‹ Iconographie photographique de la SalpêtrièreChapitre 14 sur 23 · L... a peur; elle pleure; demande qu'on retire ces ani · texte numérisé non relu

L... a peur; elle pleure; demande qu'on retire ces ani

maux, se débat. Nous comprimons la région ovarienne droite ; elle revient à elle, cause naturellement ; mais, après un répit de 3 ou 4 minutes, les paupières palpitent, la malade devient immobile, le regard est fixe ; les bras se croisent et sans avoir eu ni période épileptoïde ni période clonique, elle retombe dans la période du délire ; il s'agit donc là d'attaques constituées uniquement par la troisième période et annoncées, comme on le voit, par les modifications, les changements de la face qui surviennent d'habitude au début des attaques complètes.

■ Compte sur moi ; j"ai ton amitié... Tu m'as dit que tu me guérirais... Moi, je te jure que je n'ai rien dit à la Salpètrière... Je voudrais bien savoir qui a pu te le dire?...

Une vieille femme ? On ne me l'a pas demandé... L'autre, je le dirais Lien ; toi, non, il n'y a pas de danger. » (Repos). « Qu'est-ce que lu veux, c'est digne d'elle... » L... converse avec son amant, le rassure au point de vue de la police, car il parait inquiet. ■ Ecris toujours à l'adresse que je t'ai donnée.. Pour avoir une sortie de la Salpètrière, je ne l'aurai pas... Des désagréments ? ■ (Gaie de mépris^. Puis elle fait des projets d'évasion. • Seulement deux mois «ans avoir de crises, et je me tire

des pieds. • {Repos; L... s'asseoit^.

• Tu paies de toupet jusqu'ici, sale bête!... Emile tu n'es pas gentil...

Oh ! sale cochon! Cochon! • {Repos}.

' Oh comme il faut se fier aux hommes ! ■> (Elle se débat). • Oh ! des paons ! leurs queues !... Je ne veux jilus depaons... Oh! Emile, Emile!

[Elle se débat de nouveau ; repos).

' Je t'en supplie, renvoie cet homme qui a une fille de 22 ans ! Comment tu n'en est pas jaloux !... Tu veux encore que j'aille avec lui?. . Ça me surprend des choses comme ça!...

Tu n'es pas jaloux?... Tu t'es toujours figuré que j'en avais un rue des Saints-Pères. Tu te figures que j'en ai six à qiiinze ans .. Les paroles s'en vont, les écrits restent... Dans des moments, doux comme un mouton, dans d'autres, furieux comme un lion... »

10 juillet. L... a bavardé sans cesse depuis hier sans avoir d'attaques et son bavardage continue encore : c'est un véritable délire de paroles.

• Quand celte chose-là est arrivée, il méritait la prison... El pour de l'argent!... Ce n'est pas une mère infâme? c'est de la canaille... J'ai fini aussi par croire que mon père était lâche .. Un an après... J'ai bien fait... Il fallait bien que je me rattrape, la première fois j'avais tant souffert!... Cochon!... Et tu viendrais dire après cela que maman avait raison ! Ecoute, tout cela c'est dea tourniquets (?), qui n'en valent pas un... Ça ne signifie rien. • {G'est à

so/t frire quelle parle). « Mais tu allumes le feu auprès de maman...

Emile, ne t'en mêle pas, je t'en supplie... Tu en as assez sur le dos...

Ne me démens pas, je te fiche une giffle. •

Elle s'arrête, regarde, soupire. Elle interpelle Emile, présent avec son frère et se disculpe des reproches qu'il lui adresse.

• Dis-le moi!... Veux-tu me le dire? Pigiiouf! Il faut que tu sois ignoble. Tu crois donc ce garçon plus que moi... Je te jure que ce garçou n'a jamais mis la main sur moi... Oh! est-ce vrai ou pour me taquiner... Finis... Et quel jour?

Dis-moi tous les détails... Il m'a embrassé, puis il m'a chatouillé. . . Je l'ai mis à sa place. •

« Je ne répondais pas à ses caresses... Nous étions dans un champ...

Je t'assure que je n'en avais pas envie . . . Ah ! ce n'est pas ? . . . Appelle-les (bis). . . (Phj'sionomie irapérative.) • Eh bien ?• (Elle regarde brusquement à droite.) « Mais ce n'est pas ce que vous lui avez dit!... Antonio, tu vas répéter ce qu'il t'a dit. . . qu'il m'avait touchée. . . Mais je n'ai pas voulu... Antonio, tu mens!... C'est vrai, il avait un serpent dans sa culotte, il voulait le mettre dans Taon ventre, mais il ne m'a même piis découverte. . . Finis- Fons-en ; nous étions sur un banc, . . Vous m'avez embrassée plus de mille fois. . . Je ne vous embrassais pas. . . Moi, je suis lunatique?. . .

Antonio, tu ris. Je te fiche une giflle, {Elle se débat). Si tu ne finis, je te tire par quelque chose. . . Ah ! vous montrez des choses comme cela.

C'est du propre ! (Air de mépris et de dégoût.)

' A ous m'en faites rougir... Georges, vous êtes trop cochon. Vous aimez une jeune fille, juste pour ça.

Je ne vous aime pas tant que ça.

Pourquoi l avez-vous raconté à mon frère, qui répète tout. . . Emile n'irait pas le dire à Antonio; il garderait le secret pour lui. »

Repos. — Figure souriante, moqueuse.

• Vous êtes drôles, tous les trois!

vous avez l'air bête 1 > — Elle rit.

