T. R. SS^S
5 jtiin. — Matin et soir :
6 juin. — La malade est à peu près revenue à son état normal.
24 juillet. — V..., qui n'avait pas eu de crises depuis le 3 juin, a été reprise hier, à I heures. Le soir, T. V. 38°,6.
Ce matin, les attaques continuent. T. V. 38'',2.
Dans l'intervalle des attaques, tétanisme permanent, avec contracture desmâchoires, exulcération des lèvres (la malade s'est mordue) — Le début et la période tonique (Pl. XII)
n'ont pas changé ; la période cloniqne est beaucoup plus accusée que dans la série décrite plus haut : mouvements du ventre qui se soulève brusquement , mouvements du tronc qui se fléchit et retombe plusieurs fois de suite, avec violence. — Constipation; rétention d'urine. — Les attaques ont fini à 4 heures du soir. A 6 heures, T. V.
26 juillet. — Pas de nouvelles attaques. — V... n'a pas dormi ; dès qu'elle s'assoupissait elle rêvait qu'elle tombait dans des précipices.
— Rétention d'urine ; calhétérisme facile. — Pas de surdité. — T. V. 37°,8. — Soir :
27 juillet. — Y... a uriné spontanément. Elle se plaint d'être encore un peu fatiguée; l'appétit est médiocre. On lui a donné un purgatif ce matin.
T. R. 37°,8. — Soir: T. R.
28 juillet. — T. R. 38°. — Les ulcérations des lèvres se cicatrisent.
\''^ septembre. — La malade a été prise, pour la troisième fois, d'attaques, ce matin à 4 heures. Hier, dans l'aprèsmidi, elle était agacée, taquinait les autres malades, chan-
geai l-de place, s'asseyait, se levait, se mettait par terre, etc.
Elle n'a pas dormi durant la nuit et, sentant venir ses crises, elle s'est levée, est allée chercher la veilleuse pour que celle-ci lui mette la camisole. De 4 à 11 heures, elle n'a pas recouvré la connaissance ; on a compté 22 attaques.
Tétanisme permanent. A la fin d'une attaque, on note quelques nouvelles particulari tés :
tympanile très - prononcée ; mouvements onduleux du ventre ; petites plaintes, respiration saccadée, oppressée; V... secoue un peu la tête, essaie de lever l'un ou l'autre bras, s'asseoit à demi, autant que le lui permet la camisole, disant à demi- voix : « Non !
non ! «Elle quenotte. La physionomie exprime la colère.
V... tire sur ses liens; se mord la lèvre, marmotte entre ses dents : « Non ! non !... Dans celle... Jene veux pas. Non!..
Maman ! maman ! » — Elle semble discuter avec un personnage imaginaire, soutenir une lutte. — Sueurs froides abondantes, principalement sur les cuisses.
Après un court repos, durant lequel la contracture générale ne diminue pas, V...
soulève brusquement le bras droit, ouvre les yeux, regarde à droite. Les plaintes recommencent: «Non! non!... C'est la troisième fois... non... vos promesses ne sont que mensonge...» Elle rit et la physionomie exprime le dédain, puis redevient calme. Bientôt V. . . recommence à parler presque bas : « C'est à Fontainebleau, sous un chêne... » A ce moment survient une crise qui avorte, et le délire reparait : « Jene boirai pas... non !
non ! » Elle se débat comme si on cherchait à lui faire violence : « Non ! non 1 je ne boirai pas... Puis, ça m'est défendu... Je vais vous faire arrêter... Je ne changerai pas de quartier... Oh ! non, ce n'est pas droit... Non... Changez la bouteille... » Elle se débat :
« Je casse le verre... Tu sais bien, je ne puis pas... il y aura des raisons... Ce n'est pas eu me prenant en traître que tu réussiras... Tu voi«...
Prends ce que tu voulais me donner... » — Elle se soulève à demi, est en colère : « La prochaine fois, je vous ferai arrêter... Vous savez que vous êtes surveillé... C'est-il ennuyeux, ça !... Ce n'est pas loyal... »
Alors éclate une attaque ;
période totiîqneqni dure lo se- "condes ; — période cloniqne qui dure 10 secondes ; celle-ci est divisée en deux par un court ■repos ; — période de sterlor :
Ronflement,écume; les paupières sont ouvertes ; les globes oculaires sont portés en haut; les pupilles sont normales; la face est rouge, les lèvres frémissent ; la respiration est très-fréquente (Pl. XIII).
Période de délire : « C'est défendu de passer de l'autre côté, vous allez vous faire mettre à l'amende... Je partirai pour l'Italie... y Elle se plaint, parle bas , d'une manière inintelligible.
Nouvelle attaque : incomplète, composée d'une période tonique et d'une période clonique; puis, autre attaque ■complète. A la fin de celle-ci :
Les attaques , avec délire consécutif, ont persisté pendant l'après-midi. Voici quelques fragments de ses discours : « Méfiez-vous que le patron ne vous voie... Il est vrai que je ne suis pas...
Non! non!... Vous l'aviez vu ou cru... Dites! dites!... Je vous dis que vous ne viendrez pas à bout de moi comme ça...
D'abord vous rappelez l'entrevue que nous avons eue à la
station Victoria... Et même dès la première fois que je vous ai vu, je savais à quoi m'en tenir... Ce n'est pas parce que vous avez 70 ans que j'ai peur de vous... Non, non...
Oh, vous croyez ça ! » (La physionomie est moqueuse.) « Oui, mais la prison est là...
Du tout... D'abord il est mort d'une... Ah! vous l'avez vu?...
Est-il possible de me tourmenter tant que cela?... Il y en a d'autres qui s'y sont frottés mais qui n'ont pas mieux réussi... Oh! ce n'est pas croyable! non! toujours...
Je n'ai pas soif... Non, je ne boirai pas... »
On voit par ce qui précède que, dans son délire, elle voit se déi'ouler des scènes de son existence ; qu'elle a des discussions, qu'on la menace, qu'elle résiste, etc. Ce délire de paroles a continué jusqu'à deux heures de l'après-midi.
Soir : T. R. 38».
2 sept. — Les attaques ont fini ce matin à 10 heures ; on en a compté 183. — Rétention d'urine. — T. R. SB».
