‹ Iconographie photographique des centres nerveuxChapitre 13 sur 90 · G. - DE LA SUBSTANCE GRISE CÉRÉBELLEUSE PÉRIPHÉRIQUE · texte numérisé non relu

G. - DE LA SUBSTANCE GRISE CÉRÉBELLEUSE PÉRIPHÉRIQUE

(PL 41, 42 et 53 )

Nous avons suivi jusqu’ici les fibres efférentes cérébelleuses dans leur direction, leur rapport et leur mode de dissémination terminale; il nous reste à les considérer au point de vue du rôle qu’elles jouent dans la constitution des plexus nerveux périphériques, et dans leurs connexions intimes avec les fibres spinales ascendantes.

C’est au niveau du collet du bulbe que l’on commence à voir apparaître les premiers linéaments de cette substance grise spéciale, qui est destinée à acquérir un développement si considérable dans les régions supérieures (pl. 57). Elle se présente alors sous forme d’une sertissure grisâtre, accolée à la pyramide antérieure et émettant dans les interstices des fibres pyramidales des ramescences anastomosées dont la masse allant successivement en augmentant, opère insensiblement la dissociation des faisceaux pyramidaux. A mesure que l’on s’élève, cette disposition acquiert des proportions de plus en plus considérables ;. le contingent des fibres cérébelleuses devenant de plus en plus multiplié, la substance grise qui en dérive se développe d’une façon proportionnelle, de sorte qu’il se forme bientôt une véritable intumescence de substance grise de provenance cérébelleuse au milieu des éléments spinaux antérieurs (pl. 41 et 42).

Voici maintenant ce qui se passe : à mesure que les dépôts de substance grise se forment, ils enserrent chaque faisceau des pyramides antérieures en formant autour de lui une première zone de circumvallation; de la surface interne de cette première zone partent une série de ramuscules qui pénètrent au milieu des interstices des fascicules "déjà dissociés pour former une seconde circumvallation, et bientôt de la surface interne de cette seconde zone partent des fibrilles de plus en plus ténues qui s’insinuent finalement jusqu’aux fibres nerveuses élémentaires; elles se greffent alors sur leur paroi externe et font corps avec elle. Chacun de ces fascicules spinaux antérieurs et chacune des fibres élémentaires dont ils sont constitués, se trouvent donc doublés à l’extérieur d’une gaine adventice de substance nerveuse de provenance cérébelleuse, qui leur forme en quelque sortaune atmosphère continue dans le sens vertical.

Cette disposition peut être constatée sur des coupes verticales d’abord ; on voit en effet

ET DES APFAEEILS DE L’INNERYATION CÉRÉBELLEUSE. 37

(pl. 41 et 42), que les fibres spinales antérieures sont inyesties dans toute leur continuité au niveau de la protubérance, d’un réseau de substance grise plexiforme, au sein de laquelle elles sont engluées ; ensuite sur des coupes horizontales, on peut s’assurer (pl. 53) que la substance grise entoure à l’extérieur les faisceaux spinaux antérieurs et que les radiations quelle émet opèrent insensiblement leur dissociation.

A mesure que l’on s’élève dans les régions supérieures de Taxe spinal, les dispositions précédentes s’accentuent davantage, les dépôts de substance grise cérébelleuse sont constitués successivement par les fibres pédonculaires moyennes et pédonculaires supérieures ; leur coloration devient surtout très-accusée en certains points {locus niger de Sœmmering ). Quant à leur mode de connexion avec les fibres spinales antérieures, il n’est que la répétition des détails que nous avons précédemment exposés.

Etudiée dans sa constitution histologique, la substance grise cérébelleuse périphérique présente les particularités suivantes : les cellules nerveuses commencent à s’y révéler au niveau de la région bulbaire antérieure; elles ont à peu près les mêmes dimensions que celles des olives inférieures, elles sont ovoïdes, pourvues d’un noyau volumineux de même forme et paraissent par leurs prolongements former un plexus continu.

Au niveau de la région moyenne de la protubéranee, ces cellules sont très-abondamment réparties. Elles sont placées bouts à bouts comme des grains de chapelets suivant des lignes régulières ; elles font quelquefois saillie le long de la continuité des fascicules nerveux au milieu desquels elles sont plongées, si bien que ce fascicule lui-même présente un aspect bosselé, semblable à une véritable gousse. Elles sont surtout en cette région, ovoïdes et bipolaires ; leur grand axe est orienté dans le sens transversal suivant la continuité des fibres nerveuses avec lesquelles elles sont en relation.

Les cellules du locus niger de Sœmmering ont à peu près la même forme et les mêmes dimensions que les précédentes; quelquefois cependant elles sont iranchement polygonales et pourvues de prolongements multiples ; mais dans la majorité des cas, sauf le pigment grenu dont elles sont si abondamment pourvues, elles ne présentent aucune différence et vis-à-vis des fibres spinales antérieures se comportent comme leurs congénères. ,

Quant à la détermination des rapports intimes affectés par les réseaux de la substance grise cérébelleuse périphérique avec les fibres spinales antérieures, nous ne pouvons à ce sujet qu’émettre des propositions plus ou moins discutables. Nous sommes néanmoins disposés à croire que les fibres spinales antérieures, au moment où elles pénètrent dans le corps strié, s’amincissent insensiblement par l’atténuation de leurs éléments constitutifs et leur passage insensible à l’état de fibrilles grises; si on les examine à ce moment, on constate alors qu’elles portent le long de leur continuité une série de petites cellules sous forme de nodosités jaunâtres qui rappellent d’une façon très-nette les cel - Iules de la substance cérébelleuse périphérique. C’est en effet à l’aide de ce moyen, que

les expansions terminales émanées du cervelet et les fibres spinales antérieures paraissent entrer en rapports intimes.

Ces deux éléments nerveux se fusionnent et se combinent réciproquement pour ne former qu’une seule et même unité, la fhre nerveuse destinée au corps strié, laquelle représente par cela même un véritable couple anatomique sui generis participant simultanément à l’activité du cervelet et à celle de l’axe spinal.

Maintenant, une fois que les fibres spinales antérieures se sont disséminées, au sein de la substance grise du corps strié, avec le contingent de là substance grise cérébelleuse périphérique à laquelle elles servent de support, on peut se demander ce que deviennent ces éléments cérébelleux qu’elles y ont importés.

Sur ce point délicat d’histologie il est encore bien difficile de se prononcer avec certitude à l’heure qu’il est, attendu qu’il est jusqu’à présent à peu près impossible de pouvoir suivre une fibre spinale antérieure depuis son origiue jusqu’à dans son mode ultime de distribution. Mais néanmoins, il est facile de constater au sein de la substance grise du corps strié, que les grosses cellules sont pourvues à l’extérieur d’une série de petits corpuscules qui sous forme de nodosités jaunâtres réfractant fortement la lumière rappellent d’une façon très-caractéristique les éléments homologues qui sont greffés le long de la continuité des fibres spinales antérieures. Il est donc permis de considérer jusqu’à plus amples informations, ces petits corpuscules cellulaires comme étant les derniers anneaux de la chaîne cérébelleuse, et comme les éléments morphologiques ultimes destinés à représenter jusque sur la cellule, du corps strié l’appoint de l’élément cérébelleux.

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