CAR AC ALLA
ET PLAUTILLE SOK ÉPOUSE.
Des trois choses que Septime Sévere avoit recommandées en mourant à ses fils, Caracalla n’exécuta que les deux dernières, mais il les exécuta dans toute leur étendue: «Soyez unis; enri-
(1) Doctr. Num. Fet.,\U, 198. (a) InCarac.,X.
Ctup. VII.
Septime Sévereet sa famille.
Planches XLVIIet XLVIII.
N’ 1 , 2 , et /{•
ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.
Ch \i'. vu, «chissez les militaires, et méprisez vos autres sujets1.» Il épuisa Sepume Severc plusicurs fois |e trésor public pour faire d’immenses largesses pi. sus, aux soldats, espérant qu’ils ne chercheroient point à venger le meurtre de Géta. Il leur permit aussi de se marier; ce qui détruisit l’esprit militaire, et prépara les désastres des régnés suivants.
Le trait le plus saillant du caractère de Caracalla a été bien exprimé par Montesquieu3 : « On pourroit l’appeler non pas un «tyran, mais le destructeur des hommes. Caligula, Néron, et «Domitien, bornoient leurs cruautés dans Rome; celui-ci alloit «promener sa fureur dans tout Punivers.»
Caracalla est le nom sous lequel le fils aîné de Sévere et de Julia Domna est le plus connu; il lui fut donné à cause d’un manteau ouvert très long, bigarré de diverses couleurs, garni le plus souvent d’un capuchon semblable à celui que portent hors de leurs maisons les patriarches grecs , appelé caracalla. Cet insensé l’avoit emprunté des Gaulois , et il l’avoit fait adopter aux soldats romains. Antonin étoit encore un surnom dont son pere l’avoit décoré pour le rendre agréable au peuple. Son véritable nom étoit Rassianus; il avoit été celui de son aïeul maternel 3.
L’an 1 88 vit naître Caracalla à Lyon, dans les Gaules, dont son pere étoit gouverneur. Un empereur romain d’odieuse mémoire, Claude, avoit pris naissance dans la même ville. Si l’on en croit Spartien4, Caracalla fut dans ses jeunes ans d’une humeur douce, doué de quelques talents, agréable à sa famille et au peuple, et ne donna aucune marque de ce naturel féroce qui se développa dans un âge plus avancé. Les chrétiens attribuèrent
(1) Dio,LXXYI, i5. (3) Vict., Epitom.
(2) Grandeur des Romains, XVI. (4) InCarac.,1.
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ces heureux commencements aux bons sentiments que lui avoit inspirés sa nourrice, qui, selon Tertullien', auteur contemporain, étoit chrétienne. Pendant les deux premières années du régné de Sévere, il n’obtint aucune distinction; mais, l’an 196 ( 949 de Rome), son pere, marchant contre Albin, le créa César à Viminacium ( ville détruite aujourd’hui, et dont on voit des restes sur le Danube, près de Smendria et de Passarovitz) , et substitua à son nom barbare, Bassianus, ceux de Marcus Aurelius Antoninus. Le sénat , par l’ordre de son pere , lui permit de porter les oimements impériaux a; de là vient sans doute qu’il est désigné sur plusieurs monuments de l’an 197 par les mots destinatus imperator. Enfin, l’an 198, il fut appelé Auguste, et revêtu de la puissance tribunitienne par son pere et par les armées.
Sévere emmena dans sa derniere expédition contre les Calédoniens sa femme et ses deux fils, qui portoient comme lui le titre d’Auguste , avec les ornements impériaux. Le motif ostensible étoit le dessein d’arracher aux voluptés de Rome les jeunes princes ; mais celui qui détermina l’empereur fut la haine de Caracalla pour Géta, qui éclatoit à chaque occasion, et qu’il espéroit contenir par sa présence. Les espérances de Sévere furent bien déçues, lorsqu’il vit ce fils dénaturé attenter à la vie de son pere, et chercher à perdre Géta daus l’esprit de l’armée. Sa mort, arrivée le 4 février de l’an 21 x (964 de Rome), laissa un libre cours aux fureui’S de Caracalla. Du moment où il fut créé empereur, les flatteurs s’emparèrent de son esprit, et coi’rompirent son cœur. La fierté, la cruauté , et la colere, qui éclatoientdans toutesses actions, le rendirent l’objet de la haine géné--
Ch a p. VII.
Scptime Sévere et sa famille.
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(1) AdScap., IV. (2) Spart. , Sev., XIV.
