‹ Iconographie photographique des maladies de la peauChapitre 20 sur 46 · ECZÉMA SQUAMEUX · texte numérisé non relu

ECZÉMA SQUAMEUX

détache les croûtes, puis on introduit dans les narines un bourrelet de lint enduit de vaseline ou d’onguent eitrin dilué.

Les auristes considèrent l1 eczéma du conduit auditif connue une affection très rebelle. Des injections, faites dans le but de maintenir la propreté de la région, tendent à aggraver la maladie. En réduisant la pommade à l’oxyde de zinc à l’état liquide, par l’addition de glycérine, et en l’appliquant fréquemment à l’aide d’un pinceau en blaireau, le conduit peut être maintenu propre et l’eczéma guéri.

V eczéma se développe sous les seins des grosses femmes et dans les endroits où les replis de la peau sont en contact. C’est, le résultat d’une chaleur et d’une humidité continues.

Dans Xlntertrigo ou Eczéma génito-crural consécutif des enfants, on changera les linges aussitôt qu’ils seront sales ou humides. Dans tous les cas les surfaces rouges seront lavées de temps à autre avec de l’eau de son, saupoudrée de lycopode, et séparées par des linges fins.

Dans X eczéma du scrotum et de la région périnéale chez l’homme et de la vulve chez la femme, le prurit est toujours intense et gênant; cet état est aggravé par le grattage. Une pommade au thymol (à 3 ou 3 p. 100) ou une solution d’acide phénique dans la glycérine (à 13 ou 20 p. 100), employée avec précaution, produira généralement un soulagement, là où des préparations plus faibles auront échoué.

L 'eczéma a une tendance manifeste à se développer sur les plis articulaires ; ainsi on le voit fréquemment dans l’aisselle, le pli du coude et la région poplitée. Lorsque l’éruption est récente, il est important d’empêcher le dessèchement de la peau et la formation consécutive de fissures douloureuses, qui pourraient survenir sous l’influence des mouvements.

L'eczéma de la partie inférieure de la jambe est commun dans l’âge mùr et la vieillesse. Il suit généralement une marche chronique et exige un traitement stimulant. Lorsque l’éruption est sèche, comme dans les formes érythémateuse et papuleuse, la peau est simplement rouge, rugueuse, plus ou moins excoriée et le siège de démangeaisons. Des frictions quotidiennes avec du savon noir ramolliront la peau et calmeront les démangeaisons. 11 faut avoir soin de sécher la peau après les frictions ; on y appliquera ensuite une pommade astringente. Dans la forme squameuse, les frictions au savon détacheront les squames et rendront la surface humide. Cette aggravation passagère, cependant, en activant la circulation dans les parties malades, favorisera la résorption des liquides infiltrés et diminuera l’épaississement de la peau. Dans la forme humide (c’est très visible sur la planche V, Eczéma crural) et dans la forme squameuse, lorsqu’il y a une tendance à l’exsudation, l’application d’une étoffe en caoutchouc constitue un excellent mode de traitement. Elle nettoie et refroidit la région, favorise un écoulement abondant de sérum et diminue le gonflement et la douleur. On applique le caoutchouc directement sur la peau et on le maintient en place à l’aide d’une bande. Lorsque la cheville du pied est atteinte, on découpe l’étoffe de façon à ce qu’elle puisse s’y adapter sans faire de plis. Les bandages imperméables qui ont été décrits à l’article Eczéma variqueux (pl. XI) sont quelquefois préférables, quoique plus susceptibles d’irriter la peau saine. Lorsque la jambe a repris son volume normal et que l’exsudation a presque cessé, les bandages imperméables sont inutiles. On complétera la guérison à l’aide d’une pommade ainsi faite : nitrate de mercure 1 ou 2 parties; pommade à l’oxyde de zinc 8 ou 9 parties. Lorsque la peau est légèrement infiltrée, prurigineuse et squameuse, les préparations de goudron pourront être employées avec avantage. Le goudron est contre-indiqué quand l’eczéma est humide.

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PSORIASIS

NUMMUtATA.

Les maladies de la peau.

Planche XIV.

PSORIASIS NUMMULAIRE

Synonymie. — Dartre furfuracée, lèpre vulgaire (Batman, Willau , Rayer). — llerpes furfureus (Alibert).

