ECZÉMA UNIVERSEL
Synonymie. — Eczemata (Blancard). — Hydroa (Sauvages). — Dartre vive (Sauvages). — Herpes squamosus madidans (Alibert). — Herpes miliaris, Lichen ferox , Scabies miliaris , Crusta lactea iPlenck).
Observation. — S. J. W., âgé de 37 ans. Chez ce malade, l’éruption parut il y a cinq ans sur l’abdomen. Elle s’était graduellement étendue et pendant un an ou plus avait été générale. Partout la peau était plus ou moins rouge et épaisse, et sur les points où elle n’était pas recouverte de larges écailles comme sur les bras et les cuisses, elle était le siège d’une fine desquamation furfuracéc qu’on peut voir dans la planche V sur le dos du malade. Lorsqu’on lui ôtait ses vêtements, il en tombait une véritable pluie de fines squames. A la face interne des cuisses, dans la région axillaire et autour du cou on voyait plusieurs plaques qui, de temps à autre, devenaient humides. Ces plaques étaient le sicge de nombreuses excoriations. Les démangeaisons étaient générales et insupportables. On voyait sur la peau plusieurs variétés d’eczéma, l'E. érythémateux, humide et squameux.
On prescrivit d’abord au malade un gramme d’acétate de potasse, trois fois par jour ; de l’onguent de diachvlon fut appliqué sur les plaques humides. On lui fit prendre plus tard de l’huile de lin, conseillée par Sherwell ; un demi-litre fut appliqué sur la peau matin et soir.
Sous l’influence de ce traitement, les démangeaisons se calmèrent et la peau devintplus pâle etplus lisse. Quelques semaines plus tard le malade retourna chez lui, et depuis ce moment ne m’a pas donné de ses nouvelles.
L’eczéma est le protée (les affections de la peau. 11 se présente sous faut de formes variées qu’il peut ressembler à presque toutes les affections de la peau et être confondu avec elles. Il atteint presque toutes les parties du corps et présente certaines particularités suivant son siège, l’àge, la profession, les habitudes et l’état général du malade.
Le terme eczéma (de b et Çéw) signifie inflammation catarrhale de la peau. Une surface humide ou qui tend à devenir humide par suite de l’exsudation d’une sérosité gluante et albumineuse caractérise surtout cette affection. On prétend que l’humidité caractérise toujours cette maladie à un moment donné de son évolution. Mais l’expérience démontre que YEczéma érythémateux et VE. populeux peuvent toujours rester secs. Cependant, même ces formes ont une tendance à devenir humides sous l’influence de la moindre irritation locale, et assez souvent, quand l’éruption est très étendue, il existe çà et là des plaques humides quand partout ailleurs l’éruption reste sèche. Souvent les malades viendront vous dire que leur eczéma, qui est à son déclin, au moment où ils viennent vous consulter, a toujours été sec; l’épaississement de la peau paraît alors être dû à une hyperplasie cellulaire ou à quelque autre cause qu’à une infiltration de la peau par un liquide séreux. Si l’on frictionne la peau en voie de desquamation avec du savon ou un morceau d’étoffe rugueuse, on le détache facilement, et la nature catarrhale de la plaque est révélée par l’apparition de gouttelettes de sérosité à la surface du derme en partie mis à nu. C’est cette exsudation à la surface de la peau qui distingue l’eczéma de l’inflammation simple ou dermite.
L’abondance de l’exsudât est variable. Il est quelquefois assez faible pour ne pas être perceptible à la surface; d’autres fois, au contraire, il est si abondant que l’épiderme disparaît et laisse à nu une surface lisse, rouge et humide. Ses caractères varient aussi. Quelquefois il est plastique et, étant retenu dans les mailles de la peau, y produit un développement de papules, une infiltration et un durcissement du tissu cellulaire sous-cutané. Dans d’autres cas il traverse la couche de Malpighi et soulève Fox. — 0 — 5