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OBSERVATION II

On s'imagine souvent que l'hystérie est liée d'une façon intime à la menstruation , en d'autres termes qu'elle n'apparaît que chez les femmes pubères pour disparaître avec la ménopause. Nous avons relaté ailleurs l'observation de deux hystériques , Ler. . . et Etchev..., qui ont encore éprouvé des attaques hystéro épileptiques après la disparition des règles. Entre autres particularités, l'observation suivante nous montrera que l'hystérie grave peut se développer chez une fille longtemps avant la fonction menstruelle.

Sommaire. — Antécédents. — Dt'biil des attaques à 13 ans et demi. — Anesthc'sie et paralysie du côte' gauche. — Retour de la motilité et de la sensibilit', à f/auche : Hémianesthvsie et hijperekthésie ovarienne droites. — Caractères des attaques en 1816. — Arrêt des convuhions par la compression ovarienne, les inhalations de nitrile d'amijle. de valérate d'amijle et d'e'thyle.

'Extension de l'anesthésie {1876). — Hi/j.ereothc'sie ovarienne double. — Première apparition des rèt/lcs. — Retour de la sensibilité à gauche. — Caractères des attaques en juillet 1870. — Secousse.'. — Tremblements , saut: ^ paralysie, contracture de la jambe droite ; — contracture du bras droit; — disparition de ces accidents. — Pi rte de la notion de position ; ataxie.

Elfets de l'application des plaques mé'alliquis et d'un courant électrique faible.

Ane.-.thésie générale. — Contiacture des membics inférieurs. — Rétention d'urine. — Contracture des mâchoires et de la langue. — Influence de la compiession ovarienne sur la contracture récente. — Contracture du bras droit. — Modifications des attaques : crticifierneht.

Titat de la malade (avril 1877) : aiiei,thé.,ie, hypercsthéoie, rachialgie, de. —

Ti aileuieiit par l'or. — Morphine et urticaire. Description des attaques {juillet 4877) .-prodromes lointains; — aura; — début ;

— périodes. — Attaf[ues composées seulement de la période de délire : leurs caractère! particuliers.

Choréc hystérique rhythmique : f/uérisoii par le nitrite d'amyle.

Description des attaques en 4878 : crucifieMcnt ; — attitudes passionnelles, etc.

— Etat de la m .lade en décembre 4878.

X... L..., Augustine , est entrée à la Salpètrière (service de M. Charcot), le 21 octobre 1875, à rùgede 15 ans et demi.

Renseignements fournis par sa mère. (2 novembre 1875).

— Père,à^é de 45 ans, domestique, sobre, sujet à des céphalalgies ; il est en convalescence d'une pleurésie. [Son père aurait eu une paralysie.

— Aucun autre accident nerveux dans la famille.]

3fère, 41 ans, domestique, bien portante; étantjeune, elle a eu des migraines qui Tobligeaient à se coucher ; elles ont disparu quand elle s'est mariée. [Père, meulier, mort de la poitrine ; il faisait des excès de boisson. — Mère, bonne santé. — Rien chez les autres parents].

Pqs de consanguinité.

Sept enfants. ■ \° Louise ; — 2'* un garçon, vivant, bien portant ; 3" un gai'con mort du croup ; 4°-G" une fille et deux I

garçons morts dans les 1 5 premiers mois, en nourrice, on ne sait trop de quoi ; — 7" garçon né à 7 mois et demi qui n a pas vécu.

Louise est née à terme, a été élevée en nourrice jusqu'à neuf mois; de là, jusqu'à 6 ans et demi, elle a été placée chez des parents à Bordeaux. Elle a marché et parié assez tard, et aurait eu plusieurs ophthalmies.

De 6 ans et demi à 13 ans et demi, elle est restée dans un établissement de sœurs à la Ferté-sous-Jouarre. Là, on la mettait « à la pistole », c'est-à-dire en cellule, surtout parce que cela l'ennuyait de lire la Vie des Saints, au réfectoire. Parfois, les sœurs la souffletaient : c J'en avais souvent besoin » nous a avoué plus tard, la jeune malade. Elle est intelligente, a bien appris à lire, à écrire, à coudre ;iingère).

