III. RÉGION SUS-BULBAIRE
Les difficultés que nous avons précédemment signalées à propos de la région bulbaire se trouvent encore multipliées à mesure que l’on s’élève, d’une part par le contingent des éléments nerveux des régions sous-jacentes qui progressent vers les noyaux centraux de l’encéphale et, d’autre part, par l’arrivée du contingent cérébelleux dont les réseaux de plus en plus multipliés forment des dépôts de substance grise dont la masse va successivement croissant. Fidèle à la méthode que nous avons précédemment employée,
(1) Ces fibres paraissent contracter sur leur passage des rapports intimes avec les réseaux des cellules des
olives antérieures et inférieures du bulbe. — Il est â noter que les fibres du moteur commun contractent des rapports de voisinage analogues avec les réseaux des cellules des olives supérieures qu’elles transpercent pareillement de part en part (PL 51 fig. 1 — a et s-]. " ^
(2) Cette disposition du nerf spinal qui en apparence paraît si étrange, n’est en définitive que la représentation amplifiée d’une disposition semblable qui existe dans tous les autres segments de l’axe spinal. Les fibres des racines postérieures sont toutes combinées aux racines antérieures correspondantes à l’aide d’un lacis réticulé qui constitue leur moyen d.’union, et que l’on voit très-nettement en a et a' fio-. 2 PI 62
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nous allons essayer de retrouver dans cette région les mêmes lois de distribution des éléments nerveux que nous avons précédemment signalées.
(a) Substance grise.
Substance gélatineuse des régions postérieures. — Les différents dépôts de substance gélatineuse de la région sus-bulbaire forment comme à la moelle des agglomérations superposées dont la continuité néanmoins est établie dans le sens vertical.
1 “ A partir des dépôts gélatineux propres au glosso-pbaryngien, le premier que l’on rencontre est celui qui appartient aux fibres de l’acoustique (PL 57 — 7 et 7'). Si une portion des fibres de racoustique, contournant le pédoncule cérébelleux correspondant va gagner directement la région de substance grise centrale, (PL 56 — 6 et 6' y une autre sous forme de filaments plus ou moins rectilignes, pénètre obliquement de dehors en dedans et d’avant en arrière pour gagner les réseaux gélatineux qui lui sont propres et qui sont assez nettement délimités sur les côtés de la substance grise centrale (PL 57 5 .et 5').
On voit en même temps que ces réseaux sont en continuité de tissu avec les noyaux du facial qui sont dans le voisinage et d’autre part, que la substance grise centrale ambiante leur sert de trait d’union.
Quant aux fibres efférentes de ces dépôts gélatineux acoustiques qui représenteraient ici les fibres des faisceaux postérieurs de la moelle, je n’ai encore pu déterminer ni leur origine ni leur direction.
2” Les dépôts gélatineux appartenant à la cinquième paire se présentent sous l’aspect d’une intumescence fusiforme située le long de la continuité des fibres nerveuses. (PL 54-
__ 7 et 7'). Ces réseaux nerveux s’étalent sous forme de taches grisâtres, diffuses sur
les parties latérales de l’axe ; leur connexion avec les fibres de la cinquième paire rappelle dans cette région, assez bien la façon dont se comportent les racines postérieures au niveau de la moelle. C’est le même éparpillement des fibres nerveuses sous l’apparence de bouquets divergents, c’est la même disposition renflée de la substance gélatineuse (Comparer PL 53 fig. 2-2 avec PL 63 fig. 1 — 6 et 6' ).
Quant au système des fibres qui représenteraient ici les faisceaux postérieurs, je n’ai encore rien pu déterminer de précis à cet égard ; peut-être pourrait-on les reconnaître dans cet ensemble de fibres parallèles à direction transversale qui paraissent émerger des dépôts gélatineux pour gagner le raphé médian et s’y entre-croiser (PL 54- — 6).
