‹ Iconographie photographique de la Salpêtrière (volume 2)Chapitre 4 sur 10 · mars. — Hier, dans la · texte numérisé non relu

mars. — Hier, dans la

matinée, G a mangé un

peu; depuis lors, elle a refusé de prendre quoi que ce soit.

Elle a quitté deux fois son lit et est allée se promener en chemise dans la cour.

D'ordinaire , elle est blottie dans son lit et divague. Les spasmes des muscles du cou et du pharynx persistent; ils s'accompagnent de bruits de glou-glou, de palpitations des paupières, de rougeur de la

face, de turgidilé du cou et, souvent aussi de secousses dans les muscles du thorax et de l'abdomen. La déglutition, d'ailleurs, comme on s'en est assuré, s'effectue sans difficulté.

29 mars. — G. s'est décidée à manger. Aussitôt après le repas du soir, elle a vomi abondamment. Elle se plaint d'une douleur au sommet de la tète et dans la fosse iliaque droite. — Attaques épileptiformcs.

30 mars. — G., assez calme ce matin, a été prise de délire dans l'après-midi : on pense qu'elle est parvenue à se procurer du vin blanc et qu'elle en a bu une assez grande quantité.

31 mars. — Même excès alcooliques. G. est très-excitée, déraisonne, se querelle avec tout le monde.

3Iai. — Les accidents que nous venons de décrire ont disparu dans les premiers jours d'avril ; puis, consécutivement à des attaques survenues au commencement du mois de mai, Geneviève, dans sou délire, s'est saignée au bras droit : le sang a coulé en jet.

18 octobre. — Durant une série d'attaques ï. V. 38o,2.

21 octobre. — G... est tranquille depuis deux jours, et, par conséquent, dans son état normal : T. V. 37°. 3. — On voit donc que, sous Vinflueme des attaques d hystéro-épilepsie, la température s'élève de 2}'>'ès d'un degré.

26 octobre. — Elle a des attaques quotidiennes et le délire est presque continuel.

Ce matin. G... s'est échappée de sa salle et a couru à Tinfirmerie générale, disant qu'elle voulait voir « son docteur. »

Elle était toute effarée, avait les cheveux et les vêtements en désordre. Les tentatives faites pour la calmer n'ayant d'autre résultat que de l'exciter davantage et de lui faire exécuter de grands mouvements des bras et des jambes, comme si elle voulait se défendre, M. Gharcot l'a fait coucher sur le parquet et a comprimé la région ovarienne gauche. L'excitation a promptement disparu; mais, après un court intervalle de repos, a éclaté une véritable attaque hystéro - épileptique avec ses caractères ordinaires.

Dans son délire, Geneviève déclare qu'elle veut s'en aller, imagine des projets d'évasion, vocifère contre les per-

sonnes qui prononcent des paroles qu'elle interprète de travers ou ne répondent pas à ses questions, selonsesdésirs, crache au visage de tout le monde, etc. D'où la nécessité de la maintenir à l'aide de la camisole.

14 novembre. — G. s'est pratiqué une nouvelle saignée au bras droit avec des ciseaux.

Pour atteindre son but, elle s'y est reprise à trois fois : le sang a coulé en assez grande quantité.

23-28 noveynbre. — Attaques tous les jours. — Rien le 29 et le 30 novembre, ni le 1'='' décembre. — Le 2 décembre, contracture du membre inférieur droit dans l'extension.

7 décembre. — La contracture est la même. — Inhalation d'éther mais non jusqu'à résolution. Quelques instants après, G. a une attaque : la contracture disparaît complètement. — Le lendemain, elle envahit de nouveau la jambe droite et, le 16, elle n'est pas modifiée : le membre inférieur tout entier est rigide ; il est impossible d'imprimer des mouvements aux jointures ; le pied a l'attitude du pied bot vans éqnin. La flexion dorsale du gros orteil détermine une trépidation générale

du membre. — La contracture se dissipe le 30 décembre consécutivement à une espèce d'état de mal //i/stéro-éjnleptique.

