‹ Iconographie romaine (volume 2)Chapitre 14 sur 45 · ET CRISPINE SON ÉPOUSE · texte numérisé non relu

ET CRISPINE SON ÉPOUSE

On ne peut mieux faire connoitre l’indigne successeur de Marc- Aurele qu’en disant, d’après l’opinion générale, que Faustiue l’avoit conçu dans les bras d’un gladiateur1. Aussi l’empereur Julien3, qui donne à entendre que Marc-Aurele connoissoit la vie licencieuse de son épouse, de même que, selon Dion4, il paroissoit prévoir la facilité avec laquelle son fils suivroit les plus mauvais conseils, lui reprocbe-t-il «de n’avoir point été «touché des maux dont l’empire étoit menacé; de n’avoir pas « placé au gouvernail un gendre habile et vertueux ( Pompeianus , « époux de Lucille ) qui eût réglé la conduite de son fils bien mieux que ce jeune homme ne l’eût fait lui-même. «

Dion5 nous a transmis les nomset les titres que prenoit dans les dernieres années de sa vie Commode, lorsqu’il écrivoitau sénat :

IMl’ERATOR CAESAH LUCIUS AELIUS AURELIUS COMMODUS, AUGUSTUS , PIUS, FELIX , SARMATICUS , GERMANICUS MAX1MUS , BRITAJÏNICUS , PA- CATOR ORBIS TERRARUM, INVICTUS , HERCULES ROMANUS , PONTIFEX

maximus... pater PATRiÆ..., etc. Il prit et quitta plusieurs fois ces différents noms; il est quelquefois appelé Marcus au lieu de

(1) Dans cet article, je suivrai particulièrement Dion , parcequ’il dit lui-même (LXXII,iv, 23) qu’il écrivoit les faits dont il étoit témoin; et parceque, étant sénateur, il accompagnoit souvent l’empereur.

(2) Capitol., in M. Aurel . , XIX.

(3) Cœsar. , I, p. 3 12.

(4) Lib. LXXII , 1.

(5) Lib. LXXII, i5.

FAMILLE D’ANTONIN-PIE

Lucius; et, après la mort de son pere, il porta pendant quelque temps celui d’Antonin.

Commode naquit l’an 161 (914 de Rome), à Lanuvium (Città Indovina), sur la voie Appienne, dans le Latium, lieu de la naissance de son grand-pere Antonin. Malgré les justes reproches que l’on pouvoit adresser à Faustine jeune, sa mere, sur la dépravation de ses mœurs, Marc-Aurele sembla ne voir dans cet enfant que le petit-fils de son bienfaiteur. Il lui prodigua les caresses, le présenta souvent aux soldats en le portant dans ses bras; et il lui donna pour maîtres et instituteurs les hommes les plus savants et les plus vertueux de l’empire. «Mais, dit Lam- «pride1, tant de maîtres ne lui furent d’aucune utilité: tant est «puissante la force du caractère , ou tant est foible l’influence de « ceux qui portent à la cour le titre d’instituteurs ! » Marc-Aurele le créa César, à la priere de Lucius Verus, l’an 166, et le plaça dans son char, lorsqu’il triompha des Partlies avec son collègue. Quand il partit, en 170, pour aller faire la guerre aux Germains, il le laissa à Rome, sous la garde de Pitliolaus et sous la surveillance du célébré médecin Galien. Il lui donna le titre de Germanique, que le sénat avoit accordé à lui-même l’an 175 ; et il le fit venir auprès de lui dans la Germanie, pour qu’il reçût de ses mains la toge virile. Commode fut investi en même temps de la puissance tribunitienne , que le sénat avoit demandée pour lui. Il put être témoin cette année de la mort de sa mère; car il avoit suivi avec elle Marc-Aurele dans l’Orient.

L’empereur, revenu à Rome à la fin de 176, avec Commode, lui fit partager les honneurs du ti’iomphe pour les victoires remportées sur les Germains et les Sarmates; quoiqu’il ne fût que

Cfiap. V.

Antonin-Pie et sa famille adoptive.