O us er v at ion. — J. S., 40 ans. L’éruption existait depuis cinq ans et malgré la disparition de quelques plaques, remplacées aussitùtpar de nouvelles, il était évident qu’elle avait toujours été discrète. Elle n’avait jamais subi, comme cela arrive habituellement, de modifications saisonnières. Le malade était fort et robuste et paraissait jouir d’une bonne santé. Parfois l’éruption était accompagnée de légères démangeaisons, surtout à la suite d’exercices musculaires. Le cuir chevelu était légèrement atteint ; les ongles présentaient un aspect particulier. Le bord libre de quelques-uns d’entre eux, surtout ceux des orteils, était soulevé par un corps jaune et dur composé d’écailles épidermiques. 11 'en était résulté que les ongles s’étaient recourbés sur les côtés, que leur bord libre étaitjendillé. A l’intérieur on prescrivit d’abord la solution de Foxvleretà l’extérieur quelques frictions avec del huile de cade. Une amélioration eut lieu, mais le malade quitta la ville et on dut suspendre le traitement. Plus tard, une pommade à l’acide chrysophanique à 10 pour 100 produisit un résultat exellent.

Cette affection est très commune et consiste en des plaques circonscrites de peau ronge et épaisse, couverte habituellement de squames blanches on légèrement jaunâtres. Les plaques sont isolées ou confluentes. Dans le premier cas, leur volume varie depuis celui d’une tête d’épingle à celui d’une soucoupe; leur forme est circulaire. Dans le dernier cas, les plaques sont irrégulières ; leurs bords festonnés entourent une portion de peau saine ou légèrement pigmentée. Quelquefois l’éruption s’étend à tout le corps.

Les plaques débutent toujours sous forme de petites papules rouges, surmontées d’une squame mince. Elles sont souvent nombreuses, disséminées sur tout le corps et n’ont alors que peu ou pas de tendance à augmenter de volume (P. punctata). Habituellement cependant elles sont plus grandes et alors, quand elles sont nombreuses et réunies en groupes, elles se présentent comme si une poignée de mortier avait été appliquée sur la peau (P. gnttata). Dans quelques cas rares, les plaques sont grandes et clairsemées et ressemblent à des pièces de monnaie en argent (P. nummulata) (pi. XIV). Généralement les plaques, en augmentant de volume, tendent à se réunir; elles perdent alors leur forme circulaire (P. diffusa). Dans presque tous les cas la portion centrale de la plaque disparaît la première. Il reste alors des anneaux recouverts de squames (P. annulata ) (pi. XV) et plus rarement des lignes courbes ou en forme de croissant (P. gyrata). Les squames du psoriasis sont imbriquées et faciles à détacher. Elles ressemblent à de l’argent ou à de la nacre. Leur épaisseur varie suivant le degré d’infiltration de la peau sous-jacente. Sur les plaques diffuses elles ressemblent à du son et dans les cas chroniques elles deviennent dures et épaisses, presque métalliques. La maladie siège de préférence sur les surfaces extenseurs des membres, le dos et le cuir chevelu. Elle est très commune sur les coudes, les genoux et le bord frontal du cuir chevelu.

Malgré les investigations et les discussions dont le psoriasis a été l’objet, X étiologie en est très obscure. Tandis que quelques écrivains le rapportent à une diathèse dartreuse et rhumatismale ou à la malaria, d’autres le considèrent comme une affection purement locale et d’origine traumatique. La plupart des malades atteints de psoriasis jouissent d’une santé excellente; du moins ils se l’imaginent.

Le diagnostic est généralement facile, surtout dans les cas typiques. Il faut se rappeler cependant Fox. — 27 — 14

PSORIASIS NUMMULAIRE.

