Elle se manifeste surtout chez l’adulte
Le traitement de la varicelle consiste en des soins judicieux et intelligents.
Les maladies de la peau.
Plancde III.
ÉRYTHÈME CIRCINÉ. ÉRYTHÈME EXFOLIÉ
ÉRYTHÈME CIRCINE
Synonymie. — Érytlième annulaire ou centrifuge (Biett).
Observation. — W. R., 34 ans, Américain. Pilote de profession. Ce malade fut présenté à la Société dermatologique de New-York, par le Dr Robert Abbé, et ensuite confié à mes soins. C’était un homme fort et puissant, et paraissant jouir d’une bonne santé. Un examen minutieux fait par le Dr Abbé ne permit de découvrir chez lui aucune trace de syphilis. 11 n’avait jamais eu d’éruption sur d’autres parties du corps, et, à part une attaque de rhumatisme peu intense, il n’avait jamais été malade. La langue était naturelle, l’appétit bon, les urines claires ; il était un peu constipé. Il raconta que, six semaines auparavant, une petite tache rouge prurigineuse s'était montrée au centre de la paume de la main gauche, et s’était agrandie depuis. Quelques jours plus tard, deux taches semblables se montrèrent sur la paume de la main droite. Déjà, six mois auparavant, le malade avait eu une éruption semblable, mais moins intense, constituée par deux ou trois taches circulaires, non saillantes, très prurigineuses, situées sur les paumes des mains. Cette première éruption n’avait pas été suivie de desquamation. Ces taches avaient disparu au bout d’un mois environ, et sans traitement. En examinant les paumes des mains, on voyait à leur centre un anneau presque circulaire, violacé. L’anneau situé dans la main gauche (à droite sur la planche) présentait un bord irrégulier ; on aurait dit qu’un ou deux petits anneaux s’étaient réunis, en grandissant, à l’anneau central. Sur la paume de la main droite, il y avait trois petites taches, en plus de l’anneau central, dont deux étaient situées près de ce dernier; la troisième sur le médius, près de sa racine. Ces taches commençaient à prendre une forme annulaire, par suite de la décoloration de leur centre. Les anneaux centraux n’étaient pas saillants quoique le Dr Abbé affirme qu’ils l’avaient été au début. Ce qu’ils présentaient de plus frappant, c’est que leur bord était double : le bord interne était violacé et indiquait évidemment le maximum d’intensité du processus pathologique, le bord externe était blanchâtre, comme si l’épiderme avait été soulevé par un vésicatoire. Les lésions ne présentaient rien de bien remarquable, particulièrement celles qui étaient à leur début. Mais la bande violacée des anneaux centraux devenait très visible, lorsqu’on étendait les doigts de façon à blanchir la peau environnante, ou lorsqu’on frottait fortement les paumes des mains, pendant quelques secondes, avec le coin d’une serviette mouillée. L’éruption était accompagnée de démangeaisons vives et intolérables, mais l’épiderme n’était pas entamé.
On adopta d’abord un traitement purement expectant, mais comme l’éruption ne montrait aucune tendance à disparaître spontanément, comme cela avait eu lieu six mois auparavant, on prescrivit tous les soirs une friction avec du savon noir, suivie de l’application d’une pommade mercurielle. Ce traitement ne parut pas produire d’effet ; deux semaines après que l’on eut fait la photographie, les anneaux continuaient de s’élargir et étaient très prurigineux; on prescrivit du sel de Seignette à l’intérieur et, comme topique, une pommade à l’acide chrysophanique ; l’éruption disparut, après une durée de six semaines.
ÉRYTHÈME EXFOLIÉ (1)
Observation. — Chas. O., 23 ans, Allemand. Portefaix de profession. Le malade avait un teint blême; mais il paraissait néanmoins fort et en bonne santé. Voici ce qu’il nous raconta : Entre 4 et f4 ans, il avait été atteint tous les étés d’une desquamation générale de la peau. Chaque attaque le forçait à garder le lit pendant cinq ou six semaines, et il se rappelle que de larges lambeaux de peau se détachaient de son corps. A la fin de chaque attaque,
(1) L'érythème exfolié diffère de l’érythème scarlatiniforme de M. Hardy en ce que, dans cette dernière affection, la desquamation est légère et furfuracée. ( Trad .)