PI. XLIV

(1) Lib. 1,12.

ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. IT.

César, il le décora du litre d’ lmperalor, d’Auguste, et le désigna consul pour l’année suivante, malgré sa grande jeunesse, car il avoit à peine atteint sa seizième année, et jamais on n’avoit vu de consul si peu âgé. Les titres et les dignités que Marc-Aurele accumuloit sur la tête de son fds, et le soin qu’il prit de lui faire épouser, l’an 177, avant son départ pour la Germanie, Crispine, fille d’un consulaire, sembloient annoncer les funestes pressentiments que lui inspiroit la l’oiblesse de sa santé. Mais l’esprit d’économie qui guidoit toujours Marc-Aurele parut dans ce mariage, «lequel, dit Capitolin', fut célébré comme ceux des sim- «ples citoyens; l’empereur fit seulement quelques largesses au « peuple. »

L’année 1 80 (q33 de Rome) mit le comble aux vœux de Commode; elle vit mourir Marc-A urele, soit de la maladie contagieuse qui affligeoit l’armée, soit (comme l’assure Dion1, qui avoit pu l’apprendre des contemporains de ce prince) «du poi- « son que lui donnèrent des médecins pour plaire à son fds. Lors- « que ce vertueux prince sentit sa fin approcher, il recommanda « Commode aux soldats, ne voulant pas laisser croire qu’il avoit «été précipité dans la tombe par ce fils dénaturé. » Zonare et Cedrenus rapportent et adoptent l’opinion de Dion; mais la mort de Marc-Aurele fut naturelle, si l’on en croit Capitolin, Eutrope, les deux Victors, et Hérodien.

L’historien de la vie de Marc-Aurele ne charge point d’un parricide la mémoire de Commode J; et, en cela, son autorité est d’un grand poids, car il nous apprend d’ailleurs que, deux jours avant de mourir, l’empereur fit à son fds, en présence de ses amis, l’application du mot de Philippe à Alexandre, «La

(1) M. ^ure/., XXVII. (2) Lib. LXXI , 33, 34- (3) In M. Aurel., XXVII et XXVIII.

FAMILLE D’ANTONLN-PIE. ,,3

« Macédoine ne peut te contenir ; « c’est-à-dire l’univers ne suffira pas à tes prodigalités... « Car, ajoute l’historien, il en avoit une «mauvaise opinion; et il dit ensuite qu’il ne regrettoit point la «vie, parcequ’elle étoit empoisonnée par la vue des dérégle- « ments de son fils. Déjà, en effet, celui-ci s’étoit montré cruel , et «s etoit couvert de honte.» Dès le commencement de sa maladie, il avoit recommande à Commode de terminer en personne la guerre contre les Germains, cpii étaient réduits aux dernieres extrémités. Mais celui-ci n’y ayant pas consenti, il lui conseilla de différer au moins son départ de quelques jours, afin qu’il parut ne pas trahir les intérêts de l’empire en combattant encore quelque temps, après la mort de son pere, contre les barbares, et en montrant quelque désir de terminer la guerre.

Marc-Aurele mourut dans le mois de mars de l’an i8o, et Commode étoit déjà rentré dans Rome au mois d’octobre de la même année'. Il suivit les conseils des valets qui formoient sa société habituelle, et qui lui peignoient la capitale comme le séjour des plaisirs , plutôt que les sages avis de son pere mourant. A peine lui avoit-il rendu les derniers devoirs, avoit-il harangué les troupes, et fait aux soldats les largesses qu’ils étaient accoutumés à recevoir des nouveaux empereurs, que, dans le conseil, il proposa de retourner à Rome, «de crainte, disoit-il, cpie quel- « qu’un ne se fît déclarer empereur’.» Mais Pompeianus, son beau-frere, lui fit voir qu il n y avoit aucun fondement à ses craintes, et qu d seroit honteux pour lui de quitter la Germanie sans avoir terminé la guerre. Commode parut se rendre à ses représentations. Cependant il se hâta d’accorder aux barbares une paix qu’ils sollicitèrent, bien assurés quelle étoit autant

Chap. V.

