XI.I et XL1L
(1) Capitol., M. Aurel ., VI.
(2) Dio, LXIX, i5.
(3) BHPICCIMOC KAICAR; Vaillant, Numismat. Grcec., LVJÜ.
fl] f
C„„. V. le nom de Marc-Aurele. On remarqua en lui dès l’enfance une «"afîlail gravité qui frappoit tous les yeux, et qui justifioit les faveurs que adoptive. }u[ prodiguoit Hadrien. A l’âge de six ans il lui donna un cheval xu et xni. . qevQ|t <qre entretenu par le fisc (c’étoit une distinction remarquable), et, à huit ans, il l’associa au college des Saliens '. Il n’en avoit que quinze lorsque la mort imprévue du César Aelius l’approcha du trône, au moment où il venoit de prendre la toge virile.
Mais ces honneurs prématurés ne détournèrent pas Marc- Vurelc des graves études auxquelles il se livroit entièrement, sous la direction des hommes les plus célébrés de son siecle. Malgré la foiblesse de sa constitution on le voyoit s’appliquer avec une égale ardeur à l’étude des lettres grecques et latines, de l’éloquence, de la jurisprudence, et de la philosophie . Il adopta dès l’âge de douze ans le costume des stoïciens (le manteau des Grecs), et leur coutume de coucher sur la dure; à peine sa mere put-elle obtenir qu’il plaçât quelques peaux sous son corps. Les historiens ont conservé quelques uns des détails de sa jeunesse; mais on en trouve un plus grand nombre dans ses Réflexions morales, écrites en grec, qui sont un recueil précieux de pensées et de maximes philosophiques,
L’an 1 38 (891 de Rome) Antonin fut désigné, par Hadrien mourant, pour lui succéder; mais, comme il n’avoit point d’enfants, il adopta, par ordre de l’empereur, Lucius Commodus et Marc-Aurele, quiétoit âgé de dix-huit ans. Celui-ci fut nommé César et questeur l’année suivante, i3g; c’est aussi de cette année que datent ses premières médailles3. Antonin le nomma consul, le revêtit de tout l’éclat de la pourpre, lui donna con-
(1) Capitol. , IV. (2) Ibid., II. (3) Eckhel, D. N. V., VII, 44-
FAMILLE D’ANTONIN-PIE
noissance de toutes les affaires pour le former au gouvernement , chav. v. et se l’attacha si intimement que, pendant les vingt-trois années du régné de ce prince, Marc-Aurele ne passa que deux nuits adoi1,ive' éloigné de lui. Il lui avoit fait épouser, vers l’an 1465 sa fille Faustine (appelée la jeune, relativement à sa mere, épouse d’Antonin)
Enfin, l’an 161 (gi3 de R.ome), mourut Antonin, après avoir déclaré devant les préfets du prétoire Marc-Aurele son successeur, et après avoir recommandé à celui-ci l’empire et sa fille. Sur-le-champ le sénat contraignit ce prince à prendre les rênes du gouvernement, sans faire mention de Lucius Commodus (depuis Lucius Verus), qui étoit, ainsi que Marc-Aurele, fils adoptif d’Antonin. En cela le sénat sembloit suivre les intentions présumées du feu empereur, qui, frappé des défauts de son second fils adoptif, l’avoit laissé dans l’obscurité, sans lui donner même le nom de César. Mais Marc-Aurele se hâta de déclarer ce prince Auguste, son collègue dans la puissance souveraine, et de lui donner le nom de Verus, comme s’il l’eût adopté eu lui promettant pour épouse sa fille Lucille. De sorte que l’on vit pour la première fois deux Augustes régner ensemble. Ils se trouvèrent aussi consuls tous les deux; aussi désignat-on cette année par le consulat des deux Augustes; quelques uns même firent de ce consulat le commencement d’une nouvelle ere.
Dion2 donne pour motif de l’élévation de Lucius Verus le dessein qu’ avoit Marc-Aurele de mettre à la tête des armées un prince dont la santé étoit plus robuste que la sienne, et de pouvoir ainsi continuer ses études littéraires et philosophiques. En
(1) Capitol., VJ. (?.) Lib. LXXI, i.
ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II
v. effet son avènement à l’empire ne l’empêcha pas de fréquenter ;f"“ les écoles des rhéteurs les plus éloquents et des plus céleadopi‘ve. bres philosophes, principalement celles des stoïciens, dont il