I Sauf une bronchite durant l'hi-

ver de 187i-187o, elle n'aurait pas eu de maladie grave Elle est d'un caractère doux, capricieuse, volontaire, et « trop hardie pour son âge. »

La mère de L... ne sait à quelle cause rattacher la maladie de sa fille. Nous verrons plus loin les motifs de ce silence. Elle dit que L... a toujours senti venir ses crises (douleurs dans le ventre à gauche) qui étaient très-légères à l'origine, quoique sérielles, débutaient par de petits cris et se terminaient par des sauts sur le lit , des pleurs et sans miction involontaire, ni écume.

Plus tard, les attaques, qui éia'\&ni diurnes elnocturnes,ox\i augmenté d'intensité et se sont compliquées d'écume et de miction involontaire. Enfin, au mois d'avril dernier, une série d'attaques aurait laissé après elle une paralysie du côté gauche du corps : L... ne pouvait pas se servir de son bras qui retombait, ni marcher parce que la jambe fléchissait et se pliait. Au bout de huit jours, L... aurait eu des attaques répétées et la paralysie, abandonnant le côté gauche, aurait passé à droite ; les douleurs du ventre auraient également changé de côté.

Les attaques auraient, diton, coïncidé avec le développement des seins et du système pileux du pénil. L.. est grande, bien musclée, mais non encore réglée.

En raison delà multiplicité des attaques, L... fut conduite à l'hôpital des Enfants malades (U mai 1875).

Voici la note qui nous a été remise par un de nos amis qui eut, à cette époque, l'occasion de souvent la voir.

X... est grande, bien développée (cou un peu fort, seins volumineux, aisselles et pénil couverts de poils), décidée de ton et d'allures, d'humeur mobile , bruyante.

N'ayant plus rien des manières de l'enfant, elle a presque l'air d'une femme faite et pourtant jamais elle n'a été réglée.

Elle a été admise pour une paralysie de la sensibilité du bras droit et des attaques d'hystérie grave, précédées de douleurs dans le basventre à droite. On arrête les crises convulsives par la compression ovarienne droite.

Louise quitta l'hôpital pour aller dans une maison de convalescence de la rue de Vaugirard d'où elle fut envoyée à la Salpètrière.

Rensngiim en Is compUmciLialres. — Durant sou séjour à la pensioa religieuse de la Ferlé-sous-Jouarre, L... jouissant d'une liberté relative, se promenait dans le pays, se laissant volontiers embrasser pour avoir des bonbons. Elle visitait souvent la femme d'un ouvrier peintre, Jules.

Celui-ci avait l'habitude de s'enivrer, et, alors, il y avait des discussions violentes dans le ménage : il battait sa femme, la traînait ou l'attachait jjar les cheveux. L... assistait ])arfois à ces scènes; un jour, Jules aurait essayé de l'embrasser, delà violenter même, ce qui lui occasionna une grande frayeur.

Pendant les vacances, elle venait à Paris et passait les journées avec son frère, Antonio, moins âgé d'un an, qui, très avancé, paraît-il, lui apprenait beaucoup de choses qu'elle aurait dû ignorer. Il se moquait de sa naïveté, qui lui faisait accepter les explications qu'on lui donnaitet lui expliquait, entre autres, comment se font les enfants.

Durant les vacances aussi, elle avait l'occasion de voir, dans la maison où servent ses parents, un monsieur G...

qui était l amant de sa mère.

Celle-ci obligeait L... à embrasser ce monsieur et voulait qu'elle l'appelât son père.

