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DE LA TROUPE DE MOLIÈRE

366. Galerie historique des Portraits des Comédiens de la Troupe de Molière, gravés à l'eau-forte sur des documents contemporains , par Frédéric Hillemacher. Avec des détails biographiques succincts relatifs à chacun d'eux. Dédié à la Comédie Françoise. Lyon, Nicolas Scheuring, 1858, in-8, avec 32 portraits.

Nous donnons ci-npn''S. en conférant les recherches 1 phiquea de M. Frédéric Hillemacher avec l'admirable Dictionnaire de biographie et d'histoire, par A. Jal, la description des portraits qui composent cette curieuse Galerie, formée avec soin d'après les trop nombreux originaux que possédait Soleirol et dont malheureusement l'authenticité n'a pas été toujours bien établie. Noua devons, de préférence, décrire ce6 portraits, sur la seconde édition de l'ouvrage (Lyon, Nie. Scheuring, 1SG9, in-8), augmentée d'un portrait, M. HiUei nt retouché et souvent gravé à nouveau plu-

sieurs autres portraits, qu'il a datés de 1 SG7 et 1RG8, pour les distinguer des anciens, en modifiant surtout les costumes.

portraits, d'un travail si précieux et si intelligent, ont été tires u part, sur différents papiers de luxe.

Biblioyr. moliér., n° 1127.

Quant à la Galerie théâtrale, ou Collection des portraits en i pri : teurs qui ont figuré ou qui figurent sur les trois pre-

miers Théâtres de la capitale (Taris, Banoe aine, 1812-1823, 2 vol. 'Mi pi, color. .ni pinceau), elle ne renferme qu'un portrait •u costume de théâtre et un seul portrait appartenant aux ' , ;ipe.

1 omédiens, ou du moins la plupart, menaient une conduite

ilière et rivaient honorablement, qu'ils tussent maries on non;

a'avalt jam ^communier ni a leur refuser

la i ne; ce fut la r préa ata i":i de Tartuffe, qui

ohangea tout < la et 'pu leur donna dana la société une position

oque, qu'ils ont - trdé • jnsqu' t 1 1 Révolution. Jean-Nicolaa de

avec 1" lieutenant de police Nic.-Gabr. de

MOLIERESQUE. 147

La Reynie mettait à même de bien savoir les choses et qui d'ailleurs fut lié avec les Comédiens de la Troupe de Molière et ceux de la Troupe italienne du Palais-Royal, fait en ces termes leur éloge, dans ses notes manuscrites :

« Il y a d'honnestes gens dans toutes les conditions, mais ordinairement en petit nombre. Quoique les Comédiens soyent décriez parmi certains caffars, il est certain néanmoins que, de mon temps, c'està-dire depuis 25 ou 30 ans, il y en a eu, et même il y en a encore, qui vivoient bien régulièrement et même chrestiennement, sçavoir :

Le sieur Molière ;

Le sieur La Grange et sa femme ;

Le sieur de Viller (de Yilliers) ;

Le sieur Poisson, le père, et sa femme ;

Le sieur Beauval et sa femme ;

Le sieur Raisin l'aîné ;

Mme Raisin, femme du sieur Raisin le cadet, autrement M"10 Longchamp ;

Arlequin, défunt, sa femme Aularia et ses deux filles, Isabelle et Colombine ;

Le sieur Angelo eu le docteur Balouardo ;

Le sieur Michèle Fracasani ou Polichinelle ;

Le sieur Pierrot. »

367. Marie-Madeleine Béjart, l'aînée des Béjart, fille de Joseph Béjart, sieur de Bclleville, écuyer, huissier des eaux et forêts de France, et de damoiselle Hervé ; comédienne et fondatrice de l'Illustre Théâtre avec ses frères et Molière; née en 1618, morte en 1672. — Portrait ovale, peint en buste.

Ce portrait faisait partie de la Galerie théâtrale de Soleirol. Voy. le Catalogue 1861, n» 41.

Madeleine Béjart était la maîtresse en titre du baron de Modène (Esprit de Raymond de Monmoiron), gentilhomme de Gaston d'Orléans, lorsqu'elle créa Y Illustre Théâtre en 1643 et qu'elle y fit entrer Molière, âgé de 21 ans, qui l'aimait. Madeleine paraît avoir été très-galante ; elle devait être assez belle et pleine de séductions, quoique rousse, ce qui n'était pas un agrément et un motif de succès en ce temps-là. Mais elle avait un autre charme auquel Molière put être sensible : elle s'occupait de poésie et de littérature; on connaît d'elle ces vers adressés à Rotrou, sur sa tragédie d'Hercule mourant (Paris, Toussainct Quinet, 1036, in-4) :

Ton Hercule mourant te va rendre immortel; Au Ciel comme en la Terre, il publiera ta gloire, Et, laissant icy bas un temple1 à ta mémoire, Sou bûcher servira pour te faire un autel.

La tradition «lu Théâtre veut qu'elle ait fait représenter une ou deui Comédi composition, en province on à Paris. Le

de La Orange cite seulement une pièce, qu'elle avait raccommodée. Elle fui réellement associée avec Molière, jusqu'à l'époque de sa mort, et pourtant ils ne vivaient pris en trop honne intelligence, quand elle fut devenue vieille. Voy. l'Impromptu >/r Versailles, Bcène première. Ellejooa d'abord les reines et les juincesses; plus ■ ■ les rôles ridicules. Elle 1

> femme de Molière, qu'un appelait sa sœur et qui serait plutôt sa Bile. Brossette le déclare dans ses sur • M. Despréaux m'a 'lit que Molière avoit été

amoureux premièrement de la comédienne Béjart, dont il avoit épousé la fille. »

• mi:.

