un inceste.

Voici l'acte de baptême du filleul de Louis XIV et de Madame, Henriette d'Orléans, relevé sur les registres de Saint-Germain l'Auxerrois, qui n'existent plus :

« Du jeudi, 28 février 1664, fut baptisé Louis, fils de M. Jean Baptiste Molière, valet de chambre du Roi, et de damoiselle Armande Gresinde Béjart, sa femme, vis-à-vis le Palais-Royal ; le parrain, haut et puissant seigneur, messire Charles, duc de Créquy, premier gentilhomme de la chambre du Roi, ambassadeur à Rome, tenant pour Louis quatorzième, roi de France et de Navarre ; la marraine, dame Colombe le Charron, épouse de messire César de Choiseul, maréchal du Plessy, tenante pour Madame Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans. L'enfant est né le 19 janvier audit an. » Signé Colombet.

Cet enfant mourut le 10 novembre 1664 : « Louys, fils de Jean- Baptiste Molière, comédien de Son Altesse Royale, pris rue S1 Thomas (du Louvre), fut enterré par un convoy de six prestres, qui coûta huit livres. »

469. Plan et description du quartier du Louvre ou de Saint-Germain l'Auxerrois, avec ses rues et ses limites. J. B. Scotin sculp. Baillent le jeune scrip. In-4.

Molière, après avoir logé sur le Quai de l'École, a demeuré pendant onze années, avec sa femme, rue Saint-Thomas du Louvre, dans une grande maison qui faisait le coin de la place du Palais- Royal. Geneviève Béjart, mariée à Léonard de Loménie, sieur de La Villaubrun. et Madeleine Béjart, qui n'avait pas voulu se met-

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tre en puissance «le mnri, habitaient la même maison. Madeleine se contentait d'un logement composé de cinq pièces, au 4e <■• C'est là qu'elle mourut le 17 février 1672. pendant que ses deux

mevieve et Armande, ainsi que Molière, étaient a Saint- Germain-en-Laye, avec la Troupe du Palais-Royal. Peu de semaines avant BS mort, se trouvant déjà fort malade, elle avait fait son

testament, en nommant son exécuteur testamentaire M. de Château-

fort, conseiller du roi et auditeur en la chambre des comptes, lequel n'accepta pas sans doute et fut remplacé par Charles Cardé, con- BeilleT du roi .m trésorier du sceau en la chancellerie de Paris.

Les registres des paroisses Saint-Germain l'Auxerrois et Saint- Paul de Taris contiennent deux actes relatifs à. l'inhumation de la défunte.

n Le vendredi 19 Février lii72. le corps de feue damoiselle Marie- Madelaine Béjart, comédienne de la Troupe du Roi, pris hier danla place du Palais-Royal, et porté en convoi en cette église, pnr permission de monseigneur l'Archevêque, a été porté en carrosse en l'église de Saint-Paul.» Signé Cardé, exécuteur testamentaire.

et de VOUlgeS.

(( Le 17 février 11)72. demoiselle Magdelaine Béjarl est dé paroisse de Saint-Germain l'Auxerrois, de laquelle le corps a ete apporté à l'église Saint-Paul, et ensuite inhumé SOUS les Charniers de ladite église, le 19 dudit mois. » Signé Bejard l'Ec.i isk, .1. B. P. Moi i

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