L... se plaint de sa langue
qu'elle ne sent pas remuer, qui est embarrassée et dans laquelle elle a « comme un fil de fer. » (Il n'y a ni morsure, ni gonflement). T. R. 38", 2.
Soir : T. R. 38°, 4. Attaques dans l'après-midi ; elles ont cessé à 4 heures.
i juin. — Les attaques ont commencé à 8 heures. Nous voyons la malade à 1 1 heures.
Dans l'intervalle des crises convulsiveset la malade ayant sa connaissance: contracture de la mâchoire et de la langue.
On ne peut déplacer la mâchoire ; sous l'influence de la compression ovarienne droite prolongée, la mâchoire inférieure s'abaisse, se dévie à gauche ; la bouche est de travers, puis la mâchoire se place régulièrement tout en demeurant abaissée ; la bouche étant ainsi largement ouverte, on voit la langue au fond de la bouche, tout-à-fait recourbée en demi-cercle, la pointe est invisible ; on dirait que la malade va avaler sa langue. Bientôt, la compression étant toujours continuée, la langue se détend, s'allonge brusquement et sort très-longuement ; puis, elle est prise d'une sorte de folie, rentrant et sortant plusieurs fois de suite et avec une grande vi-
tesse. Enfin, cette folie finit, la mâchoire et la langue reviennent à leur état naturel.
L... parle avec un certain embarras ; elle dit que sa langue écorchait son palais et qu'elle avait une sensation de tiraillement en avant du cou.
Parfois, L..., qui a la camisole, essaie de frotter Vail droit, sous le prétexte qu'il est serré, « qu'il veut aller rejoindre l'œil gauche. » S'agitil là d'une contracture du muscle droit i7iterne, cela est fort probable. — L... est devenue sourde depuis trois quarts d'heure. Elle prétend qu'elle a « une araignée dans l'oreille droite, » sans doute pour traduire les sensations qu'elle éprouve.
Après unrepos relativement assez long, comme on le voit, L... a une attaque qui laisse une nouvelle contracture de la mâchoire et de la langue.
— La compression ovarienne suffitàlaguérir(l).— Afin d'en prévenir le retour, inhalations de chloroforme, qui n'est pas poussée jusqu'à résolution complète. T. R. 38". — Soir :
(0 Voir : Progrès médical, 1877, p. 385 et 487.
1 juin. — Le chlomre d'or a été administré régulièrement, à la dose d'une, de 2, 3 et 4 pilules d'un centigramme. On remplace les pilules par une^o^^o% contenant 0 gr. 02 du médicament.
7 juillet. — La dose de chlorure d'ora été élevée progressivement à huit centigrammes, dose actuelle. — Aujourd'hui, de 9 à 11 heures, 15 attaques.
^juillet. — X... a été prise d'attaques à 9 heures et, contrairement à sa coutume, elle n'a pas averti, ce qui semblerait indiquer qu'elle u'a pas eu de prodromes. Nous allons décrire aussi complètement que possible ses attaques.
Souvent, dès la veille des attaques, ou au moins quelques heures auparavant, on observe des modifications de l'allure et du caractère sur lesquels nous avons déjà appelé l'attention : ce sont les prodromes lointains de l'attaque.
Interrogée, la malade déclare que les douleurs qu'elle ressent presque constamment dans le côté droit du ventre {hyperesthésie ovarienne) deviennent plus vives : c'est le premier nœud de Vanra proprement dite. Puis, elle accuse
la sensati. n d'une boule qui remonte à l'épigastre (S» nœud ou nœud épi gastrique). C'est, en général, à ce moment, qu'elle demande à se coucher et réclame la camisole. — Bientôt surviennent Aqs palpitations cardiaques, de Voppressionel une constriction au niveau du cou (3" nœud ou laryngisme).— Enfin, se produisent les symptômes céphaliqnes de l'aura: battements dans la tempe droite, bourdonnements et bruits de cloches dans l'oreille droite, obscurcissemeat de la vision, etc.
Début de V attaque. — La respiration est irrégulière, l'oppression évidente, la parole est entrecoupée ; sentant l'attaque imminente, L... essaie de se comprimer : « J'ai... la...
respiration... dif...ficile... Je., ne.... serai.... pas.... malade... afin... de... ne... pas...
avoir... de nitrite d'amyle. »
Il y a des mouvements de soulèvement du ventre ; un mâchonnement intermittent; les narines se relèvent, le front se plisse, les paupières palpitent rapidement, le regard devient fixe, les pupilles se dilatent, les yeux se portent en haut, la malade a perdu connaissance.