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cha h. vii. raie. Il devint emporté, violent, léger, et changeant1. On remar- ^rrfaraiiic 6 flu0^ flue5 n,:' dans la Gaule, fils d’un pere africain et d’une mere pi. xlix. syrienne, il n’avoit aucune des bonnes qualités qui distinguoient les habitants de ces contrées; mais qu’il ctoit au contraire téméraire, aventureux, inconstant, timide comme les Gaulois; aigre, rude commeles Africains; et fourbe, artificieux comme les Syriens; enfin il agissoit en toute occasion avec emportement, comme s’il eût été en colere , et il s’étudioit à donner aux traits de son visage, que la nature avoit déjà empreints de férocité , un air farouche et sombre. Il n’aima jamais personne; et s’il témoigna de l’affection à quelques uns, ce fut à ceux qu’il haïssoit le plus et qu’il vouloit perdre.
Caracalla se bâta, après la mort de son pere, de conclure un traité de paix avec les Calédoniens. Il partit ensuite pour l’Italie avec sa mere et son frère, que les troupes l’avoient forcé de reconnoître empereur et son égal en puissance. Cette affection des troupes pour Géta suspendit pendant quelque temps les projets sanguinaires de Caracalla, et augmentèrent sa haine. Julia Domna étoit sans cesse occupée à maintenir la concorde entre ses deux enfants. Pendant le voyage, ils n’habiterent jamais la même demeure. Arrivés à Rome, ils se partagèrent le palais impérial; palais si vaste, qu’il surpassoit en étendue, dit Hérodien3, la plus grande ville du monde, la capitale exceptée. Ils voulurent même partager l’empire, et donner l’Europe avec l’Afrique à l’ainé , l’Asie avec l’Egypte au second; mais les Romains, effrayés de ce projet, témoignèrent une répugnance invincible pour la division de l’empire, qui eut lieu cependant quatre-vingts ans après, sous le régné de Dioclétien. Enfin, l’an 21a, Caracalla,
1) Dio, LXXVII, 6; Spart., 2; Herod., IV, 4*
(2) Lib. IV, i,5, etc.
FAMILLE DE SEPTIME SEYERE. ï6i
ayant invité le malheureux Géta à se rendre chez leur mere Cb4p vir pour s’y réconcilier, l’y fit poignarder par des centurions dans Septime Sévere
i l a i t 1 • • p -, et sa famille.
les bras meme de Julia ? qui fut couverte de sang et blessée à la pi.xlix. main. Dion 1 fait entendre que Caracalla fut le meurtrier; car il dit que « le fratricide n’eut pas honte de consacrer à Sérapis « l’épée avec laquelle il avoit tué son frere. »
Aussitôt que le crime fut consommé, Caracalla se réfugia dans le camp des prétoriens, accusant Géta de l’avoir forcé «à prévenir par sa mort les complots que cet infortuné auroit formés contre ses jours. Il ajouta que, devenu seul maître de l’empire , il pourroit, selon son désir le plus ardent, les combler d honneurs et de hiens ; et il augmenta d’abord de moitié la quantité de blé qu on leur distribuoit chaque jour; ensuite il leur donna à chacun a,5oo drachmes attiques 2 (environ 2,3oofr. de notie monnoie actuelle j. Ainsi fut dissipé en un seul jour, et pour faire oublier un fratricide, le trésor immense qu’avoit formé Sévere par son économie et par la confiscation des hiens de tant d’innocents immolés à son avarice. Dans le sénat, Caracalla osa avouer son crime. Il prétendit le faire excuser par l’exemple de Romulus , et pardonner, dit-on, en déifiant Géta3.
Mais il poursuivit et fit mourir tous ceux qui avoient été ou que l’on soupçonnoit d’avoir été attachés à ce prince. Les historiens s’accordent à porter à vingt mille le nombre de ces malheureux, paimi lesquels on compte le célébré jurisconsulte Papinien, préfet du prétoire, que l’empereur avoit pressé de lui composer un discours pour excuser son crime devant le peuple, et qui avoit répondu à ses pressantes sollicitations, «Il est plus «difficile d excuser un parricide que de le commettre, et c’est
(1) Lib. LXX^ II, 23. (3) Ce fait sera discuté dans la yie de
(2) Herod. , IV, 8. Géta.
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Septirae Sévere et sa famille.
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« commettre un second parricide rpie de flétrir la mémoire d’un «innocent à qui on a ôté la vie. » De ce nombre fut encore le fils de l’empereur Pertinax, qui , entendant donner à Caracalla les surnoms de Sarmatique et de Partique , y ajouta celui de Gétique, par allusion à Géta et aux Getes (les Moldaves).
