‹ Iconographie photographique des maladies de la peauChapitre 28 sur 46 · SIMPLEX · texte numérisé non relu

SIMPLEX

Les maladies de la peau.

Planche XXV.

ICHTHYOSE

Synonymie. — Albarros nigra (Avicenne). — Impétigo cxcortieativa. — Lepra ic/ithyosis (Sauvages).

Observation. — Garçon âgé d’environ dix ans, placé dans le service des enfants du dispensaire de New-York, sous la direction du Dr G. W. Robinson . Sa mère raconte qu’au moment de la naissance, la peau paraissait normale : ce n’est que depuis deux ans, qu’elle est devenue aussi rugueuse que le montre la planche XXV. Aucun autre membre de la famille n’avait été atteint de cette affection. De l'huile de foie de morue fut employée à l’intérieur et à l’extérieur, et sous son influence la peau reprit un aspect à peu près normal. La photographie fut prise au soleil, le malade étant couché sur le dos. Les écailles polygonales à bords saillants, s’observent sur la face externe de la cuisse. Autour du coude, la peau forme des plis parallèles, caractéristiques.

L’ichthyose est une maladie chronique de la peau, qui devient sèche et rugueuse.

Elle varie [d’intensité. Tantôt elle est si légère que le toucher seul permet de constater sa présence ; tantôt l’épiderme normal est remplacé par de larges écailles polygonales ou des appendices cornés et noirâtres. Cette variabilité d’intensité de la maladie a permis d’en distinguer plusieurs formes, auxquelles on a donné les noms de xérodermie , d 'ichthyose simple et d 'icthlryosis hystrix. Ces noms sont utiles pour la description, mais il ne faudrait pas en conclure que la xérodermie et l’ichthyose soient des affections distinctes, que Yichthyosis hystrix soit autre chose qu’une forme particulière de l’ichthyose ordinaire.

Dans les formes légères, qui se manifestent souvent chez les enfants, la sécrétion sébacée et sudorale sont affaiblies et l’épiderme devient rugueux. La couleur de la peau est un peu plus foncée que d’habitude ; elle paraît sale. D’autres fois, même à une période avancée de cette forme légère, l’épiderme s’hypertrophie et se fendille d’une manière caractéristique. Il en résulte des écailles en forme de losanges ou pentagonales, dont les bords sont légèrement saillants. Plus tard ou dans une forme plus intense, ces écailles prennent une coloration jaunâtre ou verdâtre, tandis que les sillons qui les séparent paraissent comme des lignes blanches, qui s’entrelacent et forment un véritable réseau. Les écailles sont cornées et quelquefois brillantes, mais elles ne se recouvrent jamais sur leurs bords, comme on pourrait le supposer d’après le nom de la maladie. Dans les cas très graves, quelques plaques se recouvrent de saillies papillaires noires. La peau présente alors l’aspect de l’écorce d’un arbre. Les plaques ressemblent aux excroissances verruqueuses, qui paraissent sur la peau dans l’éléphant iasis . Lorsque ces saillies papillaires, qui sont toujours serrées les unes contre les autres et habituellement aplaties, deviennent allongées et pointues, on donne cà la maladie le nom d 'ichthyosis hystrix; parce que les appendices ressemblent aux pointes d’un porc-épic. On a exhibé des cas de ce genre, sous le nom d 'hommes porcs-épics. L’hommepoisson du Tennessee était atteint d'ichthyose. Le docteur Yandell publie une excellente description de cette curiosité médicale (1).

La maladie envahit la plus grande partie du corps. La paume des mains, la plante des pieds, et les plis des membres sont toujours dépourvus d'écailles; la peau de ces régions est seulement

(I) Louisville Medical News, 30 nov. 1878. Fox.

ICHTHYOSE.

sèche (1); autour îles coudes et des genoux les écailles sont plus petites. On y voit de nombreuses rides elliptiques ou replis de la peau.