Première périorle (période épih'pto'ide). a) Phase tonique :
Tout le corj95 devient rigide ; les hras se l'oidisseut, exécutant ou non un mouvement de circumduction plus ou moins parfait, puis se rapprochent souvent l'un de l'autre sur la ligne médiane, les poignets se touchant par leur face dorsale (Pl.XVI) (1);— les membres inférieurs sont allongés et rapprochés, les pieds eu varus équin ; — la face se porte à droite et se congestionne progressivement; — la bouche est tantôt ouverte, tantôt, au contraire, fermée et les lèvres sont fortement serrées; — la respiration est suspendue ; — le poids difficile à sen tir; — le ventre immobile. — A cette première phase, parfois, il y a déjà de l'écume, sortant, dans certaines attaques, sous forme de grosses balles. fPL. XVII.) (2).
(1) Ce rapprochement plus ou moins prononcé est plus commun que le mouvement de circumduction.
(Voir, tome I, Pl. XVII ; — tome H, Pl. XII et XXXII.)
(2) Malgré une observation assidue, faite depuis huit ans, des accès d''^pilepsie, nous n'avons aucun souvenir d'avoir vu l'écume paraître dès le début de l'accès : c'est là, croj'ous-
b) Phase des secousses tétaniformes et cloniqiies. — La tête reprend sa position normale; la face se congestionne davantage; la malade pousse des :
oue I oue ! les muscles du visage sont pris de convulsions assez larges, cloniques; les paupières, en particulier, s'abaissent et se relèvent alternativement ; ces mouvements, qui s'accomplissent avec une certaine lenteur, diffèrent considérablement des palpitations si rapides que nous avons signalées au début de l'attaque; les membres sont animés de secousses té tani formes, quelquefois cloniques sur place.
c) Phase de stertor : la face se couvre de sueurs, l'écume, qui souvent n'a pas cessé, augmente, la respiration devient rapide , quelquefois bruyante.
Repos : la respiration se régularise; mouvements de déglutition, bruits abdominaux, ondulations du ventre.
nous, un signe diagnostique qui pourrait rendre service dans des cas douteux.
Période cloniqnc. Elle offre deux variétés qui, quelquefois, se succèdent dans la même attaque.
a) Mouvements cloniques des membres, pour ainsi dire surplace; — de la tète qui bat l'oreiller ou est secouée de gauche à droite et réciproquement; la rougeur de la l'ace
disparaît peu à peu, malgré la rapidité des mouvements.
V] L... ouvre largement la bouche, tire la langue, se porte rapidement du bord du lit au milieu en criant : oue !
oue... ! Le corps se courbe en arc [Fig. 4), ne repose plus que sur la nuque et les pieds; les cheveux sont en désordre,
Fig. 4.
le cou est tendu, les bras sont allongés et contracturés.
Après avoir gardé cette position — que nous avons déjà signalée chez plusieurs malades — pendant un temps plus ou moins long, L... s'asseoit puis retombe brusquement sur son lit et cela à 5, 6.... 10 reprises diiï'érentes.
En même temps, les bras et
les jambes sont animés de grands mouvements cloniques de 'flexion et d'extension.
Nouveau repos.
Période de délire. L... s'asseoit à demi, un peu de côté, les cheveux rejetés en arrière; la physionomie exprime la
joie ; elle voit un èlre imaginaire qu'elle suit du regard, etc. (Pl. XXIII).
Dans Vintermlle des attaques, le corps est rigide, les membres sont dans l'extension et on observe la plupart des phénomènes que nous avons indiqués comme caractérisant les repos.
La reprise des atlaques est annoncée par les phénomènes décrits plus haut : fixité du regard, plissement du front, etc.; quelquefois, la bouche s'ouvre largement (Pl. XV), et L... pousse des c ah ! ah! »
étouffés.
En revenant à elle, ce jourlà, L... pleure, se plaint de sa jamhe droite « qui se retire. »
Elle est, en effet, contracturée dans l'extension; il en est de même du bras droit. — Les membres du côté gauche sont souples. La malade délivrée des liens qui la maintenaient, nous pratiquons la compression, de la région ovarienne droite. L... reprend mieux connaissance ; tous les petits symptômes, qui persistent d'ordinaire durant quelques minutes, se dissipent. L...
demande à boire.