Soir. — V... a été tranquille; il y a des contrachires passagères des bras, avec contorsions de la face. Sîcrdité absolue. T. R. 37°,8.
3 sept.^T. R. 37°,9. La sur-
dité et la rétention d'urine persistent ; il eu est de même des contractures passagères, qui constituent, en réalité, des attaques ébauchées :
La face se colore, les lèvres se plissent ; les yeux se portent à gauche et en bas ; — les memlres supérieurs se c'ontracturent dans la demiflexion, les coudes se portent en haut; les mains et les doigts s'infléchissent ; — les memlres inférieurs se fléchissent; enfin il y a quelques convulsions dans les muscles de la partie inférieure de la face ; — V...
quenotte, se mordille la lèvre inférieure, et revient à elle.
Ces crises durent, au plus, une minute et demie.
Outre ces accidents, on note encore des secousses rapides comme des secousses électriques. — Soir: T. R. 38°.
4 sept. — Les crises avortées, rares le 2, plus fréquentes le 3, se sont succédé de 5 en 5 minutes environ durant la nuit. T. R. 37°,9. — Contracture passagère des mâchoires. — A 10 heures, les attaques reparaissent.
Nous n'avons à relever que les modifications delà période de délire.
« C'est la planche!... Non, non... «Puis, elle parle an-
glais : Let me... I shall go out ... I would not drink... I can't ... I do not like you... ». — A un autre moment, elle disait :
« Henry, viens ici, je ne te gronderai pas. (Il s'agit d'un enfant qu'elle soignait étant en Angleterre.)
Soir (8 heures). — Elle a eu déjà 63 attaques. T. R. 37°,9.
Les urines, extraites par la sonde, sont claires et ne contiennent ni sucre, ni albumine
5 sept. — De 8 heures du soir à 8 heures du matin, lAo attaques.— De 8 heures à 11 heures,28 attaques.Alors, dans un intervalle de repos, le premier depuis trois heures : P. 96 ; R. 36; T. V. 38».
Administration du iiitrite d'aniyle. — Les effets du médicament sont très-accusés: cyanose extrême , décoloration des doigts, ongles violets ; frémissement des paupières et des lèvres qu'on ne voit pas d'habitude dans ses attaques; coloration bleuâtre de la langue, de la muqueuse de la bouche et des paupières. Lorsque la malade reprend con-
(l) Cet exameu, fait plusieurs foi»^ a toujours été négatif.
naissance elle dit : « C'est drôle... tout est vert, est-ce que je n'ai pas les ongles verts?
C'est vert ici? « — Elle prétend que le fichu noir de la sous-surveillante est vert à droite et jaune à gauche. « Mes doigts sont tout drôles, ils ont une drôle de couleur. » Elle entend^ mais elle a des bourdonnements dans les oreilles.
Elle prétend que « c'est mauvais dans sa bouche ». De temps en temps, elle a des secousses. — Soir: T. R. 37°,9.
6 sept. — V... raconte que le nitrite d'amyle lui faisait voir les objets environnants de toutes les couleurs. Elle aurait vu un serpent très-gros, trèsongelioulvert. Elle a eu trois crises avortées de 4 heures et demie à 5 heures. Le soir, elle a mangé de la salade ; jusqu'alors, depuis le début de cette série, elle n'avait pris que du bouillon. Constipation datant de 3 ou 4 jours. — La malade s'est sondée elle-même. — Elle a dormi cette nuit. P. 76 ; T. R. 37°,8. Rien à l'ophthalmoscope (Landolt).
Les mouvements choréiques sont plus intenses qu'ils n'étaient avant ces dernières attaques. La parole, en particulier, est plus embarrassée. — Soir: T. R. 37%8.
7 sept. — Sommeil accompagné de plaintes. — Ouie norinale. — V... ne mange que de la salade. — Une attaque avortée hier, dans l'aprèsmidi.
8 sept. — L'appétit est médiocre; V... ne prend que des légumes ; la viande lui répugne ; comme toutes les hystériques , elle trouve la nourriture de l'hôpital mauvaise. — La nuit a encore été un peu agitée. La rétention d'urine persiste.
L'introduction de la sonde se fait assez difficilement ; on a une certaine résistance à vaincre et on produit de la douleur. L'extraction de la sonde donne les mêmes sensations ; il semblerait que, à un moment, la sonde est pincée [contracture du col de la vessie).
\ 0 sept. — La malade travaille, la parole est plus libre; V... est revenue à sa situation habituelle. — Elle a uriné étant au bain, ce matin. — Constipation datant de neuf jours (purgatif). La vue est trouble parfois ; V... s'imaginait, hier, que la figure d'une de ses compagnes ressemblait à un monstre; elle a eu peur et a crié.
31 octoire. — V... a conser-
vc une incontinence d'urine depuis le 10 septembre. Elle a été prise d'attaques hier soir, à 8 heures. A 9 heures 3/4, elle avait eu 20 attaques ; on lui a administré du chloroforme ; elle a été tranquille jusqu'à ce matin, 8 heures et demie. De là, à 8 heures du soir, elle a eu 72 attaques. En revenant à elle, elle a demandé à boire.
I""" novembre. — V... se plaint de souffrir de la tête, d'avoir les tempes serrées, les mâchoires roides, le cou endolori de ne pas dormir parce qu'elle a des cauchemars terribles.
; 2 nov. — Pas d'attaques. — Sentiment de vertige. — V...
ne prend que des légumes.
3 nov. — Hier soir, V... était agitée, éprouvait une sensation de constriction à l'épigastre, avait envie de se jeter par terre, de se cogner, « de tambouriner le parquet. »
Pour résister à cette sorte d'impulsion, elle se cramponnait au lit de toutes ses forces ; l'effort était tel qu'elle était en sueur. Cet état de constriction et d'agacement a duré une heure. A mesure qu'il diminuait, la malade avait envie de pleurer. Tout s'est terminé par des pleurs.
Les moiivemenis choréiques persistent ; ils sont même plus forts, au moins momentanément, après chaque série d'attaques. Mouvements brusques, assez rares, de la tête ; — mains sans cesse agitées ; dans la marche, flexion fréquente des jambes, surtout de la gauche ; souvent la pointe du pied gauche vient cogner contre la malléole interne du pied droit, ce qui fait trébucher la malade et la fait quelquefois tomber.