3”La substance gélatineuse (PL 50 n et ii' et PL 51 fig. 1 8 et 8'] des tubercules quadrijumeaux représente, dans les régions les plus élevées de l’axe spinal, les dispositions analogues que nous avons précédemment signalées pour les réseaux de même nature.
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Comme à la moelle, la masse gui la constitue est proportionnelle à la quantité des fibres nerveuses qui s’y implantent ; comme à la moelle, elle occupe sous forme d’intumescences superposées, les régions les plus postérieures du système. D’autre part, on^ peut constater que les rapports généraux signalés précédemment se trouvent recopiés ici. Les dépôts gélatineux occupant en effet les régions postérieures, la substance grise centrale est localisée au pourtour du canal de Sylvius, tandis que les régions antérieures, représentées ici par les noyaux d’origine de la troisième paire, sont pareillement sur un plan antérieur (PL 51, fig- 1 — 8 — 6 et 5' ). Ici encore les voies de communication entre la substance gélatineuse et les noyaux antérieurs satellites ne paraissent s’opérer qu’à l’aide de la substance grise centrale qui leur sert de trait d’union.
Sur une série de coupes horizontales et verticales on peut s’assurer que les réseaux gélatineux des quadrijumeaux sont continus et qu’ils sont liés d’un côté à l’autre par une série de fibres obliques qui représentent de véritables commissures grises. (PL 46 fig> 2 8 et 9).
Il a été difficile jusqu’à présent de distinguer le mode d’émergence et la direction des fibres efférentes des dépôts gélatineux des tubercules quadrijumeaux qui seraient pour eux les analogues des faisceaux postérieurs de la moelle. Peut-être pourrait-on les reconnaître à leur point d’origine dans cette série d’éléments grisâtres qui occupent les bords internes de chaque dépôt gélatineux et qui se relèvent insensiblement pour se porter suivant une direction longitudinale ascendante vers les régions des couches opti- , ques occupés par des centres moyens (PL 46, fig. 1), '
Substance grise des régions antérieures. — Les divers dépôts de substance grise, qui représentent dans les régions supérieures de l’axe la répétition des cornes antérieures de la moelle, sont ici délimités d'une façon assez vague ; néanmoins leur position d’antériorité par rapport aux éléments gélatineux et leur constitution histologique sont toujours maintenues. '
r Le premier noyau d’origine nerveuse qu’on rencontre est celui du facial ; on voit en effet de chaque côté du raphé médian (PL 57 — 4 et 4' 4', PL CO, fig. 1 — 2 et 2' et PL 56 7 et 7') des plexus de substance grisâtre plus ou moins denses, situés en avant de la substance grise centrale avec laquelle ils sont en continuité de tissus. On peut suivre une portion notable des fibres du facial au moment où elles vont s’y implanter.
Ce noyau de fibres nerveuses antérieures est en quelque sorte le noyau satellite des fibres postérieures acoustiques avec lesquelles il est conjugué ; il affecte les mêmes rapports topographiques que celui du moteur oculaire commun avec la substance gélatineuse des quadrijumeaux (PL 51, fig. \ — 5 et 5 '}.
Les fibres efférentes, qui représentent les fibres spinales antérieures des autres noyaux sous-jacents, émergent des bords internes de chacun d’eux et, sous forme de radicules très-fines, s’entre-croisent au raphé médian (PL 57 — 8) ainsi que leurs congénères des hypoglosses, et passent en se relevant, dans le côté opposé.
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2° Les no’^aux d’implantation de la sixième paire, se trouvent sur un plan d implantation supérieur aux précédents, avec lesquels ils présentent les plus grandes analogies tant au point de vue de leur situation, que de leurs rapports et de leur configuration. (PL 55 6 et 6' et PL 47 fig- 2 9). Us reçoivent les fibres de la sixième paire dans une direction francbement antéro-postérieure et contractent des connexions avec la substance grise centrale ; de leurs bords internes ils émettent une série de filaments grisâtres qui Tont s’entrecroiser au rapbé médian (PL 55 — 8) et fournir ainsi le contingent de fibres spinales antérieures, destinées à les relier aux régions supérieures de l’encéphale.