— • Georges, vous vous plaindrez que j'aime mieux Emile . . . Eh bien, regardez s'il n'est pas plus discret...

lEmbrasse des lèvres à plusieurs reprises)... Oui, c'est encore toi... si tu savais tout ce que Georges est allë raconter à mon frère ! . . . Gomment, tu dis comme eux. . . Tu refuses de croire que je te serai fidèle [bis). Mais ne pleures pas pour cela [bis).

Je te promets que ça n'est pas. En est-il un colporteur, ce petit Georges !. . . Moi, j'ai dit ton nom à la Salpêtrière! Ce n'est pas vrai, ayant eu une crise ou non. Jamais on ne m'a fait une seule demande ! On ne m'a pas questionnée ; je n'aurais dit que ce que je voulais... C'est égal...

la première fois, j'espérais bien en faire deux... Nous avons été pris.., Moi qui étais enfermée dans ma chambre. . . Ah, non ! Dis donc, je comptais bien sur la deuxième fois.. .

•jO —

Je ne pcns<jis qu'à loi. . . Je m savais pas ce que j'avais dans la LSle.. . Qu'auiions-nous fait la deuxième fois. . . En me quittant la deuxième fois, tu m'avais dit que tu me ferais autre chose. . Où, je ne savais pas encore ça . . . {Elle rit.) La deuxième fois, je n'aurais pas pleuré.

Je ue pavais pas que les gosses se

faisaient comme ça Je ne

trouve pas qu'il y ait tant de délices. 11 est vrai que j'avais encore le souvenir du gros cochon... La deuxième fois ce serait meilleur. . .

Puis, vois-tu, -oi je devenais enceinte et que j'accouche à la Salpétrière,

que diraient les médecins ?

Ce Monsieur ne venait que tous les matins. Oii m'aurait-il embrassée?

— Les sœurs étaient en colère après moi. On te l'a dit?. . . Je l'ai embrassé cinq ou six fois au plus. . . Trois fois il a commencé... Et puis, tiens, tu n'étais pas là. . . C'est rigolo... Toi, est-ce que tu t'en prives . . . Ah ! ce n'est pas vrai ? Nous n'embrassons jamais les médecins. . . {File écoute.) Ah ! réellement. [Air de doute). — Oh ! non.

Je ne te crois pas... Ça n'allait pas jusqu'à laper à la nature... Eh bien, pour en finir avec ce jeune homme, il était assez prudent. . . Je crois que tu me tires les vers du nez ... Tu as beau dire si, je dis non. Et puis je n'ai pas besoin de lui écrire {Allusion à la Fête-Dieu oà il est venu avec sa sœur) ... Il a mauvaise mine, il s'en va de la poitrine ce garçon-là ... »

Nous revoyons la malade dans l'après-midi : elle est

toujours on couversutioa avec ses v lu visibles.» Uécubilus dorsal, les paupières sont fermées, L... a la camisole. Puis, la face devient grimaçante; L... se débat violemment, dit : « C'est impossible ! » Repos, se tortille, a Cocbon! je te fiche une giffle! » Repos, les yeux ouverts, fixes, les pupilles dilatées, regard effrayé, cris d'effroi. L... se débat. Repos. Elle regarde à gauche, est effrayée de nouveau, se retourne à droite, disant : « Non! non!

C'est une affaire terminée, ne m'en parle plus. » Décubitus dorso-latéral ; les paupières sont closes ; la face est naturelle; L... parle bas :

« Chose arrêtée, en un mot. » Elle se débat, demeure ensuite tranquille, et bientôt elle l)arle bas, avec énergie, la physionomie exprime la frayeur :

« Anl. . . ! lu es un insensé ! oh ! oh ! Tu es un fourbe. Tu rapportes tout ce que je dis. . . Tu es allé tout rapporter à ta vilaine mère. . . Retire-toi ou je te fourre une giffle. . . • Repos ; allonge la langue, grince des dents, est en colère ; la figure se congestionne; L... montre le poing ; puis la tête se penche à gauche ; — effroi ; — regarde à droite, crache au visage d'un personnage imaginaire, fait signe, se démène :

• Lai^se-le de côté. . . Georges ! . . , Mets-le à la porte. • Donne un baiser des lèvres. Repos ; souIèTe un peu la tête, regar le à droite, parle bas. ElFroi ; plaintes; elle se tortille : • Scélérat! brigand! voleur ! assassin ! retire-toi ! Je lui fiche des coups de pied. . . Oh ! oh ! des coups de poing » Repos ; ligure souriante : « l'as plus toi que les autres... Je t'en supplie!...

Non. . . Tu asbeùu faire, jy ne veux pas. . . Emile ! encore, je ne dis pas, ça dépendrait comme je serais dis- ])osée, mais toi, non. . . J'aurais bientôt fbit de renverser un mioche comme toi. . . Puis, tu pues, tu as quelque chose qui sent, là. . . Non, non, je ne veux pas. • (Elle se débat.) ' Oh ! quel petit cochon tu fdis ! . . . Eh bien Emile, c'est Emile, et toi, c'est toi. . . >

mile parle bas : • Va t'en trouver ton Antoinette, va !.. . Tu crois que je suis jalouse de ton Antoinette?

(Aif de mépris.) Je ne l'aime pas le quart de ce que j'aime Emile. . .

C'est parce que tu me pousses à bout que je te dis la vérité. . Si tu m'envoies des pierres, je te fiche une gifile !. . . Ote donc le serpent que tu as dans ta culotte. . . Tu peux, bien regarder l'heure, il est l'heure de t'en aller... Tu m'ennuies... Tu souhaiteras le bonjour à Emile, puis tu m'enverras Ant. . .

que je lui fiche uue giffle.

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