LHnconiinence d'urine continue : Injection sous-cutanée de 20 gouttes d'une solution avec : eau distillée, 23 gr. ; sulfate d'atropine 0 gr. 025.
l'"' décembre. — Début d'une nouvelle série, ce matin, à G heures et demie. Pas de cris au début.
Période tonique. — Elle se compose de deux phases : a] Tout le corps se roidit;les bras sont fléchis, les jambes allongées. La face est pâle, immobile et tournée à gauche ; les paupières sont largement ouvertes ; les yeux sont déviés à gauche et en haut ; pas de nystagmus ; la respiration est siispendue. Durée: 50 à 60 secondes.
/;) Fréxuissement du froni qui se plisse ; coloration pro-
— loi —
gressive et de plus en plus accusée de la face ; les lèvres se convulseut, se serrent ; on observe une sorte de trépidation de tous les muscles du visage. Cette phase, qui se termine par un peu d'écume blanche à la bouche, dure environ 30 secondes.
Entre cette période et la suivante, il y a un court repos.
Période clouique. — V... s'asseoit tout à coup, en poussant un cri. Puis, elle exécute rapidement 8 ou 10 mouvements alternatifs de flexion et d'extension du tronc, dans lesquels la tête frappe violemment l'oreiller. Alors, elle cherche à mordre, mâchonne largement. On remarque des mouvements du ventre, des jambes et des bras qui s'allongent et se tléchissent.
Durée : 15 à 30 secondes. — Quelquefois, les grands mouvements sont séparés par un repos très-court durant lequel il y a du mâchonnement et des mouvements du ventre qui est moyennement ballonné. Ces derniers phénomènes séparent toujours la seconde période de la troisième.
Période de délire. — « Maman ! maman !... Madame ne s'est pas encore aperçue...
Vous m'entourez de vos lileld ... Oh! non! Oh! non... (Elle essaie d'écarter quelqu'un de ses jambes)... Vous n'avez pas honte... dans ma pauvre position, je pourrais pourtant vous faire avoir des désagréments... Oh! mais non {bis)...
autant de ruse que vous...
(Cherche à repousser quelqu'un.)... Vous plaidez le faux pour savoir le vrai... (Elle secoue quelquefois la tète, s'asseoit à demi , regarde par terre.) « Je le brise I... » (C'est du verre qu'il s'agit.)
Dans une autre attaque :
« Maman ! maman ! (C'est toujours l'appel qu'elle fait au dernier grand battement.) « ... Vous vous présentez toujours à moi... Vous avez un toupet d'enfer.... Oh 1 mais non. . Allez, c'est votre méthode, ça, n'est-ce pas?... Je vous ai dit que je connaissais la ruse... » (Ensuite, elle parle plus bas, tantôt eu français, tantôt en anglais.) Sa physionomie exprime successivement l'ironie, le mécontentement, la colère, le mépris).
«Vous m'avez prise à l'improviste, mais vous n'aurez pas toujours le dessus... » (Alors physionomie moqueuse). (Ça, c'eiet une ruse d'enfant... »
(Air mécontent). « Vous savez
— lOo —
que je n'aime pas celte liqueur là et je n'en prendrai pas !>
Dans une autre attaque:
« Je me rappelle de l'histoire sous le chêne... Le sceau du déshonneur... Si vous approchez!... » (Menace.)
Après une attaque avortée, c'est-à-dire ne comprenant que lape'riode tonique : v Maximini Maximin !... Seras- tu revenu au l*^"" juin... Tu me contes fleurette 1 » Elle s'asseoit à demi, regarde par terre, « Passe-moi la bouteille. »
2 déc. — Les attaques continuant, on lui administre le chloroforme à 2 heures. Elle a eu, en tout 136 attaques. — Soir : T. R. 38°.
3 déc. — Courbature générale. Pas de nouvelles attaques. Il n'y a, cette fois, ni surdité, ni rétention d'urine, mais l'incontinence est la même (1).
(l) V... est sensible à l'or et au zinc. En juillet, elle a été traitée par le chlorure d'or, à la dose de 2 centigr. On a noté des retours incomplets et passagers de la sensibilité à la douleur. — Le médicament a produit les vomissements, la diarrhée et l'augmentation d'appétit qu'on observe d'habitude. — La malade a aussi pris une préparation de :inc
1878. Janvier . — Les injections de sulfate d'atropine ont été suspendues pendant 8 ou 10 jours en décembre.
14 janvier. — V.... a été prise de ses attaques ce matin, à 7 heures. — A 10 heures, arrêt momentané par la compression ovarienne. — A 2 h. 1/2, chloroforme ; fin de la série ; en tout, 39 attaques.
Vôjanvier. — Injection de 10 gouttes de la solution (au lieu de 8). Elle dit que, après l'injection, sa bouche se dessèche, que ses jambes tressautent et qu'elle s'endort.
Elle perd moins ses urines ; dans le jour, l'incontinence a bien diminué ; quelquefois, V .. s'imagine qu'elle a besoin d'uiincr et fait des efforts infructueux.
Mars. — On cesse les injec-.
lions d'atropine, parce que la vision est notablement troublée : l'air a une couleur vert d'eau; sur sa main, V... voit sans cesse un cheveu vert en forme de serpent; parfois, elle aperçoit des flammes et crie :
« Au feu! ')
Mai.— L'incontinence d'urine, qui s'était amendée sous
sans grand résultat comme la suite de l'observalion le démontre.
l'influence de Talropine, a augmenté.
Scjitcmlrc. — La santé générale est passable; toutefois, il y a une anémie assez prononcée. Les attaques sont plus rares ; V... n'a pas eu de séries depuis le mois de février, mais elle a eu 1 attaque cpileptiforme en juillet, 2 en août, et une dans le courant du mois, et les symptômes 'permanents de l'hystérie sont toujours présents.
