ECZÉMA VARIQUEUX , ULCÈRES VARIQUEUX
Observation I. — M. H., âgé de 60 ans, est au dispensaire de New-York. Depuis trente ans les veines superficielles des jambes sont variqueuses ; et depuis quatre ans la peau de cette région est couverte d’eczéma. Au moment de prendre la photographie, la peau, par suite de négligence ou d’un traitement mal dirigé, s’est ulcérée. La plaie est en partie recouverte d’une croûte de couleur vert foncé ou noirâtre, qui s’est desséchée et fendillée. En se rétractant, les bords de la croûte laissent la peau à découvert ; celle-ci est rouge et baignée de pus.
Observation II. — B. R., âgé de 5o ans. Les veines superficielles de la jambe sont légèrement variqueuses ; depuis quatre mois un ulcère s’est formé près de la malléole interne. Autour de cet ulcère la peau est rouge et très douloureuse. Malgré le traitement, l’ulcère s’est agrandi. On applique un bandage élastique circulaire sur la jambe, à la hauteur du mollet, et des bandes de diachylon sur l’ulcère. La rougeur et la sensibilité ne lardent pas à diminuer, et la cicatrisation de l’ulcère commence rapidement.
Lu dilatation permanente des veines ou varices commence ordinairement vers l’âge adulte, et atteint principalement la saphène interne et ses branches. Les veines sont simplement dilatées ou hypertrophiées ; dans les deux cas, elles deviennent saillantes et serpentent à une certaine distance sons la peau. Au niveau des malléoles, ou sur la face dorsale du pied, elles sont assez souvent dilatées; elles paraissent alors sous la forme de points ou de traits d’une coloration bleu violacé.
Souvent les causes des varices nous échappent; la débilité, la station debout, la grossesse, des jarretières trop serrées exercent probablement une influênce sur leur développement.
Au point de vue de la dermatologie, les accidents produits par les varices sont plus importants à étudier que leurs causes. Chez beaucoup de personnes les varices des membres inférieurs peuvent exister pendant des années sans qu’il se produise de lésions de la peau, pas même un sentiment de gêne. Si cependant il y a une tendance à l’eczéma, une irritation de cause externe ne tardera pas à produire une éruption, qui sera rebelle au traitement ordinaire, à cause de l’œdème qui accompagne tôt ou tard les varices des jambes.
L’eczéma variqueux exige le même traitement que l’eczéma simple; de plus il faut soutenir les veines dilatées. Tant que, sous l'influence d’une gêne de la circulation veineuse, les membres restent œdématiés, les lotions et les pommades seront inutiles. Lorsqu’on ne peut maintenir la jambe dans la position horizontale (quelquefois l’exercice est aussi utile qu’il est forcé), il faut appliquer un bandage ou un bas élastique.
Un bandage ordinaire bien fait atteint un double but : il comprime le membre et maintient le pansement en place. Mais, pour être vraiment utile, il doit être appliqué par une main habile. Une bande de flanelle est préférable à une bande de coton ; elle est plus élastique et plus douce.
Les bons bas élastiques coûtent fort cher. Le bandage eu caoutchouc du docteur Martin est très avantageux; son usage se répand de plus en plus. Il soutient les varices, entretient l’humidité de l’épiderme et facilite la résorption des liquides infiltrés dans la peau et dans le tissu sous-cutané, et des produits inflammatoires. En un mot, c’est un bandage qui a tous les avantages des bas élastiques et des pansements imperméables réunis. Le malade peut se l’appliquer lui-même, il ne se défait pas, et il exerce une pression uniforme. On peut le serrer et le desserrer facilement. On applique le bandage le matin, avant de sortir du lit. Le soir on l’enlève et on le lave, ainsi que la Fox. — 2t — il