La douleur de la jambe droite reste aussi intense et la contracture des membres dii, côté droit est aussi complète que possible. ( Pl. XXIX et XXX.) Nous reprenons la compression : L... pleure, dit que « ça tire davantage. »
Bientôt, le bras se détend, se fléchit, devient libre ; puis la jambe se fléchit à son tour et exécute à cinq ou six reprises des mouvements rapides de flexion et d'extension. En un mot, il y a une sorte de foli3 de la jambe, semblable à celle que nous avons décrite pour la langue.
9 juillet. — L... a été tranquillehier et cette nuit; la contracture n'a pas reparu; mais les attaques ont recommencé à 9 heures et demie. Nous voyons L... à 1 1 heures : elle est dans le décubitus dorsal.
Les cheveux sont rejetés en arrière; les paupières s'abaissent et se relèvent ; la physionomie exprime le mépris, la colère ; L... se soulève à demi :
< Et je ne te vaux pas ? Tu
n'étais pas digne d'être aimé!... • Effroi : ' Les rats au derrière!... Ils me mordent !.. . Maman! • Elle rejette brusquement les bras, découvrant ainsi les fesses. « Chameau !
Pignouf! Vaurien ! > Elle reprend
sa position primitive : « Et tu continues " •
Nouvelle attaque ; puis le délire reparait. L .. croise les bras, semble rélléchir; puis elle les décroise, sa physionomie exprime la menace :
« Sale bête! Pignouf!... Est-il permis ?... • Elle se cache la figure avec les mains, croise les bras, menace de la tête : « Il m'en fait
faire du mauvais sang ! J'irai
sitôt que je pourrai... Tu m'envoies des grenouilles. » Elle ouvre la bouche, y introduit la main comme pour en retirer quelque chose : > Il ose encore! Ea a-t il du toupet? Prends garde ! [bis]. Tu oses venir à la Salpêtrière {bis]... La prochaine fois que tu viendras? (menace) .. . Pour moi, tu ne devrais pas y venir. . Infâme ! Lâche !... Tu es un homme capricieux... Mes parents m'en ont dit... Tu qualiles les vices d'un voyou. ■
Repos ; les bras sont croisés.
< Toi qui aimes tant ta fille ! (Allusion à son père). L... fait des signes de la tête; air de mépris :
< De quoi?... Tu es une mère infâme! El mon père t'a pardonné!...
Tu es une sale femme, tu es une femme mondaine. • (Elle pleure, se couvre le visage avec les mains).
« S'il était permis de battre sa mère, je te battrais... Si je voulais... Puis, je te dis quelque chose. Tiens, flûte I Sale bête!... Je le dirai à papa...
Ant..., il est meilleur que loi, il te jouera des tours... Quand papa l'a soufdeté parce qu'il l'avait trouvé avec une fille... Je ne coucherai pas ici ce soir... Sois tranquille... Je lui Apprendrai... Je ne le dis pas à d'autres, pour ma réputation, mais sans cela!... Tu te figurais que je voulais rester novice toute ma vie !... Tu sais bien ce qui te pend au nez. . . S'il t'a fait noire à mes yeux, il n'a fait que son devoir... Maman! Vas-tu finir ?... Il me met des rats dans le derrière ! >
Effroi, elle se retourne ; repos.
< Ton garçon t'en fera des tours aussi... Tu crois que je n'ose pas te regarder en face?... Tu ne viens pas me voir... Si je ne me sauve pas, c'est pour papa, sans cela je sauterais les murs... J'ai agi comme une innocente, dit papa... Toi, tu m as donné l'exemple... Je ne comprends pas que tu dises que je tombe du haut mal... Je suis contente de te voir, pour avoir des nouvelles de papa ; mais, au bout d'un quart d'heure!...
Et tu ne veux pas que je te dise tes vérités .. Chaque jour que tu viens, tu pleures... "Tu crois que j'irai chez toi?... Flûte!... La police?.. . Alors je raconterai tout... Tu as beau t'améliorer maintenant, il est trop tard... Tu dis que je gâte le ménage... Je te renie pour ma mère...
Ne m'envoie pas des ratsi... Des crapauds ! Des crapauds ! •