Les remords, dont les furies n’étoient aux yeux des païens instruits que le symbole, vengerent l’humanité outragée, et déchirèrent l'amc du criminel que les lois ne pouvoient atteindre. Des songes affreux, des spectres ensanglantés, troublèrent son sommeil, et détruisirent sa santé; en vain immola-t-il des victimes dans les temples les plus célébrés de l’empire , en vain eut-il recours aux plus habiles magiciens , rien ne put rendre le calme à son esprit. Pour faire diversion à ses angoisses, il ne cessa, jusqu’à sa mort, de répandre le sang humain.
Saint Augustin', que sa charité pour les hérétiques doit faire comparer à Fénélon, a donué de grands éloges à l’acte solennel par lequel Caracalla déclara citoyens romains tous ses sujets de condition libre. Au premier coup d’œil on peut regarder cet acte comme le résultat d’une noble philanthropie ; mais voici comment Dion, sénateur sous Caracalla , l’a jugé. «Il dépouilla , dit-il, «tout l’univers pour enrichir les soldats, ou pour revendre ses «dépouilles... Outre les impôts qu’il créa, il exigea le dixième « ( au lieu du vingtième , que l’on payoit auparavant) des esclaves «que l’on affrancliissoit , des héritages que pouvoient recueillir «certaines personnes, et de toute espece de donation; car il « avoit aboli, et le droit d’hériter de ceux qui étoient morts in- «testats et les privilèges reconnus par les lois en faveur de ceux «qui héritoient de leurs proches parents. C’est pourquoi il ac-
(1) Civit.}\, 17.
« corda le droit de cité à tous ceux qui faisoient partie de l’em- « pire romain; en appareuce pour relever leur condition, mais « en réalité pour augmenter les profits du fisc, car les étrangers «ne payoient presque aucun de ces impôts.»
Comme il répandoit dans l’armée, avec une profusion inouie, les trésors de l’empire, Julia lui en fit des reproches, et l’assui’a qu’aucuns moyens , justes ou injustes , ne pourroient lui en faire recouvrer de nouveaux: «Soyez sans inquiétude, ma «mere, lui répondit-il; je ne manquerai jamais d’or tant que «j’aurai mon épée1.»
Aux exactions et aux cruautés de Caracalla se mcloient des actes de folie habituelle qui déceloient le dérangement de son esprit. Il avoit conçu pour Alexandre et pour tout ce qui pouvoit rappeler ce roi célébré une affection qui l’occupoit tout entier. Il avoit rempli la ville et les camps de ses statues; il avoit créé une phalange macédonienne qu’il connnandoit , revêtu d’une armure pareille à celle du héros. Il l’appeloit l’Auguste de l’Orient. Le sénat reçut un jour une lettre de Caracalla qui lui apprenoit que l’esprit d’Alexandre étoit entré dans son corps pour y vivre le nombre d’années qui lui avoient manqué. Enfin Ilérodien 2 assure qu’il avoit fait peindre des figures sur lesquelles on voyoit réunis les portraits du fils de Philippe et celui du fils de Sévere.
Cette idolâtrie ridicule pour le nom d’Alexandre ne préserva pas les habitants de la ville que ce roi avoit fondée en Egypte des fureurs de Caracalla. Cet insensé vouloit se venger des railleries que les Alexandrins, légers et enclins à médire, s’étoient permises sur ses folies, et principalement sur le meurtre de Géta3.
(i) Dio, LXXVII, 10. (2) Lib. IV, 8, 4- (3) Dio, LXXVII, 22.
Chap. VII.
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i'.jim' vu II cacha le but de son voyage , et dit qu’il avoit une grande env*e *es connoitre. Arrivé, l’an 216, dans les faubourgs, il reçut Pt xux. avec des marques de bienveillance et fit manger à sa table les principaux habitants qui étoient venus au-devant de lui avec les objets de leur culte les plus révérés. Après le repas , il leur fit ôter la vie ; ensuite, ayant ordonné aux citoyens de se renfermer dans leurs maisons, il ordonna un massacre général. Le nombre des morts lut si grand, qu’il n’osa le faire connoître au sénat, et qu’il lui écrivit seulement qu’il importoit peu de savoir leur nombre et leur qualité, parcequ’ils avoient tous mérité ce funeste sort. Il ajoutoit qu il étoit resté, pendant ce massacre, exempt de souillure dans le temple de Sérapis. Cependant il en avoit été le témoin, et il l’a voit dirigé par ses ordres, de ce temple, où il immoloit des victimes pour obtenir le calme de l’esprit et la santé, et o il il avoit consacré le glaive, instrument de son fratricide.
