LUPUS VULGAIRE
ailes du nez. Elle se développe aussi sur le cuir chevelu, le tronc et particulièrement sur la face dorsale des mains et des doigts. Les muqueuses nasale et buccale peuvent être atteintes en même temps que la peau.
La maladie n’est jamais congénitale, rarement héréditaire. Généralement, elle se développe chez les enfants ou les jeunes gens. Une fois, je l'ai observée chez un homme de 60 ans. Les deux sexes y sont également sujets.
Quelques auteurs croient que le lupus est invariablement une manifestation de la scrofule. Il se développe cependant chez des malades qui ne présentent aucun symptôme de cette diathèse. Mais les abcès scrofuleux sont souvent le point de départ d’ulcérations de la peau, que l'on ne doit pas confondre avec le lupus.
Le diagnostic est 'Ordinairement facile; cependant les formes tuberculeuse et ulcéreuse du lupus ressemblent quelquefois à certaines manifestations syphilitiques : le traitement seul peut indiquer la véritable nature de la maladie. Au point de vue du diagnostic, il importe surtout de déterminer depuis combien de temps l’affection dure. Le lupus, en effet, se développe lentement, tandis que les manifestations de la syphilis ont une évolution rapide. S’il existe sur le visage un amas de tubercules, dont la nature soit difficile à déterminer, on peut affirmer qu’il est syphilitique, s'il est étendu et s'il s'est montré depuis quelques mois seulement. C’est au contraire un lupus, s’il existe depuis de nombreuses années.
Le lupus n’est pas une affection tenace et incurable, si le malade se soumet à un traitement convenable. Celui-ci est très simple. Souvent cependant il doit être énergique. Le meilleur moyen de guérir la maladie est de la détruire; la cicatrice qui en résulte est probablement moins difforme que celle qui surviendrait si on laissait la maladie étendre ses ravages. Excepté dans les cas où la maladie est très bénigne, il reste toujours une cicatrice. Lorsque l'affection est légère, on peut avoir recours à des. frictions avec du savon ou des pommades irritantes. Si la lésion est profonde, mais peu étendue, on peut l’exciser.
Lorsque les tubercules sont disséminés sur une large surface, on y applique une pâte arsenicale ou une pommade pyrogallique à 15 p. 100. On peut aussi détruire les tubercules isolément à l’aide d'un crayon de nitrate d’argent taillé en pointe. Enfin, si l’ulcération est très étendue, on peut favoriser la cicatrisation en y appliquant de l’acétate, du sulfate ou du chlorure de zinc, de la potasse caustique, de l'acide nitrique ou du nitrate acide de mercure. Mais il vaut mieux racler la surface de 1 ulcère avec une curette, puis la cautériser avec un fer rouge.
LUPUS ERYTHEM ATOSUS.
Les maladies de la peau.
Planche XXXIV.
LUPUS ÉRYTHÉMATEUX
Synonymie. — Séborrhée congestive (Hebra), — Érythème centrifuge (Biott). — Lupus svperficialis (Thomson, Partes),
Observation. — V. W, âgé de 45 ans, fut présenté à la Société dermatologique de New-York. La maladie durait depuis 18 ans. Pille débuta sous la forme d’une plaque rougeâtre, située sur la joue droite. La rougeur envahit lentement le front, l’oreille et le cou. La peau atteinte était rouge, chaude, un peu lisse, tendue, épaisse et élevée au-dessus de la peau saine; quelques squames étaient disposés circulairement au pourtour du nez.
Le lupus érythémateux, quoique décrit à part dans les livres classiques, n’est pas une maladie distincte; c’est une variété de lupus, dans laquelle rinfiltration cellulaire est tout à fait superficielle ; il atteint d'une manière caractéristique les follicules sébacés. Cette variété est assez rare et ne s’ulcère pas. Cependant, lorsque l’infiltration a été considérable, la peau s’atrophie; il en résulte une cicatrice.
Le nom de lupus érythémateux n’est guère heureux, car le lupus vulgaire est souvent superficiel et érythémateux. Le trait caractéristique de la maladie, c’est d’envahir les glandes sébacées. Il vaudrait donc mieux lui donner le nom de lupus sébacé ou acnéiforme. Hebra, qui le premier décrivit cette maladie en 1845, lui donna d’abord le nom de séborrhée congestive ; plus tard, il ht considéra comme une forme de lupus.