que lorsque l’éruption est à sa période de déclin ou qu’elle a été modifiée par un traitement antérieur, elle diffère considérablement de l’éruption typique. 11 suffit de mettre l’éruption à nu et de la regarder : la configuration caractéristique des plaques permet de faire le diagnostic, même à distance. Lorsqu’elle est à son début et caractérisée seulement par quelques squames ou gouttes , on peut établir le diagnostic d’après la facilité avec laquelle les squames se détachent ; en tombant elles laissent à nu des surfaces saignantes. 11 ne faut pas cependant trop appuyer sur ces signes, cardans l’eczéma, lorsqu’il est récent, accompagné de quelques squames et d’une infiltration légère ou nulle de la peau, l’ongle détache l’épiderme aussi facilement que dans le psoriasis, et il reste un certain nombre de points saignants au niveau des papilles déchirées. Si les caractères de l’éruption et son siège ne suffisent pas pour établir le diagnostic, les antécédents du malade fourniront généralement les éléments nécessaires : l’apparition de la maladie à certaines époques de l’année, sa disparition partielle ou complète à d’autres, sa sécheresse absolue et permanente, sa tendance à récidiver, alors qu’elle paraît avoir été complètement guérie, sont des caractères qui n'appartiennent qu’au psoriasis.

Le traitement est simple et facile quand il s’agit de faire disparaître l’éruption, mais il n’est pas si facile d’empêcher les récidives. Généralement les malades ont besoin de toniques ; il existe souvent quelques troubles digestifs qu’il faut combattre. Les rhumatisants et les goutteux se trouvent bien d’un traitement parles alcalins, surtout quand les plaques sont congestionnées et irritables. On peut prescrire le citrate de potasse à la dose de 1 à 2 grammes dans un demi-verre d’eau, quelques minutes avant le repas. Dans les cas chroniques, l’arsenic est un remède connu et très efficace. On peut le prescrire sous forme de liqueur d’arséniate de potasse, de liqueur d’hydrochlorure d’arsenic (1), ou de pilules asiatiques pulvérisées (Piffard).

^ Acide arsénieux . . . 2 parties.

Poivre noir . 18 «

Sucre de lait . 80 »

On prendra de 5 à 45 centigrammes de celte poudre à chaque repas.

Le traitement local du psoriasis sera discuté plus loin (vov. Psoriasis annulaire, pl. XY).

(1) On trouve dans le texte anglais liq. fer ri chloridi, c’est la solution ou teinture de perchlorure de fer. Nous pensons que l’auteur a voulu désigner la liq. ursenici hydroch/oricus ou solution minérale de De Valangin. C’est une solution d’acide arsénieux dans l’acide chlorhydrique. (Trad.)

PSORIASIS

ANNULAT A

Les maladies de la peau.

Planche XV.

PSORIASIS ANNULAIRE

Synonymie. — Psoriasis circiné, lèpre vulgaire (Willan).

Observation. — O. H., âgé de 22 ans. 11 v a trois ans le malade eut une plaque de psoriasis recouverte de squames, près du sommet delà tôte. Quelques mois plus tard, cette plaque avait atteint les dimensions qu’elle présente sur la planche XV. Divers remèdes furent employés: l’huile de foie de morue, les alcalins et l’arsenic à l’intérieur ; la glycérine, l’iode, l’acide acétique, la solution de Vleminckx, le goudron, etc., à l'extérieur. Au moment où le malade vint me consulter, il prenait depuis plus d’un an la liqueur de potasse à haute dose ; sa santé était fortement ébranlée. L’éruption avait à plusieurs reprises varié de forme et d’étendue, mais n’avait jamais eu la moindre tendance à disparaître ; elle couvrait la plus grande partie du corps. 11 y avait sur la poitrine et sur le dos des anneaux de différentes grandeurs, recouverts de squames ; beaucoup d’entre eux étaient confluents et circonscrivaient des portions de peau lisse, légèrement rouge ou pigmentée. On voyait sur les extrémités et particulièrement sur les mains, des taches de formation récente. L’éruption qui existait sur le cuir chevelu était très visible, sur le front et le cou, à la naissance des cheveux ; sur la face il y avait quelques plaques irrégulières, légèrement rouges, non recouvertes desquames. — Comme traitement, on supprima d’abord tous les médicaments dont le malade avait fait usage jusque là. Sous l'influence de bains turcs, administrés trois fois par semaine, et d’un exercice modéré, la santé s’améliora rapidement, et l’éruption commença à disparaître. Une pommade mercurielle ammoniacale fut appliquée sur le cuir chevelu et le visage, et de l’huile de Rusci sur le corps. Un trois semaines, l’état de la peau s’était considérablement amélioré. La solution d’arséniate de potasse à la dose de 3 à 10 gouttes par jour (la plus forte dose que le malade pouvait supporter) fut prise à l’intérieur, et une pommade à l’acide chrysophanique à 20 pour 100 fut d’abord appliquée sur la moitié du corps seulement. — Ce médicament produisit un meilleur effet que le goudron. Deux mois après, le malade quitta la ville, ne conservant de son éruption que quelques papules rougeâtres.