Sensililité. — Anestliésie complète à gauche; à droite, analgésie très-accusée; sensibilité au froid, obtuse. — L'insensibilité porte non-seulement sur la peau, mais encore sur les muqueuses ; on peut promener le doigt sur les ditlérentes régions de la Louche et du phar^'nx, sans déterminer la moindre réaction. Les muqueuses auriculaire, oculaire, nasale, vulvovaginale, sont insensibles à gauche et ne possèdent qu'une sensibilité Irès-obluse à droite.
La sensibilité spéciale présente les mêmes difl'érences.
Ainsi, pour la vision, on observe ce qui suit :
A gauche, le jaune, le violet, le bleu, le tert, le rouge paraissent d'un blanc sale. A
droite, V... distingue toutes les couleurs. Vodoral est aboli à gauche et très-obtusàdroite.
— h' ouïe est presque abolie à gauche et affaiblie à droite, — Le goût est aboli à gauche, un peu diminué à droite.
V... est sensible à l'or et au zinc. Un collier de plaques de zinc, appliqué pendant cinq minutes, ramène la sensibilité de la muqueuse buccopharyngienne.Une plaque de zinc, appliquée durant le même espace de temps sur la tempe gauche, fait revenir momentanément la notion des couleurs à gauche, mais la fait disparaître à droite (phénomène du transfert).
V... présente des cicatrices de pointes de feu de chaque côté de la colonne vertébrale.
Ce traitement a été fait lors de son séjour à Lariboisière, et était dirigé contre la contractiire des membres inférieurs, qui, on se le rappelle, prédominait à gauche. Elles n'ont produit aucune amélioration.
Les règles se sont établies difficilement à 16 ans; V...
a éprouvé de violentes douleurs dans le ventre et dans les reins, qui l'ont contrainte à garder le lit pendant quarante-huit heures. La seconde
apparition n'a eu lieu que huit ou dix mois plus tard.
A partir de là, irrégularités, et, depuis seize mois, aménorrhée, d'où il suit que les attaques n'ont pas de rapport direct avec les règles. Sontelles entretenues, au contraire, par l'aménorrhée? Gela est possible et c'est suivant cette indication qu'il conviendrait de diriger le traitement.
Nous avons essayé encore d'avoir des renseignements plus précis sur les événements qui semblent avoir déterminé l'apparition de la première attaque, afin de savoir au juste s'ils se reproduisaient réellement dans son délire.
Une première tentative a échoué. Un autre jour, V...
promit de donner une relation écrite de ces événements, promesse qu'elle ne tint pas.
Nouvelle promesse, également sans résultat. Nous l'interrogeons de nouveau le 19 octobre; elle s'excite peu à peu et elle est prise (^attaques ayant les caractères habituels.
Nous relèverons seulement ce qui a trait à la période de délire :
« Le monstre!... Faites-le donc partir... Ah! le monstre 1 Est-il canaille!... Quoi... il fait
partir les enfants... et 11 cherche... Ah! le monstre!... Henry!... Franck!... Oui, ce n'est pas la première fois... Je vous ai vu..., vous êtes venu dans ma chambre la première fois. ..
et vous m'avez fait attraper la jaunisse... Venez donc à moi... Vous me prenez donc...
A mon secours !... Venez à moi! .. Je vous en prie, ne le laissez pas près de moi... II n'y a donc personne?... Maman! maman!... Que suis-je venu faire ici?... Partez... Je vais voir... » (Silence prolongé.) a Tu te rappelles la nuit, rue... La jaunisse... Oui et tu m'as fait entrer dans l'intirmeriede... Ce n'est qu'au bout d'un an que j'ai vu tout...
Oh! là! là! » (Elle se débat).
« Va-t-^n!... Faites-moi mourir... Maintenant vous ferez...
Qu'avez-vous à me dire?...
Mais je n'en crois rien... Mon Dieu! c'est atroce, ce que vous me dites... On connaît mon passé... Allez où vous voudrez... Vous ne m'aurez pas! Je ne vous en veux pas... Laissez-moi seule, tranquille... Ah! maman, moi qui l'ai quittée... Va-t-en donc !...
Il n'y a donc personne ici?...
Où suis-je?... Où est donc la porte?... »
Elle a eu cinq attaques ;
trois d'entre elles n'étaient composées que de la période toniqve et de la période de délire, la période clonique faisait défaut. A la fin d'une de ses attaques, elle a essayé de se mordre l'avant-bras.
29 octobre. — Les attaques ont recommencé peu après mon départ. A 2 heures, on avait compté 49 attaques complètes et 3 attaques épileptiforines, c'est-à-dire composées seulement de la première période. Chloroforme: arrêt de la série. La nuit a été tranquille.
Ce matin, à la suite d'une attaque, V... est restée dans un état de contracture modérée des quatre membres, prédominant aux bras etsurtout au bras gauche. Le cou n'est pus roide.
Attaque. 1° Période toniq^ie.
La face et les yeux se portent à gauche ; les bras, déjà allongés, se roidissent davantage et se mettent dans la pronation; les mâchoires se serrent, le corps exécute un demi-mouvement de rotation et se porte sur le côté gauche du lit. Alors, les bras se fléchissent à demi et se placent au-dessus de la poitrine.
Surviennent ensuite des se- \
cousses tétaniformes. quelquefois du ronflement et un peu d'écume, puis un court repos, auquel succède la seconde période.
Période clonique : grands mouvements de balancement du tronc avec soulèvement alternatif du ventre.
Période de délire (administration de Véther) : Non... mon Dieu!... Ah! maman... Je m'en suis aperçue la première fois que vous m'en avez donné... J'étais comme une folle...
La deuxième fois, je ne savais pas que faire... Qu'est-ce que vous avez fait? Je n'en eais rien... Vous savez bien que je l'ai dit à madame... Si ce n'était pour vos enfants, il y a longtemjis que vous seriez arrêté... Vous avez un fils, bien que vous ne me l'ayez pas dit... Il ne vit pas avec vous... Il a bien raison d'être honteux d'un père comme vous... Vous avez honte...
Oui, c'est votre fils... Il n'a pas essayé... Je l'aime bien...
