X... se débat : • Sale marchinl
Mou Dieu que tu es bête pour un garçon... Pourquoi suis-tu l'exemple de Georges... Ne m'agace pas, je te fiche uue giffle. [C'est à son frère Ant... qu'ellt s'adresse).
' Nous sommes entre nous deux, si tu ne me dis pas la vérité ! [Menace] . . . Dis ! où je te fiche une gifUe. — Repos : • Puis ? [Ecoule comme si elle entendait une explication.) ' Et c'est tout? Tu vas me dire la vérité, ou une giffle. . . [Sou- U'ce la te'le, menace.) • Tu entends ce que je te dis, sois franc une fuis dans ta vie. . . Cochon ! Mais ce sera ton tour bientôt. . . Maman est lunatique, capricieuse. . . Et quand elle t'a dit cela, tu ne lui as pas jeté une bouteille à la figure ? Tu m'en contes des mensonges - . . Tu es un lâche ... Tu as peur de ta sœur, d'une gosse!... Tu ne seras jamais capable d'être soldat. . . Et lu lui as laissé dire celai Continue {Air et ton impératifa). Dis-!e moi tout de même. » [Elle paraît écouter attentivement ce qite lui raconte son frère.) • Et puis ? ... Eh bien ! tant mieux ! papa va le savoir et elle en recevra des camouflets. . . Tu as les yeux de maman. . . Je n'en suis pas jalouse ; j'ai papa pour moi. . . Tiens, je vais te douuer uue gifile ! « [Elle est en coUre et fait le geste). • Tu pleures?. . . Va-t-en, je te fiche des coups de pieds. . . Ma petite sœur...
Tu pleures 1 Je voudrais que Georges le voie. Que lu es bête. . . Je ne te le dirai pas... Tu es trop jeune pour que je te confie des secrets. » [Ecoute)
' Et tu laissais dire tout ça de ta sœur ? Tu vas rester là pour me dire le reste [Menace ; écoute.) • Mais il te manque du vif-argent dans les fesses ! . . . Tu as beau pleurer, ça m'est bien égal, si tu pleures, je te fiche une gifile... Tu vas finir ce qu9
tu as à médire... Tiens, approche I »
[Elle fait le geste de souffleter quelqu'un). > Je vais l'attacher ; tu ne sortiras pas de là que tu m'aies tout dit... Je vais te f . . . une baigne (?) . . . Emile ! . . . Georges! . . . {Puis elle se d^bat, comme si elle luttait avec son frère ; est en rage.) • Tu as beau pleurer, dire : » Ma petite sœur !» Si tu ne veux pas ie dire, écris-le . . . Eh bien papa te donnera une giffle, ça ne vaudra pas le quart de ce que je viens de te donner. . . (Ecoute.) Achève... Dépêches-toi donc ! Est-ce que tu as des attaques ?. . . Tu as des secousses. . .
Tu veux encore une giflle... {Ecoute.) • Ah ! tout de même. . . Eh bien ! Je vais eu écrire une lettre salée. . . Comment, ells a osé dire cela de moi?. . . Répète encore une fois. Et quels sont les sujets pour me renier pour sa fille ? Que je suis une fille du monde!... Je ne veux pas me mêler de tes affaires... Qu'est-ce qui m'a fait faire connaissance d'Emile ? C'est ton petit esprit malin !
ton petit Cupidon ! . . . Eh bien, qu'est-ce qui allait me conduire vers lui ? Allons, viens, ferme les portes et nous allons causer. Qu'est-ce qui faisait le gué ?. . . Combien y a-t-il eu de disputes pour m'engager à y aller?... Tu voulais que je faute avant toi, mais tu avais déjà fauté...
Le jour où est arrivée l'affaire, ce n'est pas toi qui l'as dit à ma mère?. . . 11 y avait un an que j'y avais passé. . . 11 m'avait attachée avec des ficelles... quand il est venu dans ma chambre tout nu... Il a pris ma clef...
j'aurais dû descendre. . . Je croyais qu'il allait me manger. . . 11 m'em-
brassait, il me faisait des choses. . .
Je ne sais le nom... {Elle parle a>ors de son frh-e qtii s'amusait avec les petites filles au coin des bornes)...