La marche de la maladie est essentiellement chronique. Rarement elle se montre sur une grande surface de la peau, comme une affection aiguë, et s’accompagne de symptômes généraux. Fréquemment, cependant, sous l’influence d’un traitement peu judicieux, ou d’autres causes, elle devient aiguë. Une recrudescence de ce genre coïncide souvent avec le développement de plaques nouvelles. Généralement, la maladie n'exerce aucune influence sur la santé. Plus souvent que le lupus vulgaire, le lupus érythémateux est accompagné de sentiment de chaleur de la peau et de démangeaisons. 11 se développe sous la forme de petites macules rouges, qui ne disparaissent pas complètement sous la pression. Elles sont légèrement déprimées au centre, au niveau de l’orifice des follicules sébacés. Souvent ces petites dépressions contiennent quelques squames fines, adhérentes et graisseuses. Ces lésions sont tantôt disséminées, tantôt réunies en groupes. Dans le dernier cas, elles forment des plaques d’un rouge foncé ou violacé, parsemées de petits points blanchâtres ou couverts de fines squames adhérentes. Lorsqu’on soulève ces squames, il est facile de constater qu’elles se prolongent dans l’intérieur des conduits sébacés. Les plaques peuvent être uniques ou multiples ; elles sont nettement circonscrites. Leur contour est tantôt circulaire, tantôt irrégulier ; dans le premier cas, le centre se déprime à mesure que la maladie fait des progrès.
L’éruption atteint invariablement le visage; elle se développe souvent sur le bord antérieur du nez et s’étend latéralement sur la joue.
Comme le lupus vulgaire, le lupus érythémateux coïncide souvent avec des signes de scrofule. On l’observe plus fréquemment chez la femme que chez l’homme. Les enfants n’en sont jamais atteints.
Il est souvent difficile de distinguer entre le lupus érythémateux et les formes superficielles et érythémato-squameuses du lupus vulgaire. Le diagnostic est alors sans importance, puisque dans les Fox. — 67 — 34
LUPUS ERYTHEMATEUX.
deux cas, la nalure et le traitement de la maladie sont les mêmes. 11 suffit de se rappeler que dans Tune de ces variétés il existe de nombreux points blancs, et, dans quelques cas, des saillies dures sur la peau; dans l’autre, de petites papules et plus tard des tubercules, des pustules et des ulcérations. L’âge du malade peut fournir quelques renseignements, puisque le lupus vulgaire se développe seulement avant l’âge de la puberté.
On pourrait confondre, avec le lupus érythémateux, une plaque d’eczéma chronique de la face ou une roséole. Dans ces affections, cependant, l’éruption n’est pas nettement circonscrite ; les plaques d’eczéma sont souvent humides et deviennent le siège de vives démangeaisons.
Dans le traitement de cette affection, je ne saurais recommander aucun remède en particulier. 11 faut surveiller l’état général, prescrire du fer, de l'huile de foie de morue, de l’arsenic, de la strychnine, ou du phosphore. Anderson emploie l’iodure d’amidon à l’intérieur. Je n’ai jamais fait usage de ce remède.
Le traitement local est très important. Pour détacher les squames et activer la résorption des produits morbides, on peut commencer par des frictions au savon. Le goudron, le soufre et d’autres médicaments irritants sont utiles, mais je préfère l’emplâtre mercuriel. Dans quelques cas, il suffit pour amener la guérison. Généralement, cependant, il faut avoir recours à une médication plus énergique, à la teinture d’iode combinée avec le coilodion en parties égales, que l’on renouvelle à mesure qu’elle se détache.
Lorsque la maladie atteint les parties profondes, il faut cautériser la plaque avec une forte solution de potasse caustique. Dans les cas graves, on enlève les tissus malades avec une curette et on cautérise légèrement la plaie avec le galvano-cautère. Lorsque la peau est enflammée, il faut avoir recours à un traitement émollient. Dans ces cas, les caustiques ne pourraient qu’aggraver la maladie.
JL E P R A TU BEROS A.
Les maladies de la peau.
Planche XXX Y.