Caracalla avoit préludé a cette horrible trahison par celles dont furent victimes Abgare, roi de l’Osrohene, ami des Romains, et le roi de l’Arménie, Vologese. Après les avoir attirés à sa cour sous différents prétextes , il les fit charger de fers. Mais il n’obtint pas de cette perfidie tout le succès qu’il s’étoit promis; s’il s’empara de l’Osrohene, il ne put vaincre les Arméniens, et depuis ces actes de perfidie une défiance générale le rendit l’objet de la haine publique.
Macrin , préfet du prétoire, vengea l’univers irrité: il l’étoit personnellement des railleries que lui adressoit chaque jour la bête féroce de l’Ausonie (c’est ainsi qu’un oracle avoit désigné Caracalla), et des reproches qu’il lui faisoit sur sa prétendue lâcheté. Voyant éloigner de la cour, sous différents prétextes, tous ses amis, il craignit que 1 on ne cherchât à prévenir son ressentiment, il résolut de tuer le monstre. Le 8 d’avril 217,
Caracalla , allant à Carrhes, en Mésopotamie (aujourd’hui. Harram), avec un cortege peu nombreux , pour offrir des sacrifices au dieu Men (symbole de la lune dans l’Orient), descendit de cbeval ptressé par quelques besoins. A la faveur de cette circonstance, Martial, un des trois conjurés, excité par Macrin, se jeta sur lui, et le poignarda. Caracalla périt ainsi, après six ans de régné, âgé de vingt-neuf ans. Ses restes furent rapportés à Rome, et déposés dans le tombeau des Antonins. Le récit des événements qui suivirent la mort de Caracalla prouve à quel degré d’avilissement étoit tombé le sénat. «Tous les sénateurs, «dit l’historien Dion', qui en étoit un, et tous les particuliers, « hommes et femmes , le liaïssoient mortellement , de sorte qu’ils «outrageoient sa mémoire en paroles et en actions. Cependant «le sénat ne le nota pas d’infamie, pareeque les soldats, n’ob- « tenant pas sur-le-champ la paix et le repos qu’ils avoient es- «pérés, ni des largesses aussi grandes que leur en distribuoit «Antonin, le regrettèrent, et sollicitèrent son apothéose. Un «sénatus-consulte répondit à leurs vœux.» «De sorte que, dit « Spartien ’, le plus cruel des hommes, et, pour tout dire en un «seul mot, un parricide, un incestueux, l’ennemi de son pere, «de sa mere, et de son frere, fut mis au rang des dieux par «Macrin, son assassin, qui redoutoit les soldats et sur-tout les « prétoriens. »
Severe lavoit contraint à épouser Plautille, fille de son favori Plautien, cpi’il fit mourir, la première année de son régné, avec la fille dont elle l’avoit rendu pere.
Caracalla etoit dune taille médiocre, avoit un air somhre et. farouche : il affectoit de pencher la tète d’un côté , pour imiter
Ciiap. VU.
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(i) Lib. LXXVIIt.g. (2) Cap. XL
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oui.. vu. Alexandre, et de froncer ses sourcils, parcequ’on lui avoit dit sévère que par ce moyen son regard inspiroit la crainte et l’effroi. pi. xlix Les portraits de Caracalla et ses médailles sont très nombreux;
N’ 1 mais celles-ci sont les dernieres de cette précieuse suite de bronzes qui, depuis Auguste, disputent pour la beauté du travail et la perfection des ressemblances, le premier rang aux pierres gravées. Celles de Caracalla font fait reconnoître dans le superbe buste de la collection des Farnese (aujourd'hui à Naples) , dans celui du musée royal, n° 5i , dont on voit ici la face sous le n° i de la planche XLIX. Le regard farouche et le mouvement delà tête rappellent le soin qu’il apportoit à se donner l’air terrible, età imiter Alexandre, dont la tête étoit inclinée. Il porte la chlamyde impériale (le paludamentum ) sur la cuirasse.