La maladie débute habituellement dans l’enfance, jamais dans l’âge adulte. Dans la majorité des cas, la forme légère, ou xérodermie, tend à persister pendant toute la vie; dans d’autres cas, la maladie augmente d’intensité tous les ans. Elle est quelquefois héréditaire. Elle peut atteindre deux membres ou plus d’une même famille et épargner les autres.

Elle n'est accompagnée d’aucun malaise, d’aucune modification de la santé générale. Le malade sent seulement que sa peau n’est pas dans un état normal.

Les cas légers guérissent souvent pendant les chaleurs, alors que la sécrétion sudoripare est active ; même dans les cas graves, une amélioration se produit à cette saison de l’année. En hiver les malades atteints d’ichthyose souffrent beaucoup du froid, et, lorsqu’elles sont exposées au veut, la face et les mains se gercent et deviennent douloureuses.

Le diagnostic de la maladie est facile, lorsqu’elle est très étendue et chronique et qu’elle n’est accompagnée ni de démangeaisons ni de rougeur. Le pityriasis simple est la seule affection qui ait quelque ressemblance avec elle. Mais dans le pityriasis, l’éruption n’est pas aussi étendue; la peau située sous les écailles est congestionnée, et les écailles tombent constamment ou se détachent avec facilité. Ces phénomènes font défaut dans l’ichthyose.

L’ichthyose guérit difficilement. On peut rendre à la peau son poli, mais, aussitôt que l’on cesse le traitement, les écailles réapparaissent rapidement.

Les corps gras, appliqués sur la peau, rendent les meilleurs services dans les cas légers. La cosmoline, la vaseline, l’axonge benzoïnée, les huiles d’amandes, de lin, de foie de morue, sont utiles et, comme chacun atteint le but que l’on se propose, à savoir de lubrifier la peau, il importe peu de choisir Lun ou l'autre. Balmanno Squire croit que la glycérine, diluée dans trois fois son poids d’eau, est plus utile que l’huile pour activer les fonctions de la peau.

Dans les cas graves où les écailles sont épaisses et cornées, les onctions peuvent encore être employées avantageusement, mais les frictions au savon et les bains répétés seront plus efficaces. Les plaques situées sur les surfaces extenseurs des membres deviennent quelquefois si dures, qu’on est obligé d’y appliquer des vésicatoires. Les bains turcs sont très utiles dans tous les cas d’ichthyose. L’amélioration, qui survient en été, démontre l’utilité des transpirations abondantes; les frictions servent à détacher les écailles. Après chaque bain, le corps doit être complètement enduit d’huile. On a prescrit le jaborandi à l’intérieur; il a produit une amélioration rapide dans l’état de la peau; mais il présente des inconvénients et on doit lui préférer le bain turc.

(1) D'après Hebra, ce mode de diffusion est. passible d’exceptions fréquentes. Ainsi, dans certains cas, l’ichthyose apparaît, au contraire, précisément à la paume des mains et à la plante des pieds, sous forme d'ichthyosis hyslrix intense ; car l’épiderme de ces régions est non seulement épaissi calleusement, mais il est en outre sillonné de nombreuses fissures longitudinales et transversales et présente l'aspect, d’une surface verruqueuse, parsemée d’aspérités aiguës. (Trad.)

Les maladies de la peau.

Planche XXVI.

MORPHÉE, SCLÉRODERMIE

Synonymie. — Sclerema, Sclerema adultorum. — - Chorionitis cutanée (Forget). — Cutis tensa chroiiica (Fuchs). — Kéloïde d'Addison, Etcph'mtiasis sclérosa (Rasraussen) ; sclérème des adultes.