Maxime ! Ah! Max!... Mais je ne voudrais pas me marier avec lui... J'aurais honte d'un père comme vous... (Elle lutte avec une extrême violence) Je l'ai tué .. Tu vois!... Le voilà !... le voilà! Je l'ai frappé pourtant. .. J'ai bu... tant
— lyo —
pis... Le colonel M...! C'est lâche les... Vous n'avez pas porté votre décoration .. Je pars de l'Angleterre... Je n'y reviendrai jamais... Cela me pèsera gros... Il y a déjà plus d'un an que je suis malade...
Vous m'avez soignée, vous avez payé pour moi... (C'est de « madame » qu'il s'agit). Je vous écrirai ; mais ne me parlez jamais du colonel dans vos lettres... Que voulait-il en m'emmenant dans le pavillon de gauche? Vous le savez et moi aussi... Les cloches!... C'est son enterrement... (Elle rit.) Je l'ai frapipé... Mais ce n'est pas moi qui l'ai tué... C'est son fils... C'est Maxime! Max!... Il sera mort suicidé... Vous ne m'en voulez pas... C'est un jour affreux pour moi, le 25 novembre 1870.
Au bout d'un an, je reviendrai... Ce n'est pas hors de ma main... Il y a un homme qui entre... Trois fois vous avez mis quelque chose dans mon manger... Et ce que vous m'avez fait boire par le valet de pied?. . Les gendarmes le savent . . Mais rien pour votre enfant... Ce n'est pas la seule... J'ai vu une jeune fille que madame a protégée... Car c'est un déshonneur... On m'a mis sous la protection de
madame... J'avais 15 ans...
Faites tout ce que vous voudrez... Il y a de l'eau dans le parc... (comme si elle menaçait de se noyer). Pour dire votre nom, rien que pour les enfants, je ne le dirai jamais... Vous voulez bien que je parte maintenant... Vous m'avez brisée... Je n'avais pas de père... Vous avez voulu le remplacer... Il est beau, le père!... Je vois quelqu'un...
Il vient à mon secours... Maxime!... Vous ne le voyez pas?. . Mais je ne me reconnais pas... Où suis-je?...
Il fait noir... Les enfants où sont-ils?... My dear...
Come... Come and kiss !... No forget me never... Partez !
va-t-en!... Le monstre que vous êtes !... Est-il possible? Je suis jeune et je me rappelle... Vous abusez de moi... Un protecteur?... Je n'en ai pas besoin... Pourquoi m'attirez- vous dans cette maison?... Où suis-je?... Tout est sombre... Quelle est cette maison?... Et les enfants ?...
Que va dire Madame ?... Il y a longtemps que je suis là...
Mais vous êtes marié, je le sais, Madame me l'a dit...
Vous avez le divorce pour vous?... Vous croyez que je voudrais d'un homme de votre
âge! (Elle rit aux éclats).
Qu'est-ce que vous m'apportez?... Ah! c'est Max ! Il vaut cent fois mieux que vous..- Votre argent ? Mais je n'en ai pas besoin... J'en gagne... Le lendemain du jour où vous m'avez fait boire cela... j'étais comme une enragée... Laissez-moi, je veux savoir où je suis... Vos menaces? J'aime mieux cent fois la mort...
Mais vous méritez la guillotine... Soi-disant vous venez voir les enfants et c'est moi...
Et les cadeaux que je recevais?... Je vous tuerais plutôt... N'approchez pas... Tenez... Je vais boire... plutôt la mort... C'est un crime que vous aurez sur la conscience. . .
On frappe... C'est ma délivrance... ou un de vos complices... Vous m'avez donné la première fois quelque chose pour... Jamais on ne saura cela... Colonel X... Votre dame n'est pas morte... Votre fils... Maxime !... Je vois bien que tu ne m'en veux pas... Ton père est mort... Je l'ai su depuis... Je me suis débattue dans la petite chambre près du pavillon... Je ne pouvais pas trouver de porte... Je l'ai dit à Madame... Vous avez un mois de congé... Ali ! vous reviendrez l'année prochai-
ne?... C'est un vilain anniversaire le 23 novembre... Vous croyez quej'aurais mieux fait de rester folle... Mais c'est passé... Je vous jure de n'en parler à personne... Mais quel est l'homme qui est entré...
C'est le valet de pied... Je me suis déjà fait soigner, mais cela n'a rien fait... Jereutrerai dans un hôpital, mais vous ne viendrez pas me voir, surtout... Vous m'écrirez par exemple... Les gendarmes ne sont pas revenus puisque l'on a dit que ce n'était rien, du reste... je n'ai pas porté plainte... Une fois guérie, je m'en retournerai... Madame ne m'en voudra pas... Il y a bien longtemps quejenelui ai pas écrit... Oh ! oui je pourrai m'en souvenir... Il y a deux ans que c'est passé...
Mais... puisque je vous ai dit que non... Je n'ai rien dit à ma mère... Vous savez que je n'y suis plus... J'ai été obligée de me sauver... »
V... revient à elle. La rigidité générale qui avait persisté durant toute la période de délire, disparait tout à coup.
30 oct. — Dans ses attaques d'hier, ainsi que cela arrive d'ordinaire, V... s'est mordue la joue gauche et la moitié
correspondante de la lèvre inférieure. Elle n'a pas dormi, a été agitée. Elle est énervée, rit sans motif, malgré elle.
« Ça part de mon estomac, dit-elle. » Et elle montre l'épigaslre. Inappétence, parfois dysphagie, comme s'il y avait une contracture des muscles dii, pJiarynx et de Vœsojpliage. V...
n'a pris que du bouillon et du café ; pas de vomissements ; une selle après lavement. Incontinence d'urine.
Clotb hystérique. — Il siège au niveau de l'angle antérieur des pariétaux, sur la ligne médiane et occupe une étendue égale à celle d'un franc. Là, une pression, même légère, est très-douloureuse, occasionne une sensation de pesanteur avec élancements.
Cette douleur est presque constante : « C'est comme un coup de marteau et des élancements. » A l'approche des attaques, elle s'exaspère; ainsi, elle a été très forte depuis le 25 octobre jusqu'au 28, jour où les attaques ont commencé.