Dans tous les cas de psoriasis, l’éruption locale dépend évidemment d’un état général morbide. Pour quelques médecins, cet état morbide constitue la maladie même, dont l’éruption n’est qu’un symptôme. D’autres appliquent le nom de psoriasis uniquement aux lésions cutanées, dont l’état général est une cause prédisposante. Les partisans de la nature diathésique du psoriasis affirment que le traitement local ne peut pas guérir la maladie ; les autres prétendent, au contraire, que l’éruption disparue, la maladie est momentanément guérie. Ils admettent cependant qu’il persiste certaines causes mal connues, et pour ainsi dire latentes, capables de la faire reparaître. Il suffit de s’entendre. Les applications locales font presque toujours disparaître l’éruption, et, dans un très grand nombre de cas, un traitement interne n’empêche pas les récidives. La plupart du temps ht psoriasis exige à la fois lin traitement local et général ; mais quand l’état général est bon, le traitement local est le plus important. Pour apprécier la valeur des remèdes externes et internes employés contre le psoriasis, il faut se rappeler que cette maladie ne reste jamais stationnaire, mais qu’elle tend toujours à disparaître à certaines époques de l’année. Pour déterminer la vertu curative d’un médicament il faut donc obseryer ses effets dans un grand nombre de cas.

Le traitement local a pour but de calmer les accidents inflammatoires, de ramollir et de faire tomber les squames, de provoquer la résorption des liquides infiltrés dans la peau. Les bains rendent plus de services dans le traitement du psoriasis que dans celui de toutes les autres atfections de la peau. Les bains turcs surtout remplissent toutes les indications dont nous avons déjà parlé plus haut ;

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PSORIASIS ANNULAIRE.

de plus ils tonifient l’organisme plus que tous les produits pharmaceutiques. Lorsque la plaque de psorias est rouge, enflammée, lorsqu’elle est le siège de démangeaisons, on commet souvent la faute d’administrer l’arsenic à l’intérieur, et de faire des applications irritantes sur la peau. Dans ces cas il vaut mieux ordonner un bain tous les jours et enduire la peau de cosmoline ou de vaseline, jusqu’à ce que tous les accidents inflammatoires se soient apaisés. Pour calmer les démangeaisons on peut faire des lotions avec de l’acide phénique dissous dans de la glycérine, dans la proportion de 10 à 15 p. 100. Les accidents inflammatoires calmés, on fait, au moment du bain, des lotions au savon, afin de détacher les squames. Lorsque les squames sont peu épaisses, une pommade stimulante suffit pour favoriser la résorption des produits infiltrés dans la peau. Lorsque, dans les cas rebelles, les squames sont dures, pour ainsi dire cornées, on les lave avec de l’acide acétique, et on les enlève à l’aide d’une curette. On atteint le même but en enveloppant le membre malade ou le corps avec un drap en caoutchouc, dont on place la surface vernie directement sur la peau. Sur les plaques ainsi dépourvues de leurs squames on peut appliquer des médicaments stimulants. Le goudron est le plus usité, surtout l’huile de cade. 11 faut l’employer pure ; diluée, elle est à peu près inefficace. Les préparations mercurielles sous forme de pommade rendent presque autant de service que le goudron ; elles sont plus propres et moins désagréables pour le malade. J’emploie habituellement la pommade mercurielle ammoniacale sur le visage et le cuir chevelu ; sur le corps je préfère le calomel incorporé à la cosmoline dans la proportion de 10 p. 100. Depuis quelque temps, on se sert, surtout dans les cas rebelles, de la poudre de Goa, dont le principe actif est l’acide chrysophanique. Très utile dans un grand nombre de cas, elle échoue lorsque l’éruption est compliquée d’accidents inflammatoires. On l’incorpore à de l’axonge chaude ou à de la vaseline, dans la proportion de 5 à 20 0/0, suivant l’intensité de la maladie et la susceptibilité de la peau.

LJ CH EN planus. LICHEN planus.

Les maladies de la peau.

Plancue XVI.

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