3“ Les noyaux d’origine du pathétique se présentent sous l’aspect de réseaux de substance grise mal limités, sur les régions latérales, et inférieures des tubercules quadrijumeaux (PL 51 fig. 2 5 et 5'). Les fibres nerveuses s’y implantent dans une direction transversale, tandis qu’à l’opposite on voit une nouvelle série de fibrilles se relever et s’entre-croiser au rapbé médian. Elles représentent ici vraisemblablement les analogues des fibres spinales antérieures. Les cellules nerveuses des noyaux du pathétique sont souvent fortement pigmentées.
4“ Les noyaux d’implantation de la troisième paire se présentent sous l’apparence de petites intumescences pisiformes, situées de chaque côté et en ayant de la substance grise Ltrale (PI. 51 fig. 1 5 et 6' et PI. 47 fig. 2 - 5)„ ils sont, comme ceux des hypoglosses avec lesquelles ils présentent de très-grandes ressemblances, très-nettement circonscrits. Les fibres nerveuses qu’ils reçoiyent y pénètrent par leur bord antero-externe et s y isséminent suiyaut le mode habituel des racines antérieures. , . , ri
Des régions internes de ces noyaux d’implantation on voit s éfover une série de filaments très-déliés avoisinant la substance grise centrale (PL 51 fig. 1-4). Ils s entrecroisent sur la ligne médiane, se redressent en passant du cote oppose et jusqu a present ne peuvent être suivis dans leur trajet ultérieur.
Ces filaments sont vraisemblablement les analogues des filaments spinaux anterieurs des régions sous-jacentes de l’axe ; leur existence étant en quelque sorte liee a celle de toute racine nerveuse et de tout noyau d’implantation antérieure.
Substance grise centrale. — La substance grise centrale de la région sus-bulbaire, condensée au niveau des pyramides postérieures, apparaît subitement a découvert e s étalé sur les parois antérieures du quatrième ventricule sous forme de deux lameUes trian^m laires à base supérieure (PL 23 - 2 - et PI. 65. - n et ir) - comparer avec PI. o, 8 PI 56 — 10 . Puis peu à peu, à mesure qu’elle s’élève, cette disposition se modifie insensiblement. Ses réseaux étalés d’abord, se condensent, se juxta-posent en constituant comme à la moeUe, autour de l’aqueduc d® Sylvins substance grise bien nettement circonscrite (PL o- — 6 et 5 PL 51 fig. 1 fig. 2— 4 614').
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Arrivée au niveau des tubercules quadrijumeaux, elle représente alors une intumescence terminale sous forme de capitule (PL 22 — lo) et de là en constituant deux processus parallèles, se prolonge d’avant en arrière sur les parois du troisième ventricule dont elle est encore satellite, jusqu’au niveau de la substance grise de la clpison où elle s’épuise (PL 10 — 9 et 9'j.
Chemin faisant, elle présente une série d’intumescences étagées les unes au-dessus des autres et dont la masse est proportionnelle à l’abondance des fibres grises qui s’y distribuent.
Au niveau de l’insertion des fibres acoustiques postérieures, elle forme en effet de chaque côté une agglomération très-nettement accusée et qui constitue un véritable tuher cinereum rudimentaire (PL 5-7. — 7 et 7').
Au niveau de l’implantation de la cinquième paire une disposition analogue se; retrouve (PL 5-4 — lo).
A la base de l’encéphale, au point d’arrivée des fibres grises optiques qui sont si abondantes, la substance grise centrale présente un amplification corrélative ; c’est là en effet que son développement atteint son maximum; aussi cette région est-elle tout particulièrement connue depuis longtemps et décrite sous le nom de tuber cinereum (PL 32 -14)..
Enfin à sa limite extrême antérieure, elle constitue au niveau de la cloison deux intumescences terminales pareillementtrès-développées etdontla masse, tant chez l’homme que chez les vertébrés, est proportionnelle à l’abondance des fibres de la racine interne olfactive qui vont s’y distribuer.