Rachialgie. — Douleur vive à la pression des apophyses épineuses des 7°-l2'^ vertèbres dorsales et première lom-
baire (?) : « C'est comme si on enfonçait quelque chose et ça répond dans l'eslomac. » La souffrance est plus vive, si l'on exerce la pression au niveau des gouttières des 11®, 12° vertèbres dorsales et de la première lombaire ; elle prédomine à gauche. V...
pense que si l'on appuyait davantage, elle aurait une attaque, car elle a une sensation particulière du côté des ovaires, des palpitations cardiaques et des bourdonnements d'oreille, en un mot les phénomènes habituels de ïaura. Toutefois, pour quj l'attaque fut complète, elle assure qu'il faudrait appuyer en même temps sur la région épigasLrique.
31 oct. — Le rire spasmodique a cessé vers midi. On ignore si V... a eu une attaque pendant la nuit ; mais, ce matin, on l'a trouvée avec une contracture des quatre mem- Ires dans l'exten-ion, laquelle a disparu à 8 heures et demie sans attaques (1).V... a pleuré,
(l) On voit que, à côté de? gHHrisons de coiitractui-cs hystéiiques sous l'intluence des attaques ou des émotions morales vives (co'ère, excitation religieuse, etc.), il y a des guérisons tout à fait spontanées.
se plaignait d'èlre fatiguée.
2 norembre. — l'as de nouvelles convulsions. Kélention d'urine depuis deux jouis; hier V... a refusé de se laisser sonder par l'interne de jzarde et l'infirmière n'a pu y parvenir. Cathétérisme : quand la sonde a pénétré d'environ 5 cenliniètres, on sent une résistance, la malade dit que la sonde produit une douleur qu'elle compare à celle que déterminent les matières fécales lorsqu'on est constipé.
L'extraction de la sonde est également douloureuse et donne lieu à une sensation d'arrachement [contracture du col de la vessie et de Varclhre).
Ou retire environ deux litres d'urine. V... a mal dormi, soulfrait du ventre ; il en est souvent ainsi; dès qu'elle s'endort, elle a des cauchemars; avant-hier, elie s'est jetée à Las de son lit; elle voyait i un grand vieux homme qui la poursuivait.» (Sans doute le colonel X...}. Quelquefois, ses compagnes l'entendent causer en dormant; elle parle entre les dents, tantôt en français, tantôt en anglais.
Peu d'appétit (bouillon, jus de viande); soif vive; elle ne boit que de l'eau de seltz et
de la tisane parce que, après les attaques, il lui semble que le vin a le goût de l'encre (?). Elle a pris hier une bouteille de limonade purgative, puis un lavement purgatif, et cela sans aucun effet.
Les mouvements choréiques, qui augmentent à l'approche des attaques et dans les jours qui les suivent, ont diminué.
Ils sont toujours plus prononcés à gauche, côté le moins fort ; les épaules se soulèvent brusquement,les membres s'agitent ; en buvant, elle renverse quelquefois tout le contenu du verre le long de son cou, sur sa figure. La langue se croche, se retourne. La parole est gênée, et plus dans le farler que dans le citant. Elle porte l'index au nez, mais n'arrive pas juste au but; pourtant, elle est capable de coudre sans trop de difficulté.
Les membres inférieurs sont plus affectés que les supérieurs. V... marche en titubant, se bouscule contre les portes, se cogne les malléoles; les pieds se renversent, et elle tombe quelquefois ; c'est le pied gauche qui se retourne et s'accroche le plus dans l'autre.
7 nov. — La rétention d'urine a persisté jusqu'au 5 et
il a fallu sonder V... tous les jours. Depuis lors, inconiinence d'urine. — La paraplégie persiste ; elle est plus forte à gauche. V... ne peut marcher que si on la soutient sous les deux bras. Elle traîne considérablement la jambe gauche, sur laquelle elle ne peut se tenir et qui reste en arrière ; le pied se place en travers. — Les deux membres inférieurs sont pris de trépidation spontanée, principalement le gauche. — On provoque très facilement la trépidation et on note en outre le phénomène réflexe dit du tendon rotulien. — La notion de position est perdue pour le membre inférieur gauche.
\?, nov. — Paraplégie hystérique avec incontinence d'urine. — Applicalioii de l'aimant ; 1° à la face interne du cou-dc-pied droit; ni contracture, ni retour de la sensibilité; — à la face interne du cou-de-pied gauche; au bout de 5 ou 6 minutes, contracture du pied et du genou. La malade dit avoir éprouvé successivement une sensation d'e»gourdissement dans les orteils puis dans les chevilles; — des fourmillements , enfin des crampes; les divers phénomènes ont gagné peu à peu
le cou-de-pied, la jambe et le genou qu'elles n'ont pas dépassé.— A droite, l'application de l'aimant n'a déterminé aucune sensation particulière.
\knov. — La contracture du pied et du genou gauches persiste. V... dit que sa jambe est froide et douloureuse à la pression.
Aj^plication de V aimant : 1° à droite, retour incomplet de la sensibilité ; pas de contracture ; — 2° à gaxiche, disparition de la contracture au bout de 7 à8 minutes (engourdissement, fourmillements, « sensation de desserrement, comme si on me dénouait la jambe, » ensuite sentiment de pesanteur). — La paralysie des membres inférieurs, surtout du gauche n'a pas changé. — Ce matin on ne parvient pas à provoquer la trépidation
Les attaques se montrent généralement par séries, constituant un état de mal hystéroépileptique. Nous avons vu que V... avait eu des séries en juin, juillet, septembre, octobre, décembre 1877. Le \ k janvier 1 878, série de 39 attaques.
En mars, on note trois faillesses ou mieux trois attaques syficopales, ainsi caractérisées:
pâleur extrême de la face, perte de connaissance, chute; immobilité complète. Ces syncopes qui durent 5 ou 6 minutes, inquiètent toujours beaucoup les surveillantes parce qu'on s'imagine que la malade va succomber. V...
revient à elle sans rien éprouver de particulier.
En avril, aucun accident ;
— en 7nai, 6 attaques épileptiformrs; — en juin, rien; — en juillet, 1 attaque épileptiforme; — en août, 2; — en septembre, une attaque épileptiforme, suivie de trois attaques covqjlètes; — le 28 octobre, 3 attaques épileptiformes et 49 attaques hysléro-épileptiques.
