FA VUS
Après une attaque grave de l'avus, les cheveux ne repoussent jamais aussi abondants qu’auparavant; ils sont clairsemés, raides et en forme de tire-bouchon.
Les caractères de la maladie varient suivant son siège. Le médecin n’a pas souvent l’occasion de la voir à son début, mais seulement lorsque, par suite d’ignorance ou de négligence, elle est déjà assez avancée.
Le fcivits du corps n’est pas aussi grave que celui de la tête. 11 n’est pas caractérisé par de grandes croûtes friables et il est plus facile à traiter, puisque les follicules de la peau ne sont pas si profondément situés et que les spores sont plus près de la surface. Les plaques circulaires, rouges et squameuses qui précèdent le développement des croûtes ressemblent à celles du trichopyton et sont faciles à étudier. Quelquefois le favus existe sur le cuir chevelu et sur la peau; mais dans un grand nombre de cas de favus du corps que j’ai observés, le cuir chevelu n’était pas atteint. On a cité des cas, dans lesquels le champignon s’était développé sous les ongles: ce qui n’est pas étonnant, puisque, l’éruption sur le cuir chevelu étant accompagnée de démangeaisons, les malades ont une tendance naturelle à se gratter.
Le favus atteint principalement les enfants, mais peut, s’il n’est pas convenablement traité, persister jusqu’à l’âge adulte. C’est une affection rare aux États-Unis, en comparaison de quelques parties de l’Europe. Elle est contagieuse et se transmet directement d’un individu à un autre, spécialement. dans les écoles, et dans les établissements oû les enfants sont nombreux. Quoique ce soit une maladie locale, le favus se développe plus facilement chez ceux, qui sont affaiblis et qui vivent dans de mauvaises conditions hygiéniques. Les petits animaux domestiques sont souvent atteints de favus. Aussi, lorsque cette affection se manifeste dans une famille, faul-il examiner avec soin les chiens et les chats de la maison. Les souris sont très sujettes au favus; elles le transmettent à l’homme par l’intermédiaire des chats. Lorsqu’il se développe spontanément, il est probable que les spores ont été transportés et déposés sur les parties malades par l’air. Lorsque le favus du cuir chevelu est bien caractérisé, il exhale une odeur particulière, que l’on a comparée à celle de la souris. Je trouve au contraire, pour ma part, que rôdeur ressemble plutôt à celle d’une ménagerie mal tenue.
Le traitement est simple, mais long, si l’affection est étendue. Quand elle se développe sur la peau, il faut, avant d’y appliquer un parasilicide, faire tomber les croûtes. Quelques semaines suffisent pour la guérison. Sur le cuir chevelu, les spores du parasite ayant envahi la partie profonde des follicules, les applications superficielles sont inutiles, à moins, que l’on. n’ait préalablement arraché les cheveux. Oh doit épiler toutes les parties malades, ef, dans les cas rebelles, répéter cette opération plusieurs fois. Apres l’épilation, on applique sur le cuir chevelu, plusieurs. fois par jour, une lotion au sublimé corrosif à 1 p. 100, ou une pommade à l’acide chrysophanique à , 3 p. 400; on continue ce traitement jusqu’à ce que les cheveux recommencent à pousser d’une manière normale. On ne peut affirmer que la maladie est guérie, sans avoir arraché quelques-uns des jeunes icheveux, sur différentes parties du
cuif chëvelu, et sans les avoir examinés au microscope.
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KERION
Les maladies de la peau.
Planche XL1.
RÉR10N
Synonymie. — Tinen Kérion, Trichophytie circinée (Hardy).
