F AVI S
Synonymie. — Tinea favosa, Porrigo favosa (Willan, Bateman). — Teigne laveuse (Hardy).
Observation I. — Favus de la tète. — • Il s’agit d'une petite fille placée dans le service des Enfants, du Dispensaire de New-York, dirigé parle D1' E.-P. Williams. La maladie était ancienne, les croûtes épaisses, d’une coloration claire, et friables. L’enfant ne fut amenée qu'une seule fois au Dispensaire. Je ne la revis que deux ans après et tout à fait par hasard. J’appris alors que la mère avait promené son enfant d’hôpital en hôpital et qu’elle n’avait jamais suivi les conseils qu’on lui avait donnés.
Observation II. — Favus du corps. — Tirée de la collection de O.-G. Mason, chef du service photographique de l'hôpital de Bellevue. I.a planche XL montre des croûtes d’un jaune clair, en forme de godets, qui caractérisent la première période de cette affection.
Le favus est une affection parasitaire du cuir chevelu et de la peau, caractérisée par des croûtes jaunes en forme de godets. Généralement celles-ci se montrent à toutes les périodes de la maladie ; quelquefois, cependant, elles font défaut.
Le favus débute par une plaque circulaire, furfuracée, semblable à celles du trichophyton. Bientôt cependant on voit paraître de petits points jaunes; à mesure que les croûtes se développent, on remarque sur le cuir chevelu, que chaque croûte est située à l'orifice d’un follicule pileux et qu’elle est généralement perforée à son centre par un cheveu. A mesure que les godets se multiplient, iis se réunissent pour former une grande croûte, épaisse, irrégulière et d’un jaune clair. On ne retrouve alors les godets caractéristiques que sur les bords de la plaque. Si, dans un cas de favus commençant, on détache les croûtes et l’on coupe les cheveux, on voit que la peau sous-jacente est lisse, presque normale. Mais deux semaines après, lorsque les cheveux ont un peu repoussé, le parasite, qui siège dans les follicules, se montre de nouveau sous forme de petites croûtes jaunes caractéristiques. Ces croûtes sont recouvertes d’une couche d’épiderme et. ne sont pas, à proprement parler, à la surface de la peau. Lorsqu’au bout de quelques jours, elles ont atteint le volume d’un petit pois, leur bord devient saillant et leur centre se déprime; elles constituent ainsi les croûtes en forme de godet, qui caractérisent le favus. Celles-ci sont concaves en haut, convexes en bas et s’emboîtent dans une dépression correspondante, située sur le cuir chevelu. Celte dépression est recouverte d’une couche très mince d’épiderme. Voici pourquoi la croûte prend la forme d’un godet. Les spores du parasite se développent entre les couches de l'épiderme, à l'orifice, en forme d’entonnoir, du follicule pileux. A mesure que le champignon augmente de volume, il soulève la couche superficielle située à la périphérie du disque, tandis qu’au centre, là où l’épiderme est en contact avec le cheveu et par conséquent immobile, il se forme une dépression. Rien n’empêche le champignon de comprimer et de refouler la peau sous-jacente, et d’v produire une dépression.
Quand on ne fait rien pour arrêter la marche de la maladie, celle-ci envahit une grande partie du cuir chevelu. Les croûtes augmentent de volume, pâlissent et finalement deviennent friables, se fendillent et tombent par morceaux. — La pression qu’elles exercent produit l’atrophie de la racine des cheveux; il en résulte des plaques dépourvues de cheveux, d'un rouge foncé, comme cicatricielles.
Fox. — 79 — 40