Observation I. — Morphée. — Alice D., âgée de 35 ans. La malade est au Dispensaire de New-York, sous la direction du Dr P. A. Morrow. La plaque sur la partie supérieure du bras droit s’était développée depuis un an. Elle n’occasionnait ni douleur ni gêne ; c’est par hasard que la malade s’en aperçut. La plaque était dure, cornée ; on pouvait la pincer et la faire glisser sur les tissus sous-jacents. Elle présentait une apparence blanche, cireuse, polie, comme si elle eût été vernie, et ressemblait à une couenne de lard. En haut et en dehors, elle était limitée par un large bord parsemé de taches de pigment brunâtre, et de nombreuses taches blanches comme du lait. Sur la joue droite, il existait une plaque circonscrite, en voie de subir les premières modifications, qui ont lieu au début de celte affection ; on aurait pu la prendre pour une plaque de leucodermie. Les plaques sur le bras étaient prurigineuses, mais n’étaient accompagnées d’aucun autre symptôme subjectif. Pendant les quatre mois que je pus suivre cette malade, grâce à l’amabilité du Dr Morrow, l’état de la peau ne subit aucune modification importante. De blanche qu’elle était auparavant, la plaque devint jaune ou d’un blanc jaunâtre.

Observation II. — Sclérodermie. — Mary M., 10 ans. La malade appartient au Dr V. P. Gibnev. L’éruption débuta à l’àge de trois ans, et, depuis celte époque, a progressé lentement. Elle n’a jamais été douloureuse. La moitié inférieure du côté droit de la figure était le siège d’une hémi-atrophie faciale typique. Sur le cuir chevelu, il existait une plaque couverte de cheveux blancs et une plaque d alopécie circonscrite (I).

Il convient d'étudier ensemble la morphée et la sclérodermie, puisqu’il y a parenté entre ces deux affections, et, d’après quelques auteurs, identité pathologique. Mais qu'elles constituent des formes ou des périodes d’une même maladie, ou non, il est facile d'établir une distinction entre elles, au point de vue de la clinique, et, jusqu’à ce que leur nature soit mieux connue, on doit leur conserver des noms différents.

La morphée est une affection circonscrite. Au début elle apparaît sous forme d'une ou plusieurs plaques blanchâtres, circulaires on ovales, limitées par un bord de couleur plus foncée. Lorsqu’elles sont multiples, leurs dimensions varient ; elles sont habituellement situées sur le trajet d’un nerf. Elles augmentent lentement de volume et prennent une coloration qui ressemble à celle de l’albàtre, de la crème, ou mieux encore à celle du vieil ivoire. Elles sont rarement saillantes, mais le plus souvent déprimées. Leur surface peut être lisse et cireuse, ou rugueuse par suite de la présence de nombreuses petites rides, qui leur donnent un aspect ratatiné particulier. Quelquefois une plaque est dure au toucher; mais cette induration, quand elle existe, est toujours superficielle; d’autres fois, au contraire, elle peut communiquer au doigt une sensation qui ne diffère que peu de celle de la peau normale. Leur bord étroit présente souvent une coloration rouge foncé ou violacé; il constitue alors un des caractères saillants de cette affection. Des macules, ayant à peu près la même couleur, précèdent souvent le développement des plaques blanches.

Cette affection siège surtout sur les extrémités, mais on la rencontre aussi sur le cou ou le tronc, Les plaques ne sont pas douloureuses, et, après une durée de quelques années, elles peuvent disparaître spontanément.

(1) Pour plus de détails sur ces deux observations voyez Archiv ofDernntotogjj , avril 1819.

Fox. — 5t

èii

M ORPHÉE SCLÉRODERMIE.

De celle courte description, on peut conclure qu’il existe une grande différence entre la morphée et la sclérodermie typique. Mais quelquefois les symptômes des deux affections se trouvent réunis. Le diagnostic est par conséquent incertain, et l’idée surgit que les deux affections sont de même nature.

Toutes deux atteignent plus souvent la femme que l’homme; elles sont assez rares dans l’enfance. Leur cause est inconnue et les personnes qui en sont atteintes semblent, à tous les autres points de vue, jouir d’une bonne santé.