Observation. — D. M., la ans. Le malade était au dispensaire de New-York. C'était un garçon de petite taille, pâle, d’aspect strumeux. A Page de 4 ans, il eut un abcès de l’aisselle, qui suppura pendant plus d’un an La maladie, dont il est maintenant atteint, débuta, il y a six mois, par des furoncles qui ne suppurèrent pas, mais qui produisirent une alopécie circonscrite. La première fois que je le vis, le sommet de la tète était le siège d’un certain nombre de tubercules du volume de la moitié d’une bille, réunis en groupes ou plutôt empilés les uns sur les autres, de manière à former une grosse tumeur bosselée. La partie la plus élevée du cuir chevelu était dépourvue de cheveux et présentait une coloration rouge foncé ou violacé. Au dire du malade, les cheveux n’avaient pas été arrachés, quoiqu’il y eût une bande blanchâtre dépourvue de cheveux, en avant de la partie supérieure ou antérieure, la plus ancienne delà plaque. Les cheveux qui se trouvaient sur le bord postérieur et entre les tumeurs étaient enduits d’une matière gluante qui exsudait des follicules. Le sommet de chaque tumeur était sec, lisse, dépourvu de cheveux, et ressemblait à un abcès superficiel à parois très minces. Les tumeurs étaient un peu molles, aussi paraissaient-elles contenir du pus ou un liquide quelconque. On ponctionna une de ces tumeurs, mais il n’en sortit qu’une goutte de sérosité sanguinolente. Plus tard, quand le malade fut présenté à la Société dermatologique de New-York, un chirurgien déclara que les tumeurs contenaient du pus, et en incisa une. 11 ne s’en échappa qu’une petite quantité de sang et de sérosité. Sur d’autres parties du cuir chevelu, il y avait encore quelques plaques du volume d’un pois, dépourvues de cheveux; elles avaient été autrefois le siège de tumeurs. On crut que la maladie était d’origine parasitaire, mais au moment de faire la photographie, un examen microscopique ne permit pas de découvrir des champignons.
Comme traitement, on prescrivit l’huile de foie de morue et le sirop d’iodure de fer, et l’on pratiqua l’épilation au niveau et autour de la grande plaque saillante. Quinze jours après, une portion circulaire du cuir chevelu située à droite de la partie que l’on avait épilée devint le siège de phénomènes inflammatoires, acompagnés de douleurs lancinantes. Pendant trois jours, cette plaque s’agrandit, mais les douleurs se calmèrent. Le 18 décembre, la partie épilée était moins rouge, les tumeurs avaient presque disparu ; mais on y sentait encore un peu de fluctuation profonde. Avec un trocart fin on évacua une petite quantité de sang et de sérum. La partie enflammée était saillante, grande comme la moitié d’un dollar; son bord était nettement défini, sa surface rouge, parsemée d’une ou deux pustules et de quelques croûtes. L’exsudât avait cessé de se produire, et la douleur avait disparu. Les cheveux se laissaient facilement arracher. Leurs bulbes étaient légèrement tuméfiés, et, dans quelques cas, les racines adhéraient à leur gaine. On ordonna à la mère de l’enfant de continuer l’épilation, ce qu’elle fit, quoique d’une manière fort peu satisfaisante; aussi la guérison se fit-elle attendre. Au mois de février, le cuir chevelu était presque guéri.
Le Kérion a été décrit par la plupart des auteurs comme une forme particulière de Trichophytie (. Tinea Kérion). ,1e l’ai séparé de la Trichophytie, parce que je ne crois pas qu’il ait une origine essentiellement parasitaire. 11 est certain, cependant, que très souvent le trichophyton est la cause excitante de cette affection.
Le Kérion débute sous forme de tumeurs plus ou moins nombreuses, du volume d’un pois, rouges, empâtées et fluctuantes; elles ne suppurent, cependant, que très rarement. Le liquide contenu dans les parties profondes du derme et qui rend les tumeurs fluctuantes est de la sérosité très riche en albumine. Ce liquide se montre sous forme de gouttes visqueuses, aux orifices des follicules, surtout après la chute des cheveux. L’alopécie survient peu de temps apres le début de la maladie ; elle est limitée aux parties malades du cuir chevelu. La petite tumeur conserve indéfiniment sa teinte vio- Fox. —81 —