Antonin-Pi et sa famill adoptive.

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(i) Lamprid., XII. (2) Herod., I, 12, i3.

ix4 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Pabt. II.

cm,., v. l’objet de ses vœux que des leurs. Arrivé à Rome, il triompha des Antomn-Pie Germains , et fut accueilli parles vœux des citoyens, qui u’at- «doptive. tendoient rien que d’heureux d’un fils de Marc-Aurele.

Combien ces vœux furent trompés ! Commode, en partant de la Germanie, avoit éloigné de sa cour les graves personnages auxquels Marc-Aurele avoit confié une surveillance nécessaire sur la conduite de son fils. Son discours au sénat fut rempli d inepties 1 ; son triomphe fut souillé parla présence du compagnon de ses débauches, qu’il fit monter dans son char, et auquel il prodigua les caresses pendant la marche triomphale. Il vérifia les prédictions funestes de sou pere : celui-ci assuroit que Commode feroit revivre en sa personne Caligula, Néron, et Domitien\ Comme le second, il mettoit sa gloire à être un robuste gladiateur, un habile cocher; et il eut envie de brûler Rome, a laquelle il avoit donné son nom, pour la repeupler avec une colonie qui l’auroit porté à juste titre. Digne émule de Caligula, il entretint avec sa sœur Lucille un commerce public; il rassembla auprès de lui trois cents courtisanes, avec trois cents jeunes débauchés : la demeure, à jamais respectable, des Antonins devint le théâtre des vices les plus horribles. Semblable à Domitien, il s’abreuva du sang le plus noble ; il fit mourir les sénateurs les plus estimables, Lucille sa sœur, son épouse Crispine, Burrhus, son beau-frère, et presque toute sa famille. Comme l’odieux fils de Vespasien, on le voyoit entouré de courtisanes, de libertins, d’hommes infâmes, et de vils gladiateurs, et prendre avec eux ses repas dans les cabarets, après avoir consumé les nuits à se prostituer dans les lieux de débauche.

J’ai montré plus haut Lucille partageant les goûts honteux de

(i) Dio, LXXII, 4, Lamprid., III. (2) Capitol., M. Aurel , XXVIII.

FAMILLE D’ANTONIN-PIE. „5

Commode; et cependant Lampride donne pour motif à la conspiration qu’elle trama contre lui, l’an i83, l’aversion que lui inspiroient ses débauches et ses cruautés. Dion ' fait connoître un autre motif, plus conforme au caractère de cette princesse : elle voulut faire régner un jeune Pompeianus son beau-fils; mais elle cacha cette conspiration à Pompeianus son mari, qui étoit attaché à Commode par respect pour Marc-Aurele, et que ses principes séveres auroient détourné d’un crime3. Elle étoit d’ailleurs jalouse des honneurs que l’on rendoit à l’impératrice Crispine. Lejeune conjuré attendit l’empereur dans un passage obscur qui conduisoit à l’amphithéâtre, et, lui montrant son poignard, «Voici, lui dit-il, ce que le sénat t’envoie.» Il hésita à frapper, et il donna aux gardes le temps de l’arrêter. Ammien Marcellin ', qui n’écrivoit que dans le quatrième siecle, dit seul que Commode fut blessé par un conjuré, qu’il appelle Quintianus, comme Hérodien. L’empereur relégua Lucille dans File de Caprée, où elle trouva l’impératrice Crispine, que son époux y avoit exilée pour la punir de ses débauches4; et, dans la même année, toutes les deux y périrent par son ordre.

Commode, effrayé par les menaces de Pompeianus, conçut une haine implacable contre les sénateurs : il en fit mourir un grand nombre. Il n’épargna pas même ceux à cpii il abandonnoit les rênes de l’empire, pendant qu’il ne s’occupoit que de ses honteux plaisirs. Les Romains éprouvèrent sous son régné les plus grands désastres, les maladies contagieuses et la famine; un violent incendie détruisit une partie de leur ville; le feu du ciel consuma le temple delà Paix et les trésors des particuliers, qui les y déposoient depuis long-temps. Les peuples tributaires

(1) Lib. LXXII , 4. (3) Lib. XXiX, 1.