En résumé, on voit d’après ce qui précède que la substance grise de la région centrale forme une ligne d’axe commune, qui commande en quelque sorte l’agencement et la coordination de tous les éléments du système nerveux.
Continue avec elle-même depuis les régions les plus inférieures de la moelle épinière jusqu’aux régions les plus antérieures du cerveau, elle accompagne dans tout son parcours, le pourtour des cavités spino cérébrales dont elle est satellite. Elle forme dans toute sa hauteur une série d’intumescences successives dont le volume est proportionnel à la multiplicité des fibres grises qui viennent toutes y apporter leur contingent ; en un. mot, elle est le trait d’union commun au cerveau et à la moelle épinière, et le véritable lien sympathique qui rattachent entre eux les différents segments du système spinal.
Substance blanche.
Nous n’avons pu encore, malgré tous nos efforts, arriver à déterminer les principaux détails qui sont afférents à la description complète des différentes éléments de la suhstance blanche des régions sus-bulbaires. — Il est v-raisemblable d’admettre que les équivalents morphologiques des faisceaux postérieurs, des faisceaux latéraux, des fais-
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ceaux antérieurs de la moelle existent pareillement dans cette nouvelle région du système, mais jusqu’à présent nous n’avons pu formuler que des probabilités plus ou moins plausibles sur les origines la direction et la terminaison de chacun d’eux.
Tout ce que nous pouvons signaler en attendant, c’est que — les faisceaux postérieurs peuvent être représentés par une série de fibrilles grises et à direction transversale, efférentes des divers noyaux gélatineux, et dont nous avons déjà signalé l’existence à propos de la description de chacun d’eux, et— que, les faisceaux latéraux semblent avoir leurs homologues dans le faisceau de Reil qui, situé sur les régions latérales de l’isthme de l’encéphale semble, par cela même, déceler sa signification anatomique réelle.
Les fibres qui le constituent, en effet, se groupent sur les parties latérales du quatrième ventricule eu un fascicule rubané dont les éléments fibrillaires s’entre-croisent en suivant une direction oblique ascendante, au-dessous des tubercules quadrijumeaux (PL 47, fig. 1 — 9 et PL 22, 8 et 8'). Une fois entre-croisés, ces éléments se reconstituent sous forme de fascicules blanchâtres décrits à tort sous le nom de commissure cérébrale postérieure, (PL 24 7 etPl. 25— 5) et se dispersent en se rejettant plus ou moins en arrière, soit dans le centre médian de la couche optique, dont ils constituent une portion des fibres afférentes (PL 47 — lo) soit dans les centres postérieurs de ces mêmes couches optiques (PL 49 11 et 11 " et 8 — 10).
Quoiqu’il soit bien difficile, eu égard au trajet sinueux des fibres du faisceau de Reil d’être complètement affirmatif, je ne considère actuellement que comme vraisemblables, leurs connexions originelles avec les fibres de la cinquième paire et avec celles de 1 acoustique.
Les éléments anatomiques qui représentent les faisceaux antérieurs, ne sont guère plus faciles à déterminer.
11 est seulement très-probable que les dispositions des régions sous-jacentes, se retrouvent en principe, recopiées ici.
Par conséquent, on peut considérer les fibres entre-croisées qui se dégagent des divers noyaux d’implantation des racines antérieures, et qui se juxtaposent au raphé, comme les véritables équivalents des fibres spinales antérieures de la moelle. L examen direct de chacun des divers noyaux d’implantation des racines antérieures permet en effet de constater, que cette catégorie d’éléments nerveux existe bien pour chacun d’eux. (Voir PL 60fig;2 —3—PL 58 — 2 —57 — 8 —55— 8 —54— 8 — 51,fig. 1 4.)
Distribution centrale des fibres spinales antérieures.
Maintenant que nous connaissons le mode d origine, le groupement et la direction des faisceaux antérieurs de l’axe spinal considérés dans leur ensemble, à la moelle, à