SEPTIME SEVERE ET SA FAMILLE
pi. xlvii, oévf.re ' et son fils Caracalla portèrent à la constitution de l’empire des coups mortels. Le second accorda le nom et les droits de citoyen romain à tous les prétoriens, et, par une suite nécessaire, la faculté d’être sénateurs, comme l’empereur Claude les avoit accordés aux Gaulois, parmi lesquels il étoit né. Zonare décrit ainsi cette dérogation aux anciens usages : «Les empereurs «clioisissoient, pour former leur garde, des Italiens et des sujets «de l’empire nés dans diverses contrées, dont l’aspect étoit plus «doux et les mœurs ctoient moins farouches; mais Sévere, au «mépris de l’ancienne discipline, remplit la capitale de soldats «dont le regard étoit terrible, le langage effrayant, et les ma- « nieres étrangères à toute civilisation.» Il punit à la vérité et il châtia les prétoriens; mais, en introduisant les barbares dans leurs rangs, il détruisit l’esprit national de la milice romaine; de sorte que, de même qu’Hadrien prépara les régnés heureux qui suivirent le sien, en réformant cette milice déjà corrompue, de même les largesses immodérées de Commode, de Sévere, et de Caracalla, la corrompirent de nouveau, et causèrent tous les maux qui accablèrent l’empire jusqu’à Constantin.
(|*) Mes guides, dans ce chapitre, ont été, comme dans le précédent, les memes que ceux du chapitre V.
(1) On le nomme ordinairement sans
prénom , pour le distinguer d’Alexandre Sévere , un de ses successeurs , que l’on appelle par son prénom seul.
(2) lib. XII, 8.
L’anéantissement de Byzance, de cette ville punie pour avoir été fidele à Pescennius, par les souffrances de trois années d’un siège rigoureux , par la destruction de ses fortifications extraordinaires, et par la privation de tous les droits politiques, ouvrit l’empire romain aux barbares du nord'. Quoiqu’il se soit écoulé plusieurs siècles depuis cette fatale imprudence de Sévere jusqu’à la cbute de l’empire , le judicieux Montesquieu 2 n’hésite pas à voir dans le premier événement une des causes du second. Le même empereur y contribua d’une maniéré plus sensible , en forçant par ses proscriptions sanguinaires les soldats qui avoient combattu pour Pescennius à se retirer chez les Parthes, à qui ils apprirent à manier les ai’ines romaines , à les fabriquer même ; de sorte que ce peuple devint agresseur redoutable, tandis que jusque-là il n’avoit su que se défendre en fuyant.
En adoptant Lucius Verus, l’an 161, Marc-Aurele lui donna le titre d’Auguste, et partagea le trône avec lui. Le respect de celui-ci pour son pere adoptif, et son indolence naturelle, empêchèrent que le partage de l’autorité fût réel et entier. Il ne s’ensuivit aucun des inconvénients que l’on pouvoit prévoir. Sévere fit plus, il créa empereurs ses deux fils; de sorte que l’on vit pour la première fois trois Augustes : mais la mort de Sévere et le meurtre de Géta, qui suivirent de près cette association à l’empire, empêchèrent de sentir combien elle étoit impolitique.
( 1 ) Dio, LXXIV, 1 4- (2) Considérations sur les causes de la grandeur des Romains , etc.
Chai\ VII.
Septime Sévere et sa famille.
PI. XLVII , LXVIII, etXLIX.
Ch ap. VII.
ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.
Septime Sévere et sa famille.
Flanelles XRVII et XLVN1.
§. i. SÉVERE,