Revenue définitivement à Paris, L... fut placée chez G... sous prétexte d'apprendre à chanter, à coudre, etc., avec ses propres enfants. Elle couchait dans un petit cabinet isolé. G. ., qui était en froid avec sa femme, profitait de ses absences pour essayer d'avoir des rapports avec L..., âgée de 13 ans et demi. Une première fois il échoua, il voulait la faire coucher devant lui. Une seconde tentative aboutit à des rapprochements incomplets, en raison de la résistance qu'elle lui opposait.

Une troisième fois, G..., après avoir fait luiie à ses yeux toutes sortes de promesses, lui avoir offert de belles robes, etc., V03'ant qu'elle ne voulait pas céder, la menaça d'un rasoir; profitant de sa frayeur, il lui fit boire une liqueur, la déshabilla, lajeta sur son lit et eut des rapports complets.

Le lendemain, L... était souffrante, elle avait perdu un peu de sang, souffrait aux parties génitales et ne pouvait pas marcher. Le jour suivant, elle descendit, et comme elle avait refusé d'em-

brasser C... selon la coutume, et que, à sa vue, elle était devenue toute pâle, madame C... eut des soupçons. Durant le repas, C... ne cessa de lui lancerdos regards menaçants, afin de lui imposer silence.

Le malaise continuant, on crut qu'il s'agissait de la première apparition des règles.

L... retourna chez ses parents. Elle vomissait, souffrait du ventre. Un médecin, appelé, crut aussi, sans examen, à l'apparition des règles.Quelquesjours plus tard, L... étant couchée dans sa chambre eut peur, voyant les yeux verts d'un chat qui la regardaient ; elle poussa des cris, sa mère vint et la trouva toute effrayée, saignant du nez. Puis ont éclaté les attaques qui ont duré plusieurs heures et se sont terminées par des rires. Pendant un mois et demi, L... aurait eu des attaques presque tous les jours.On lui appliqua des ventouses scarifiées le long de la colonne vertébrale.

Quelque temps après, allant faire une course, elle rencontra par hasard, M. G... qui la saisit par les cheveux ; elle parvint à lui échapper: le soir, nouvelles attaques plus violentes.

Ses parents la placèrent comme femme de chambre chez unevieilledame. A partir de là, elle eut une existence un peu aventureuse. Son frère lui fit faire la connaissance de deux amis, Emile et Georges. Bientôt des relations s'établirent régulièrement pendant six mois avec Emile ; une fois ( ? ) avec Georges. Elle préférait le premier, qui eut vent des embrassements de Georges, ce qui amena des scènes que nous verrons se reproduire dans I3 délire.

Cette conduite irrégulière amena des discussions très vives entre la malade, sa mère, son père et son frère.

Elle finit par s'apercevoir que sa mère était la maîtresse de G..., auquel ceile-ci l'avait en quelquesorle livrée. Le pèrede L... est mal avec sa femme, no veut pas qu'on lui parle de sou fils. peut-être parce qu'il pense que ce n'est pas son enfant.

Les attaques, après s'ètro éloignées, se rapprochèrent.

L... fut conduite, comme nous l'avons dit, en mai 1873 à l'hôpital des Enfants-Malades où elle resta environ cinq mois.

Etat actuel (Nov.-déc). — L.,.est une blonde, grande et

forle pour son âge, et offie tout l'aspect d'une fille pubère. Elle est active, inteUigenle, affectueuse, impressionnable, mais capricieuse, aimant baucoup à attirer l'attention. Elle est coquette, met beaucoup de soin à sa toilette, à disposer ses cheveux, qui sont abondants, tantôt d"une façon, tantôt de l'autre, les rubans,de couleur vive surtout, fout son bonheur. (Pl. XIV).

La motilité est diminuée à droite : cinq ou six épreuves avec le dynamomètre Mathieu ont donné à la pression de la main 60 à gauche et 30 à droite. Aussi L... fait-elle plus souvent usage du bras gauche que de l'autre : « Je m'apprends à être gauchère, ditelle. » Elle laisse fréquemment tomber les objets qu'elle lient dans la main droite, et traîne un peu la jambe correspondante qui lui paraît lourde.