— Mademoiselle Béjart. Comédie françoise. 1645-1679. /' . Hillemacher se. aq. f. IKt>7; d'après un ancien portrail peint à l'huile. Gravé à l'eau-forte, pour la Gai historique de la Troupe de Moli

Madeleine avait eu une grande réputation de comédienne à Paris, avant la chute de V Illustre T tutation la suivait en

province, comme on peut L'affirmer d'après L'épltre de Magnon, an de Josaphat, jouée à Bordeaux et dédiée au duc d'Épernon, gouverneur de Guyenne. <• Cette protection et ce secours, Monseigneur, dit-il, i ju. ■ \"ii< avez donnes à la [tins malheureuse el a l'une des plus : tes comédiennes de Fi

u'esl pas la moindre action de votre vie. » C'était l'époque où le baron de ait abandonné la Béjart el l'enfant qu'il avait

eu d'elle, pour suivre le due de (luise dans son expédition de

îles. Tallem . l'auteur de la Fameuse Comédienne,

et Bayle Boni les Beuls contemporains qui parlent des innomd la B ijart, pendant sa jeu m ne

trouvons qu'un témoignage un peu vague de ces galanteries dans le Recueil de diverse» poésies héroïques et burlesques, recueillies par le sieur T. Lhermite [Paris, \'c G. Loyson, 165S, in-4, p. C4) :

Réponse ù la lettre de M. H.

Quo de puissants efforts par de si faibles armes. Si par lues BOOpiri el nies larmes

ir se réduit

tr moi quelque peu d'aï ii .in In objet donl mon lune ■ Un i lemeurc en ma peu

de l'esprit Jo no lis dans tes yeux M que U main m'écrit

Madeleine Béjart avait eu, en 1638, avant de se lier avec Molière, une fille reconnue par son amant le baron de Modène, qui donna pour parrain, à cette fille naturelle, son fils légitime, âgé de 8 ans. Voici l'acte de l>aptème, dans lequel on a voulu voir celui d'Armande Béjart, sous un autre nom : « Onzième de juillet (16381, fut baptisée Françoise, née du samedy troisiesme de ce présent moys, fille de messire Esprit Raymond, chevalier, seigneur de Modène et autres lieux, chambellan des affaires de Monseigneur, frère unique du Roy, et de damoiselle Magdeleyne Béjart. la mère, demeurant rue Saint-Honoré ; le parrain Jean-Baptiste de l'Hermite, escuyer, sieur de Vauscelle, tenant pour messire Gaston-Jean-Baptiste de Raymond, aussi chevalier, seigneur de Modène ; la marraine» damoiselle Marie Hervé, femme de Joseph Béjart. escuyer. » Jal, qui a cité cet acte, après Beffara, en tire cette induction que le père de l'enfant assistait en personne au baptême. Yoy. Dict. de biographie et d'histoire, p. 179. Vingt-sept ans plus tard, en 1665, Madeleine Béjart tenait sur les fonts , avec M. de Modène, une fille de Molière et d'Armande Béjart. A cette époque, malgré la dénonciation de Montfleury, portée devant le roi deux années auparavant, personne n'eût osé publiquement accuser Molière d'avoir épousé sa propre fille.

369. Geneviève Béjart, dite Mademoiselle Hervé, sœur de Madeleine, née en 1624, morte en 1675; elle avait épousé en premières noces Léonard de Loménie de La Yillaubrun, et en secondes J.-B. Aubry des Carrières.

— Mademoiselle Hervé. Comédie françoise. 1658-1673. Fr. Hillemacher, 1668; d'après un ancien dessin, au trait. Gravé à l'eau-forte, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.

M110 Hervé avait débuté d'abord à l'Illustre Théâtre ; elle suivit sa sœur et ses frères en province et resta au théâtre jusqu'à son décès. Elle jouait les soubrettes et les utilités. Voy. Y Impromptu de Ver tailles, scène première. Après la mort de Molière, elle fut compromise, ainsi que son second mari J.-B. Aubry, dans un épouvanti s où Lully était en cause. Voy. Bibliogr. moliér.,

n° 1170. Voici son extrait mortuaire retrouvé par A. Jal dans les Registres de Saint-Sulpice : « Le quatriesme jour de juillet 167j, a esté faict le convoy, service et enterrement de Geneviefve Béjart. aagée de quarante-quatre ans, femme de M. Aubry, paveur ordinaire du Roy et l'un des entrepreneurs du pavé de Paris, morte le lu présent mois, rue de Seyne, à l'hostel d'Arras, et ont assisté aud. enterrement Jean-Baptiste Aubry, son mary, et Louis Béjart,

iso icoNOGiîAnur:

Les£uizé, lieutenant au régiment do la Ferté, son frère, et plusieurs antres anus de la 'leffuncte.

370. Josepb Béjabt, l'aîné, un des fondateurs de Y Illustre Théâtre, Dé vers 1617, mort en 1659.

— J. Bejari faune. Comédie française. 1615-1659. Fr. HiUemachersc. a<j. /'. 1857 ; d'après an petit portrait à l'aquarelle. Gravé à l'eau-forte, pour la Galerie historique ,/■■ / * Troupe de Molière.

h Bejart, qui jouait les premiers rôles do la tragédie, quoique bègue, et qui surtout administrait les affaires de la Troupe, avait amassé un trésor on numéraire : on trouva, chez lui, après sa mort, 24,000 ecus on or. Sun Recueil héraldiqui aeurs

barons d • Languedoc, imprimé à Lyon en 1655-57, prouve

(ju'il avait de l'instruction. La dédicace du livre au prince de C pourrait bien être de Molière. Voy. la Jeunesse de Molière, par le bibliophile Jacob, p. 116 et euiv.

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