PEMPHIGUS
Lésion.
Vésicules en groupes.
Grandes vésicules ou bulles, isolées ou en groupes.
Bulles toujours isolées.
Siège.
Face etorganes génitaux seulement.
Face, avant-bras, scrotum, genoux et pieds ; rarement généralisé.
Toute la surface du corps.
Marche.
Aiguë ; ne dure que quelques jours.
Aiguë ou chronique; dure quelques semaines au plus.
Chronique, dure pendant des années.
Traitement.
Inutile.
Peut hàler la guérison.
Presque incurable, se termine souvent par la mort.
L’état général doit nous préoccuper le plus dans le traitement de cette affection ; car dans le plus grand nombre des cas, l’état local n’a qu’une importance relative. On prescrira des toniques, l’arsenic, la quinine, l’huile de foie de morue, un repos absolu de corps el d’esprit, et un changement d’air, si c’est possible. La guérison ne se fera pas alors attendre. Lorsque les plaques sont très enflammées, on y appliquera la lotion ordinaire au plomb et à l’opium ; pour calmer les démangeaisons, de l’huile camphrée.
(1) Tilbury Fox croit que l’on peut considérer l’hydroa comme une forme d 'llerpes iris et de pemphigus prurigineux. (Trad.)
ACNE VULGARIS,
Les maladies de la peau.
Planche XXI.
ACNÉ
Synonymie. — Couperose, dartre pustuleuse miliaire, et dartre pustuleuse disséminée (Alibert, Willan , Bateman, Rayer). — • Gutla rosen (Darwin). — Varus, Comedo, Rosea.
Odservation. — C. R., âgé de 20 ans, Américain . Le malade était blond, sa peau naturellement délicate. A part de la dyspepsie, il était bien portant. Les joues étaient rouges et presque entièrement couvertes de papules violacées et de pustules. Quelques-unes de ces dernières, situées près de l’angle de la mâchoire, étaient indurées à la base ; mais on n’y voyait aucun de ces tubercules durs et profonds, qui, nombreux, constituent l’acné indurée. Quelques comédons se trouvaient parmi les papules, et, dans la région zygomatique, on voyait de nombreuses saillies blanchâtres, delà grosseur d’une tête d’épingle, dues à la distension des petites glandes superficielles du derme. La figure rougissait à la suite d’une émotion ou d’une légère irritation externe. Dans ce cas on employa un traitement local émollient. L’irritation produite par l’expression des comédons amena quelques taches rougeâtres, qui durèrent à peu près une heure, et une poussée de nouvelles pustules. Les applications stimulantes les plus douces aggravaient invariablement la maladie. Ce n’est qu’après avoir fait disparaître les désordres digestifs et l’irritation de la peau, qu’une amélioration commença à se manifester.
L’acné est mie affection inflammatoire des follicules -sébacés, caractérisée par trois lésions distinctes : des papules, des pustules et des tubercules. Le nom d’acné a été appliqué par quelques auteurs à presque toutes les affections inflammatoires ou non des glandes sébacées, telles que le comédon, la miliaire, la séborrhée et le molluscum. Ces affections dépendent d’états pathologiques qui n’ont aucun rapport essentiel avec l’acné. Cependant il faut avouer, qu’une sécrétion très active des glandes et l’accumulation de la matière sébacée dans leurs conduits sont souvent accompagnées d’une inflammation folliculaire.
L’acné, même pris dans son sens restreint, est la plus commune des affections de la peau. On peut affirmer que la majorité des adultes des deux sexes ont eu, au moins dans leur jeunesse, une légère éruption d’acné, soit sur le visage, soit sur la partie supérieure du dos. C’est dans ces régions d’ailleurs que la maladie se montre de préférence. Dans les cas où le visage est atteint à un très haut degré, quelques traces de l’affection peuvent aussi se montrer sur le dos, les épaules et la poitrine. D’autres fois, au contraire, l’éruption peut affecter le dos sans se montrer sur le visage.
Les pustules syphilitiques sont ordinairement disséminées sur presque toute la surface du corps. Quelquefois on leur donne le nom, mais à tort, d 'acné syphilitique. Ce ne sont pas de véritables pustules d acné. On doit les appeler pustules syphilitiques. Certains médicaments et certaines irritations externes peuvent donner naissance à une éruption pustuleuse, sur différentes parties du corps. Quoique produites par une inflammation folliculaire, ce ne sont pourtant pas de véritables pustules d’acné. Elles en diffèrent au point de vue de leur cause, de leur marche et du traitement. Nous verrons plus tard que l 'acné rosacée est une maladie à part.
Dans la pratique, on distingue deux variétés d’acné : Y acné vulyaire et 1 acné indurée.
La première, la plus commune, est trop bien connue pour mériter une description détaillée. Chez quelques individus elle se développe sur le front et les joues sous forme de petites papules rouges, qui peuvent disparaître au bout d’une semaine et revenir, lorsque la cause qui les fait naître, que ce soit des troubles digestifs, menstruels ou autres, réparait.
ACNE.
Chez d’autres sujets, les papules résultent d’une simple congestion folliculaire ; elles peuvent suppurer et se transformer en pustules; avant que celles-ci aient disparu, il s’en développe de nouvelles. Peu à peu la peau s’épaissit ; les savons et les pommades, les lotions et les baumes ne produisent aucun effet sensible et finalement la maladie devient chronique et défigure le malade, comme dans le cas qui fait le sujet de la planche XXI. L’éruption disparaît avec le temps, même sans traitement. Elle se développe rarement chez l’adulte, mais les pustules laissent souvent des dépressions qui ressemblent aux cicatrices de la petite vérole.
Les causes principales de l’acné (1) sont : des troubles digestifs et des irrégularités menstruelles, mais le plus souvent elles sont difficiles à saisir.
Pour le traitement , il ne faut pas trop se fier aux pommades sulfureuses, aux lotions au sublimé, aux savons médicamenteux ; il faut chercher surtout à relever l’état général. Si alors l’éruption n’avait pas disparu, les remèdes locaux les plus simples suffiraient. Dans un grand nombre de cas la peau est irritable : d ne faut pas alors employer de remèdes irritants. Il suffit que le malade expose sa figure à de la vapeur d’eau, et qu’il l’éponge ensuite avec un mélange à parties égales de bayrum et d’eau pour qu’une amélioration rapide ait lieu. La lotion suivante est très utile :
^ Acide acétique . 16 gr.
Glycérine pure . 48 gr.
Eau de Cologne . 54 gr.
Mêlez. Étendre d’eau et appliquer matin et soir.
Au début on doit exprimer tous les comédons, même sous peine d’aggraver temporairement l’éruption. On ouvrira les pustules à mesure qu’elles se développeront ; pour calmer l’inflammation on appliquera sur la peau des linges chauds. On touchera légèrement les tubercules indolents avec de l’acide nitrique ou du nitrate acide de mercure. Lorsqu’il n’existe plus que de la rougeur sur les joues, on peut se servir d’une préparation sulfureuse. La suivante m’a rendu de grands services :
’ty Fleur de soufre . . . 1 „ ,
. . i aa 1 gr.
Acide tanmque . .... )
Onguent au pétrole. . . . . . . 30 gr.
Mêlez.
(1) L’acné est plus fréquent chez la femme que chez l'homme. Chez la femme, le maximum de fréquence a lieu de 18 à 20 ans et de 40 à 50 ans ; chez l’homme, il a lieu de 40 à 45 ans. Les femmes du Nord y sont prédisposées. Hebra décrit deux variétés de couperoses dues aux boissons (trad.).