La sensibilité cutanée, dans ses divers modes, est abolie sur toute la moitié droite du corps : traction des poils, toucher, frôlement, chatouillement, contact avec pression (1), pincement, piqûre, froid et chaleur.

L'anesthésie affecte également les miiqimises de la moitié droite du corps (conduit auditif, paupières, œil, narine, bouche, langue, palais, vulve). Elle s'arrête trèsnettement : en arrière, à la ligne des apophyses épineuses ; en avant, à la hgne médiane.

Les piqtlres d'épingle déterminent des deux côtés de petites papules , simulant celles de Vurticaire et qui persi^>tent plus longtemps du côté insensible. Il en est de même des l'aies tracées avec l'ongle.

La sensibilité est normale à gauche; les mouvements réflexes et toutes les sensations se manifestent sans retard.

Lanotioii de position n'exisle plus à droite: si la malade étant distraite et ayant les yeux fermés , on imprime différentes positions aux doigts, au bras ou à la jambe, elle ne sait plus indiquer, sans erreur, l'attitude qu'on leur a imposée.

Sensibilité spéciale. — L'ouïe est notablement diminuée à

(l) 11 faut que la pression soit

assez forte pour que la malade s'en rende compte.

droite. — Uodoral est aboli à droite (nitrile d'ainyle, valérate d'éthyle, etc.). — Il en est de même du goût [coloquinte , sel, sucre, etc.). — acuité visuelle est diminuée à droite et la notion des couleurs peo'dtie.

Aura. — Elle se compose des phénomènes suivants :

1° douleur siégeant au niveau de l'oraire droit {hyperesthésie ovarienne) ; — sensation de boule qui monte à la région épigaslrique [nceiid épigaslrique) ; — 3° palpitations cardiaques et constriction laryngienne {troisième nœud] ; — 4° enfin troubles céphaliques (battements au niveau de la tempe et de la partie antérieure du pariétal du côté droit, sifflementsdans l'oreille droite).

L'aura n'apparaîtrait que quelques minutes avant l'attaque ; la malade a toujours le temps de se coucher. Quelquefois, cependant, elle se figure que l'attaque va s'arrêter, que les phénomènes qu'elle éprouve ne vont pas aboutir et elle ne se couche pas ; or, il lui arrive de se tromper et de tomber, sans se blesser sérieusement.

La perte de connaissance

serait complète : L.. n'a aucun souvenir de ce qui se dit ou se fait autour d'elle durant l'attaque. La terminaison serait annoncée soit par des pleurs, soit par des rires ou des chants. Revenue à elle, elle se remet à travailler comme si elle n'avait rien éprouvé ; elle ne conserve qu'un peu de contracture.

Après ses attaques, elle a des visions, se fait des peurs.

Elle revoit l'ouvrier peintre, dont nous avons parlé; — un chien qui se jette sur son frère, le mord et se sauve emportant un morceau de chair à sa bouche; — d'autres fois, elle s'imagine qu'elle va mettre les pieds dans l'eau; — elle voit des bêtes noires, semblables à de gros rats, qui se promènent à 4 ou 5 mètres d'elle, ou des bêtes plates, noires, à coquilles.

Le sommeil est assez bon ; elle s'endort facilement; elle rêve beaucoup, a des cauchemars : on veut la voler, la tuer, l'étouffer entre des matelas, etc., et souvent elle se réveille en sursaut.

Fonctions digestives. — Appétit capricieux; pas de vomissements ; gonflement de l'estomac, qui oblige la malade à se desserrer; renvois gazeux

fréquents , garde-robes régulières, quotidiennes.

Respiration normale. — Circulation: parfois, palpitations cardiaques: pouls petit, régulier; pas de souffle.

1 0 décembre. — A tiaque : a) Petits cris ; — face rouge, dirigée à droite ; globes oculaires fortement portés en dedans; pupilles dilatées ; rigidité générale, membres dans l'extension. — A) Bouche largement ouverte ; bruits pharyngiens et abdominaux. — c) Mouvements de latéralité de la tète; — projection du ventre par secousses rapides, avec borborygmes et ondulations: on dirait des flots qui s'agitent.