(2) Herod.,1,20. (4) Lamprid.,V. f

Chat. V.

Antonin-Pie et sa famille adoptive.

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ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. IL

se révoltèrent, et ne cédèrent qu’à l’habileté des généraux, Sévère, Niger, Albin, et Pertinax.

Cependant Commode s’amusoit à changer les noms des mois et à leur donner les siens, à tuer des bêtes dans les amphithéâtres, à lutter avec des gladiateurs. 11 avoit formé le honteux dessein de paroitre en public, le premier jour de l’an 193, sous le double costume de consul et de gladiateur, entouré de cette vile espece d’hommes auxquels il devoit se réunir lui-même à cet effet'. Sa concubine Marcia, ainsi que le préfet du prétoire, et son chambellan, à qui il communiqua ce projet, tentèrent sans succès de l’en détourner. Quelques heures après, uu de ces enfants qui ser voient de jouets aux riches et aux grands de Rome fut rencontré par Marcia tenant des tablettes sur lesquelles Commode avoit écrit les noms de ceux qu’il devoit faire tuer la nuit suivante, pour s’emparer de leurs biens et pour réparer ses prodigalités insensées. Marcia prit les tablettes et y lut son nom, celui des principaux sénateurs, des grands dignitaires, et des derniers amis de Marc-Aurele. Elle les en avertit, et résolut avec eux de prévenir le tyran en lui ôtant la vie. Ils employèrent à ce dessein le poison, qu’il rejeta en menaçant les auteurs de cet attentat; mais un atblcte fort et vigoureux, qu’ils avoient gagné à prix d’argent, l’étrangla. On emporta secrètement son corps, que l’on déposa dans un tombeau isolé. Ainsi périt, comme Domitien, qu’il avoit imité, le fils de Marc-Aurele, âgé de trente et un ans, après un régné de douze. Le sénat et le peuple voulurent traîner ses restes dans le Tibre; mais Pertinax, reconnu empereur, les fit transporter du lieu où il les avoit fait cacher dans le tombeau d’Hadrien. Commode

(1) Ilérod., 1 , 49-

FAMILLE D’ANTONIN-PIE

n’avoit eu qu’une épouse, Crispine, et il ue laissa point d’enfant. Avec lui s’éteiguit la famille des Aeliens et celle des Auré- Iiens.

Commode étoit grand, bien fait, extrêmement fort et adroit; il avoit les jeux brillants, le teint ardent, effet de la crapule et de l’intempérance, et les cheveux d’un blond vif, qu’il couvroit de poudre d’or, selon Lampride', pour en augmenter l’éclat*. Dans les dernieres années de sa vie, il brûloit sa barbe et ses cheveux, de peur de confier sa tête à un barbier.

Autant ses médailles sont abondantes, autant ses portraits en marbre sont rares; parceque le sénat fit briser ses statues, et effacer son nom sur les inscriptions. On voit ici , sous les n° i et 2 de la planche XLIV, la face et le profil d’un portrait de Commode jeune, qui est conservé au Capitole. Le médaillon de bronze du n° 3 prouve la ressemblance. La tête, jeune, sans barbe, est couronnée de laurier: légende, L,ucius A VRELjmj COMMODVS AV G ustus G5L¥\ManicusSkKM.aticusrYT{ribunitiœVotestatisWlY. Revers : légende, IMPerator II • COS • ( consul ) II • P ater Vatriœ; type, une femme debout, sous un arbre, présentant de la nourriture à un serpent que tient Hygiée (déesse de la santé) debout sur une table: une guirlande est placée sur cette table, un oiseau l’est au-dessous. Ce médaillon est de l’an 17g (g3a de Rome); Commode étoit âgé de dix-huit ans.

