PURPURA
do grandes extravasations sanguines, non seulement dans la peau, mais aussi sur les membranes muqueuses. Il se produit des épistaxis, des hémorrhagies gingivales, des selles et des urines sanguinolentes. Les symptômes constitutionnels sont très prononcés, et la faiblesse qui résulte de ces hémorrhagies continuelles peut amener la mort.
Le purpura rhumatismal (péliose) est une affection particulière (que l’on considère comme une variété de purpura), dans laquelle des douleurs articulaires précèdent une éruption de petites taches hémorrhagiques, situées sur le tronc et les extrémités. Cette affection est de courte durée; mais si les attaques de douleurs articulaires suivies d’hémorrhagies cutanées se répètent, elle peut se prolonger . pendant des mois. Elle atteint généralement ceux qui ont la diathèse rhumatismale , mais qui, à part cela, paraissent jouir d’une bonne santé.
Le diagnostic des formes simples et hémorrhagiques du purpura est facile. Pour un œil exercé, les lésions cutanées sont caractéristiques; on peut facilement vérifier leur nature hémorrhagique, car (dles ne changent pas de couleur sous la pression du doigt, caractère qui permet à l’individu le plus ignorant de distinguer le purpura des lésions inflammatoires. Le scorbut est considéré comme une ’ affection distincte du purpura hémorrhagique, parce qu’il se développe graduellement, produit une tuméfaction considérable des gencives, ébranle les dents et occasionne une grande faiblesse (ce sont là, d’ailleurs, les symptômes principaux du scorbut) ; enfin parce qu’il se manifeste si souvent parmi les marins et chez ceux qui ne mangent pas de légumes frais. Le purpura rhumatismal pourrait être facilement confondu avec le rhumatisme, pendant les quelques jours qui précèdent l’éruption. Tilbury Fox considérait cette forme comme un érythème compliqué d’hémorrhagie.
Le traitement du purpura consiste principalement à en faire disparaître la cause, et à prescrire un repos absolu quand les hémorrhagies sont fortes et fréquentes. Le fer, l’ergot de seigle, les acides minéraux et la quinine sont des médicaments précieux ; mais il ne faudrait pas avoir trop de confiance en leur action, et négliger de prescrire le repos, une bonne alimentation et les soins hygiéniques indispensables. Dans les cas légers de purpura simple, un exercice modéré est plutôt avantageux que nuisible, et souvent il n’est pas nécessaire d’empêcher le malade de vaquer à ses affaires. Aucun remède ne hâtera la résorption des taches hémorrhagiques; mais la teinture de perchlorure de fer arrêtera probablement le développement de nouvelles taches, et améliorera l’état général du malade. Dans le purpura rhumatismal, des soins suffisent en général pour amener une guérison rapide; quelquefois, cependant, un narcotique est nécessaire pour calmer la douleur ; un tonique composé de fer ou de quinine est utile vers la fin de la maladie. Dans le purpura hémorrhagique, le malade doit être tenu aussi tranquille que possible. L’ergot peut être administré par la bouche ou en injection hypodermique; pour cette dernière on peut faire dissoudre 5 centigr. d’ergotine dans de l’eau tiède et de la glycérine. Celle-ci, avec de la glace, arrêtera promptement les hémorrhagies des membranes muqueuses. Le régime végétal, qui produit invariablement des effets si merveilleux dans le scorbut, n’a aucune valeur dans le traitement du purpura hémorrhagique.
MOLLUSCUM. MOLLUSCUM.
Les maladies de la peau.
Planche XXIII.
MOLLUSCUM
Synonymie. — Mollusciim contagiosum (Bateman). — Acné varioliforme (Bazin). — Acné molluscoïfie (Caillault).
Observation I. — JoanaE., cinq ans, fillette bien constituée et bien portante. Examinée le 8 avril 1876. Depuis un an, elle portait six ou huit tumeurs sur la cuisse gauche. Elle me fut amenée, parce qu’un groupe de ces tumeurs, assez volumineux, s’était enflammé et avait suppuré; il était recouvert d'une croûte noire. Dans ce cas, on ne put évoquer la contagion, comme cause de la maladie ; ses frères et ses sœurs, avec lesquels elle jouait le jour et couchait la nuit, étaient sains, ainsi que les enfants du voisinage. Une de ses sœurs avait des verrues sur les mains.
Observation II. — Fannie W., un an et demi. Cette enfant présentait environ cent tumeurs, de volume variable, situées pour la plupart, sous le menton. Plusieurs d’entre elles s’étaient réunies pour former une tumeur, du volume d’un haricot; on en voyait aussi sur le cou, la poitrine et autour des yeux. Sa sœur aînée était saine ; mais un an auparavant, j’avais soigné, pour la même maladie, un enfant qui demeurait dans la maison voisine. L’enfant fut éthérisée, et les tumeurs excisées avec des ciseaux courbes.