3,5,014. On voit sous le n° 3 un beau médaillon de bronze sur lequel paroit le buste de Caracalla, âgé de neuf ans , la tète nue, avec la légende Marcus AVRELûw ANTONINYS CAESar, qui est continuée sur le revers , SEVERI AV G usti PII FILmv. Ce médaillon a été frappé en 197, année où le jeune César fut admis dans tous les colleges sacerdotaux; ce qui est exprimé par les instruments de sacrifice qui en forment le type. Le buste de Caracalla est couronné de lauriers sur les deux médailles de bronze des n" 5 et 4- La légende , Marcus AVRELm,y ANTONINVS PIYS AYG ustus, est commune aux deux médailles; seulement on lit de plus sur la seconde CÆW.Manicus. Revers de la première , Caracalla et Géta debout se donnant la main; au milieu d’eux, Sévere debout devant un autel. Légende, P( iXTIFex 'PŸubunitia POT estas XIII. COS. ( consul ) XIII. Revers de la seconde, Esculape debout, Télesphore, et un globe à ses pieds; légende, Vontifex Maximu s TKibunilia P otestas XYIII IMP erator COS. ( consul ) I1II. P ater Patrice. Elle rappelle les sacrifices que l’em-
FAMILLE DE SEPTIME SEVERE, pereur offrit, en grande pompe à Esculape pour obtenir la santé o™, vu. et le repos d’esprit.
Le n° 2 présente un médaillon en marbe de Caracalla qui a pi. xltx. fait partie de la collection de son éminence le cardinal Fescb. isr 2. Il est exécuté en demi-relief, mais d’un travail excellent. L’empereur est représenté à l’âge de vingt ans environ , et avant qu’il eût pris l’babitude de pencher la tête, comme le faisoitle vainqueur de Darius.
Ce que nous savons de Plautille, épouse de Caracalla, est presque entièrement relatif à son pere Plautien, favori de Sévère, que j’ai fait connoître dans la vie de cet empereur. Aussi ambitieux que Séjan, ce favori parvint à faire épouser sa fille Plautille à Caracalla. On a proposé quelques doutes sur l’année où ce mariage fut célébré; mais Eckhel' a montré que ce fut l’an 202 ( g55 de Rome ). «Plautien , dit l’historien Dion ’, auteur «contemporain, lui donna une dot qui auroit pu suffire pour «marier cinquante reines.... Il réduisit secrètement à l’état d’eu- « nuques cent citoyens libres, enfants, jeunes, et même desperes ,
«pour servir sa fille et pour l’amuser comme musiciens.» Caracalla, qui supportoit avec chagrin les hauteurs du favori, n’épousa Plautille qu’avec répugnance , ne la rendit mere que d’une fille; et il s’éloigna d’elle dès les premiers jours du mariage3. Il la menaçoit souvent de la faire mourir, ainsi que son beau-père. De sorte qu’il vit avec satisfaction Sévere, après le meurtre de Plautien , l’an 2o3 , exiler en Sicile la fille et la petite-fille de ce favori. Plautille y fut traitée d’abord avec humanité ; mais bientôt, ayant été transportée dans l’ile de Lipari, selon Dion, elle
(i) D. N. V ., VII, 180. (a) Lib. LXXV, i4; LXXVI, i.
(3) Herod., III. 35, i3.
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PI. XLIX
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y vécut dans les privations et les alarmes. Enfin Caracalla ajouta au meurtre de Géta celui de sa propre épouse, qu’il fît mourir avec sa fîlle l’an 212 (g65 de Rome).
Dion dit' que Plautille étoit d’une impudence extrême.
Les fouilles exécutées dans les ruines de Gabies en 1792, par les ordres du prince Marc-Antoine Borghese, ont fait découvrir le buste de Plautille du n° 7, qui est placé dans le musée royal sous le 11” 336. Les médailles de l’impératrice n’ont laissé aucun doute sur la ressemblance de ce portrait, qui a été trouvé avec ceux de deux des princes de la famille de Septime Sévere, dans l’Augusteum de Gabies1.
La coiffure volumineuse que porte Plautille sur les médailles, et la réunion des sourcils , ont aidé à la reconnoître dans le buste précédent et dans celui du 11" 8. Celui-ci, qui est d’un beau travail, faisoit partie de la collection de son éminence le cardinal Fesch : c’est un médaillon de marbre en demi-relief.
La médaille de bronze du n° 6 justifie l attribution de deux bustes à Plautille. On voit d’un côté sa tête avec une coiffure volumineuse, et la légende PLAYTILLA • AYGVSTA. Revers: YENVS ■ VICTRIX ■ S • C. (Yénus) victorieuse, debout, deminue, tient une pomme de la main droite, et une palme de la gauche, qui est appuyée sur un bouclier; debout à ses côtés un petit amour ailé tient un casque.