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ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. IJ.
Elagabale et sa famille.
K” 8 et g.
à la cour de Caracalla, où sa conduite fut si déréglée qu’elle put rendre probable un commerce impudique avec cet empereur. Samere, Maesa, et elle, Pannoncerent publiquement, en donnant à Elagabale, Ris de Soémias, le nom d’Antonin ; parceque, disoient-clles , Caracalla étoit son pere. Soémias seconda les artifices employés par Maesa pour l’élévation de son petitfils, et elle assista avec elle au combat du 7 juin 218, où Macrin fut défait par l’armée qui avoit déclaré Elagabale empereur. Elle y retint les troupes, qui fuyoient, et les ramena au combat en leur présentant son fils.
Devenu empereur, Elagabale la déclara Auguste; «Il ne fit, « dit Lampride1, aucun acte de gouvernement sans avoir obtenu « soir aveu ; » et il lui assigna une place parmi les sénateurs. De son côté Soémias créa une espece de sénat composé de femmes, dans lequel elle proelamoit des sénatus-consultes sur tous les objets même les plus futiles qui pouvoient concerner son sexe, tels que les habillements et les préséances. Elle fut tuée, l’an 222, dans le camp des prétoriens, avec son fils, qu’elle tenoit embrassé. Son corps, dépouillé de tout vêtement, fut traîné dans les rues de Rome, et jeté dans la grande cloaque.
Les médailles de Soémias ont fait attribuer avec raison à cette impératrice, par Visconti2, une statue de Vénus de marbre, découverte à Préneste, et conservée clans la collection du Vatican. On en voit ici , sous les n° 8 et 9 de la planche El , la face et le profil. La tête est coiffée avec une perruque de marbre amovible, et qui se raccorde avec les deux flocons de cheveux qui descendent sur les épaules, et qui sont fixes. Cette coiffure est celle qui caractérise les princesses de la famille d’Elagabale.
(j) Elag II. (2) Museo Pio-Clemcnlino , II, tav. 5 i.
FAMILLE D’ELAGABALE. i93
Le n° 7 présente une des médailles de Soémias. Elle est de çMV. ix.
grand bronze : autour de la tête on lit , 1YLIA ■ SOEMIAS ÉI*B“ba!'
AVGVSTA. Revers , Yénus assise, tenant une liaste, et présen- pi. u. tant une pomme à un enfant; légende, YENYS • CAELESTIS ; N" 7 exergue, S. C. Yénus-Céleste étoit la même qu’Uranie, et qu’Astarté adorée en Syrie , patrie de Soémias.
§. 3. J U LIA. MAESA,
AÏEULE D’ÉLAGABALE.
L’histoire ne présente qu’un petit nombre de femmes qui aient montré autant de prévoyance , autant de jugement , et autant de finesse que Maesa. Il eût été à souhaiter seulement qu’elle en eût toujours fait un usage que la vertu prit avouer!
Maesa étoit née à Emese en Phénicie. On croit qu’elle avoit eu pour pere Bassien, pontife du soleil, que l’on adoroit dans cette ville sous le nom d’Elagabale , et dont le nom devint patronimique pour tous les membres d’une branche de la famille de l’empereur. Elle épousa Julius Avitus , qu’elle rendit pere de deux filles, tiges des deux branches de la famille d’Elagabale; Soémias, rnere de cet empereur, et Marnée, mere d’Alexandre Sévere. Quoique les petits-fils de Maesa fussent petits-neveux de Sévere et de Caracalla , son ambition n’étoit pas satisfaite ; elle voulut les placer sur le trône. Elle répandit dans les armées de Macrin le bruit de leur naissance illégitime ; donnant à entendre que Caracalla avoit rendu meres ses deux filles, et que l’empire appartenoit à leurs fils, comme aux derniers rejetons des Antonins. Les grandes richesses quelle avoit amassées à la cour, où elle avoit demeuré jusqu’en 217, près de sa sœur Julia Domna ,
Cmp. IX.
Elagabale et sa famille, PI. U.
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facilitèrent ses projets ambitieux. Maesa présenta ses petits-fils à l’armée , qui se déclara pour Elagabale , et qui vainquit Macrin auprès d’Antioelie de Syrie, le 8 juin 218'. Elle put s’attribuer une part dans cette victoire; car elle et Soémias ramenèrent au combat par leurs prières les troupes d’Elagabale , qui alloient prendre la fuite.
La reconnoissance du jeune empereur pour Maesa fut sans bornes; il l’introduisit dans le sénat, et lui donna le titre d’Auguste. Mais il n’écouta point ses conseils, qui étoient dictés par la prudence et par une longue expérience. Maesa prévit bientôt le sort funeste qui étoit rései’vé à cet insensé ; et elle jeta les yeux sur son cousin Alexandre, qu’elle faisoit élever avec un grand soin , dans l’espérance de régner encore sous son nom. bile eut l’adresse de persuader à Elagabale qu’il de voit adopter son parent pour le charger du soin des choses terrestres, pendant qu’il feroit du culte de son dieu et du soin des choses célestes son unique occupation2. J’ai rapporté plus haut les suites de cette adoption, la mort funeste d’Elagabale, et l’élévation d Alexandre. Celui-ci n’étant alors âgé que de treize ans, son aïeule lui créa un conseil composé de sénateurs, et ne cessa de lui donner les avis les plus sages. Aussi le peuple fut profondément a ( fligé de sa mort, qui arriva l’an 223, second du régné d’Alexandre Sévere. Cet empereur lui décerna les honneurs de l’apothéose.
O11 11e connoit de portrait de Maesa que ceux de ses médailles. Le n ü 10 en présente une de grand bronze qui a fait partie de la collection des Gonzagues, de ces ducs de Mantoue qui faisoient incruster un aigle d’or ou d’argent sur leurs médailles. Cet aigle paroît ici derrière la tête de la princesse, qui est entourée de la
W Dio , LXXVIII , 38. (9.) Herod., V, i7.
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légende IVLIA • MAESA ■ kVGusta. Revers, SAECVLI • FELI¬ CITAS ; S. C. dans le champ, avec l’étoile d’Elagabale; type , la Félicité debout , tenant un caducée et une patere sur un autel.