Le nom de molluscum a, pendant longtemps, été appliqué à deux maladies distinctes : le Fibrome ou molluscum fibreux de certains auteurs et le Molluscum contagiosum de Bateman.
La maladie à laquelle on devrait réserver le nom de molluscum est caractérisée par de petites tumeurs molles, d’un volume qui varie depuis celui d’une tête d’épingle à celui d’un petit pois ; elles sont pédiculées et surmontées d’un petit orifice déprimé, contenant un liquide grumeleux. Elles ne sont pas rares chez les enfants, et siègent de préférence sur le visage et le cou. Elles sont d’ailleurs inoffensives. Elles ont quelquefois une tendance à se développer au pourtour des yeux et de la bouche. Exceptionnellement, je les ai observées sur le cuir chevelu, les oreilles et l’extrémité du nez. Chez les adultes, le molluscum atteint habituellement les organes génitaux; en réalité, il n’épargne presque aucune région du corps.
Le molluscum se développe lentement et dure indéfiniment. 11 débute sous forme d’une petite tumeur, du volume d'une tête d’épingle, blanchâtre, saillante, surmontée d’une légère dépression centrale ; la tumeur devient plus saillante à mesure qu’elle grandit. Quand elle atteint le volume d’une graine de chanvre, le sommet s’aplatit, et elle devient pédiculée. L’intérieur de la tumeur paraît plus blanc que les parois; quand on la comprime, il en sort une substance épaisse et crémeuse, composée principalement de corps ronds ou ovalaires, connus sous le nom de corpuscules de molluscum. Les tumeurs ont un aspect cireux, transparent ; mais, quand elles atteignent le volume d’un pois, quelques petits vaisseaux sanguins se développent dans leurs parois. Elles ont alors une coloration rosée. Les tumeurs ne sont accompagnées d’aucune douleur. Elles persistent pendant un an au plus, ne dépassent jamais le volume d’un gros pois; enfin elles se flétrissent ou subissent une destruction de nature inflammatoire.
Dans un grand nombre de cas, les personnes atteintes de molluscum ont les mains couvertes de verrues.
L 'étiologie du molluscum est obscure. On a cru qu’il était contagieux. On l’observe souvent, en effet, chez plusieurs membres d’une même famille. Dans les salles d’hôpital, il atteint quelquefois subitement un certain nombre d’enfants. Il se développe plus souvent chez les pauvres. Il ne Fox. — 46 — 23
MOLLUSCUM.
faudrait pas croire pour cela que la pauvreté et la malpropreté soient les causes de la maladie. Les habitations humides et l’encombrement favorisent peut-être son développement. Une mauvaise constitution n’est pas toujours une cause de la maladie ; je l’ai observée chez des enfants forts et vigoureux aussi bien que chez des enfants chétifs et strumeux.
Le diagnostic est très facile, car les tumeurs ont un aspect caractéristique ; j’en ai vu sur le visage d’une jeune femme qui, de loin, ressemblaient aux pustules ombiliquées delà variole. En général, une erreur de diagnostic est cependant à peu près impossible.
Des fibromes peu volumineux pourraient être confondus avec le molluscum, d’autant plus facilement que dans la première de ces maladies les glandes contiennent souvent une accumulation de matière sébacée, qui en sort quand on les comprime. Les fibromes cependant ne présentent pas de dépression centrale; ils ne sont pas réunis en groupes, et ne sont pas aussi durs que le molluscum ; souvent même ils sont mous; enfin, quand ils sont nombreux, ce qui arrive habituellement, leur volume varie considérablement; en général ils sont plus volumineux que le molluscum.
Le traitement est très simple ; il faut enlever les tumeurs en les irritant le moins possible. Quand leur situation permet de les exciser, il vaut mieux les couper avec un rasoir ou un couteau long et mince. L’hémorrhagie (pii accompagne cette opération est à peu près nulle ; pour l’arrêter, il suffit de toucher les petites plaies avec du nitrate d’argent. Dans d’autres cas, on peut se servir de ciseaux courbes. Lorsque les tumeurs sont très petites, une légère cautérisation avec du nitrate d’argent ou de l’acide nitrique suffit pour arrêter leur développement et les faire disparaître. Lorsqu’un groupe de tumeurs s’est ulcéré, on détache les croûtes avec des cataplasmes ou un pansement à la cosmoline; on y applique ensuite du baume de Pérou, pour hâter la cicatrisation.
La maladie siège dans l’épiderme; rarement elle envahit le derme, aussi ne laisse-t-elle pas habituellement de cicatrices. Mais lorsque la tumeur s’enflamme et suppure, elle laisse souvent une petite cicatrice déprimée.
CORN U A CUTANEA.
HaKKOUN .V blERBTADl, M. V
Les maladies de la peau.
Planche XXIV.