Avant qu'elle n'ait repris connaissance , L... ouvre la bouche : les bruits pharyngiens et abdominaux recommencent ; les mâchoires se contractent, le regard devient fixe, se dirige en haut; la rigidité générale augmente :

ceci constitue une première phase. — Puis, mouvements de latéralité de la tète, mouvements brusques des bras et des jambes, ce qui constitue une seconde phase. — Enfin, elle a des mouvements du ventre, etc.

Dans l'intervalle, des attaques, la rigidité persiste. — Après une attaque, L... est revenue à elle ; sa physionomie était souriante; elle cause, se frotte le côté droit du ventre. Bientôt, elle est prise d'une nouvelle attaque.. .

1876. — Janvier- février. — La covipression de la région ovarienne droite arrête les attaques; mais, d'habitude, elles reprennent au bout d'un temps plus ou moins court.

— Le rdtrite d'amyle les arrête définitivement pour toute la journée (1). — Le valérate d'aiiiyle, administré maintes fois en inhalations, les suspend momentanément.

Mars-avril. — Le valérate d'aiiiijle donné à l'intérieur à la dose de 15 à 45 gouttes n'a nullement modifié la marche des attaques. — Le 20 mars, nous observons une moditl cation de Vanesthésie: elle aflecte tout le côté droit et, de plus, tout le côté gauche, à l'exception du membre inférieur. L7iyj!?eresthésie ovarienne est double et la compression de l'ovaire

(l) Voir : BounieviUe. — Recherches clin, et thérap. sur l'éjjilepsie et 1 l'hystérie., p. 100-101.

ffauche suspend les attaques.

Quacd elle a recouvré connaissance. L... déclare que la série, qui vient de se terminer, a été précédée non pas de douleurs dans le côté droit du ventre, suivant l'habitude, mais de douleurs dans le coté gauche.

6 juin. — L... a eu plusieurs fois des états de mal hystéroépileptiqiie. Ce matin, elle a été prise à 7 heures, et, à ■10 heures, on a déjà compté 21 attaques. La compression ovarienne les l'ail cesser pour un instant, mais bientôt elles recommencent.

A 10 heures et demie, inhalation de valérate d'étliyle.

L... revient vite à elle, mais moins vite qu'avec le nitrite d'amyle. La face, les lèvres, les conjonctives palpébrales prennent une couleur rouge vermillon et non pas rouge vineux, comme avec le nitrite d'amyle. Bientôt, L...

ayant été reprise d'attaques, nous recommençons les inhalations de valérate d'éthyle àlargedose. L'évaporation est rapide et la compresse devient poisseuse. La connaissance revenue, L... se plaint que le médicament la pique aux yeux et dans le nez et

lui donne une sensation de resserrement à la gorge; elle a une toux sèche, fréquente et un goût de sucre.

L... s'endort pendant quelque temps. A son réveil, elle raconte qu'elle a rêvé : elle voyait de grandes buttes les unes sur les autres, beaucoup de monde, des flammèches, etc. Elle prétend que le valérate d'éthyle l'a rendue plus lourde que le nitrite d'amyle.

— Peu après notre départ , nouvelles attaques. Eu tout, jusqu'à 3 heures , 39 attaques.

1 juin. — Les attaques ont reparu ce matin à 4 heures. A M heures, elle en avait déjà eu 26. Retour de la connaissance par la compression ovarienne droite. Les deux régions ovariennes sont douloureuses. — Vanesthésie est totale.