1873. 15 janvier. — Délire consécutif aux attaques. Geneviève casse tous les objets qui sont à sa portée, brise les carreaux des fenêtres, etc.

27 janv. — Les règles ont paru hier dans l'après-midi.

Ce matin, G... est en attaques, on les arrête par la compression. Elle revient à elle, mais est en proie à un délire hallucinatoire : elle voit des corbeaux et des serpents; raconte avec des détails minutieux une discussion entre le directeur et la surveillante, relative à de petits incidents du service.

Février. — Attaques fréquentes. Le 10, elle refuse de parler, est engourdie, absorbée. Le 11, elle semble se réveiller, cause.

19 fév. — G... se plaint de douleurs névralgiques occupant la tète ; elle a des contorsions des membres et de la face.

21 fév. — Elle saute par dessus le mur qui sépare la section de Tinfirmerie générale. — 25 fév. — Contorsions.

Mars. — Le pied droit, contracturé après des attaques survenues le 4, redevient libre le 6, également après des attaques.

8 mars. — G... a eu une faiblesse lipothymique. Le sommeil est presque nul. — h'insomnie persistant le 30, on lui donne du cliloral qui la fait dormir.

Avril. — Application tous les jours, pendant plusieurs heures, d'une vessie de fflace sur la région ovarienne gauche. Sous l'influence de ce traitement , les attaques ont momentanément diminué (1). — Dans le courant de ce mois, nous la trouvons un matin, sous le coup d'une attaque : elle a un besoin incessant de mouvement , saute partout, danse, se tient debout sur le pied de son lit, cherche à embrasser, lève ses jupes, et durant ce temps, sa physionomie exprime à un haut degré la lubricité. Ces manifestations érotiques augmentent encore à l'heure de la visite. A un moment, sa

(l) Voir pour plus de détails :

Bourneville. — Recherches cliniques et thérapeutiques sur ïfpilepsie et l'hystérie, p. 52.

face est envahie par une pâleur extrême et par des mouvements convulsifs. Geneviève prend ma main et la place sur son cœur pour taire constater les palpi/atiovs qui sont véritablement très-intenses ; ces phénomènes sont bientôt suivis d'une attaque qui se termine par une période de délire où l'érotisme prédomine. Les règles ont paru la nuit dernière : il semble que les phénomènes erotiques sont toujours plus accentués avant ou après les attaques qui se produisent durant les périodes menstruelles. — Ty^npanite considérable. — Plusieurs fois en avril, nous avons entendu G., pousser des cris très-aigus et, lorsque nous l'interrogions à ce sujet, elle répondait qu'elle était souffrante et que ces cris la soulageaient.

Mai-août. — Les particularités les plus intéressantes, observées du mois de mai à la fin d'août ont été résumées dans notre note sur remploi thérapeutique du nitrite d'amyle (1); comme elles ne diffèrent guère des descriptions suivantes, nous

(l) Bourueville, loc. cit. , p. 108-1 10.

croyons inutile de les reproduire.

Septembre. — Le 4 et le ë, secousses. A midi, application de la glace qui amène la disparition des secousses et de l'oppression cardiaque qui les complique. — Le 7, Geneviève est agitée, ne tient pas en place, court dans le jardin, menace de tout briser, pousse des cris aigus qui, comme nous l'avons écrit plus haut, lui procurent un grand soulagement. Elle se plaint, en outre, de douleurs très-vives dans la région ovarienne gauche.

8 septembre. — Aujourd'hui, ce sont les douleurs cardiaques qui prédominent ; elle sent des coups à la région du cœur, étoufîe. La face est paie ; les traits sont altérés ; la physionomie a une expression d'effarement. De plus, Geneviève se plaint de sentir au niveau de la tempe gauche des douleurs qu'elle compare à des coups de marteau et d'éprouver une fatigue générale.

