PURPURA
Synonymie. — Hémorrhée. — Hémacélinose. — Scorbut do terre. — Pétéchie. — Morbus maculosus. — Péliose d'Alibert.
Observation. — Mrs J. H., trente et un ans, veuve, cuisinière de profession. La malade était au Dispensaire de New- York, dans le service du Dr G.-W. Robinson. Elle n’a été réglée que deux fois dans sa vie : la première fois à l’âge de vingt et un ans, la seconde fois un an plus tard. Depuis un an, elle se plaignait de dyspepsie. En mai 1876, elle eut une attaque d’apoplexie et resta paralysée pendant quatre mois. En sortant de l’hôpital elle prit une place, mais ne put la conserver, à cause d’une éruption de purpura qui se montra sur les jambes, et qui disparut au bout de huit jours sans traitement. L’éruption revint à plusieurs reprises pendant l’année suivante. Au mois de juin 1876 elle s’adressa au dispensaire. Voici ce que constatent les notes prises à son sujet: femme à l’air peu intelligent; parole incertaine ; le côté droit est plus faible que le côté gauche ; langue sale, appétit vorace ; constipation ; plaques confluentes de purpura au-dessous des genoux, avec douleurs et œdème des jambes. Quelques taches discrètes de purpura au-dessus des genoux. On lui prescrivit une potion contenant du fer et de l’ergot de seigle, et on appliqua un bandage sur les membres inférieurs. Elle guérit au bout de six semaines. Un mois plus lard elle eut une nouvelle éruption, qui, sous l’influence du môme traitement, guérit en huit jours.
Un épanchement de sang dans la peau peut se produire sous l’influence de trois causes : des violences extérieures, une augmentation de la pression sanguine, une faiblesse des parois vasculaires. A toutes ces formes d’hémorrhagie cutanée, quelques auteurs ont appliqué le nom de purpura : ce qui est manifestement une erreur, car alors on classerait une piqûre de puce, une ecchymose dans la même catégorie que le scorbut. On devrait donc restreindre le sens du mot et l’appliquer à une maladie spéciale, dans laquelle l’hémorrhagie cutanée constitue une lésion primitive. On exclurait ainsi du purpura, l’hémorrhagie qui résulterait d’un coup, d’une chute, de la morsure d’un insecte ; celle qui serait due à une obstruction de la circulation veineuse ; l’hémorrhagie secondaire qui se produit dans le cours des fièvres exanthématiques (variole par exemple) et dans certaines affections inflammatoires de la peau, telles que l’érythème, l’urticaire et le pemphigus, et enfin le scorbut, affection qui est produite par une cause définie et bien connue.
On a l’habitude de décrire quatre variétés de purpura. Sous sa forme la plus commune ou purpura simplex , de nombreuses petites taches (pétéchies) d’un rouge vif, ou violacées, apparaissent subitement sur les extrémités inférieures et, dans quelques cas rares, sur d’autres parties du corps. Elles se produisent spontanément et ne sont généralement pas accompagnées de phénomènes généraux bien marqués. Leur coloration change au bout de quelques jours et devient plus foncée, puis verdâtre, jaunâtre, comme les ecchymoses ordinaires ; enfin elles disparaissent graduellement. De nouveaux épanchements se produisent de temps à autre dans le cours de l’affection, et forment des taches dont la teinte peut contraster fortement avec celle des taches, (pii sont en voie de disparaître. Ordinairement les dimensions des taches varient depuis celle d’une tête d’épingle à celle d’un petit pois; elles ne sont pas saillantes, et ne disparaissent pas sous la pression du doigt. Quelquefois elles sont légèrement saillantes au début ; d’autres fois il se forme de larges plaques livides, comme celles que l'on voit sur la planche XXIJ.
Le purpura hémorrhagique est une forme plus intense de la maladie, dans laquelle il se produit Fox. • — 43 — 22