Au début, la morphée se distingue de la sclérodermie, tout en ayant quelque ressemblance avec elle. — Les modifications que subit la peau, en dehors de son défaut de pigmentation et de l’anesthésie partielle dont elle est quelquefois atteinte, sont des symptômes précieux pour le diagnostic. Les macules blanchâtres, anesthésiées qui accompagnent quelquefois la lèpre existent aussi dans la morphée ; mais leur véritable nature, s'il s’agit de la lèpre, est généralement révélée par la présence d’autres signes, propres à cette affection. On ne peut guère confondre la sclérodermie avec d’autres affections de la peau. Il est à remarquer, cependant, qu’ü existe une inflammation aiguë de la peau, dans laquelle l’induration envahit rapidement une grande surface et qui disparait avec la même rapidité. Cette affection doit être séparée de la sclérodermie et pourrait être appelée sclénasc ou scièrent e. Ce dernier nom a été appliqué à une affection de même nature qui atteint les nouveau-nés (selérème des nouveau-nés).

On ne peut dire que bien peu de chose du traitement de la morphée et de la sclérodermie. L arsenic a l’intérieur, et les courants continus appliqués localement, rendent les meilleurs services. Les courants continus ont produit des merveilles dans le traitement de la sclérodermie.

Ces affeclions évoluent lentement et leur pronostic est incertain. Une amélioration notable, sinon une guérison radicale, est toujours possible ; et puisque l’état local dépend toujours plus ou moins de l’état généra! du malade, il ne faut négliger ni les toniques ni l’hygiène.

ELEPHANTIASIS.

Les maladies de la i*eau.

Planche XX VIL

ÉLÉPHANTI ASIS

Synonymie. — Elepkantiasis Arabum. Hernia carnosa. — Maladie glanduleuse des Barbades. — Jambe des Barbades. — Sarcocèle

égyptien (Larrey). — Bucuemia tropica (Mason-Good). — Etephantiasis tuberosa et scrotalis (Alibert). — Pachydermie (Fuchs).

— Spargosis fibro-areo taris (Wilson).

Observation. — A. G., âgé de H) ans, américain. Le malade appartient au Dr Ch. .lewelt de Brooklyn ; les noies m’ont été fournies par le Dr P. L. Schenck, de Kings County Hospital. Le malade eut la scarlatine à l’âge de !) ans ; celle-ci fut suivie d’un œdème généralisé. C’est vers cette époque que l’hypertrophie des membres inférieurs débuta. A des intervalles de trois ou quatre mois, il a été sujet à des frissons accompagnés de fièvre, qui durait (rois ou quatre jours ; chacun de ces accès était suivi d’un accroissement considérable du volume des membres. Sur la partie antérieure des jambes on voit maintenant (décembre 1878) plusieurs plaques de peau épaisse et rugueuse. Sur la face postérieure de la jambe droite, il se forma une ulcération, il y a environ dix-huit mois. Depuis un mois les bords de la plaie se sont gangrènes, et celle-ci s’est convertie en uneexcavation de dix centimètres de diamètre sur onze de profondeur ; ou y voit aussi une ou deux ulcérations superficielles, qui laissent suinter une grande quantité de sérosité. Depuis que ce suintement a lieu, le volume du membre a diminué. Le malade s’affaiblit de jour en jour.

On a donné le nom d 'Elepkantiasis à deux maladies entièrement distinctes : VE. proprement dit , et VE. des Grecs. Cette confusion dans les termes n’existe plus de nos jours : on a donné le nom de lèpre à VE. des Grecs et on a conservé celui d 'Élephantiasis à la maladie que nous décrivons en ce moment.

L’ Elephantiasis consiste en une hypertrophie de la peau et du tissu sous-cutané. 11 atteint principalement les membres inférieurs, surtout la jambe et le pied, et les organes génitaux. Rarement les deux jambes sont entièrement affectées, comme chez le malade qui fait le sujet de la planche XXVII ; ordinairement aussi elle ne dépasse pas les genoux. On a vu des cas, dans lesquels elle a atteint les joues, les seins et les membres supérieurs. Ces régions peuvent être le siège de clermatolysie (1) et de tumeurs fibreuses qui, au point de vue de leur volume, ressemblent à l’éléphantiasis. Ces affections en sont cependant tout à fait distinctes.

La maladie suit une marche chronique et n’affecte pas profondément la santé générale. Le malade se plaint surtout du poids de ses membres et de la difficulté qu’il éprouve à marcher.