• I. — Les événements qui ont déterminé, chez cette jeune fille, l'apparition des attaques hystéro épileptiques, restent dans un certain vague, malgré nos efforts pour obtenir des renseignements précis. Nous ne connaissons que les traits principaux : Un parent, âgé, de la famille où servait la malade, essaie par des moyens coupables d'avoir des rapports avec elle ; il y a des luttes violentes, qui finissent par aboutir ; de plus, à côté de cette liaison détestée, il y a une liaison consentie, agréable, avec Max, le fils même du vieillard amoureux.
II. — Les attaques offrent dans leur ensemble les caractères habituels. Le plas souvent, elles se composent des trois périodes décrites à maintes reprises : 1°. 2)ériode épilepldide ; 2" p doniqus ou des grands mouvements ; 3" p. de délire. D'autres fois, les attaques sont uniquement constituées par la première période. On les désigne bien à tort dans les relevés sous le nom
d'accès (1); nous préférerions les désignations suivantes ; attaques incomplètes, a. avortées, ou mieux attaques épilepti formes (2). Elles se résument ainsi:
a) Phase de rigidité : Cri plus ou moins prolongé et modulé ; contracture des membres dans l'extension, puisdemi-rolationdu corps avec demi-flexion simultanée des membres supérieurs.
V) Phase des secousses tétaniformes et rapides d'abord, puis cloniques sur place.
c) Phase de steHor, avec écume sanguinolente ou non (3) .
Ces trois phases qui composent, disons-nous, l'attaque épileptiforme, répondent absolument à X^'période épileptoïde des attaques complètes.
Les attaques complètes se montrent par séries de 15, 20, ...185 attaques, qui s'étendent sur un ou deux jours, rarement davantage.
Elles sont annoncées par des prodrômes consistant en
(1) Pour permettre de mieux s'entendre dans les services d'épileptiqucs et d'hystériques de la Salpêtrière, nous avons fait réserver le mot d'ftccés aux crises convulsives des épileptiques et le moiyVaitaques aux crises convulsives des hystériques. Do la sorte, les surveillantes et les infirmières se trompent moins dans leurs relevés. Ce sont, du reste, les termes que nous avons employés dans nos observations.
(2) Voir le tome I, passim, et p. 124.
(3) Après ces attaques épileptiformes, durant la période de stertor, les membres demeurent rigides, ce qui n'a pas lieu dans la période correspondante de V accès épileptique {leWe est Béch.., service de M. Delasiauve) ; les malades reviennent à elles sans conserver d'hébétude.
une exacerbation de V hy p ères thés ie ovirienne, de la rachiahjie ei du clou hystérique, phénomènes auxquels s'adjoignent quelquefois des vomissements ; enfin, en une augmentation des mouvements choréiques.
Plusieurs fois, ces étutsde mal hystero-épileptiques ont laissé après eux des troubles de l'ouïe très-accusés une contracture des mâchoires, une contracture du col de la vessie et de Vurèthre, donnant lieu, à son tour, à une rétention d'urine. Le dernier état de mal a laissé une parai)légie incom^ilète avec incontinence d'urine.
Divers moyens suspendent ou arrêtent les attaques: compression ovarienne, inhalations de chloroforme, ù'éther et surtout de nitrite d'amyle.
Outre les attaques épileptiformes (attaques incomplètes ou avortées), et \es attaques hysléro-éinlepliques complètes, V... a quelquefois des « faiblesses », c'està-dire des attaques syncopales. On les retrouve chez beaucoup d'hystériques, entre autre chez Geneviève, Célina Marc..., Béch..., etc. Il en est fait aussi mention dans l'histoire des « possédées ». Nous n'en citerons qu'un exemple,
Nicole Obry, plus connue sous le nom de Nicole de Vervins (1), n'avait point encore atteint sa seizième
(l) Histoire de Nicole de Vervins, d'après les historiens contemporaiQS et témoins oculaires ou le Triomphe du Saint-Sacrement sur le démon, à Laon en 1566; par l'abbé J Roger.
année quand elle fut mariée à Loys Pierret. Trois mois plus tard, frayeur, hallucinations, attaques. Nicole est déclarée possédée... Conjurations, exorcismes ; pèlerinages par des tiers. Tout cela échoue, on la conduit de Vervins à Liesse. Nouveaux exorcismes : vingt-six démons sont chassés grâce à l'intercession de la «Mère de Dieu », dont les protestants niaient l'influence céleste.
Le prince des diables, Réelzébub , ayant déclaré qu'il y avait encore trois autres de ses sujets, sans le compter, dans le corps de Nicole, et que, lui, ne sortirait qu'à Laon, prêtres, moine, possédée et sa suite, se dirigent vers Laon. Mais, en route, on s'arrête à Pierrepont dont l'église possède de « saintes reliques. » On exorcise Nicole : un diable sort, c'est Legio et, de la sorte, les catholiques démontrent aux protestants la légitimité du culte qu'ils rendent aux saints.
A Laon, sous la direction de l'évêque, messes, processions, exorcismes et démonstration de la présence réelle du corps de Jésus-Christ dans le pain eucharistique. Grâce au Très-Saint Sacrement, Asiaroth et Cerherus la grosse tête, enfin Béelzébub lui-même sont contraints de laisser Nicole tranquille.
Alors, les grandes attaques cessent, mais la guérison n'est pas encore complète, Nicole est sujette à des attaques syncopales: « Le lundi donc 11 février (1566), » sur les cinq heures et demie du matin, la malade » commença à se plaindre et l'un de ses gardes lui
» ayant parlé, elle dit : « Ah ! Jésus ! cela que j'ay sur » mon estomach me crève le cœur ! Je vous prie, priez » Dieu pour moi. Je me meurs ! » Ce qui me fut incon- » tinent récité, dit Despinois. Je m'approchai d'elle » pour l'émouvoir, et l'inciter d'avoir toujours mémoire » du nom de Jésus. Elle me dit : « Je dis adieu à monj) sieur l'évôque et à vous, je me meurs. Priez Dieu » pour moi, je m'en vais mourir. » Puis inclina la tète » et ne parla plus. Ce qui nous donna grande tristesse, » car elle était comme morte, n'ayant ni pouls ni sen- » timent... »
Le mardi, 12 février, les S]/iicopes reprirenUa. malade. Comme on la portait sur son lit, « elle tombe morte, sans pouls, ni sentiment... Il semblait qu'elle labourât à la mort. » En comparant cette description faite par le chanoine Despinois avec celle que nous avons tracée, on voit que les caractères de ces attaques syncopales sont les mêmes et qu'elles sont plus graves en apparence qu'en réalité , car Nicole , de même que V.., revenait à elle, « buvant, mangeant et jouant. »
III. — V... présente une complication — la cliorée — qui n'est pas très-rare, puisque M. Briquet l'a constatée 21 fois sur 430 cas. Il s'agit, du reste, ici, de la cliorée vulgaire. Elle prédomine dans les membres du côté gauche, de même que l'hyperesthésie ovarienne
et l'anesthésie, ce qui confirme une fois de plus la régie posée par M. Cliarcot (1).
