LÈPRE
Synonymie. — Lepra tuberculosa, Lepra Hebræorum, Lepra /Egyptien, Lepra leontina, L“pra Arabum, Elephantiasis Græeoriim , Elephantiasis, Leontiasis, mal rouge do Cayenne. — Moi'bus phæmcius, Morbus hercu/ecus, Sutyriasi Morphæa.
Observantion. — A. B., âgé de 54 ans, né à New-York, de parents sains. En 1855, il se rendit à Cuba, où il fit un séjour de neuf ans. Il alla ensuite demeurer à Baltimore. A cette époque il paraissait jouir d'une santé excellente. 11 y a environ deux ans il éprouva pour la première fois une sensation de fourmillement sur le front. La peau de cette région devint légèrement brunâtre; des groupes de tubercules se développèrent sur les sourcils, les joues, le nez, les oreilles, les mains et les pieds. Jusqu’au mois de février 1878, époque à laquelle il entra au Baltimore City Hospital, il éprouva quelques mouvements fébriles. D’après les notes publiées parle D1’ G. H. Ilohé, dans son travail sur la lèpre ( Maryland med. jour., juillet 1878), l'état général était mauvais. La peau du visage présentait une coloration d’un jaune sale. Les sourcils, le nez, les joues et le menton étaient couverts de bosselures; les lobes des oreilles étaient épaissis et allongés. Les parties antérieures et postérieures du tronc, ainsi que les extrémités, présentaient une coloration bronzée. Le côté gauche était plus affecté que le côté droit. La voix était voilée, la vue affaiblie, ainsi que l’odorat. Les mains étaient engourdies, la marche difficile, à cause d’ulcérations aux pieds. Au mois de mai, il quitta Baltimore pour venir me consulter. Son état ne s’était pas modifié. Peu de temps après il entra à la Charité. La planche XXXV montre clairement les bosselures des sourcils, les dépressions produites sur les joues par la résorption des tubercules, et les ulcérations des doigts. Les raies blanches que l’on voit au hras, résultent du passage de l'ongle sur la peau épaissie et décolorée.
La lèpre que l’on voit de nos jours, en Orient cl ailleurs, est sans doute de même nature que celle qui affligeait les Israélites du temps de Moïse. Cependant la description biblique de cette maladie, telle qu’on la trouve dans le Lévitique, est presque inintelligible. Cela tient probablement à ce que l’on confondait alors la véritable lèpre avec d’autres maladies chroniques et contagieuses. Plus tard on est encore tombé dans les mêmes erreurs, et les nombreuses léproseries établies en Europe, à l’époque des Croisades, renfermaient sans doute un grand nombre de malades atteints de syphilis, de psoriasis et d’autres affections.il suffit de lire l’histoire delà lèpre, pour se convaincre qu’il y a eu confusion de maladies et même de noms. Ainsi en Allemagne, en France et en Amérique, on a remplacé le terme d ' Elephantiasis Græcorum par celui de lèpre{ que malheureusement quelques auteurs appliquent à une variété de psoriasis).
De nos jours, la lèpre est encore endémique dans plusieurs parties du monde. Elle est assez commune notamment sur le littoral de la Méditerranée, dans l’Indoustan, la Chine, les îles du golfe du Mexique, l’Amérique centrale et le Brésil. Quoique plus fréquente dans les pays chauds, elle existe aussi en Norvège, en Islande, dans le Kamtschatka et surtout dans les îles Sandwich. L’ile Molokai possède un asile qui a reçu plus de deux mille malades, depuis sa fondation en 1865. Dans certaines parties des États-Unis (d du Canada, il y a des familles de lépreux, qui descendent d’émigrés, qui avaient été atteints par la maladie. Dans le Minnesota on trouve une colonie norvégienne, dont quelques membres sont lépreux ; ils ont rapporté la maladie de la mère patrie. En Californie elle atteint un certain nombre de Chinois. A Tracadie, petite bourgade française située dans le Nouveau-Brunswick (Canada), il existe un lazaret qui contient quelques lépreux; presque tous descendent d’une femme lépreuse fixée dans la localité, depuis le commencement du siècle. On rencontre la maladie à New- York Fox, — 60 — 35