On la rencontre dans toutes les parties du monde, surtout dans les pays chauds où elle semble atteindre les individus débilités par diverses causes. Dans les des du golfe du Mexique, elle est si commune, qu’on lui a donné le nom de ïambe [ou mal) des Barbades.

Il y a des rapports intimes entre l’éléphantiasis et les lésions qui produisent l’obstruction des vaisseaux lymphatiques. L’œdème joue un grand rôle dans son étioloyie. Il se complique souvent d érysipèle à la suite de chaque attaque de ce genre, la peau s’hypertrophie et durcit davantage. Les attaques continuent à des intervalles variables, jusqu’à ce que la partie malade ait atteint un Milume considérable. Ainsi le scrotum peut pendre jusqu’à terre et peser plus de cent livres. Chez la lemnie, le1 clitoris et les grandes lèvres peuvent être atteints.

(1) La dermatolysie (dermatose hétéromorphe d’Alibert) est une affection rave de la peau, caractérisée par Un développement anormal avec relâchement de la peau, qui se plie en double et retombe. Le derme est épaissi, ainsi que le tissu sous-cutané. Le névrilème subit en mémo temps une hypertrophie simple très considérable (trad.).

Lox. — il 3 — ‘27

ELEPHANT1ASIS.

La peau malade présente une coloration foncée; elle est lisse et œdémateuse, ou fendillée et recouverte d’écailles. Par suite de son épaississement, la peau perd sa sensibilité; mais il n’existe pas de plaques anesthésiques, comme dans la lèpre. Dans les cas graves, des portions de peau deviennent pendantes ; il se forme alors entre elles des sillons profonds. Sur la face dorsale du pied et la face antérieure de la jambe, la peau est souvent verruqueuse, couverte de saillies papillaires, sècbes et noires. De l’eczéma se développe souvent à la surface de la peau, et des fissures au fond des sillons. Dans beaucoup de cas, il se forme au fond des sillons de légères ulcérations, d’où s’écoule une grande quantité de lymphe. Les parties malades peuvent être frappées de gangrène, surtout quand le malade est affaibli et incapable de quitter son lit.

L’éléphantiasis n’est ni contagieux ni héréditaire. Les causes sont obscures, mais elles ont, sans doute, quelque rapport avec les habitudes des malades. On a cité, mais sans preuve à l’appui , la malaria, comme cause excitante de l’E; les varices, les cicatrices, les gourmes, les tumeurs osseuses et d'autres états locaux, qui tendraient à gêner la circulation veineuse el lymphatique. D’après une théorie nouvelle, l’éléphantiasis serait une affection parasitaire. Le docteur Manson, un chirurgien anglais qui exerce en Chine, a découvert la fil aria sangainis dans le sang d’individus atteints d’éléphantiasis, de lymphoscrotum et de chylurie. Avec, d’autres auteurs, il croit que ce parasite vit dans les lymphatiques et produit l’éléphantiasis en obstruant ces vaisseaux. Comme dans le cas du tænia, la filaria subit ses métamorphoses en dehors du corps humain. C’est le moustique qui lui servirait d’intermédiaire. L’ovule de la filaria pénètre dans l’estomac de cet insecte, et y subit une métamorphose. Le moustique le dépose dans l’eau au moment de la ponte. La filaria adulte pénètre dans le corps humain et dans les lymphatiques.

Le traitement de l’éléphantiasis n’est pas toujours suivi de succès. Au début on combattra l’érysipèle par des cataplasmes et d’autres moyens antiphlogistiques. Plus tard la compression devient utile; elle diminue, quoique rarement d’une manière permanente, le volume de la jambe. Hebra recommande de maintenir le membre dans une position élevée et d’y appliquer une pommade mercurielle. La compression et la ligature de l’artère fémorale ont été pratiquées dans un certain nombre de cas et avec un succès partiel. L’amélioration qui survient alors est due à la diminution de la pression artérielle, qui gêne la circulation lymphatique. La sérosité est résorbée, quelquefois d’une manière permanente. Lorsque l’éléphantiasis atteint les organes génitaux, on a généralement recours au bistouri.

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