Le buste dont on voit la face et le profil sous les n° 4 et 5 est conservé dans le musée royal (n° 126). Il représente Commode tel qu’il paroît sur les médailles des dernieres années de sa vie, avec les cheveux frisés, la barbe épaisse, et avec cet air effaré qui annonçoit un prince abandonné à tous les vices. Le beau

(1) Cap. XVII. cet éclat n’étoit point factice.

(2) Iiérodien (liv. I, c. 18) croit que (3) Il manque une unité dans la gravure.

Chai*. V.

Antonin-Pie et sa famille adoptive.

PI. XLIV

N° i, 2 , et 3

N* 4, 5, et 7

Chap. V.

Antonin-Pic Pt sa famille adoptive.

PI. XLIV

PI. XLV

1 18 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

médaillon de bronze du n° 7, frappé en 192, année de sa mort, prouve la ressemblance du buste. On voit sur ce médaillon les têtes accolées de Commode et de sa concubine Marcia, qui le suivoit toujours avec le costume des Amazones : l’empereur est couronné de laurier ; un casque couvre la tête de Marcia : on lit autour des deux têtes , L ucius AELIVS AVRELIVS COMMODVS AVG ustus PIVS FEL ix. Revers : une femme assise, tenant la haste de la main gauche et tendant la droite à un enfant; légende, P ontifex M aximus TR ribunitiœ Votcstatis XVII • IM- P erator VIII • COS • ( consul ) VII • P ater P atrice.

La pierre gravée du 11° 6 est une de ces précieuses antiques dont nous devons la conservation pendant les ténèbres du moyen âge, soit a la piété des chrétiens, qui les honorèrent comme des monuments religieux, soit à l’emploi que l’on en fit pour des usages auxquels elles n’avoient pas été destinées. On croit que celle-ci a servi de cachet à l’empereur Charlemagne; elle est conservée dans le cabinet du roi. Autour du buste de Commode, qui est ajusté avec une partie du paludamentum , se lisent ces mots, gravés probablement sous le régné et par l’ordre de Charlemagne, f XPE PR O TE G C CAROLVM REG.

Crispine, épouse de Commode, dont l’histoire n’a conservé d’autres souvenirs que celui de son mariage avec Commode l’an 178 , et celui de sa mort arrivée l’an i83 ou le suivant, étoit fille d’un vénérable consulaire appelé Brutius Præsens'. Elle se crut autorisée, par la vie licencieuse de son mari, à souiller la couche impériale; mais celui-ci, plus humilié qu’offensé, la relégua dans l’ile de Caprée, où ilia fit mourir bientôt après2.

(1) Dio. LXXI, 33. (a) Ibid., LXXII, 4.

FAMILLE D’ANTONIN-PIE

iig

Quoique Crispine ait porté pendant cinq ans le titre d’impératrice , ses portraits sont fort, rares, à cause de la haine qne Commode avoit conçue pour sa mémoire, ou à cause de celle que le sénat et le peuple vouèrent à son criminel époux. Aussi les portraits qui, dans diverses collections, lui sont attribués, sont fort douteux. Mais le musée royal renferme une tête de bronze, dessinée ici planche XLV, sous les n 1 et 2 , dont les traits sont les mêmes que ceux des têtes gravées sur les médaillons de Crispine. On l’a trouvée àLyon , dans les fondations d’une des deux égbses qui étoient placées auprès delà cathédrale. La médaille d’argent du 11" 3 présente la tête de l’épouse de Commode, avec la légende CRISPINA • AVGUSTA. Revers : un autel allumé, avec la légende DIS • CONIYGALIBVS. Sa tête paroît aussi sur un beau médaillon de bronze du n° 4 ; mais en regard avec celle de son époux, et avec la légende CRISPINA AVG usta IMP erator COMMODES AYG ustus GERMarazeutf SARMatzcuv. Revers : CONCORDIA; la Concorde assise , tenant de la main droite une patere ; son bras gauche est appuyé sur une petite figure qui est placée sur un cippe auprès duquel on voit une corne d’abondance.

CuAP. V.

Antonin-Pie et sa famille adoptive.

PI. XLV

[° 1 , 2, 3, et 4.

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