LICHEN PLANUS
Synonymie. — Lichen ruber (Hcbra).
Observation I. — Lichen planus disséminé. — M. A., 3 b ans. Le malade "appartient au Dr Sherwel. L’éruption, qui existe depuis trois mois, est plus étendue que d’habitude. Elle est très marquée sur le cou et sur le dos, où les papules se sont réunies en plaques très étendues. Sur les membres supérieurs et inférieurs, on voit de nombreuses papules disséminées, aplaties à leur sommet et ombiliquées. Les démangeaisons d’abord très vives se calmèrent sous l'influence du traitement ; les papules se transformèrent en simples macules, tout en conservant leur aspect luisant. Dans ce cas on prescrivit au malade de la quinine, de la strychnine et de l’acide nilro-chlorhydrique à l'intérieur ; et comme traitement local, de l'huile de lin, du bichlorure de mercure, de l’acide hydrocyanique dilué, dans une émulsion d’amandes amères, et des bains répétés. L’état du malade s’améliora rapidement.
Observation II. — Lichen planus confluent. — C. J., uO ans. Ce malade appartient au Dr Bronson. L’éruption, qui existe depuis trois mois, commença par de petites papules rouges, situées sur la face antérieure des avant-bras. Des lésions semblables se développèrent sur d’autres parties du corps. Au moment de faire la photographie, les jambes, les cuisses et la poitrine étaient couvertes de papules brillantes, à sommet aplati et légèrement ombiliqué. Sur la partie antérieure des poignets, les papules s’étaient réunies pour former des plaques assez étendues, rouges ou violacées, couvertes d’écailles brunâtres et de petites fissures superficielles. L’éruption était accompagnée de vives démangeaisons. Al’intérieur, on prescrivit d’abord cinq gouttes de la solution de Fowler, et à l’extérieur, des lotions émollientes. Le malade revint à la consultation quatre mois après. Depuis sa première visite, il s’ôtait fait plusieurs nouvelles poussées de papules, mais les anciennes avaient disparu. Sur les poignets, les plaques confluentes avaient été remplacées par de simples taches de couleur foncée.
Les anciens dermatologistes donnaient le nom de Lichen à toutes les affections papuleuses de la peau. Ils en décrivent plusieurs variétés.
Une étude plus approfondie des maladies de la peau a démontré (pie toutes ces variétés n’existent pas; qu’on avait réuni sous un même nom, plusieurs maladies très distinctes, mais qui, à une certaine époque de leur évolution, sont caractérisées par des papules. D’après beaucoup d’auteurs, le Lichen simplex est une variété papuleuse de l’eczéma (voy. Eczéma papuleux, pl. VI II). Le Lichen lividus est le Purpura papuleux; le Lichen urticatus , l’ Urticaire papuleux; et le Lichen syphilitique , une Syphilide papuleuse. Dans ce dernier cas le nom dénote la nature de la maladie.
Il existe cependant des éruptions papuleuses que l’on n’a pu rattacher à aucune autre affection de la peau; on leur a conservé le nom de Lichen.
Le Lichen planus esl caractérisé par une éruption de papules particulières, plus ou moins confluentes, réunies en un seul groupe, ou disséminées sur toute la surface du corps. Elles ont, comme signe caractéristique, un sommet aplati. Les papules sont peu saillantes, et quoique leurs parois s’élèvent presque perpendiculairement à la surface de la peau, leur sommet n'est ni conique, ni arrondi, comme celui des papules ordinaires. On dirait des papules dont le sommet aurait été coupé avec un rasoir. Le sommet est lisse, dur et luisant; au centre on voit habituellement une petite dépression. La hase de la papule est souvent anguleuse. Le volume des papules varie considérablement d’individu à individu, et quelquefois chez le même malade. Ordinairement elles sont grosses comme une tête d’épingle, mais souvent elles dépassent ces dimensions. Comme dans les syphilides, le lichen peut se présenter sous la forme miliaire ou lenticulaire. Lorsque les papules Fox. — 31 — IG