« Je préférerais, dit-elle, avoir mes attaques que de rester comme je suis. » Tympanite énorme. — La compression ovarienne calme momentanément tous ces accidents.

'1 2 septembre. — Excitation.

Ce matin, G... était encore

couchée quand le directeur a visité la salle; elle s'est levée, a couru après lui, criant qu'«elle voulait le tuer, qu'il passerait par ses mains, etc.»

H décembre. — Les règles ont paru le 9. Depuis lors, G... ne travaille plus, fait des folies, se couvre la tète d'une façon bizarre. Hier, elle est allée à la cantine et a bu du vin ; elle est rentrée dans sa section avec plus d'excitation et peu après a vomi. Quand elle s'est mise au lit, elle avait le libre exercice de ses membres. Aujourd'hui, à son lever, il lui a été impossible d'aider à faire son lit parce qu'elle avait de la peine à se tenir sur les jambes. A 9 heures, elle a éprouvé des douleurs très-intenses dans les deux côtés du ventre, douleurs auxquelles a succédé une contracture de la jambe droite :

la jambe est dans l'extension; la hanche, le genou, le coude-pied sont très-rigides; le pied est en varus équin ; les muscles se dessinent d'une manière très-nette. — L'/temianesthésie esiiou]ovirs complète à gauche; — adroite, il y a simplement de V analgésie.

1874. 5 janvier. — Délire consécutif à une série d'at-

taques : G... casse quatorze carreaux. — Les règles ont commencé le 6 et fini le 9.

janvier. — La contracture du membre inférieur droit persiste. La malade marche eu boitant avec beaucoup de difficulté.

Geneviève a eu un grand nombre d'attaques en janvier. Le 30 et le 31, rien, malgré l'apparition des règles [^\ janvier). Le \<^^ février, les 2 et 3, pas d'attaques. Aujourd'hui, 4 février, on remarque que la contracture a diminvié dans la hanche et le genou.

Le pied conserve la même attitude et reste rigide.

13 /e'sn'er. — Secousses; pas d'attaques.

17 février. — Attaques presque quotidiennes. G... est abattue, prostrée, refuse de parler. — Même état le 18 février; ce jour-là l'inhalation de quelques gouttes de nitrite d'amyle suffit pour la réveiller.

26 février. — Les règles ont paru hier. Attaques suspendues par la compression alternative des deux régions ovariennes : il existe une double ovaralgie. Le pied est redevenu libre : par conséquent le membre inférieur droit est presque normal ; il n'y a plus

qu"un léger affaiblissement {parésie). La dispariliou de la contracture a coïncidé avec l'apparition des règles et avec des attaques.

27 février. — La sensibilité au contact, au pincement, à la piqûre, à la transfixion, à la chaleur et au froid, est abolie sur toute la surface dît. corps.

— Lorsque, maintenant les talons avec les mains, ou dit à la malade de fléchir les jambes sur les cuisses, on constate que la jambe gauche est moins faible que la droite. Il en est de même, quand, les jambes étant fléchies et les mains appuyées contre elles, on ordonne à la malade de les allonger : elle exerce une plus grande pression à gauche qu'à droite.

mars. — Hier, elle a eu plusieurs attaques après lesquelles elle a été très-excitée; profitant d'un instant où la surveillance s'était ralentie, elle a couru jusqu'à l'infirmerie. — Le soir, à 8 heures, pendant que la veilleuse était occupée dans la salle voisine, elle s'est sauvée. On n'a pas pu la retrouver, bien qu'on Tait cherchée pendant deux heures. Ce matin, à 5 heures, elle a essaj-é de franchir la porte; mais reconnue aussi-

tôt, elle a été arrêtée et réintégrée dans le service. Elle raconte que, durant les recherches, elle s'était cachée sur le toit d'un petit bâtiment situé auprès de la salle d'autopsies ; puis, qu'elle s'est réfugiée dans l'un des jardins et que là, comme elle avait froid, elle avait essayé, sans y parvenir, de faire du feu.

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