Citons encore, comme phénomènes marquants: 1° la trépidation simntanée ou provoquée des membres inférieurs ; 2° le phénomène du ^'eiif/o;^ rotulien, qui consiste en ce que, lorsque la jambe étant placée sur le bras de l'opérateur, si l'on frappe un coup sec sur le tendon, la jambe est soulevée par deux ou trois secousses, ce qui n'a pas lieu dans l'état normal ; 3° l'action des métaux (or, zinc) sur les modifications de la sensibihté ; 4° l'influence de Vaimant sur la contracture ; 5° le rire spasmodique; C la paraplégie ; 7° la contracture artificielle, etc.
' IV. — Nous avons vu que chez V... l'anesthésie avait envahi primitivement la moitié gauche du corps et qu'elle avait ensuite gagné le côté droit et était devenue générale. Nous croyons devoir, à ce propos, établir une petite statistique , comprenant 34 cas :
(l) Nous n'avons trouvé jusqu'ici qu'une seule exception: chez Béch., l'anesthésie existe à droite et l'hypereslhésie ovarienne, avec tous ses caractères les plus tranchés, siège à gatichè. Nous publierons plus tard l'observation de cette malade, intéressante au plus haut degré.
1" Ler
2" Etch
3° Estelle L
40 Dr... An gèle
Hémianesthéiie droite.
— gauche.
id.
id.
5° Hert... (l) Hémianeslhésie droite.
6° Cot — iJ.
7» Lef - id.
8° V... Clémence — id.
F... Louise (2) — gauche.
10° Laug — droite.
11° Wilh — gauche.
12° L... Geneviève.... — id.
13° Marc... Célina (s) . . — id.
14° Ba... Marie — droite.
15° Béch — id.
16° Ba — id.
17° Breh — gauche.
18° Buq... Alphonsine. — droite.
ig"" Cr... Florence — gauche.
20° Cr... Marie — id.
21° Deco — id.
22° Dub — id.
23° Gava — id.
24° Gl... Louise — droite.
25° Hel... Eudoxie. . . . — gauche.
26° Lesp — id.
27° Math — id.
28° Micli — id.
29° Parm — id.
30° Ro... Louise. ... — id.
31° S.. . M — id.
32° Van A — id.
33° V — id.
34° Witt — id.
Sur 34 cas, on voit que l'hémianesthésie a envahi
(1) L'observation de ces cinq malades se trouve dans: Bourneville. — Recherches cliniques et thérapeutiques sur l'^pilepiie et l'hystifrie.
(2) Voir, pour l'histoire des quatre malades ci-dessus : Bourneville et Voulet. — De la contracture hysié'riqne permanente.
(3) Voir, pour l'observation des malades 10 à 13, le premier volume de VTconoqraphie.
prim'Uwement le côté gauche 23 fois et le droit 11 fois. Souvent, l'anesthésie, après avoir été circonscrite pins ou moins longtemps à une moitié du corps, gagne tout ou partie de l'autre moitié et se généralise. D'ordinaire, en pareille circonstance, l'anesthésie est plus accusée sur la moitié du corps frappée la première d'insensibilité.
Elle intéresse, on le sait, non-seulement la sensibilité de la peau dans tous ses modes ainsi que la seasiiililé des muqueuses, mais encore la ssusihiUté spéciale : vue, ouie, odorat, goût. Les troubles des sens peuvent être légers ou atteindre un haut degré : la vue peut être abolie [amaurose hystérique) comme nous l'avons vu chez Ler... (1), chez Marc. . (2j et chez une malade de la ville, Marguerite X... (3^; l'ouïe peut aussi être entièrement perdue, comme nous l'avons noté chez V... i^p. 98, 100) et chez Marguerite X. ..,ou incomplètement comme chez X. . . (p. 142).
Quand l'anesthésie cutanée est complète, l'anesthésie sensorielle peut être également complète. Toutefois, il
(1) Rech. clin, et thérap. sur IVpUepsie et l'hystérie, p. 137 et 145.
(2) Iconographie photogr., t. I, p. 129, 151.
(3) Celte jeune fille présente, comme phénomènes permanents de l'hystérie, une surdité, une araaurose et une abolition de Todorat et du goût à droite, ainsi qu'une hémianesthésie. Sous l'inll ienoe des attaques , nous avons vu survenir une amaurnse et une surdité doubles, avec contracture des mâchoires. La compression ovarienne droite faisait disparaître ces derniers phénomènes et rem-ttait la malade dans son état antérieur.
est plus commun de n'oLserver qu'une obtusioii des sens du côté envahi le dernier, ou, plus rarement, une intégrité presque complète : la malade, par exemple, aura perdu la notion des couleurs du côté anesthésié le premier, et l'aura conservée du côté récemment anesthésié.
L'hémianesthésie s'accompagne fréquemment, sinon toujours, d'une diminution de la force mîiscujaùr.
L'anesthésie est sujette à de nombreuses variations. Elle augmente quelquefois à l'approche des attaques et surtout après un état de mal hystéro-épileptique ; d'autres fois, au contraire, elle diminue ou disparaît à la suite des séries. Nous avons vu, à diverses reprises, des malades, dont l'anesthésie était générale, recouvrer la sensibilité dans la moitié du corps envahie la dernière et, à la suite de nouvelles attaques, dans la moitié primitivement affectée. Le retour de la sensibilité, s'il se maintient, constitue un signe d'un favorable augure.