Après un repos de quelques minutes, L... soulève les épaules d'un air de mépris, rit ironiquement et recommence à bavarder, en s'adressaut non plus à son frère, mais à un de ses amants, Georges :
« Ah ! ça, pav exemple, c'est trop fort ! . . . D'abord pas avec toi, ça m'agace. . . Te rappelles-tu ce que tu m'as dit ? . . . Moi, je me le rappelle. . . Ah ! c'est trop drôle ! Oh! mon pauvre Georges que tu es bête. . . Je n'ai jamais vu un garçon bouché comme ça. . . •
Repos ; figure souriante, moqueuse.
• Finis donc tes sornettes... Je ne veux pas que tu me donnes des coups de marteau... Ne m'embrasse pas sur l'oreille... Je n'aime pas cela... Ja t'aimais mieux quand tu avais des moustaches... Tu as l'air d'un petit gamin... Je ne t'embrasserai pas. . . »
Repos ; rire moqueur.
« Ah! bien vrai, mon pauvre Georges, que tu es bête ! . . . Emile est moins bête que ça. . . Je te dis non I Eh bien, uou. »
Repos; regarde à gauche, sourit, l'ait de singuliers mou.vements avec sa langue.
< Tu as un serpent dans ta culotte. .. Ole-ça. > [Elle se débats se tortille). ' Ju ne t'aime partant que tu ne l'auras pas remis daus ta culotte. . Je ne veux pas de ça dans mon ventre. • [Elle se débat, puis
sourit) < J'aime encore mieux
Emile que toi. . . Avec Emile, il y a temps pour tout. . . Je lui rendrai compte de mes lettres. . . Je ne veux pas que tu viennes ici, tu me ferais
avoir des désagrémeuts Je ne
l'embrasserai pas, parce que tu me taquines trop... Eh bien,tieus! (Elle donne des baisers), et puis va-t'en ; je ne t'aime pas, je n'ai pas eu de relations avec toi... Quel jour I A quelle époque ? Oh ! je m'y attends bleu avec un petit gamin comme toi... Tu n'es pas prudent daus ta manière... Tu ne pourrais pas te faire aimer... Mon Dieu que tu es désordonné — Oh ! mon pauvre Emile, c'est toi que j'aime le mieux, mon coco I... Ce que je trouve d'extraordinaire en toi, c'est que eu ris toujours. »
Durant cette longue attaque de délire, la température a suivi les oscillations ci-après:
le 9, T. R. 38»;— le -10, matin, 37°,8 ; soir, 38°, 4.
On a sondé la malade à 5 heures (10 juillet) et on a retiré une grande quantité d'urine. — La sécrétion vaginale
est très-abondante, et trèsfétide.
De 6 à 7 heures du soir, L...
a crié et a été très-agitée ; ou a dù la fixer dans son lit. A 7 heures, elle est revenue a elle et a demandé à boire.
M juillet. — Garde-robes après lavement. L... est tranquille , cause raisonnablement, ne se souvient de rien.
Elle n'est pas fatiguée, et si elle ne s'est pas levée c'est parce qu'elle sentait son cou se tordre.
21 août. — Il y a quelques jours, L... s'est sauvée de la division avec une de ses compagnes ; elles ont rencontré deux jeunes gens avec lesquels elles sont restées plusieurs heures. Aujourd'hui, à la suite d'attaques, elle est prise de son délire de paroles dans lequel elle parle de son escapade et des scènes un peu légères qui paraissent avoir eu lieu. Puis, elle revient sur sa mère, sur Emile, etc. Elle fait allusion à des tentatives que celui-ci aurait faites sur elle, à l'hospice même; elle se débat, résiste:
« Je ne décroiserai pas les jambes... » Cet Emile lui reproche de faire la cour aux hommes qu'elle voit; elle se défend, lui dit que Georges so \2
tient mieux que lui quand il vient la voir :
• Mais Georges n'est jamais comme cela... lise tient à la Salpêtrière...
Je n'aurais jamais dû te céder...