Dans un moment de répit, L... raconte ses visions : tantôt elle voit Jules (l'ouvrier peintre), qui tient un couteau d'une main, la menace et lui intime l'ordre de venir avec lui ; il a sur les épaules des corbeaux qui appellent la malade; tantôt elle voit le ckarriot des morts traîné par six bôtes de la grosseur d'un

chien de Terre-Neuve, o\ ant des oreilles toutes noires, longues et plates. Les morts sont décharnés ; ils ouvrent la bouche et ont des lumières dans les yeux. Le charriot est accompagné d'une dizaine d'hommes qui l'appellent, entouré de flammes, de corbeaux et orné d'un drapeau tricolore (1).

Une nouvelle attaque, survenue après un repos de 20 minutes, est arrêtée parla co7npression ovarienne ganchs.

\kjuin. — Série d'attaques.

L... a revu le charriot des morts. Quand les hommes qui l'entourent parlent, il sort des flammes de leur bouche. Elle a vu aussi de gros rats, avec de longues queues.

23 juin. — De 7 à 11 heures du soir, 18 attaques.

24 jîiin. — De 7 heures du matin à midi, 52 attaques.

i: juillet. — Pas d'attaques du 24 juin à ce jour. Depuis

(l) L... a cette vision depuis qu'une inûrmière de l'hôpital dos Enfants-llalades lui a l'ait accroire qu'elle avait vu le charriot des morts, et même qu'elle avait reçu un sout'Ilet de l'un des honames du Cort(5gp.

le elle se plaint de donleurs dans les reins et dans le bas-ventre, ditl'erentes de ses douleurs ovariennes. Hier, elles étaient si fortes, qu'elle s'est couchée. Elle a été agitée toute la nuit, s'est levée et promenée dans la salle. De 5 à 7 heures, elle a dormi, mais en rèvantqu'elle était dans un abattoir, voyait tuer des bêtes, couler le sang. En se réveillant, elle avait ses règles pour la 2)r entière fois.

A 9 heures , attaques. A 11 heures et demie, on en avait compté 35. — T. R.

1 juillet. — T. R. 37«,5. — De 7 heures du matin à une heure de l'après-midi, 18 attaques. L'rt?ie5/'Ae5ie est toujours générale.

^juillet. — De 10 lieures à 3 heures du soir, 39 attaques.

Les règles sont à leur lin.

15 juillet. — La sensibilité est normale à gauche; l'hyperesthésie ovarienne , de ce côté, a disparu.

'io juillet. — llémianesthésie à droite, sensibilité normale à gauche. Au dynamomètre Burq : 39 à droite, 41 à gaui;he. — Température de la main droite, 37", 2; — de la gauche, 37". — Application d'une armature d'or sur l'a-

v;,Dt-bras droit : au bout de 10 iniuutes, la sensibililé est revenue dans la main et la moitié inférieure de l'avantbras ; ce l'etour a été précédé d'une sensation de picotement. Le lendemain, l'anesthésie était complète.

28 juillet. — G... a été prise d'attaques, au moment de l'apparition des règles. De ■1 heure à 9 heures du soir, elle en a eu 26.

29 juillet. — Les attaques ont recommencé à 9 heures. A midi, on en avait compté 2i.

Elles ont subi quelques modifications.

Outre les jjrodromes déjà notés, nous avons à relever les suivants: la parole devient brève; G... est impolie, irritable ; ses mouvements sont brusques;lesyeux deviennent hagards, fixes; les pupilles se dilatent, l'attaque éclate sans cri.

Période épileptoïde. a] La tète et le thorax se portent à droite; — le tronc s'incurve, décrivant une courbure à convexité latérale gauche. La figure devient d'un rouge vermillon très-vif et se couvre peu à peu de sueur; les yeux sont dirigés en haut; les pupilles se dilatent davantage; la respiration est suspendue.

—(^' Mouvements tétaniformes rapides, puis convulsions cloniques. — c) Ecume mousseuse, blanche. Quelquefois léger ronflement. Respiration assez rapide.

Repos. Mouvements du venti-e sur place, plaintes, grincement de dents, puis cris aigus.

Période cloniqite. G... reporte le corps sur le milieu du litet a 5 ou 6 grands mouvements accompagnés de cris et dans lesquels elle s'asseoit et retombe brusquement sur le lit.

