‹ Iconographie photographique des maladies de la peauChapitre 36 sur 46 · LÈPRE · texte numérisé non relu

LÈPRE

el dans plusieurs grandes villes des États qui bordent l’Atlantique, mais presque toujours chez des marins ou des individus qui ont vécu dans des pays où elle règne à l’état endémique. L’hérédité de la lèpre est incontestable ; il n’en est pas de même de la contagion. On cite des cas où l’un des époux, atteint de la maladie, a vécu pendant de longues années avec son conjoint, sans la lui communiquer. 11 est probable qu’elle est inoculable, et que dans quelques cas elle a été transmise d'une personne à l’autre.

On décrit trois formes de lèpre suivant la prédominance de tel oü tel symptôme ou lésion : la lèpre tuberculeuse , maculeuse et anesthésique. Souvent, les macules et les tubercules coexistent chez le môme malade. Une anesthésie plus ou moins marquée fait rarement défaut dans la période avancée de la maladie ; mais elle peut aussi exister seule. Dans quelques traités, on décrit deux formes de lèpre : la lèpre maculeuse et la lèpre tuberculeuse.

Comme la syphilis, la lèpre est une maladie constitutionnelle, dont les manifestations cutanées sont fort intéressantes sans doute, mais d’une importance secondaire. Un affaiblissement général précède habituellement les premières lésions caractéristiques, qui sont : des taches légèrement brunâtres ou de petits tubercules réunis en groupes. Dans la lèpre tuberculeuse les premiers signes certains se montrent sur la face. La maladie envahit la partie inférieure du front. A mesure que les tubercules augmentent de volume, l’expression de la figure devient caractéristique.

Les nerfs subissent des modifications remarquables. Les gros troncs des extrémités, ainsi que les petites branches (pii animent la peau, s’épaississent et dégénèrent. Le nerf cubital en particulier peut être facilement senti sous la peau. Les doigts, les orteils et d’autres parties animées par ces nerfs, subissent plus ou moins le contre-coup de ces désordres. D’abord ils sont hyperesthésiés ; mais, à mesure que les lésions nerveuses progressent, ils s’engourdissent. 11 se forme alors des ulcères dont la guérison est difficile. Dans les cas graves, les extrémités des os se carient, les phalanges tombent, en laissant des moignons difformes. Les tubercules se développent lentement. Ordinairement ils persistent, mais quelquefois ils diminuent de volume et disparaissent par résorption. Dans ce cas, ils sont le plus souvent remplacés par d’autres, et, à mesure que la lèpre progresse, les forces du malade s’épuisent.

Nous parlerons du diagnostic et du traitement à l’article Lèpre maculeuse. (Yov. pi. XXXYI.)

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