Je ne comprends pas que ça vous tienne tant que ça. . . Moi, je puis me vaincre... pas tout-ù-l'ait. .
mais en partie. . . Tu as beau faire, tu ne m'embrasseras pas. . . C'est la deuxième fois que tu viens et ttc veux absolument... Mais il n'y a pas d'endroits pour cela à la Salpêtrière ... à moins de faire comme la jeune fille dont je te parlais tout à l'heure . . . [Elle se de'hut parce qu'Emile ne veut pas entendre raison) ... Je ne sens pas ? . . . Oui, je ne sentais pas.... mais je sens maintenant, je m'en suis assurée moimême. > (Elle est mécontente ; Emile ne la croit pas ; elle se débat, pleure, se secoue, grince des dents). ■ Tu n'y arriveras pas. . . Je ne veux pas de ces choses-là ici . . . Ah ! vrai, tu m'en fais. . . »
22 août.— 'RiQV soir, X...
s'est levée, est allée se coucher dans une touffe de lierre.
Reconduite dans la salle, elle s'est sauvée de nouveau, voulait voir Emile. Elle s'est laissé ramener comme une automate, on l'a couchée, et elle s'est endormie. Ce matin die est l'etomLée dans son délire de paroles : ce sont les mêmes scènes qui se repro-
duisent et cela dans un certain ordre.
23 acîlt. — Ce malin, elle a quille son lit et s'est couchée dans le lit voisin, placé contre le mur. Elle est assise; ses cheveux sont peignés, orués d'un ruhau rose, X... regarde le mur, voit quelqu'un ; puis, cherche sous l'oreiller, etc.
Dans l'après-midi, elle semhlait parler en elle-même :
taulôL elle riait, tantôt elle grinçait des dents, entrait dans une sorte de rage concentrée; d'autres fois, elle demeurait immobile, les yeux fixes, l'air ahuri. Plus lard, elle s'est levée et promenée avec un édredon dans les bras. Vers une heure, elle a sauté par la fenêtre, sous prétexte qu'Emile l'appelait. A trois heures, étant au jardin, elle a eu une attaque incomplète. Revenue à elle, X... est raisonnable.
24-23 août. — X... est tranquille. La sensibilité est normale à gauche.
Septembre. — Hydrothérapie.
Amélioration.
Octobre. — Chlorure d'or et de sodium.
26 octobre. — Aneslhésie absolue de tout le corps.
31 octobre. — X... a été prise, celle nuit, de secousses
à peu près générales, mais plus intenses dans les membres du côté droit. En voulant boire, elle s'est fait mal aux dents ; en descendant les escaliers, elle est tombée. Elle sent « quelque chose qui tire les doigts, la langue, etc. »
La jsflro^e est embarrassée, les mots sont coupés : « J'ai com...me un... haut de corps...
quand cela... me prend. » La tête est brusquement rejetée en arrière, la bouche s'ouvre parfois largement, la pointe de la langue se relève ; les bras sont allongés, contournés, rapprochés ; les épaules sont soulevées. X... prétend ne pas sentir ses jambes ; la droite reste rigide. Dans la marche, le pied droit tourne, ce qui la fait chanceler. Elle a de temps en temps des crid'un genre particulier. La tête se porte fortement dans l'extension ; le tronc retombe violemment sur le lit; la bouche, grand'ouverte, laisse voir la langue recourbée en arrière, la pointe esttremblottante. Les bras sont rigides, contournés, secoués. La jambe droite est allongée et rigide; la gauche simplement roide.
X... essaie d'allonger la langue qui sort et rentre trèsvite, à plusieurs reprises;
puis, X.., se débat, ressemblant à une personne inquiète qui ne sait plus où elle est ; elle est en colère, grince des dents.
Durant cette crise, X... a conservé toute sa connaissance ; elle se rappelle qu'on a essayé d'allonger sa langue, de fléchir ses jambes, etc.
1 novembre. — Depuis le l^"" novembre, chorce rliytlimique affectant la tète, le tronc et les membres du côté droit.
La tête et le tronc se portent en arrière et vont loucher le lit et l'oreiller ; en même temps : 1° le bras se colle contre le tronc ; l'avantbras, qui était allongé, se fléchit; la main, qui était en supination, se met en pronation, se fléchit, et vient loucher l'épaule; — 2° le membre inférieur, qui était allongé, se fléchit, la cuisse sur le bassin et la jambe sur la cuisse ; dans ce mouvement, le talon seulement ou la plante du pied toute entière frotte sur le lit. [Fig. 5.)
Ceci constitue pour ainsi dire un premier temps. Alors, on note des grimaces limitées à la moitié droite de la face ; les paupières droites
se ferment, les muscles du 1 La tête se fléchit, le mentou cou, à droite, se convulsent ; | venant s'appliquer sur la ré-
Fig. S.