Nouveau repos.

Période de délire. — Regard effrayé: « Attrapez les rats! »

— L... s'asseoit; la tète est inclinée à droite; regard et geste menaçants; elle a de la sputalion. « Pardon! laissezmoi. » Elle respire très-vite, comme si elle manquait d'air.

3 septembre. — Les règles ont paru le l*""; le 2, elle a eu des attaques, et aujourd'hui 60. L'écoulement sanguin est peu abondant, s'arrête et reprend; il cesse le 5.

6 septembre.— k.i\,d.q}xes coupées par les inhalations de nitritc d'amyle.

27 novembre. — De 8 h. 1/2 à 11 h. 1/2, 34 attaques. T. R.

3 décembre. — Hier, dans l'après-midi, la jambe droite était prise de tremblement dès que le pied posait par terre. De 6 heures du soir à 4 heures et demie ce matin, 130 attaques.

4 décembre. — Dans l'aprèsmidi, X... a éprouvé des douleurs au niveau du métatarse droit ; elle prétend qu'il lui semhlait qne l'aura montait du pied au ventre. Dans la soirée, fourmillements dans tout le membre inférieur droit, avec hattements dans la fesse correspondante, phénomènes qui l'empêchaient de marcher. Pendant la nuit, engourdissements et secousses dans tout le corps.

Quand elle s'est levée, ce matin, sa jambe droite tremblait; à partir de 8 heures et demie, le tremblement a été remplacé par des saïUs brusques du membre revenant vine ou deux fois par minute.

Ils se sont rapprochés de plus en plus et, à 11 heures et demie, il y en avait 50 à 60 par minute. La compression ovarienne les a momentanément arrêtés.

De 5 à 9 heures, attaques incomplètes. Dans la troisième, le bras droit s'est contracluré dans la demi-flexiou,

Tavant-bras étant placé en travers du dos. La contracture a disparu à la septième attaque. La compression, pratiquée à 9 heures, a mis tin aux mouvements de la jambe.

5 décembre. — De minuit à 7 heures, sommeil tranquille.

A partir de 7 heures, nombreuses attaques complètes et incomplètes, offrant des particularités nouvelles : le cou est si violemment tordu, que le menton répond à l'épaule et que la bouche est collée contre l'oreiller.La malade a conscience de ce qui va se produire, car, en même temps que le front se plisse, que le visage se congestionne, etc., elle s'écrie : «Ah! mon cou! Ah! mon cou! » Puis elle crie et perd connaissance.

Dans d'autres attaques , l'avant-bras droit se place en travers du dos et y demeure contracturé entre les crises.

Ces deux accidents: torsion exagérée du cou et de la tète, contracture du bras, reparaissent et disparaissent à plusieurs reprises. Si la malade reprend connaissance, elle se plaint de son cou ou de son bras droit qu'elle frotte avec la main gauche : « Otez-moi mon bras, dit-elle. » Et elle

pleure. Elle a aussi des crampes Irès-doulourouses dans la jambe.

Les mouvements de déglutition, les mouvements du ventre, ou si l'on préfère les vogues abdominales, qui précèdent souvent les attaques, sontaujourd'liui très-accusés.

Deux fois, à la période de délire, L... a offert des phénomènes extatiques. Elle riait aux éclats, s'asseyait, sa physionomie était souriante, exprimait un bonheur naïf; elle semblait voir un être imaginaireetbien aimé (Pl. XXII).

— Parfois, la physionomie devient triste, comme si la vision s'éloignait. En revenant à elle, L... est toute désenchantée de se trouver où elle est et de ne plus apercevoir celui dont la vue lui faisait tant plaisir.

Les attaques ont continué (1 3 complètes et 6 incomplètes) jusqu'à trois heures. Nitrite d'ample : arrêt définitif. — L... a eu des secousses dans le bras droit et des douleurs dans l'épaule. Les soubresauts du membre inférieur ont cessé.

