LUPUS VULGAIRE
Synonymie. — Noli me tangere, Herpès extdens, Lupus excdm* ; dartre rongeante, esthiomène (Aliberti. — Lupus redens, Lupus
vorox, Herpès esthiomenos.
Observation. — fi. W., âgé de 33 ans, Iruilé à la clinique du Collège médical de l'université. L’éruption dure depuis 21 ans. Au dire du malade, elle commença sous la forme d’un petit tubercule couvert de squames, situé entre l’œil droit et l’oreille. Il existe maintenant une petite cicatrice dans cette région. La maladie s’étendit lentement malgré un traitement interne et des cautérisations répétées. Quatre ans avant que lut faite la photographie, une nouvelle plaque parut sur le sommet de la tète. Cette plaque n’a jamais été traitée; elle s'étendit lentement. A la clinique du collège, le Dr Piffard racla, avec la curette, la portion de la plaque qui est située près de l’oreille. Plus tard, il racla et cautérisa de nouveau une partie du bord inférieur de la plaie, le malade étant chloroformé. Il fut ensuite transporté dans mon service, et j’essayai d’arrêter les progrès delà maladie, surtout au niveau du sourcil. Les bords de la plaque furent successivement cautérisés avec de la polasse caustique solide. Au niveau du sourcil on appliqua une solution de potasse, à l’aide d’un pinceau de coton préparé. Sous l'influence de ce traitement les bords élevés de la plaie furent ramenés au niveau de la peau saine, et les parties infiltrées furent transformées .en un anneau de tissu cicatriciel. La plaie fut ensuite recouverte d’un emplâtre mercuriel. La plaque est maintenant lisse, d’une coloration rouge foncé, et ressemble à une tache de vin. Le centre, formé surtout par du tissu cicatriciel, est comparativement blanc. On n’y voit ni tubercules, ni pustules ni squames. La portion inférieure qui avait été cautérisée avec le cautère actuel, est remarquablement lisse; son bord n’est pas distinct, la coloration rouge se confondant insensiblement avec la coloration normale de la peau.
Le lupus est une affection chronique, qui se présente sous forme de plaques circonscrites, de coloration rouge foncé, (les plaques s’ulcèrent facilement, et laissent invariablement après elles une cicatrice. Excepté dans les cas très graves, la douleur, les démangeaisons et les autres sensations subjectives font défaut. La marche et l'aspect des plaques varient suivant les cas et la période de la maladie. La lésion la plus caractéristique est une petite papule d'un rouge jaunâtre, située au bord, ou dans le voisinage de la plaque. Cette lésion n’est pas constante. Quelquefois la maladie débute par une macule d'un rouge foncé, qui, en grandissant, s'élève légèrement au-dessus du niveau de la peau. Cette forme légère ou érythémato-squameuse peut se développer sur un ou plusieurs points à la fois. Elle envahit lentement les tissus voisins et souvent disparait sans ulcération. L infiltration cellulaire produit généralement cependant une légère atrophie de la peau; et, lorsqu’elle a été résorbée, il reste une cicatrice plus ou moins marquée. Lorsqu’un certain nombre de papules se trouvent reunies en un seul point, les bords de la plaque sont ordinairement élevés en forme de croissant, et quelquefois déchiquetés. Souvent, on voit une portion de peau [tins ou moins lisse, ou convertie en tissu cicatriciel, entourée d'un anneau de peau infiltrée, plus ou moins saillant. A mesure que les papules de lupus grandissent et si1 transforment en tubercules, elles se ramollissent et s ulcèrent, surtout dans les points où la maladie tend à envahir les tissus sains. Les plaques présentent alors une surface rouge, squameuse; à leur périphérie, on aperçoit de nombreuses petites croûtes, au centre du tissu cicatriciel. Lorsque la maladie envahit les parties profondes de la peau, celle-ci tend a s ulcérer. L’ulcération revêt souvent la forme serpigineuse et se cicatrise difficilement.
Le visage est le sicyc de prédilection de la maladie, surtout les joues, la lèvre supérieure et les Fox. 6b — 33