ÉRYTHÈME CIRCINÉ. — ÉRYTHÈME EXFOLIÉ.
la peau épaisse de la piaule des pieds se détachait en deux morceaux, l’un sur le devant du pied, l’autre sous le talon. Ses quatre frères et une sœur étaient bien portants, ainsi que le malade lui-même dans l’intervalle des attaques. De l’âge de 14 à 22 ans il jouit d’une bonne santé et, à part une légère attaque à l’âge de 19 ans, son éruption ne reparut pas. Depuis six mois il en a été atteint au moins six fois, et à des intervalles si rapprochés que l’érythème réapparaissait sur le corps avant que la desquamation, résultant d'une attaque antérieure, fût terminée.
Lorsque je le vis pour la première fois (20 janvier), il me raconta que la veille, en se réveillantle matin, il s’aperçut que son corps et ses extrémités étaient rouges, comme cela arrivait habituellement au début d’une attaque. En l’examinant, je vis que le tronc, le cou, les bras et les cuisses étaient recouverts d'un érythème bien marqué. La peau des paumes des mains était sèche et rugueuse, et paraissait en voie de se détacher (résultat d’une attaque qui avait eu lieu, quelques semaines auparavant). Elle se détacha, en effet, quelque temps après, et présenta l’aspect figuré sur la planche III. A l’exception de la face, de la verge et du dos des mains, l’érythème devint général, et fut immédiatement suivi d’une desquamation de l’épiderme. Il provoqua une éruption aiguë de pityriasis sur le cuir chevelu. Le 26 janvier, l’éruption commençait à disparaître ; elle avait été plus intense que les éruptions récentes ; mais moins intense cependant que celles que le malade avait eues dans sa jeunesse.
La peau du corps présentait une teinte rouge foncée, indiquant une congestion veineuse. Sur les cuisses et les fesses, la peau était d’une couleur foncée, et, en l’examinant de près, sa surface paraissait recouverte d’une mince couche de poussière. En y passant rapidement les ongles plusieursfois de suite, on produisait des lignes blanches, semblables à des raies de craie, et qui devenaient rapidement d’un rouge vif, contrastant fortement avec la teinte livide de la peau environnante. R n’y avait pas de traces d’urticaire, et cette irritation mécanique de la peau ne réveillait pas de démangeaisons. Les genoux, étant recouverts de squames minces et adhérentes, paraissaient blanchâtres. On voyait de nombreuses plaques de pityriasis sur plusieurs parties du corps.
Le 2 mars, le malade revint avec une nouvelle éruption. L’avant-veille, il avait été bien portant; cette nuit-là il dormit bien, mais se réveilla le lendemain matin avec une rougeur générale du corps, à l’exception de la tête, des mains et des pieds. La peau était rouge et chaude. 11 se plaignait d’une sensation de brûlure, surtout au niveau des plis articulaires. 11 se sentit faible pendant toute cette journée et eut quelques nausées; mais il reposa bien pendant la nuit. Quand il vint me consulter, l’érythème était déjà en voie de pâlir comme couleur; la coloration ressemblait à celle d’un Peau-rouge, à la tache que l’acide chrysophanique produit sur la peau, ou enfin à sa chemise de tlanelle rouge, dont la couleur avait perdu son éclat par suite d’un usage prolongé ; la couleur du corps contrastait fortement avec celle de la figure qui était pâle et blême.
Le 5 mars, la rougeur avait disparu, et là oû la peau était naturellement mince, la desquamation avait commencé sur plusieurs points, sous forme de petites élévations siliqueuses de l’épiderme. De ces points comme centres, la desquamation s’étendait au loin, laissant çà et là des plaques de peau normale entourées d’une ligne blanche irrégulière d’épiderme en voie de se détacher.
Le 7 mars, les anciennes plaques de peau dénudées n’existaient plus ; mais seulement des plaques d’épiderme ancien, d’une coloration jaune brun, sales, parsemées d’élévations siliqueuses et quelques petites taches circulaires, d’oû la peau s’était détachée. Le malade se sentait bien.
ERYTHEMA