La nuit a été assez bonne; mais le sommeil est accompagné de O'êves affreux sur lesquels la malade refuse de donner des détails.

6 décembre. — Parali/ne ahsolue de la jainle droite. La malade ne peut la fléchir, ni l'allonger quand on l'a pliée.

Au repos, le membre est porté en dehors. Dans la marche, qui n'est possible qu'à l'aide de deux personnes, L... s'appuie bien sur la jambe gauche; mais la droite reste en arrière, tournée en dedans de telle sorte que la rotule regarde la face interne du genou gauche et que le pied, placé transversalement, traîne son bord externe, le talon étant un peu soulevé. — A midi : T. R. 37% 8.

1 décembre. — De minuit à trois heures du matin, 35 attaques Le reste de la nuit, sommeil assez tranquille, interrompu toutefois par des douleurs dans la jambe droite.

Au réveil, contracture trèsprononcée du membre inférieur droit, dans l'adduction ; pied bot équin. Toutes les jointures sont rigides. La fesse est creuse. — Trois attaques à 11 heures. Dans l'une d'elles, les convulsions cloniques tétaniformes, sont très-marquées dans la jambe gauche, et légères dans la droite. T.R.

8 décembre. —X... se réveille quelquefois en sursaut, s'as-

seoit brusquement snr son lit, regarde vers la droite, comme s'il y avait quelqu'un, se recouche et s'endort. — Diarrhée très-abondante.

9 décembre. — Ce matin, à 4 heures, la contracture persistait. — La jambe droite a commencé à sauter très-fortement, puis a été prise d'un tremblement, qui a duré jusqu'à 8 heures. De ce moment à 10 heures, 22 attaques:

compression ovarienne, disparition de la contî'aclure qui laisse après eWenne par ali/sie.

1 0 décembre. — Règles ; écoulement d'abord assez abondant, puis arrêt ; pas d'attaques ce jour-là ni le 11.

Examen des yeuse fait avec M. Landolt. — L'acuité visuelle est plus qne normale à gauche et normale à droite. — A gauche, perception des couleurs, normale. — A droite, dyschromatopsie : X... confond le rouge et le bleu, le vert et l'orangé. — Le champ visuel, normal à gauche, est rétréci concentriquement à droite.

— A Vophthalmoscope, on ne trouve pas de différence entre les deux yeux ; il n'y a aucune lésion ; les veines sont un peu engorgées.

12 décembre. — Durant la nuit, cranipts dans la jnuilio

paralysée. — De 8 à 10 heures 11 attaques. Revenue à elle, X... raconte qu'elle a éprouvé dans la jambe des « fourmis »

et des ci'ampes qui l'auraient « fait sauter au plancher. s> Dans l'intervalle qui a séparé la cinquième attaque de la sixième, on s'est aperçu que la parali/sie de la jambe droite avait cessé, car la malade la pliait et l'allongeait.

A onze heures, nous vérifions la disparition de la paralysie : X... se sert de sa jambe, dans laquelle il n'y a plus aucune sensation pathologique.

— La notion de position est abolie à droite, conservée à gauche. — X... ne sent pas la résistancedu parquet à droite.

Les yeux étant ouverts, elle est capable de se tenir sur l'une ou l'autre jambe et de marcher en regardant ses pieds. Le pied droit ne repose pas complètement sur le sol. — Si les yeux sont fermés, X... s'avance tout à fait à la façon des ataxiques.

1 décembre. — Les règles ont fini le 12 au soir. — X...

déclare que la jambe droite est encore faible ; elle ne peut en effet, se tenir sur celte jambe seule.

1877. G janvier. — 31 alla-

qucs ; quatre arrêtées par la compression ovarienne; — arrêt définitif par le nitrite d'ami/le.

'ii janvier. — Ij'hémianesthésie droite persiste toujours.

— Applicatmi, sur l'avantbras droit, des plaques d'une petite pile an sulfate de cuivre :

au bout d'une heure, retoxir de la sensibilité (1).

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